Publié le 8 Juillet 2019 par Anton Pannekoek
Source de la traduction: Pantopolis ,
par Ph.B., 8 juillet 2019,
Anton Pannekoek
La destruction de la nature (1909)*
De nombreux écrits scientifiques se plaignent avec émotion de la destruction croissante des forêts. Or ce n’est pas seulement la joie que chaque amoureux de la nature éprouve pour la forêt qui doit être prise en compte. Il existe aussi d’importants intérêts matériels, voire des intérêts vitaux pour l’humanité. Avec la disparition des riches forêts, des pays connus dans l’Antiquité pour leur fertilité, densément peuplés, véritables greniers pour les grandes villes, sont devenus des déserts pierreux. La pluie n’y tombe que rarement, ou des pluies diluviennes dévastatrices emportent les minces couches d’humus qu’elle doit fertiliser. Là où la forêt des montagnes a été anéantie, les torrents alimentés par les pluies de l’été roulent d’énormes masses de pierres et de sable, qui dévastent les vallées alpines, déforestent et détruisent les villages dont les habitants sont innocents «du fait que le profit personnel et l’ignorance ont détruit la forêt dans les hautes vallées et la région des sources».
«Intérêt personnel et ignorance» : les auteurs, qui décrivent avec éloquence ce désastre, ne s’attardent pas sur ses causes. Ils croient probablement qu’il suffit d’en souligner les conséquences pour remplacer l’ignorance par une meilleure compréhension et en annuler les effets. Ils ne voient pas qu’il s’agit d’un phénomène partiel, l’un des nombreux effets de nature similaire du capitalisme, ce mode de production qui est le stade suprême de la chasse au profit.
Comment la France est-elle devenue un pays pauvre en forêts, au point d’importer chaque année des centaines de millions de francs de bois de l’étranger et de dépenser beaucoup plus pour atténuer par le reboisement les conséquences désastreuses de la déforestation des Alpes? Sous l’Ancien Régime, il y avait beaucoup de forêts domaniales. Mais la bourgeoisie, qui a pris les rênes de la Révolution française, ne voyait dans ces forêts domaniales qu’un instrument d’enrichissement privé. Les spéculateurs ont rasé trois millions d’hectares pour transformer le bois en or. L’avenir était le cadet de leurs soucis, seul comptait le profit immédiat.
Pour le capitalisme, toutes les ressources naturelles ont la couleur de l’or. Plus il les exploite rapidement, plus le flux d’or s’accélère. L’existence d’un secteur privé a pour effet que chaque individu essaie de faire le plus de profit possible sans même penser un seul instant à l’intérêt de l’ensemble, celui de l’humanité. Par conséquent, chaque animal sauvage ayant une valeur monétaire, toute plante poussant à l’état sauvage et dégageant du profit est immédiatement l’objet d’une course à l’extermination. Les éléphants d’Afrique ont presque disparu victimes d’une chasse systématique pour leur ivoire. La situation est similaire pour les hévéas, qui sont victimes d’une économie prédatrice dans laquelle tout le monde ne fait que détruire les arbres sans en replanter de nouveaux. En Sibérie, on signale que les animaux à fourrure se raréfient de plus en plus en raison d’une chasse intensive et que les espèces les plus précieuses pourraient bientôt disparaître. Au Canada[1], de vastes forêts vierges sont réduites en cendres, non seulement par les colons qui veulent cultiver le sol, mais aussi par les «prospecteurs» à la recherche de gisements de minerai ; ceux-ci transforment les versants montagneux en roches dénudées pour avoir une meilleure vue d’ensemble du terrain. En Nouvelle-Guinée[2], un massacre d’oiseaux du paradis a été organisé afin de se plier à la lubie dispendieuse d’une milliardaire américaine[3]. Les folies de la mode typiques d’un capitalisme gaspillant la plus-value ont déjà conduit à l’extermination d’espèces rares; les oiseaux de mer de la côte est-américaine n’ont dû leur survie qu’à la stricte intervention de l’État. De tels exemples pourraient être multipliés à l’infini.
Mais les plantes et les animaux ne sont-ils pas là pour être utilisés par les humains à leurs propres fins ? Ici, nous laissons complètement de côté la question de la conservation de la nature telle qu’elle se poserait sans l’intervention humaine. Nous savons que les humains sont les maîtres de la terre et qu’ils transforment complètement la nature pour leurs besoins. Pour vivre, nous sommes complètement dépendants des forces de la nature et des richesses naturelles; nous devons les utiliser et les consommer. Ce n’est pas de cela dont il est question ici, mais uniquement de la façon dont le capitalisme en fait usage.
Un ordre social raisonnable devra utiliser les trésors de la nature mis à sa disposition de telle sorte que ce qui est consommé soit en même temps remplacé, en sorte que la société ne s’appauvrisse pas et puisse s’enrichir. Une économie fermée qui consomme une partie des semis de céréales s’appauvrit de plus en plus et doit infailliblement faire faillite. Tel est le mode de gestion du capitalisme. Cette économie qui ne pense pas à l’avenir ne fait que vivre dans l’instantanéité. Dans l’ordre économique actuel, la nature n’est pas au service de l’humanité, mais du Capital. Ce ne sont pas les besoins vestimentaires, alimentaires et culturels de l’humanité, mais l’appétit du Capital en profit, en or, qui régit la production.
Les ressources naturelles sont exploitées comme si les réserves étaient infinies et inépuisables. Avec les néfastes conséquences de la déforestation pour l’agriculture, avec la destruction des animaux et des plantes utiles, apparaît au grand jour le caractère fini des réserves disponibles et la faillite de ce type d’économie. Roosevelt[4] reconnait cette faillite lorsqu’il veut convoquer une conférence internationale pour faire le point sur l’état des ressources naturelles encore disponibles et prendre des mesures pour prévenir leur gaspillage.
Bien sûr, ce plan en soi est une fumisterie. L’État peut certes faire beaucoup pour empêcher l’impitoyable extermination d’espèces rares. Mais l’État capitaliste n’est après tout qu’un triste représentant du bien commun (Allgemenheit der Menschen). Il doit se plier aux intérêts essentiels du Capital.
Le capitalisme est une économie décérébrée qui ne peut réguler ses actes par la conscience de leurs effets. Mais son caractère dévastateur ne découle pas de ce seul fait. Au cours des siècles passés, les êtres humains ont exploité la nature de manière insensée sans penser à l’avenir de l’humanité tout entière. Mais leur pouvoir était réduit. La nature était si vaste et si puissante qu’avec leurs faibles moyens techniques, ils ne pouvaient lui faire subir que d’exceptionnels dommages. Le capitalisme, en revanche, a remplacé le besoin local par le besoin mondial, créé des moyens techniques pour exploiter la nature. Il s’agit alors d’énormes masses de matière qui subissent des moyens de destruction colossaux et sont déplacées par de puissants moyens de transport. La société sous le capitalisme peut être comparée à la force gigantesque d’un corps dépourvu de raison. Alors que le capitalisme développe une puissance sans limite, il dévaste simultanément l’environnement dont il vit de façon insensée. Seul le socialisme, qui peut donner à ce corps puissant conscience et action réfléchie, remplacera simultanément la dévastation de la nature par une économie raisonnable.
(ap)
* Zeitungskorrespondenz n° 75, 10 Juli 1909, p. 1 et 2. Traduction et notes éditoriales : Ph. Bourrinet (8 juillet 2019).
[1] La déforestation au Canada représente aujourd’hui la plus grande partie des forêts victimes de déforestation au niveau mondial. La forêt dite intacte y a diminué de 7,3 % entre 2000 et 2013. En 2014, le Canada arrivait au premier rang pour la destruction de forêt vierge au niveau mondial, devant la Russie et le Brésil : https://www.lapresse.ca/environnement/especes-menacees/201409/06/01-4797772-deforestation-le-canada-montre-du-doigt.php.
[2] La Nouvelle-Guinée en 1909 était aux mains des Pays-Bas, de l’Empire britannique (Australie) et de l’Allemagne.
[3] En fait, cette destruction répondait aux demandes de riches bourgeoises, tant européennes qu’américaines. Des dizaines d’années durant, le marché de la mode féminine alimenta une chasse systématique pour les besoins d’un commerce extrêmement lucratif. Celui-ci culmina au début des années 1900 : 80.000 peaux étaient alors exportées chaque année de Nouvelle-Guinée pour orner les chapeaux des dames européennes. En 1908, dans les régions de Nouvelle-Guinée qu’ils administraient, les Britanniques déclarèrent la chasse hors la loi. Les Néerlandais les imitèrent seulement en 1931.
[4] Theodore Roosevelt (1858-1919), ancien chef de la police new-yorkaise, secrétaire à la marine, puis engagé volontaire en 1898 dans la guerre contre l’Espagne et Cuba, vice-président sous MacKinley (qui sera assassiné), est deux fois président des États-Unis de 1901 à 1909. Sa présidence est notamment marquée, sur le plan international, par sa médiation dans la guerre russo-japonaise, qui lui vaut le prix Nobel de la paix et son soutien à la première conférence de La Haye en ayant recours à l'arbitrage pour résoudre un contentieux opposant les États-Unis au Mexique. Tout cela dans les intérêts bien compris de la puissance américaine. Sa politique impérialiste, dite du «Gros Bâton», puis le durcissement de la doctrine Monroe, permettent le contrôle total du canal de Panamá par l’État yankee. En politique intérieure, son mandat est marqué par une politique volontariste de «préservation des ressources naturelles» et par l'adoption de deux lois importantes sur la protection des consommateurs. Idéologiquement, il justifiera le massacre des Amérindiens par le capital yankee en le niant purement et simplement : «Aucune nation conquérante et colonisatrice n'a jamais traité les sauvages qui possédaient les terres à l'origine avec autant de générosité que les États-Unis» (The Winning of the West, Putnam, New York, 1889).
Le Petit journal illustré, 8 novembre 1908. Légende : « Pour orner les chapeaux des belles dames. Comment on chasse les oiseaux de paradis à la Nouvelle-Guinée ».
Anton Pannekoek
Zeitungskorrespondenz Nr. 75, 10 Juli 1909, S. 1-2*
NATURVERWÜSTUNG
Vielfach begegnet man in naturwissenschaftlichen Schriften bewegten Klagen über die zunehmende Waldverwüstung. Dabei ist nicht allein die Freude maßgebend, die jeder Naturfreund an dem Wald empfindet. Es kommen wichtige materielle Interessen, sogar Lebensinteressen für die Menschheit hinzu. Mit dem Verschwinden der reichen Waldbestände sind Länder, die im Altertum als fruchtbare dicht bevölkerte Gegenden, als Kornkammer für die Großstädte berühmt waren, zu den Steinwüsten geworden. Der Regen fällt dort selten, aber dann in verheerenden Güssen, die die dünnen Humusschichen wegspülen, steht sie zu befruchten. Wo der Wald auf den Bergen ausgerottet ist, wälzen die durch den Sommerregen genährten Wildbache ungeheure Stein- und Sandmassen herunter, die lachende Alpentaler verschütten, Wälder abscheren und Dörfer verwüsten, deren Bewohner unschuldig daran sind, „dass Eigennutz und Unverstand im Hochtal und Quellgebiet den Wald zerstört haben“.
Eigennutz und Unverstand, weiter dringen die Autoren, die in beredten Worten diesen Jammer schildern, in seine Ursachen nicht ein. Sie glauben wohl, dass es genügt auf die Folgen hinzuweisen, um den Unverstand durch bessere Einsicht zu ersetzen und seine Wirkung aufzuheben. Sie sehen nicht, dass es sich hier um eine Teilerscheinung handelt, um eine einzige unter den vielen ähnlichen Wirkungen des Kapitalismus, der Produktionsweise, die die höchste Form der Profitjägerei darstellt.
Wie ist Frankreich zu dem waldarmen Land geworden, das jährlich für Hundertmillion Franken Holz aus dem Ausland kommen lassen muss, und noch viel mehr ausgeben muss, um in den Alpen durch Aufforstung die schlimmsten Folgen der Entwaldung wieder gut zu machen? Unter dem alten Regime gab es dort viele Wälder als Staatsdomäne. Aber die Bourgeoisie, die in der französischen Revolution ans Ruder kam, sah in den Staatsforsten nur Mittel zur privaten Bereicherung. Drei Millionen Hektar ließen die Spekulanten fallen, um aus Holz Gold zu machen. An die Zukunft dachten sie nicht, nur an einen augenblicklichen Gewinn.
Dem Kapitalismus sind alle Naturschätze nichts als Gold. Umso rascher er sie ausbeutet, umso stärker fließt der Goldstrom. Die Privatwirtschaft bewirkt, dass jeder einzelne möglichst viel Profit zu erhaschen sucht, ohne auch nur einen Augenblick an das Interesse der Gesamtheit, der Menschheit zu denken. Daher ist jedes wilde Tier, das einen Geldwert darrstellt, jede wildwachsende Pflanze, die Profit liefert, sofort das Objekt eines Ausrottungswettkampfes. Die Elefanten in Afrika sind durch die systematische Jagd nach Elfenbein fast verschwunden. Ähnlich steht es mit den Kautschukbäumen, die einer Raubwirtschaft zum Opfer fallen, bei der jeder nur Bäume vernichtet, und keiner neue pflanzt. Aus Sibirien wird berichtet dass die Pelztiere infolge der intensiven Jagd immer seltener werden und die kostbarsten Arten vielleicht bald ganz ausgestorben sein werden. In Canada werden ungeheure Urwälder niedergebrannt, nicht nur von Ansiedlern, die den Boden bebauen wollen, sondern von „Prospektors“ die nach Erzlagern suchen und des besseren Übersichtes des Terrains wegen die Bergabhänge in nackte Felsen verwandeln. In Neuguinea wurde eine Aufräumung unter den Paradiesvögeln gehalten, um der Prunksucht einer amerikanischen Milliardendame zu befriedigen. Die Modetollheiten, die als Verschwendungsform des Mehrwerts zum Kapitalismus gehören, haben ·schon zur Ausrottung seltener Tiere geführt; die Seevögel der ostamerikanischen Küste sind nur durch strenges Eingreifen des Staates vor diesem Schicksal bewährt geblieben. Diese Beispiele sind beliebig zu vermehren.
Sind aber die Pflanzen und Tiere nicht dazu da, von Menschen für seine Zwecke gebraucht zu werden? Wir wollen hier die Frage der Erhaltung der Natur, so wie sie ohne das Eingreifen der Menschen sein würde, ganz außer Acht lassen. Wir wissen, dass die Menschen nun einmal die Herren der Erde sind und die Natur zu ihren Zwecken völlig umwandeln. Wir sind zu unseren Leben ganz auf die Naturkräfte und die Naturschätze angewiesen; wir müssen sie gebrauchen und verbrauchen. Nicht um diese Tatsache handelt es sich hier, sondern nur die Art und Weise, wie der Kapitalismus sie gebraucht.
Eine vernünftige Gesellschaftsordnung wird die ihr zur Verfügung stehenden Schätze der Natur in solcher Weise benutzen müssen, dass nicht mehr verbraucht wird, als jeder zugleich neu aufwächst, so dass die Gesellschaft nie ärmer wird und nur reicher werden kann. Eine abgeschlossene Wirtschaft, die einen Teil des zur Aussaat bestimmten Getreides verzehrt, wird immer ärmer und muss schließlich unfehlbar Bankrott machen. In solcher Weise wirtschaftet aber der Kapitalismus. Er denkt nicht an die Zukunft, sondern lebt nur beim Augenblick. Unter der heutigen Wirtschaftsordnung ist die Natur nicht der Menschheit sondern den Kapital dienstbar; nicht das Bedürfnis der Menschheit nach Kleidung, Nahrung und Kultur sondern das Bedürfnis des Kapitals nach Profit, nach Gold beherrscht die Produktion. Die Naturschätze werden ausgebeutet, als wären die Vorräte unendlich und unerschöpflich. In den üblen Folgen der Waldverwüstung für die Landwirtschaft, in der Ausrottung nützlicher Tiere und Pflanzen tritt die Endlichkeit der Vorräte als ein Bankrott dieser Wirtschaftsweise zu Tage. Als eine Anerkennung dieses Bankrotts ist es auch zu bezeichnen, wenn Roosevelt eine internationale Konferenz zusammenberufen will, der den Bestand der noch vorhandenen Naturschätze aufnehmen und Maßnahmen gegen ihre weitere Verschwendung treffen soll.
Natürlich ist dieser Plan selbst nur Humbug. Der Staat kann zwar Vieles tun, um die ruchlose Ausrottung seltener Naturwesen zu verhindern. Aber der kapitalistische Staat ist immerhin nur ein trauriger Vertreter der Allgemeinheit der Menschen. Vor den wesentlichen Interessen des Kapitals muss er Halt machen.
Der Kapitalismus ist eine kopflose Wirtschaft, die ihre Taten nicht durch das Bewusstsein der Folgen regulieren kann. Darin allein ließt aber sein verwüstender Charakter nicht. Auch in früheren Jahrhunderten haben die Menschen kopflos drauf los gewirtschaftet, ohne an die Zukunft der ganzen Menschheit zu denken. Aber ihre Macht war gering; die Natur war so groß und gewaltig, dass sie mit ihren kleinen schwachen Hilfsmitteln nur ausnahmsweisen Schaden darin anrichten konnten. Der Kapitalismus hat dagegen an die Stelle des Lokalbedarfs den Weltbedarf gesetzt und gewältige technische Hilfsmittel zur Ausbeutung der Natur geschaffen. Dabei handelt es sich dann sofort von ungeheuren Massen, die mit kolossalen Vernichtungsmitteln in Angriff genommen und mit mächtigen Transportmitteln weggeschafft werden. Die Gesellschaft unter dem Kapitalismus ist einem mit Riesenkraft ausgestatteten vernunftlosen Körper zu vergleichen; während er seine Kraft immer gewaltiger entwickelt, verwüstet er zugleich in sinnloser Weise die Natur, worin und wodurch er lebt. Nur der Sozialismus, der diesen mächtigen Körper Bewußtsein und überlegtes Handeln beibringt, wird damit zugleich die Naturverwüstung durch eine vernünftige Wirtschaft ersetzen.
{ap)
* Zeitungskorrespondenz, 7 Bände, Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis (IISG), Amsterdam, Archief Antonie Pannekoek, map 281-282 (in http://aaap.be/Pages/Pannekoek-Inventory.html).
Claude Albertani, Le jeune Victor Serge, Rébellion et anarchie, 1890-1919, Libertalia, 2025. Ce livre constitue le tome I de la biographie de V. Serge et de sa vie mouvementée. Militant, écrivain, poète, témoin et acteur,… mais il s’agit surtout de la saga historique et tragique d’une génération de combattants qui de la « Bande à Bonnot » en passant par les bolchéviques jusqu’à l’exil mexicain et l’opposition ouvrière, retrace de manière vécue et vivante l’aventure révolutionnaire d’une partie du vingtième siècle, avec ses aléas, ses trahisons, ses espérances, ses héros et ses victimes. C’est une manière plaisante et aisée, mais factuellement vérifiée, d’aborder l’histoire du mouvement ouvrier d’un point de vue de classe, en restituant à merveille les contextes politiques et les divergences problématiques. Révolution et contre-révolution s’y font face au travers de leurs protagonistes petits et grands, célèbres comme anonymes. « Tout comme il y a plusieurs Marx et divers Trotski, il existe également de multiples Victor Serge (…). Pourtant, un fil conducteur relie les multiples vies de Victor Serge : la critique du pouvoir et la passion de la liberté, ainsi que le fait de n’avoir jamais été le compagnon de route des totalitaires et des fabricants de mensonge. » P. 46. Comme il l’écrit dans son livre « Naissance de notre force » : « Du fond de cette fosse de réprouvés, nous avons condamné le monde, la guerre, la loi, les puissants, les riches, les corrompus, les imbéciles. » Victor Serge, Naissance de notre force, p.175, Climats, Flammarion, Paris. 2011. Un auteur - militant à connaître à découvrir ou à relire.
Illustration musicale : Anarchy in the U.K., Never Mind the Bollocks, here’s the Sex Pistols, https://youtu.be/kP2ZF7g-3Fs?si=WzwegyN-t93auRgM
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Si l'on devait trouver un slogan pour illustrer ce qui caractérise la politique des principaux pays du monde actuel, ce serait « Viva la muerte ! ». Il s'agit pour eux de développer tous les moyens, matériels et idéologiques, pour davantage de carnages humains. Pour que les choses soient claires, le gouvernement qui possède le plus grand complexe militaro-industriel de la planète change le nom de son ministère de la Défense en ministère de la Guerre, tout en exigeant de ses 31 pays alliés qu'ils augmentent immédiatement leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB, ce qui implique souvent une augmentation de 100 % ou plus. Et ceux-ci acceptent en applaudissant... et en prévoyant de réduire les dépenses de santé et d'éducation, par exemple. « Viva la muerte ! Muera la inteligencia ! »1
La même folie destructrice se développe dans le cerveau malade des gouvernements de l'autre côté de la planète, tant en Chine qu'en Russie, au Japon ou dans les deux Corées.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! », disait à juste titre Jean Jaurès en 1914.
La récente intervention de l'armée américaine au Venezuela, ainsi que l'installation d'énormes forces militaires dans les Caraïbes, font partie du désastre en cours. Ce qui motive le gouvernement américain, ce n'est pas la lutte contre le trafic de drogue ni un désir de démocratie et de liberté, mais un effort pour lutter contre le déclin de sa domination économique dans le monde et le développement spectaculaire de la présence et de l'influence de la Chine en Amérique latine et dans le reste du monde. La défense du dollar comme principale monnaie mondiale, en particulier du pétrodollar, fait partie des motivations de cette opération.
En 2024, la Commission de la stratégie de défense nationale2 a publié un rapport qui indique clairement que les États-Unis sont confrontés aux menaces les plus dangereuses depuis 1945, notamment celle d'une guerre majeure, la Chine et la Russie étant les principaux ennemis. Une guerre pour laquelle, si elle devait se prolonger et s'étendre à différents fronts, le pays n'est pas suffisamment préparé, ni sur le plan industriel ni sur le plan idéologique. « Nous avons besoin, dit le rapport, d'un état d'esprit guerrier ». Le gouvernement Trump obéit et exécute fidèlement et brutalement ces orientations.3
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, même si la plupart d'entre elles sont encore inexploitées et composées d'un brut très dense, difficile à exploiter et à transporter. La production pétrolière vénézuélienne actuelle est incroyablement faible par rapport à ce qu'elle était dans le passé et à ce qu'elle pourrait être.4 Mais, tout d'abord, en cas de guerre généralisée, ces réserves pourraient être déterminantes, en particulier pour la Chine. Deuxièmement, la Russie et la Chine ont investi des milliards de dollars dans l'industrie pétrolière vénézuélienne. Le remboursement de ces investissements pourrait être interrompu. Aujourd'hui, la Chine absorbe plus de 80 % des exportations de pétrole vénézuélien en remboursement de ces investissements (estimés à 20 milliards de dollars) et ce remboursement était censé durer des années. Troisièmement, depuis un quart de siècle, Cuba survit grâce à l'importante aide pétrolière vénézuélienne. C'est pourquoi les premières mesures imposées par Trump au gouvernement de Delcy Rodriguez concernent le pétrole. Trois objectifs : 1. « Ouvrir le pays à nos gigantesques compagnies pétrolières » (Trump). 2. Entraver gravement les relations du Venezuela avec la Chine et la Russie. 3. Essayer d'étrangler Cuba.
Trump prétend justifier l'intervention militaire comme une lutte contre le trafic de drogue qui « empoisonne » les Américains. Il est vrai que le Venezuela, avec ses 2 219 km de frontière poreuse avec la Colombie, a été, en particulier depuis l'arrivée des « chavistes » au pouvoir, un refuge et un allié (soi-disant « idéologique ») des guérillas telles que les FARC, l'un des plus importants producteurs et trafiquants de cocaïne au monde. Mais les États-Unis, premier consommateur de cocaïne et premier producteur de marijuana au monde, abritent d'énormes mafias américaines du trafic de drogue. Pourquoi ne pas commencer par balayer devant leur porte ? Soit dit en passant, la cocaïne qui passe par les réseaux vénézuéliens est principalement exportée vers l'Europe. Celle qui arrive aux États-Unis passe principalement par le Pacifique et le Mexique.
À un autre niveau, il existe un aspect non négligeable qui explique en partie le caractère spectaculaire de l'énorme mobilisation militaire dans les Caraïbes : la préparation idéologique de la population américaine, et des jeunes en particulier, à la guerre. Il s'agit de la création de cette « mentalité de guerre » exigée par la Commission of the National Defense Strategy.
Quelle transition ?
Beaucoup de gens espéraient que peu après l'enlèvement de Maduro, tout allait changer, que les milliers de prisonniers politiques seraient libérés, que les centres de torture seraient fermés, que les « colectivos » bolivariens, ces corps paramilitaires créés par Diosdado Cabello5 , seraient désarmés et dissous, que le contrôle policier généralisé qu'ils exercent disparaîtrait...
que les millions de Vénézuéliens qui ont fui le pays pourraient commencer à revenir...
Mais pour l'instant, quelques semaines après le 3 janvier, mis à part la « libération » de quelques prisonniers politiques, sous la pression directe des autorités américaines, la réalité n'a pas changé ou, pire, s'est aggravée à certains égards. Dans le « 23 de Enero », un quartier ouvrier de Caracas considéré comme un bastion du régime, les « colectivos » ont imposé un couvre-feu informel en multipliant la présence d'hommes armés. Après six heures du soir, les rues sont vides. Dans les rues de Caracas, les colectivos procèdent à des contrôles d'identité, fouillant et parfois confisquant les téléphones portables contenant des messages applaudissant la capture de Maduro. Ce qui domine, c'est une attente inquiète et craintive...
Au niveau gouvernemental, ce qui a changé, c'est surtout l'absence du numéro un. Trois personnages semblent constituer les principaux piliers du « nouvel » ordre.
1. Delcy Rodriguez, désignée par Trump comme « présidente par intérim », a prêté serment devant l'Assemblée nationale devant Jorge Rodriguez, son propre frère et président de cette assemblée. Elle est l'une des personnes qui a occupé les fonctions les plus importantes dans les gouvernements de Maduro. Mais depuis le 3 janvier, chaque jour apporte de nouvelles révélations sur le rôle actif qu'elle a joué dans la préparation et la réalisation de l'enlèvement. Trump ne cesse de la féliciter et de dire qu'elle est « une personne formidable ». Quelques heures après l'attaque, Trump a déclaré au New York Post qu'elle était au courant : « Nous lui avons parlé à plusieurs reprises. Elle se montre compréhensive, elle comprend. » Quant à son rôle à la tête du gouvernement, Trump affirme : « Son leadership est bon et intelligent. Nous travaillons ensemble pour assurer la prospérité des deux pays dans cette nouvelle ère d'échanges commerciaux. » Avec son frère, elle a rapidement fait adopter par l'Assemblée nationale en première lecture une « réforme de la loi organique sur les hydrocarbures » afin de faciliter les investissements des entreprises américaines. Tout cela ne l'empêche pas de répéter que « personne d'autre que Dieu ne décide de mon destin », qu'il faut se mobiliser pour faire revenir Maduro et son épouse, enlevés par une odieuse agression étrangère, etc.
2. Diosdado Cabello, « ministre de l'Intérieur et vice-président du gouvernement chargé de la sécurité citoyenne ». Généralement considéré comme l'homme le plus brutal du chavisme et le plus important après Maduro. Chaque semaine, il présentait et continue de présenter une émission de télévision au titre significatif : « Con el mazo dando » (Avec le marteau qui frappe). Lui aussi, selon l'agence Reuters, aurait eu des discussions avec les autorités américaines quelques mois avant l'opération Maduro, ce qu'il nie catégoriquement. Pour lui, au Venezuela, « rien n'a changé, la révolution bolivarienne continue... Le bombardement du 3 janvier, qui a coûté la vie à plus de 100 Vénézuéliens... a consolidé l'union du pays ». Bien qu'il affirme sa solidarité avec les mesures prises par le gouvernement, malgré le fait qu'il soit « l'homme qui contrôle les fusils », comme le dit le Wall Street Journal, il n'a pris aucune mesure pour désarmer les colectivos ni pour apaiser les éléments les plus hostiles à la nouvelle politique. « Cabello doit partir ! », déclare l'influent organe de presse américain.
3. Vladimir Padrino, ministre de la Défense et chef de l'armée, bien que plus discret, est le troisième pilier du gouvernement actuel. C'est lui qui assure jusqu'à présent le contrôle indispensable de la hiérarchie militaire. Le 19 janvier, il a annoncé une « révision complète » des forces militaires pour la défense du pays après « l'agression impérialiste sans précédent » et afin d'être mieux préparé à une éventuelle nouvelle agression à l'avenir.
Tous trois font partie des fonctionnaires sanctionnés par l'Union européenne le 25 juin 2018, leurs avoirs ayant été gelés et une interdiction de voyager leur ayant été imposée pour avoir « porté atteinte à la démocratie et à l'État de droit au Venezuela ». Delcy Rodriguez est à l'origine de ce qui a été appelé le « Delcygate » pour avoir transporté en janvier 2020 en Espagne 104 lingots d'or d'une valeur de 68 millions de dollars. Les deux hommes sont accusés de trafic de drogue par la justice américaine qui, depuis janvier 2025, offre 25 millions de dollars pour la capture de Cabello et 15 millions pour celle de Padrino.
La duplicité, le double jeu de ces personnages illustrent les paradoxes grotesques qui caractérisent la situation au Venezuela quelques semaines après l'intervention américaine.
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Certains affirment que l'intervention américaine a finalement été un échec, car les chefs chavistes, les généraux de l'armée et les autres personnes accusées de trafic de drogue sont toujours libres et au pouvoir.
Mais en réalité, la situation contradictoire actuelle avait été prévue par les autorités qui ont préparé et mené l'intervention.
Il y a quelques jours, Marco Rubio, secrétaire d'État de Trump (et proposé par ce dernier comme futur président de Cuba), a déclaré : « Nous pensons que nous progressons de manière très positive ». Selon lui, il existe une stratégie en trois phases pour l'avenir du Venezuela sous la tutelle de Washington : 1. stabilisation, 2. rétablissement et réconciliation, 3. transition politique.
Mais comment mener à bien cette première phase de « stabilisation » ? La principale préoccupation était d'éviter que l'inévitable confrontation avec les chavistes ne dégénère violemment en actions armées ouvertes et violentes, ouvrant la voie à une guerre civile. L'idée était de contraindre une partie des chavistes au pouvoir à gérer eux-mêmes la stabilisation de la situation. C'est pourquoi, par exemple, à ceux qui demandaient que María Corina Machado, principale figure de l'opposition, soit immédiatement mise au pouvoir, Trump a répondu qu'elle n'était pas la personne appropriée car elle ne disposait pas d'un « respect et d'un soutien » suffisants... vraisemblablement dans l'armée et dans les colectivos.6
Mais dans quelle mesure peut-on dire qu'une « stabilisation » aura lieu ?
Politiquement et officiellement, les responsables chavistes multiplient les appels à la paix et à « l'unité » du peuple vénézuélien. Mais peu de choses ont changé dans la pratique de la vie sociale. À certains égards, la situation s'est même aggravée. La libération des prisonniers politiques est en cours. Il convient de rappeler que Trump a récemment déclaré qu'il avait décidé de procéder à une deuxième opération militaire, mais qu'il l'avait annulée en voyant que le gouvernement avait commencé à libérer les prisonniers politiques. Cabello prétend que cette libération répond à une décision prise avant décembre par Maduro et qu'elle s'inscrit dans un processus de « réconciliation nationale ». Mais elle se déroule très lentement. Les familles des prisonniers dorment souvent devant les prisons dans l'attente. Les libérations sont assorties de conditions : ne pas parler des conditions de détention, ne pas faire de déclarations politiques... Jusqu'où ira cette procédure ?
Apparemment, le gouvernement américain est confiant et prépare la réouverture de son ambassade à Caracas. Récemment, un gros avion américain rempli de matériel destiné à la réinstallation de l'ambassade a atterri.
Quoi qu'il en soit, les chavistes qui ont rejoint « l'autre camp » devraient méditer la célèbre citation de l'ancien secrétaire d'État américain Kissinger : « Être l'ennemi des États-Unis est dangereux, mais être leur ami est fatal ».
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Ce que démontre une fois de plus la réalité vénézuélienne, c'est que la seule façon d'échapper à l'étau du « Viva la muerte ! » guerrier et des dictatures de type chaviste ou « démocratiques », c'est le chemin difficile de la conquête révolutionnaire et internationale du contrôle de notre vie sociale.
Raoul Victor
24 janvier 2026
1 . Attribué au général José Millán Astray, pilier du franquisme, lors d'une assemblée le 12 octobre 1936, en réponse à Miguel de Unamuno qui avait condamné le récent « soulèvement » avec la célèbre formule : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas ! ».
2 . Il s'agit d'un organisme « indépendant », composé d'experts des deux partis, républicain et démocrate, créé en 2022 par le Congrès, dont la fonction est de réaliser un audit objectif de la stratégie du département de la Défense et des questions de sécurité en général.
3 . La brutalité de l'impérialisme américain n'est pas nouvelle, même si elle atteint aujourd'hui des niveaux particulièrement spectaculaires. Il y a un peu plus de trois ans, le président Biden n'a pas hésité à annoncer et à faire détruire les gazoducs qui alimentaient l'industrie allemande et européenne en gaz russe et à obliger les pays européens à acheter du gaz américain beaucoup plus cher.
4 . En 2003, à titre de mesure de répression après une importante grève de la société nationale PDVSA, Chavez a procédé au licenciement de près de 20 000 employés. La plupart étaient des cadres, des ingénieurs et des techniciens qualifiés. Peu après, des milliers d'employés choisis pour des raisons politiques mais sans expérience, parmi lesquels des militaires, ont été intégrés en masse. Les conséquences en termes d'incompétence et de négligence, associées à une corruption chronique, ont été désastreuses.
5 . Inspirés par les "Comités de défense de la révolution cubaine", ils exercent un contrôle strict sur la population, en particulier dans les quartiers populaires. Ils sont systématiquement utilisés pour attaquer à moto les rassemblements ou les manifestations contre le gouvernement.
6 . Corina Machado, prix Nobel de la paix, figure de proue de l'opposition au régime chaviste, est une personnalité avide de pouvoir. Sachant que Trump rêvait d'obtenir le prix Nobel qui lui a été décerné, elle a décidé de le partager avec lui et de lui apporter sa médaille à la Maison Blanche. Machado, véritable fanatique du personnage, se rend complice de celui qui, pendant deux ans, a encouragé, soutenu et fourni toutes les armes nécessaires au génocide effroyable et infâme de la population de la bande de Gaza, l'homme qui mène aujourd'hui une guerre impitoyable contre les travailleurs immigrés dans son pays. Trump l'a remerciée et a déclaré à la presse qu'elle était « une femme formidable » et qu'il faudrait voir comment l'associer au processus de transition actuel. Selon les sondages d'opinion, elle serait la gagnante d'éventuelles élections présidentielles – la troisième étape du plan de Rubio.
G.Bad-Les nationalisations,l’ état ,l'impérialisme, la militarisation et les guerres. 2éme partie
« C’est pourquoi l’argent, sous sa forme immédiate, correspondant à une phase historique antérieure au capital, apparaît à celui-ci comme frais de circulation. Le capital s’efforcera donc de se convertir en une forme qui lui soit adéquate, en en faisant le représentant d’une phase de la circulation qui ne lui coûte pas de travail et n’a pas de valeur. Le capital cherche donc à supprimer l’argent sous sa forme et son existence traditionnelles et immédiates et à le transformer en un produit du capital, en en faisant un produit purement idéal, c’est-à-dire matériellement aboli. » Fondements t II p 186
5-Les restructurations du capitalisme à l’échelle mondiale hier et aujourd'hui
Nous avons déjà longuement débattu au sein de la gauche communiste au sens large et plus réduit de la gauche germano-hollandaise de Pannekoek, Rosa Luxemburg, des conséquences sociales engendrées par les nouvelles découvertes. La saga du capital pleinement développé celui de la grande industrie, celui de la machinerie et du crédit, celui de l' extraction de la plus-value relative va s'imposer par strates successives au monde entier. D' abord concentré en Europe à l' ère du charbon, la grande industrie va s' étendre au monde entier à l’ère du pétrole et du moteur à explosion. Le travail à la chaîne se développera avec le taylorisme,le fordisme, puis le toyotisme pour aboutir aujourd'hui à un système ou nous avons des entreprises entièrement automatiser, pour en citer deux l' entreprise Lego et Amazon. L'informatisation/numérisation de la société est venue parachever la domination du travail mort sur le travail vivant, dans un premier temps la machinerie concurrençait la force physique des exploités la masse ouvrière concentrée et organisée, puis progressivement les ordinateurs vont faire leur apparition et commenceront à concurrencer les capacités du cerveau humain mettant en péril des franges entières de la dite classe moyenne. L'introduction du Smarphone et de l' Intelligence Artificielle IA vont sans aucun doute poser à la société la question de l' avenir du salariat .
Il faut se reporter à l' article du Forum Economique Mondial FEM « La Quatrième révolution industrielle : ce qu’elle implique et comment y faire face » du 27 octobre 2017. Elle a au moins le mérite de bien recadrer comme nous le faisons le contenu de ces « révolutions »
« Lors de la Première révolution industrielle, l’eau et la vapeur ont permis de mécaniser la production. La Seconde révolution industrielle a exploité l’énergie électrique pour créer la production de masse. La Troisième révolution industrielle s’est appuyée sur l’électronique et les technologies de l’information pour automatiser la production. La Quatrième révolution industrielle en est issue : c’est la révolution numérique, née au milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion des technologies qui gomment les frontières entre les sphères physique , numérique et biologique. » « L’ampleur et l’importance de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de production, de management et de gouvernance. » « L’automatisation se substituant à la main d'œuvre dans l'ensemble de l'économie, le remplacement pur et simple des travailleurs par des machines pourrait accentuer l'écart entre le rendement du capital et celui du travail. D’un autre côté, si la technologie remplace les travailleurs, il est possible que le nombre d’emplois sûrs et valorisants augmente globalement. »
Le Forum 2026 se tient à Davos du 19 au 23 janvier.
Les restructurations de la sphère de circulation du capital
Après la seconde guerre mondiale, la restructuration du capitalisme mondial est à l' ordre du jour, période ou le système d' exploitation va s' étendre sur la base de l' extraction de la plus-value relative, c' est à dire de la machinerie qui partout va se développer , avec comme fouet l' expansion du capital fictif ,le crédit. Le monde se divise alors en deux blocs, le monde occidental sous hégémonie américaine et le monde dit soviétique, la fameuse « coexistence pacifique » et ses guerres localisées.
La conférence économique de Gênes, en 1922, avait confirmé la primauté de l'étalon-or : toutes les monnaies étaient évaluées en référence à l'or et les banques centrales devaient être en mesure de donner leur équivalent en or à quiconque en faisait la demande. Cela était le cas lorsqu'un pays avait une balance commerciale déficitaire : ses fournisseurs n'avaient d'autre choix que de convertir en or le produit de leurs ventes. Mais le krach de Wall Street de 1929 allait mettre à nu les faiblesses des pays européens. L'étalon-or ayant failli, il fallait le réformer. C'est à quoi vont s’atteler les Anglo-saxons dès que se profile la défaite de l'Axe Berlin-Tokyo.
Pour le monde occidental, la deuxième guerre mondiale n’est pas encore finie, que dés l'été 1942, le Chancelier de l'Échiquier britannique et le Secrétaire du Trésor américain, chargés des questions économiques et financières entament des négociations par le biais de leurs conseillers respectifs. Le premier est le prestigieux économiste John Maynard Keynes,1 le second, moins connu, est Harry Dexter White, un proche du très influent Secrétaire du Trésor Henry Morgenthau , Keynes va préconiser une organisation multilatérale qui laisse à chaque pays une certaine marge de manœuvre économique, commerciale et monétaire. Il sera à l'origine de vouloir en finir avec l'or qu'il va appeler « la relique barbare » pour la remplacer par le Bancor. Le bancor est toutefois refusé par Harry Dexter White,qui veut faire du dollar américain la monnaie internationale de référence, qui sera utilisée par les banques centrales dans le cadre de leurs réserves. Cela donnera au dollar un privilège exorbitant. Les États-Unis pensent déjà à la nouvelle organisation monétaire mondiale, au désendettement des pays ruinés par le conflit et à leur reconstruction. une conférence financière réunit les représentants de 44 nations alliées à Bretton Woods (New-Hampshire, États-Unis). Elle se conclut le 22 juillet 1944 en mettant en place un nouveau système financier destiné a asseoir le dollar comme monnaie universelle.
Les accords de Bretton Woods se concrétisent par la création du Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BIRD, Banque Internationale pour la reconstruction et le développement). Ils vont inaugurer une longue période de stabilité monétaire qui perdurera jusqu'à la fin de la convertibilité-or du dollar par le président Richard Nixon.2
« Lorsque les dépenses militaires à l’étranger ont provoqué le déficit la balance des
paiements US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l’étalon or en 1971, les banques
centrales se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé pour solder les
déséquilibres des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les flux issus des
paiements ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci étaient « aussi
fiables que l’or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4 000 milliards de
dollars de ces obligations dans leurs réserves internationales. » M Hudson la dédolarisation
Tant que les Etats-Unis, disposaient dans les coffres de Fort- Knox d'importante réserves en or, il n' y avait pas de problème. C'est seulement quand la croissance économique se déplaça des Etats-Unis vers l' Europe, que les réserves d' or des américains s'amenuisèrent et se traduisirent par un déficit de plus en plus important de leur balance des paiements.. Le dollar commençait à, ressembler à de la fausse monnaie engendrant régulièrement sa remise en cause. C’est en mars 1968, qu’une nouvelle crise monétaire éclate , qui se soldera par la mise en place d’un double marché de l’ or.
Depuis, tous ceux qui ont essayés de détrôner le dollar , n’y sont pas parvenus, En France De gaulle ( 1965), puis Giscard ont essayés, ils ont été évincés. Quand Saddam Hussein voulu payer le pétrole en euro, il avait mis en place une arme de « destruction massive » qui lui vaudra la vie.
Depuis, la crise financière de 2008 a considérablement réduit la puissance de la City et de Wall street, le dollar n‘est même plus une monnaie suspecte, il n’ est plus une monnaie ou mais une monnaie hélico alimentée par la planche à billet. Alors les détenteurs de dollars s’énervent un peu plus et prennent des initiatives, les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Emirats arabes unis, Koweit, Oman, Qatar), envisageaient, pour 2010 une monnaie unique sur le modèle de l’ euro. Au moment de signer l’ accord il n’ en restait plus que quatre. Puis se fut le tour des détenteurs de matières énergétiques qui ne veulent pas être les dindons de la farce et de passer à l’ offensive. Le Cartel de l’ OPEP et la Russie veulent marcher sur les traces de Saddam Hussein; ils comptent mettre en place une monnaie unique pour honorer les contrats pétroliers. Le Kazakhstan et l’Iran veulent une monnaie régionale, la Chine propose la mise en place d’une monnaie universelle par la mise en place d’un instrument de paiement dont la valeur serait déterminée à partir d’un panier de monnaies, et non plus fixée sur celle du dollar américain. Or cet instrument existe déjà, mais pas pour cet usage : ce sont les Droit a Tirages Spéciaux DTS. Dominique Strauss-Kahn déclarait « légitimes » les discussion sur une nouvelle monnaie de réserve.
Le célèbre Michael Hudson3, dans son article : Dé-dollarisation: le démantèlement de l’ empire militaire et financier américain (17 juin 2009) va jusqu à dire :
« La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.
La remise en cause de l’Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l’ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Cette alliance regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi le Brésil s’y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). »
Suite à cette réunion le Président Sarkozy s’ est dit en accord avec l’ esprit de Iekaterinbourg, ceci dans la logique du Gaullisme et lors du G8 qui s’ est tenue à L’ Aquila (Italie) plusieurs chefs d’État et de gouvernement ou leurs représentants ont clairement remis en cause l’ordre monétaire existant depuis les accords de Bretton Woods, ainsi que la prédominance du dollar dans les échanges mondiaux. Nicolas Sarkozy, a appelé à un débat sur la monnaie de réserve. Le représentant chinois a évoqué, pour sa part, « un régime monétaire international de réserve diversifié et rationnel » sur la base des droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de monnaies utilisé par le Fonds monétaire international (FMI).
Depuis D Trump a entrepris une restructuration de l'ordre mondial mettant à jour les vraies intentions de l' Amérique dans un contexte ou de nouveau le dollar se trouve attaqué comme monnaie universelle, sans compter la mise en vente par la Chine et autres des bons du trésor américain.
En conclusion
Nous avons vu au cours de ce texte le rôle bien particulier des nationalisations tant intérieur comme mesure protectionniste qu' extérieur comme mesure s'inscrivant dans le repartage du monde. Nous avons souligné que les nationalisations n'étaient qu'une prise de possession provisoire des l' états, visant une restructuration de l' appareil productif global par la liquidation absorption « des canard boiteux » en terme marxiste la pléthore de capital .
Nous avons mis en exergue le rôle historique de la « social-démocratie » et de son « socialisme du temps de guerre » ces promoteurs d' un capitalisme d' état bureaucratique, et de la militarisation de l'économie comme sortie de crise. Nous avons traité à part les nationalisations liées à la rente pétrolière et au recyclage de cette rente en faveur des industries d' armement notamment américaines.
Nous avons essayé de montrer en quoi, la restructuration du capital total vise principalement la sphère de circulation de celui-ci, sa dévalorisation c' est à dire une nouvelle guerres des monnaies. avec ses mesures protectionnistes, ses droits de douanes et tout le chapelet de révoltes réactionnaires générées par ces mesures.
Nous avons terminé sur la régulière remise en cause du dollar et de ses échecs répétés, bien qu' aujourd’hui' hui il n'est pas impossible que le dollar soit doublé par paquet de monnaie du type des DTS. En effet les menaces maintenant permanentes de Trump vis à vis de l'Europe, viennent de réveiller la vieille Europe, qui notons le au passage à aussi un moyen de faire chanter notre artiste de la maison blanche.
Pour Deutsche Bank, l'UE dispose d'un autre outil pour faire pression sur Donald Trump: son stock d'actifs américains. "Malgré sa puissance militaire et économique, les États-Unis présentent une faiblesse majeur: leur dépendance financière, due à d'importants déficits extérieurs, les pousse à dépendre des autres pays pour financer leur dette", souligne George Saravelos, stratégiste devises chez Deutsche Bank.Or, l'Europe "est le principal créancier des États-Unis" puisque les pays du Vieux continent abritent "8.000 milliards de dollars d'obligations et d'actions américaines, soit près du double de ce que détient le reste du monde".
Et Patrick Artus Membre du Cercle des économistes, conseiller spécial de Natixis qui nous informe d'un retour du risque bancaire américain :
« Le quatrième mécanisme est la déréglementation des banques aux États-Unis. Le superviseur des banques à la Réserve fédérale veut réduire les exigences de fonds propres. Il veut aussi alléger les stress tests, qui mesurent la résistance des banques à des chocs défavorables. Cela va permettre aux banques américaines d’accorder davantage de crédits. On va donc avoir davantage de prêts bancaires avec moins de réserves en fonds propres. Ce sont les mêmes ingrédients que ceux qui avaient déclenché la crise des subprimes en 2007-2008. »
ANNEXE
6-Engels et l'étatisation
C'est principalement dans « socialisme utopique et socialisme scientifique » un résumé de l'imposant « anti-during » que Engels fera connaître les idées du socialisme scientifique. Il insistera sur le caractère capitaliste de la transformation de sociétés privées en propriété d' état , le capitalisme collectif.
« Mais ni la transformation en sociétés par actions et en trusts, ni la transformation en propriété d'État ne supprime la qualité de capital des forces productives. Pour les sociétés par actions et les trusts, cela est évident. Et l'Ètat moderne n'est à son tour que l'organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste contre des empiétements venant des ouvriers comme des capitalistes isolés. L'Ètat moderne, quelle qu'en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste: l'Ètat des capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n'est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble. Mais, arrivé à ce comble, il se renverse. La propriété d'État sur les forces productives n'est pas la solution du conflit, mais elle renferme en elle le moyen formel de le résoudre, elle met la solution à portée de la main. « « F. Engels , socialisme utopique et socialisme scientifique)
« Dans les trusts, la libre concurrence se convertit en monopole, la production sans plan de la société capitaliste capitule devant la production planifiée de la société socialiste qui s'approche. Tout d'abord, certes, pour le plus grand bien des capitalistes. Mais, ici, l'exploitation devient si palpable qu'il faut qu'elle s'effondre. Pas un peuple ne supporterait une production dirigée par des trusts, une exploitation à ce point cynique de l'ensemble par une petite bande d'encaisseurs de coupons.
Quoi qu'il en soit, avec trusts ou sans trusts, il faut finalement que le représentant officiel de la société capitaliste, l'Ètat, en prenne la direction. La nécessité de la transformation en propriété d'État apparaît d'abord dans les grands organismes de communication: postes, télégraphes, chemins de fer.
Si les crises ont fait apparaître l'incapacité de la bourgeoisie à continuer à gérer les forces productives modernes, la transformation des grands organismes de production et de communication en sociétés par actions, en trusts et en propriétés d'État montre combien on peut se passer de la bourgeoisie pour cette fin. Toutes les fonctions sociales du capitaliste sont maintenant assurées par des employés rémunérés. Le capitaliste n'a plus aucune activité sociale hormis celle d'empocher les revenus, de détacher les coupons et de jouer à la Bourse, où les divers capitalistes se dépouillent mutuellement de leur capital. Le mode de production capitaliste, qui a commencé par évincer des ouvriers, évince maintenant les capitalistes et, tout comme les ouvriers, il les relègue dans la population superflue, sinon dès l'abord dans l'armée industrielle de réserve « F. Engels , socialisme utopique et socialisme scientifique, p.109-110 ed,sociales)
Mais encore :
"C’est purement une falsification intéressée des bourgeois que d'appeler "socialisme" toute intervention de l’état dans le jeu de la libre -concurrence : tarifs protectionnistes, nationalisations de certaines branches d'industrie. Nous devons critiquer ce point de vue, non pas lui ajouter foi. Ce prétendu socialisme est rien d’autre qu'un prétexte à faire marcher la planche à, billets, avec comme intention annexe le désir de transformer le plus possible de Prolétaires en fonctionnaires et retraités dépendant de l’état, c’est à dire organiser à côté d'une armée disciplinée de fonctionnaires et de militaires, une armée aussi disciplinée de travailleurs. Remplacer 1a pression électorale des contremaîtres par celle des supérieurs hiérarchiques dépendant de l’état. Quel beau socialisme. C'est à cela qu'on aboutit lorsqu'on fait confiance au bourgeois, lorsqu'on croit ce qu'il ne croît pas lui-même: que l’état c’est…le socialisme " (ENGELS lettre du 12/3/1881)
« Alors que la haine de classe contre le prolétariat et la menace immédiate de révolution sociale qu'il représente détermine intégralement les faits et gestes des classes bourgeoises, leur programme de paix et leur politique à venir, que fait le prolétariat international ? Totalement sourd aux leçons de la révolution russe, oubliant l'abc du socialisme, il cherche à faire aboutir le même programme de paix que la bourgeoisie et le préconise comme son programme propre ! Vive Wilson et la Société des Nations ! Vive l'autodétermination nationale et le désarmement ! Voilà maintenant la bannière à laquelle se rallient soudain les socialistes de tous les pays - et avec eux les gouvernements impérialistes de l'Entente, les partis les plus réactionnaires, les socialistes gouvernementaux arrivistes, les socialistes oppositionnels du marais « fidèles aux principes », les pacifistes bourgeois, les utopistes petits-bourgeois, les États nationalistes parvenus, les impérialistes allemands en faillite, le pape, les bourreaux finlandais du prolétariat révolutionnaire, les mercenaires ukrainiens du militarisme allemand.
En Pologne, les Daszynski 4 sont intimement liés aux hobereaux de Galicie et à la grande bourgeoisie de Varsovie ; en Autriche allemande, les Adler, Renner, Otto Bauer et Julius Deutsch 5 vont main dans la main avec les chrétiens sociaux, les agrariens et les nationaux allemands ; en Bohème, les Soukup et Nemec 6 forment un bloc compact avec tous les partis bourgeois - quelle émouvante réconciliation générale des classes! Et au-dessus de toute cette ivresse nationale, flotte la bannière internationale de la paix. Partout. les socialistes tirent les marrons du feu pour la bourgeoisie ; par leur crédit et leur idéologie, ils aident à couvrir la déroute morale de la société bourgeoise, ils l'aident à s'en sauver, à restaurer et à consolider l'hégémonie bourgeoise de classe.
Et la première consécration pratique de cette politique bien huilée, c'est l'écrasement de la révolution russe et le morcellement (?) de la Russie.
C'est la politique du 4
août 1914 qui se reflète inversée dans le miroir concave de la
paix. La capitulation dans la lutte des classes et la coalition avec
les bourgeoisies nationales respectives en vue d'un carnage
réciproque, se sont transformées en une alliance mondiale,
internationale pour une « paix
d'entente ». Ils tombent dans le panneau des pires platitudes, des
pires fadeurs, de la berceuse, du mélo de cinéma : le capital a
soudain disparu, les conflits de classes sont nuls et non avenus.
Désarmement, paix, harmonie des nations. La force plie devant la
loi, le faible se redresse, Au lieu de canons, Krupp va produire ...
des bougies de Noël, la ville américaine de Gari (?) va se
transformer en un jardin d'enfants de Frôbel 7.
Arche de Noé où l'agneau ira tranquillement paître auprès du
loup, où le tigre ronronne en clignant des yeux comme un gros chat
domestique, alors que du bout de ses cornes, l'antilope le chatouille
derrière l'oreille, où le lion et la chèvre jouent à
saute-mouton. Et tout cela grâce à la formule magique de Wilson, du
président des, milliardaires américains, tout cela grâce au
soutien des Clemenceau, Lloyd George et du prince Max de Bade 8.
De ce même Erzberger qui... le traité
de Paix de Brest... Désarmement aptes
qu'en Angleterre et en Amérique, deux nouveaux. militarismes ;
Fournisseur : le Japon. Après une progression illimitée de la
technique. Alors que le capital financier et le capital de
l'industrie de guerre ont tous les États dans leur poche à cause de
la dette publique ! Alors que les colonies restent des colonies. Ici,
l'idée de la lutte des classes capitule devant l'idée nationale. Il
semble que l'harmonie des classes dans chaque nation soit la
condition préalable et le complément de l'harmonie des nations qui
doit sortir de la guerre mondiale pour s'épanouir dans la « Société
des Nations ». Le nationalisme est actuellement de mise. Des nations
et des mini-nations s'annoncent de toutes parts et affirment leurs
droits à constituer des États. Des cadavres putréfiés sortent de
tombes centenaires, animés d'une nouvelle vigueur printanière et
des peuples « sans histoire » qui n'ont jamais constitué
d'entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s'ériger
en États. Polonais, Ukrainiens, Bielorusses, Lithuaniens, Tchèques,
Yougoslaves, dix nouvelles nations au Caucase... Les Sionistes
édifient déjà leur ghetto palestinien, pour l'instant à
Philadelphie.... c'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le
Brocken 9
nationaliste.
Sur un balai, sur un bâton Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé.
Mais le nationalisme n’est qu'une formule. La substance, le contenu historique qu'elle couvre est aussi divers et ramifié qu'est creuse et pauvre la formule d' « autodétermination nationale » qui le cache.
Maintenant, comme dans
toutes les grandes périodes révolutionnaires, on présente toutes
sortes de factures, vieilles et nouvelles, de conflits à régler
pêle-mêle, des restes démodés du passé, les questions les plus
actuelles du présent et des problèmes à peine esquissés de
l'avenir. La décadence de l'Autriche et de la Turquie est la
dernière liquidation du Moyen-âge féodal, un appendice à l'œuvre
de Napoléon. Mais l'effondrement et l'abaissement de l’Allemagne
est, en même temps, la faillite du plus jeune et du plus vigoureux
des impérialismes et de ses projets de domination du monde qui
n'ont pris forme que dans la guerre. Ce n'est aussi que la faillite
d'une méthode particulière de domination impérialiste : à travers
la réaction de l'Elbe orientale et la dictature militaire, à
travers l'état de siège et les méthodes d'extermination, c'est
l'effondrement de la stratégie de Trotha 10,
transposée des hereros du désert de Kalahari à l'Europe. Analogue
à celle de l'Autriche et de la Turquie, dans l'apparence et la
forme des résultats - la constitution de nouveaux petits États
nationaux - la décadence de la Russie cache un problème opposé :
d'une part, la capitulation de la politique prolétarienne à
l'échelle nationale devant l'impérialisme, d'autre part la
contre-révolution capitaliste contre la prise du pouvoir par le
prolétariat . Ce dernier élément
est en même temps la force motrice historique la plus puissante qui
s'exprime dans tous les remaniements actuels, l'axe qui traverse le
chaos des divers mouvements historiques qui se contredisent et se
recoupent, la substance effective du puissant mouvement national.
Dans son schématisme pédant de maître d'école, un K(autsky) y voit le triomphe de la « démocratie » qui prendrait tout simplement la forme et les accessoires d'un État national. Ce formaliste sec et petit bourgeois oublie, bien sûr, d'examiner le fond historique des choses; gardien attitré du temple du matérialisme historique, il oublie qu' « État national » et « nationalisme » sont, en soi, des moules vides dans lesquels chaque période historique et les rapports de classes dans chaque pays, coulent un contenu matériel particulier. Dans l'Allemagne ou l'Italie des années 70, le mot d'ordre d' « État national » servait de programme à l'État bourgeois, à l'hégémonie bourgeoise de classe ; l'offensive visait un passé moyen-âgeux et féodal, un état bureauratico-partriarcal et une vie économique disloquée. En Pologne, le mot d'ordre d' « État national » était traditionnellement celui de l'opposition de la noblesse rurale et de la petite bourgeoisie au développement capitaliste moderne, un mot d'ordre dont la pointe était précisément dirigée contre les phénomènes modernes de la vie, aussi bien le libéralisme bourgeois que son antipode, le mouvement ouvrier socialiste. Dans les Balkans, en Bulgarie, en Roumanie, en Serbie, deux guerres sanglantes, préludes à la guerre mondiale, ont marqué l'irruption violente du nationalisme, expression des aspirations du capitalisme à se développer et de la classe bourgeoise à exercer son hégémonie dans tous ces États ; le nationalisme y est, d'une part, l'expression des intérêts contradictoires de ces bourgeoisies entre elles qui se heurtent par ailleurs à l'impérialisme autrichien dans leurs tentatives d'expansion. Mais en même temps, bien qu'il soit en fait l'expression d'un capitalisme tout jeune, presque embryonnaire, le nationalisme de ces États a été et est encore contaminé par l'atmosphère générale des tendances impérialistes, En Italie, le nationalisme sert déjà exclusivement, et sans conteste, de raison sociale à de purs appétits colonialo-impérialistes ; ce nationalisme de la guerre en Tripolitaine et des convoitises albanaises a aussi peu de points communs avec le nationalisme italien des années 60 que M. Sonnino 11 avec Giuseppe Garibaldi.
Avant l'insurrection d'octobre 1917 à Pétersbourg, le nationalisme en Ukraine russe était aussi peu consistant qu'une bulle de savon, c'était le produit des ratiocinations de quelques douzaines de professeurs et d'avocats dont la plupart ne parlaient même pas l'ukrainien. Depuis l'insurrection bolchevique, il est devenu l'expression d'intérêts très réels de la contre-révolution petite-bourgeoise dont l'offensive est dirigée contre la classe ouvrière socialiste. En Inde, le nationalisme est l'expression des ambitions de la bourgeoisie indigène qui aspire à exploiter le pays pour son propre compte et à ne plus se contenter de servir d'objet au vampirisme du capital anglais ; d'après son contenu social et son degré de développement historique, ce nationalisme correspond donc aux luttes d'émancipation des États-Unis d'Amérique à l'issue du XVIII° siècle.
Ainsi, le nationalisme reflète tous les intérêts, toutes les nuances, toutes les situations historiques qu'on peut imaginer. C'est un chatoiement de mille couleurs. Il n'est rien, il est tout, il n'est qu'un moule idéologique, il importe avant tout de déterminer à chaque fois la substance qu'il contient.
L'explosion actuelle de nationalisme, généralisée au monde entier, renferme un fouillis hétéroclite d'intérêts et de tendances spécifiques. Mais un axe passe à travers tous ces intérêts spécifiques et les oriente, un intérêt général créé par les particularités de la situation historique : l'offensive contre la menace d'une révolution mondiale du prolétariat.
La révolution russe et le pouvoir des bolcheviks qui en est issu, ont inscrit le problème de la révolution sociale à l'ordre du jour de l'histoire. Ils ont, en règle générale, exacerbé à l'extrême le conflit de classes entre capital et travail. Ils ont creusé soudain entre les deux classes un gouffre béant qui crache des vapeurs volcaniques et des flammes brûlantes. Le soulèvement de juin du prolétariat parisien et le massacre de juin ont pour la première fois pratiquement scindé la bourgeoisie en deux classes antagonistes qui ne peuvent connaître qu'une seule loi : la lutte à la vie à la mort; ainsi, le pouvoir des bolcheviks en Russie a pratiquement contraint la société bourgeoise a faire face à cette lutte finale, à la vie à la mort. Il a anéanti et dissipé la fiction d'une classe ouvrière docile avec laquelle on s'arrange à l'amiable, d'un socialisme aux fanfaronnades théoriques inoffensives qui, dans la pratique, est fidèle au principe : vivre et laisser vivre - cette fiction née de la pratique de la social-démocratie allemande dans les trente dernières années, et devenue, sur ses traces, celle de l'Internationale tout entière. La révolution russe a asséné un coup de poing soudain et déterminant au modus vivendi entre socialisme et capitalisme élaboré au cours du demi-siècle de parlementarisme qui vient de s'écouler ; grâce à elle, le socialisme est sorti de la phraséologie inoffensive de campagne électorale traitant d'un avenir nébuleux, il est devenu le problème crucial du jour d'aujourd'hui. Elle a rouvert brutalement la vieille et terrible blessure de la société bourgeoise qui s'était cicatrisée depuis les journées de juin 1848 à Paris.
Seules les classes
dirigeantes en ont bien sûr d'abord pris conscience. Avec la
violence d'un choc électrique, les journées de juin ont inoculé
instantanément à la bourgeoisie de tous les pays la conscience d'un
antagonisme de classe irréconciliable avec la classe ouvrière,
elles ont empli les cœurs d'une haine mortelle du prolétariat,
alors que les ouvriers de tous les pays ont mis des années à tirer
les leçons des journées de juin, à acquérir la conscience de
l'antagonisme de classe ; la même chose se reproduit à l'heure
actuelle ; la révolution russe a communiqué à toutes les classes
possédantes de tous les pays du monde, la panique, la haine
farouche, fulminante, effrénée du spectre menaçant de la dictature
politique, une haine qui ne peut se mesurer qu'aux sentiments de la
bourgeoisie parisienne pendant les massacres de juin et le carnage de
la Commune. Le « bolchévisme » est devenu le mot clé du
socialisme révolutionnaire pratique, des aspirations de la classe
ouvrière à la prise du pouvoir. Le mérite historique du
bolchévisme est d'avoir ouvert brutalement le fossé social au sein
de la société bourgeoise, d'avoir approfondi et exacerbé à
l'échelle internationale l'antagonisme de classe; et, comme dans
tous les grands contextes historiques, cette œuvre fait disparaître
sans rémission toutes les erreurs et toutes les fautes particulières
du bolchévisme. Elles servent même cette oeuvre, dans la
mesure où elles contribuent à intensifier jusqu'à la fureur, la
haine de la société bourgeoise et sa crainte, jusqu'à la folie.
Ces sentiments sont aujourd'hui la substance profonde des délires nationalistes auxquels le monde capitaliste a apparemment succombé; ils sont l'étoffe historique objective à laquelle se réduit, en fait, l'échantillonnage hétéroclite des nationalismes nouvellement déclarés. Les jeunes micro-bourgeoisies qui aspirent maintenant à une existence indépendante, ne frétillent pas seulement du désir d'acquérir une hégémonie de classe sans entraves et sans tutelle, mais elles se promettent un délice dont elles ont trop longtemps été privées : étrangler de leurs propres mains l'ennemi mortel, le prolétariat révolutionnaire - fonction qu'elles avaient été contraintes de céder jusqu'à présent à l'appareil rigide d'une domination étrangère. On accepte peu volontiers d'aimer ou de haïr par personne interposée. Les orgies sanglantes de Mannerheim, le Gallifet finnois, ont montré combien la violence ardente de l'année passée a fait germer de haine dans le cœur de toutes ces « petites nations », des Polonais, des Lithuaniens, des Roumains, des Ukrainiens, des Tchèques des Croates, etc., une haine qui n'attendait que la possibilité de trouver son expression : étriper enfin le prolétariat révolutionnaire par des moyens « nationaux » à soi. Ces « jeunes » nations, agneaux blancs et innocents qui gambadent dans la prairie de l'histoire mondiale, ont déjà l'œil étincelant du tigre courroucé qui guette le moindre mouvement du « bolchévisme » pour lui « régler son compte ». Derrière tous les banquets idylliques, toutes les fêtes de fraternisation enivrantes à Vienne, à Prague, à Agram, à Varsovie s'ouvrent déjà béantes les tombes de Mannerheim que l'on contraint les gardes rouges à creuser de leurs propres mains, se profilent les ombres troubles des potences de Kharkov; les Loubinski et Holoubovitch 12 ont invité les « libérateurs à, allemands à les dresser.
C'est la même idée fondamentale qui domine l'ensemble du programme démocratique de paix de Wilson. Dans l'atmosphère d'ivresse victorieuse de l'impérialisme anglo-américain, dans l'atmosphère créée par le spectre menaçant du bolchévisme qui hante la scène mondiale, la « Société des Nations » ne peut être qu'une seule chose : une alliance bourgeoise mondiale pour la répression du prolétariat. La Russie bolchevique sera la première victime toute chaude que sacrifiera le grand prêtre Wilson à la tête de ses augures de l'arche d'alliance de la « Société des Nations » ; les « nations autodéterminées », victorieuses et vaincues, se précipiteront sur elle.
Les classes dirigeantes font ici, une fois de plus, preuve de leur instinct infaillible pour leurs intérêts de classe, d'une sensibilité merveilleuse aux dangers qui les menacent. Le temps est apparemment au beau fixe pour la bourgeoisie et les prolétaires de tous les pays s'enivrent au souffle printanier du nationalisme et de la Société des Nations ; mais la société bourgeoise ressent dans tous ses membres une douleur lancinante qui lui annonce l'approche d'une chute du baromètre de l'histoire et d'un changement de temps. En tant que « ministres nationaux », les socialistes mettent un zèle de rustres à tirer pour elle les marrons de la paix du feu de la guerre mondiale ; mais elle voit déjà se profiler derrière son dos la fatalité inévitable : elle voit se dresser le spectre géant de la révolution sociale mondiale qui a pénétré en silence sur l'arrière-plan de la scène.
C'est l'insolubilité objective des tâches auxquelles la société bourgeoise est confrontée, qui fait du socialisme une nécessité historique et qui rend la révolution mondiale inévitable.
Personne ne peut prévoir la durée de cette dernière période et les formes qu'elle va revêtir. L'histoire est sortie des chemins battus, a cessé d'avancer d'un train paisible ; à chaque pas de plus, à chaque détour du chemin, s'ouvrent de nouvelles perspectives, se présente un nouveau décor.
Il importe avant tout d'appréhender le problème décisif de cette période et de s'y tenir sans se laisser démonter. Et ce problème s'intitule : la dictature du prolétariat, réalisation du socialisme. Les difficultés de la tâche ne résident pas dans la puissance de l'opposant, des résistances de la société bourgeoise. La guerre a rendu inutilisable pour la répression du prolétariat son ultima ratio, l'armée, devenue elle-même révolutionnaire. La guerre a disloqué la base matérielle de son existence, le maintien de la société. La tradition, la routine, l'autorité - sa base morale d'existence - ont été dispersées à tous vents. Tout l'édifice se relâche, s'ébranle, s'effrite. Les conditions de la lutte pour le pouvoir sont plus favorables à la classe ascendante qu'elles ne l'ont jamais été dans l'histoire mondiale. Il peut tomber comme un fruit mûr dans l'escarcelle du prolétariat. La difficulté réside dans le prolétariat lui-même, dans son manque de maturité ou plus encore dans le manque de maturité de ses chefs, des partis socialistes. La course poursuite générale du nationalisme et de la Société des Nations. Les socialistes doivent maintenant faire leur apprentissage, réapprendre l'abc, mais accéléré dans la pratique. Le programme de paix de la société bourgeoise est inapplicable. D'où la garantie historique de la proximité de la révolution et de la victoire. La classe ouvrière regimbe, elle recule sans cesse devant l'énormité incertaine de sa tâche. Mais elle doit le faire, il le faut. L'histoire lui ferme toutes les portes de sortie elle doit mener l'humanité dégradée hors de la nuit et de J'épouvante vers la lumière de la libération. La fin de la guerre mondiale ne peut rien... (illisible) être et d... (illisible)... peut... (illisible)...(Traduit d'après l'édition allemande de Die Russische Revolution, présentée par Ossip Flechtheim, Francfort, Europäische Verlagsanstalt,1963
G.Bad-janvier 2026
notes
1Voir le « Marx et Keynes » de P. Mattick aux éditions nrf Gallimard
2Le 15 août 1971, à la faveur de la pause estivale, le président Richard Milhous Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or. C'en est fini de l'étalon-or (ou argent) sur lequel s'est fixé la valeur des monnaies pendant deux millénaires...
4 DACZYNSKI, Ignaz (1866-1936). Dirigeant du Parti Socialiste Polonais (P.P.S.) de Galicie, il fut son représentant auprès de la II° Internationale.
5 ADLER, Victor (1852-1918). Fondateur et dirigeant du Parti social-démocrate autrichien, fondateur de son organe central, l'Arbeiterzeitung, il fut l'une des plus éminentes figures de l'Internationale. Avocat de l'autonomie nationale, anti-militariste, Il fut partisan de la défense pendant la guerre mondiale. En 1918, Il fut ministre des Affaires Étrangères.
RENNER, Karl (Rudolf Springer) (1870-1950). Dirigeant du Parti social-démocrate autrichien, membre du Reichsrat, favorable à la défense pendant la guerre, il fut en 1918, le premier chancelier de la république autrichienne et l'un des signataires du traité de Versailles. Il fut Président de la République autrichienne après la Seconde Guerre mondiale.
BAUER, Otto (1881-1938) Dirigeant et théoricien du Parti social-démocrate autrichien, il fonda Der Kampf, son organe théorique et collabora à la Neue Zeit. De 1915 à 1917, il fut prisonnier en Russie. En 1918, il devint sous-secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, puis secrétaire d'État. Il fut l'un des fondateurs de l'Internationale deux et demi. Il fut contraint d'émigrer en 1934.
DEUTSCH, Julius. Socialiste, dirigeant syndical. En 1918-20, il organisa, en tant que secrétaire d'État, la « milice ». Après avoir démissionné en 1920, il fonda le « Club de défense républicaine ». En février 1934, il émigra en Tchécoslovaquie puis combattit en Espagne où il fut général des troupes républicaines. Il revint à Vienne en 1946 et quitta le parti en 1953.
6 SOUKUP, Frantisek (1871-1940) Social-démocrate tchèque, délégué au Bureau Socialiste International il fut en 1918-19 ministre de la justice, en 1919-29, vice-président du Sénat, en 1929-39, président du Sénat.
NEMEC, Antonin (1858-1926). Journaliste, dirigeant du Parti social-démocrate tchèque, il fut à partir de 1904 son représentant au B.S.I. De 1907 à 1918, il fut député au Reichsrat autrichien, et en 1918-20, membre de l'assemblée nationale révolutionnaire tchèque. Député au parlement tchèque de 1920 à 1925, il devint alors président honoraire de son parti.
7 FRÖBEL, Friedrich (1782-1852). Pédagogue, fonda en 1840, à Blankenburg en Thuringe, un jardin d'enfants pour toute l'Allemagne.
8 ERZBERGER : Sous-secrétaire d'État aux Affaires Étrangères dans le cabinet du prince Max de Bade. Président de la commission d'armistice (6 novembre 1918).
MAX DE BADE (1867-1929) Chancelier d'Empire à partir du 3 octobre 1918, il transmit les propositions de paix à Wilson. Le 9 novembre, il céda sa place à Ebert.
9 Brocken : Montagne du Harz où se serait déroulée la nuit de Walpurgis.
10 TROTHA, Lothar von (1848-1920), Général prussien d'infanterie qui reçut en 1904 le haut commandement des troupes allemandes en Afrique du Sud-Ouest et dirigea jusqu'en 1905 les combats contre les Hereros.
11 SONNINO, Baron Sydney (1847-1922). Homme d'État italien qui fut entre 1914 et 1919 ministre des Affaires Étrangères.
12 HOLOUBOVITCH, Sydir. Ministre de la justice dans le secrétariat d'État provisoire d'Ukraine, prit la tête du gouvernement suivant en janvier 1919.