L’INDUSTRIE DU MIGRANT
LES PARIAS A L’ASSAUT DE LA FORTERESSE NORD
Publié le 17 Mars 2025 par Pantopolis, 16 mars 2025

Le capitalisme à la recherche de nouvelles Atlantides extraterrestres
«Toutes ces étoiles… ces mondes immenses qui restent hors d’atteinte. Si je le pouvais, j’annexerais les autres planètes» [Sarah Millin, (Cecil) Rhodes, Chatto & Windus, Londres, 1933, p. 138].
Le rêve destructeur de l'impérialisme, de Cecil Rhodes à Elon Musk
Le Macédonien Alexandre le Grand, conquit la moitié de l’Orient, et vingt villes portèrent et même continuent à porter son nom, depuis Alexandrie d’Égypte jusqu’à Alexandrie d’Arachosie (actuelle Kandahar en Afghanistan).
À l’occasion de l’expansion coloniale européenne, tous les nouveaux conquérants ont rêvé de donner leur nom à d’immenses terres conquises le plus souvent par le fer et par le feu, pour instaurer des régimes de prédation organisée sacrés « civilisation ».
Depuis Christophe Colomb et Simon Bolivar – et même bien avant[1] –, Cecil Rhodes (1853-1902) est le seul créateur d’empire ayant donné son nom à un nouveau territoire conquis : la Rhodésie du Nord (Zambie depuis 1964) et celle du Sud (Zimbabwe depuis 1980), à laquelle il ajouta le Nyassaland[2]. Ce fils de clergyman, homme d’affaires, devenu premier ministre de la colonie du Cap (1890-1896), fut le fondateur de la British South Africa Company, visant à coloniser et exploiter les territoires au nord du Transvaal. Il est célébré dans les bourses du monde capitaliste comme le créateur de la société diamantaire De Beers. Il est surtout l’archétype d’un impérialisme anglo-saxon carnassier, réussissant à étendre l’empire africain de Sa Gracieuse Majesté du Cap au Caire.
Cecil Rhodes incarne à merveille les ambitions impérialistes de l’époque. La première puissance coloniale étendait officiellement sa domination sur une partie de la planète « pour faire régner partout la paix, la liberté et la justice ». Dans son premier testament – rédigé à l’âge de 24 ans – il envisageait, pour cela, l’absorption par l’Empire britannique de toutes les îles du Pacifique, y compris le Japon (sic), de la côte chinoise et de l’Amérique du Sud. Il caressait même, en 1877, l’idée d’une « reconquête des États-Unis d’Amérique ».
A défaut d’avoir conquis la planète entière, Rhodes de se targuait d’être le plus authentique philanthrope; il avait fait don de bourses d’études… mais strictement réservées aux étudiants blancs. Rhodes lança le mot d’ordre de l’égalité des droits de « tous les hommes civilisés », prenant soin de préciser qu’un Noir capable d’écrire et de travailler valait plus qu’un Blanc paresseux ou oisif[3]…
Le colonialisme à la Cecil Rhodes, au profit d’un État capitaliste ou d’un petit roitelet européen (le Belge Léopold II), souverain du Congo, ne fut rien d’autre qu’une méthode de pillages et d’asservissement dans sa colonie « personnelle ». Son bilan est une tragédie historique pour les populations soumises à sa férule[4].
On peut mieux chiffrer le bilan des politiques coloniales menées en Afrique par les États capitalistes français, allemand, italien, portugais, espagnol, mais aussi britanniques. L’Empire français se targuait lui aussi, sans vergogne, d’avoir apporté, selon le ministre de l’éducation Jules Ferry : « paix », « liberté » et « justice »[5]. L’Empire britannique dont Rhodes portait les couleurs occasionna en Inde de colossales famines. Elles furent pires que celles de l’Union soviétique, de la Chine de Mao et de la Corée du Nord réunies, soit 100 millions de morts[6].
L’obsession quotidienne de Cecil Rhodes et de ses confraternels concurrents (empires coloniaux français, belge, espagnol, portugais, etc.) était que le peuple d’en-bas, au chômage et affamé ne s’insurge contre « leur » « patrie », mais engage une guerre de classe totale contre le Capital.
« J’étais hier dans l’East-End (quartier ouvrier de Londres), et j’ai assisté à une réunion de sans-travail. J’y ai entendu des discours forcenés. Ce n’était qu’un cri : Du pain ! Du pain ! Revivant toute la scène en rentrant chez moi, je me sentis encore plus convaincu qu’avant de l’importance de l’impérialisme... L’idée qui me tient le plus à cœur, c’est la solution du problème social, à savoir : pour sauver les quarante millions d’habitants du Royaume-Uni d’une guerre civile meurtrière, nous, les colonisateurs, devons conquérir des terres nouvelles afin d’y installer l’excédent de notre population, d’y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de nos fabriques et de nos mines. L’Empire, ai-je toujours dit, est une question de ventre. Si vous voulez éviter la guerre civile, il vous faut devenir impérialistes »[7].
Ces appels directs à de sanglantes guerres de rapine contre des populations soumises au talon de fer colonial, affamées, exploitées et réprimées sans répit, n’empêchèrent pas l’éclatement de la première grande boucherie impérialiste, dont le prolétariat des métropoles comme des colonies a payé le plus lourd prix. Le rationnement drastique imposé par les capitalistes et l’inflation en spirale des prix alimentaires touchèrent durement les prolétaires de l’Empire britannique, moins cependant que ceux des Empires centraux victimes d’un blocus mieux organisé[8].
Rhodes ne vécut pas assez longtemps pour voir son empire s’écrouler avec la fin d’un système colonial condamné au lendemain de la guerre. Plus de 120 ans après sa mort, ses statues sont déboulonnées ou mises au rebut[9].
Elon Musk, Sud-Africain comme Rhodes, s’érige en successeur légitime, un suprématiste blanc rêvant depuis l’enfance de reconquérir un pouvoir « bien blanc ». A la tête du pouvoir suprême, avec ses compères Trump et Vance, il accuse les « non-blancs » de vouloir « confisquer des terres » (« blanches ») et de « traiter certaines catégories de population (lire : « blanches »), TRÈS MAL » menaçant de suspendre l’aide américaine à destination de la « nation arc-en-ciel », dans l’attente d’une « enquête complète sur la situation »[10]. Musk vise plus haut encore : non seulement il veut s’emparer de l’ensemble du monde capitaliste sublunaire, mais il veut engendrer dans le monde supralunaire un capitalisme extraterrestre, voire extragalactique.
L’entreprise SpaceX, que Musk a fondée en mai 2002, grâce aux profits de la vente de PayPal[11], est aujourd’hui reconnue dans le domaine de l’exploration spatiale. Avec une valeur estimée de 180 milliards de dollars et des succès techniques indéniables, tels que le Starship, une fusée réutilisable capable de transporter plus de 100 tonnes de charge. Malgré plusieurs explosions en vol[12], l’entreprise semble résolue à transformer ce rêve enfantin-infantile en réalité. Quoi qu’il en coûte, pour reprendre une antienne bien connue…
Dans la nouvelle saga muskienne, la Terre est condamnée à court terme (mais pas le capitalisme, assuré d’une immortalité sui generis). La Terre est une Atlantide (capitaliste) en péril qu’il faut quitter sans délai avec des myriades d’engins spatiaux)[13]. Le nouveau « génie » du Golfe de l’Amérique promet de bâtir une colonie sur Mars avec des moyens titanesques :
- des fusées géantes réutilisables (sauf risque d’explosions périodiques…), ce qui réduirait les coûts de lancement;
- une flotte spatiale financée par des capitaux publics et privés, permettant de transporter à chaque synchronisation orbitale jusqu’à 100.000 personnes !
- une stratégie (ou plutôt une prophétie…) à long terme, prévoyant des milliers de lancements pour créer une ville d’un million d’habitants sur la glaciale « planète rouge » dénuée d’oxygène, d’eau et de toute infrastructure de survie pour les futurs conquérants du néant.
Elon Musk, clone du Docteur Folamour, sombre alors dans un nirvana hallucinatoire, ponctué de saluts nazis (non réprimés). Pour lui, le lancement d’un Starship coûterait « seulement » 2 millions de dollars. Avec un objectif de 100 vaisseaux construits par an, SpaceX pourrait disposer de 1.000 Starships d’ici une dizaine d’années, tous capables de transporter annuellement une mégatonne de matériaux.
Dans la même veine que Trump qui bâtit des projets fumeux (et mafieux) qui font toujours flop[14], « Kekius Maximus » (surnom de l’Imperator spatial) soutient qu’un billet pour Mars pourrait coûter moins de 100.000 dollars. « Partir vivre sur Mars coûtera un jour moins de 500.000 dollars, et peut-être moins de 100.000 », indiquait-il sur X. « Un montant assez bas pour que la plupart des habitants des pays développés puissent vendre leurs maisons sur Terre et déménager sur Mars s’ils le souhaitent » (sic), et sans aucune garantie de retour…
Elon Musk a également défini sa vision sociétale de Mars. Favorable à une « démocratie directe » plutôt qu’à une « démocratie représentative », il préconise que les premiers habitants décident eux-mêmes de leur mode de gouvernance. À ses yeux, la colonisation de Mars ne consiste pas seulement à survivre, mais à bâtir une « civilisation » de nouveaux Crésus, basée sur le virtuel puisque la monnaie serait le bitcoin, seul garant de la « démocratie directe » de ces impérialistes de l’espace.
Les premières missions Starship sans équipage pourraient décoller dès 2026, avec comme objectif celui d’essaimer des humains sur Mars quatre ans plus tard. Les conditions idéales pour le lancement, qui surviennent tous les 26 mois, rythmeraient les étapes de ce projet. Les habitants de cette planète du néant, s’ils survivaient, seraient de véritables zombies contrôlés depuis la base opérationnelle de Musk au Texas : Starbase[15]. Précisons que les zombies de l’espace extraterrestre auraient des cerveaux dépourvus du « génie muskien », mais implantés de puces électroniques pour les activer ou les désactiver à volonté…
Tous ces projets d’adolescent attardé mégalomane – dont l’« humanité » se limite à faire le salut hitlérien – reposent uniquement sur la longévité putative de la barre de fer trumpienne.
Cela suppose que :
- la brutale politique de tarifs douaniers tous azimuts, totalement fantasque, ne mette pas en péril la stabilité très incertaine des échanges, de la Bourse, et donc la viabilité de l’économie américaine;
- la vente des voitures électriques Tesla, fabriquées en Chine, aux USA, en Allemagne, etc., se poursuive sans anicroches, alors que se développent de féroces campagnes de boycott, ou d’efficaces mesures de rétorsion chinoises (ou autres);
- les ouvriers des bagnes industriels de Musk se comportent encore comme de « gentils » esclaves soumis, en dépit d’une exploitation sans merci, d’une totale absence de droits, et du règne de la peur instauré par la camarilla mafieuse Musk-Trump-Vance s’appuyant sur de puissants réseaux « sociaux » d’extrême droite.
Un mois et demi après une prise du pouvoir « légale » par les urnes, ce régime reposant sur la manipulation, les « fake-news », la corruption, est déjà lourdement endetté, au point de semer le doute chez les capitalistes eux-mêmes. Les matamores du « golden age » annoncé affrontent déjà le spectre de la faillite :
« La valeur de X s’est écroulée depuis son rachat ; les nouveaux projets ont sombré dans les limbes avec le licenciement de 80 % des effectifs; annonceurs et usagers fuient. Et à Wall Street, Londres ou Paris, les banques viennent de se délester de plus de 5 milliards de créances potentiellement douteuses sur les 13 milliards de dettes contractées par le magnat pour le rachat de la plateforme, fin 2022. Elon Musk n’a rien d’invincible. C’est un colosse aux pieds d’argile. En politique comme pour le business. »[16]
Musk a pour le moment un usage illimité de la pompe à « phynances » fédérale pour s’abreuver jusqu’à plus soif. Il n’est pas sûr que ce pillage mafieux à usage privé puisse durer indéfiniment comme au temps béni de la piraterie impérialiste où aucun frein n’existait pour limiter la rapacité des grands barons du capitalisme privé.
Ce système de pillage impérialiste sans limite détruit année après année toute la planète, réduit sa population à un état de déchéance avancé. Les effets délétères du système capitaliste sont encore plus tangibles avec le règne des Musk-Trump-Vance et de leurs compères Poutine et Xi Jinping, engagés toujours plus dans des guerres impérialistes sans fin.
Le système impérialiste est inévitablement condamné, à court ou à moyen terme. Les destructions engendrées par les guerres impérialistes s’accumulent déjà à nos portes : Ukraine, Russie, Israël-Gaza, Moyen-Orient, Afrique (Congo, Soudan, etc.), en attendant les conflits autour de Taiwan et de la Corée dans la zone–Indo-Pacifique. Il n’est aucun lieu de la terre, où l’humanité ne soit maintenant en danger.
Non, le capitalisme ne pourra se perpétuer pour le seul bénéfice de quelques oligarques assoiffés de profits, n’hésitant pas à verser le sang des exploités, en les réprimant férocement ou en les jetant comme chair à canon dans ses guerres impérialistes. Ni sur la « planète bleue » ni sur une quelconque planète fantasmée que l’impérialisme, dans sa folie des grandeurs, rêve de conquérir, pour mieux la détruire.
L’impérialisme, dans toutes ses versions (« libéral », « illibéral », capitaliste d’État, « communiste », etc.) est détruit la planète Terre méticuleusement, heure après heure, par la simple recherche du profit, dans des guerres généralisées entre pirates capitalistes pour obtenir les dernières miettes accessibles et vendables sur des marchés capitalistes.
La balle est maintenant dans le camp du prolétariat américano-canadien, mais aussi européen. Tout dépend maintenant de sa réaction de classe et donc de sa capacité à s’organiser pour d’abord briser l’offensive du capital, et ensuite poser la question de la prise du pouvoir par les exploités.
Pantopolis, 16 mars 2025.
[1] L’Empire ottoman, que veut refonder Erdoğan, provient du nom de l’empereur Osman, premier de la dynastie. Il fut fondé à la fin du XIIIe siècle (en 1299) au nord-ouest de l’Anatolie byzantine (aujourd’hui : Turquie).
[2] L’histoire du Nyassaland est marquée par l’accaparement massif des terres communautaires africaines par les colons blancs britanniques. Le Nyassaland a pris le nom de Malawi en 1964.
[3] Jean Werz, Le Monde, 6 juillet 1953, « La mémoire de Cecil Rhodes bâtisseur de l’empire africain de l’Angleterre est célébrée par la reine mère Elizabeth ».
[4] Léopold II créa en 1885 l’État indépendant du Congo qui fut sa propriété personnelle. Sa ‘vigoureuse’ action coloniale lui valut le titre de « Saigneur du Congo ». Le chiffre généralement admis des victimes de la colonisation royale pourrait être de plusieurs centaines de milliers, sans qu’il y ait un accord d’historiens sur un chiffre plausible. Cf. Tanguy De Wilde D’Estmael, Université catholique de Louvain et Collège d’Europe de Bruges : leopold-ii-roi-des-belges-et-souverain-du-congo-une-figure-historique-confrontee-aux-mythes-memoriels.pdf.
[5] Discours à l’Assemblée nationale du 28 juillet 1885 (« Les fondements de la politique coloniale »), juste avant une expédition militaire à Madagascar : « Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l’Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l’histoire de cette conquête, il y a aujourd’hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d’ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu’auparavant ? »
[6] « Comment le colonialisme britannique a tué plus de 100 millions d’Indiens en 40 ans », site « les crises » : https://www.les-crises.fr/comment-le-colonialisme-britannique-a-tue-100-millions-d-indiens-en-40-ans/
[7] Souligné par nous. Le texte émane du journaliste W.T. Stead (1849-1912), citant son ami de Cecil Rhodes. Cf. Die Neue Zeit, 1898, xvie année, n° 1, p. 304, et Lénine, dans son ouvrage L’Impérialisme stade suprême du capitalisme (1916). W.T. Stead ne connut pas le naufrage du capitalisme en 1914 mais celui du Titanic, en 1912, qui fut son tombeau…
[8] Pour l’Allemagne, voir Nicolas Patin, «Réflexions autour des victimes allemandes du blocus de 1914-1918 », Les Cahiers Sirice, 2021/1, n° 26, p. 95-107. En Allemagne, le nombre de victimes de la faim, imputable au blocus naval, s’éleva à environ 500.000.
[9] Le mouvement Rhodes must fall, animé surtout par des étudiants d’Afrique du Sud, s’est répandu à travers le monde grâce aux réseaux sociaux, afin de lutter contre le « suprématisme blanc ».
[10] Cf. Le Monde, 5 février 2025 : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/05/quand-l-enfant-du-pays-elon-musk-s-immisce-dans-la-politique-americaine-vis-a-vis-de-l-afrique-du-sud_6532289_3212.html
[11] La plate-forme PayPal est une alternative au paiement par chèque ou par carte bancaire.
[12] La fusée Starship explosa au-dessus des Bahamas le 16 janvier dernier; puis à nouveau le 6 mars 2025. Cela ne freine pas Musk dans ses projets à court terme : https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250308-explosion-de-la-fus%C3%A9e-starship-le-doute-plane-sur-l-agence-am%C3%A9ricaine-de-l-aviation
[13] Scénario brillamment mis en images dans l’ouvrage d’Edgar P. Jacobs, L’Énigme de l’Atlantide, Dargaud.
[14] Cf. Le Monde du 18 octobre 2024, sur un projet financier de Trump, porté par des « businessmen douteux » : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2024/10/18/donald-trump-fait-un-flop-avec-world-liberty-financial-son-projet-de-cryptoactif_6355332_4408996.html
[15] Le Point, 25 janvier 2025 : https://www.lepoint.fr/monde/bienvenue-a-starbase-la-ville-revee-d-elon-musk-25-01-2025-2580781_24.php
[16] Rosa Moussaoui, « Elon Musk un colosse aux pieds d’argile », L’Humanité, 19 février 2025. Elon Musk se heurte à des barrages légisglatifs concernant les revenus des gros capitalistes. Une juge du Delaware vient de rejeter un plan de rémunération pharamineuse de 55,8 milliards en faveur du patron de Tesla.
L’OUVRIER
« L’EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS SERA L’OEUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MÊMES » (KARL MARX)
Incendies de forêt : le privé qui brûle, le public qui paye
En France, les trois quarts des forêts sont privées. La plus grande partie est entre les mains d'une dizaine de milliers de riches propriétaires ;le reste est réparti entre 3 millions et demi de tout petits propriétaires. Dans les Landes, où a eu lieu l'incendie de 2026, c'est pire. Là, c'est 92% de la forêt qui est privée. En fait de forêt, c'est plutôt une immense plantation, des pins parfaitement alignés. Quelques très riches familles landaises ont des milliers d'hectares, le reste est partagé entre 38 000 personnes.
La forêt ne rapporte vraiment que si l'on en a beaucoup. Et derrière les plus gros proprié-taires,on a des purs capitalistes, des sociétés, qui investissent dans le bois. Selon les domaines, chaque hectare rapporte, en moyenne, au bout de 40 ans, quand on finit par
couper complètement une série d'arbres, entre 4000 et 7000 euros par hectare. Celui qui possède un millier d'hectares tire ainsi entre 100 000 et 175 000 euros par an, de sa forêt, en moyenne.Alors que c'est la nature qui fait le travail. Ce sont donc essentiellement ces forêts, des forêts privées, qui brûlent. Mais ce ne sont pas leurs propriétaires qui payent, ni pour empêcher les feux de démarrer, ni pour les éteindre une fois le feu parti En 2022, face à un feu déjà énorme en Gironde, il a fallu, dans l'urgence, que l'Etat mobilise 50 entreprises pour faire de gros travaux qui auraient, normalement demandé des mois : 67 bulldozers, pelles mécaniques et autres abatteuses d'arbres, ont ouvert dans la forêt 130 kilomètres de lignes de pares-feux, dont une partie de cent mètres de large. Et on a refait la même chose pour les Landes de 2026. Cet incendie de 2022 a coûté, estime-t-on, entre 25 et 55 millions d'euros, rien que dans la lutte pour l'éteindre : en milliers de pompiers, en centaines de camions et en dizaines d'engins volants. Celui de 2026 est pire encore. Cet argent, il vient directement de notre poche, des impôts que nous payons, par exemple dans tout ce qu'on achète, avec la TVA. On paye parce que les propriétaires de forêts n'ont pas mis suffisamment de systèmes contre l'incendie, alors que tout le monde sait que c'est un problème dans les forêts : pas assez et pas partout de lignes parefeux,pas assez de citernes positionnées d'avance pour vite approvisionner les pompiers, pas assez d'opérations de débroussaillement, etc.
Un incendie catastrophique avait eu lieu, exactement aux mêmes endroits que celui de 2026, en... 1949. Il y avait fait 82 morts, et détruit 443 maisons et bâtiments agricoles. C'est à ce moment que l'Etat a obligé les propriétaires de la forêt à cotiser un peu pour les dépenses de prévention. Mais c'est à peine 20 %, ou au plus 30% de ces dépenses qu'on leur demande de payer. Tout le reste, l'essentiel donc, c'est la collectivité, la population dans son ensemble, qui doit le payer. On nous a beaucoup montré la solidarité des gens qui aident les pompiers, ou qui soutiennent les personnes déplacées. Mais derrière cette solidarité, juste et nécessaire, il y a quelque chose d'inadmissible : le fonctionnement actuel est que les propriétaires privés nous coûtent. Non seulement, les plus gros font de belles affaires, 50 milliards par an de chiffre d'affaires dans la filière bois. Mais ils comptent sur les autres, sur la population, pour payer les dégâts que cause leur industrie, telle qu'elle est aujourd'hui. Il y a certes des choses à revoir, avec le changement du climat, comme le fait de ne planter que des pins, qui brûlent très facilement. Mais il faut d'abord et plus que tout remettre en cause ce fonctionnement ; car on le retrouve dans de très nombreuses industries qui nous coûtent cher, et ne rapportent qu'à des petits groupes de profiteurs : une industrie qui ne rapporte pas à tout le monde n'a pas à être payée par tout le monde. Ou alors, il faut en partager aussi la propriété.
1/8/2026 L’Ouvrier n° 435
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Ce texte est paru dans Echanges n° 155 (printemps 2016).
Les religions empoisonnent l’humanité depuis des
millénaires. Non seulement les monothéismes mais encore
les polythéismes, animismes et autres philosophies prétentieuses
(confucianisme, bouddhisme, etc.) réinvestissent aujourd’hui
l’espace public. Elles ne l’avaient à vrai dire jamais
réellement déserté, attendant patiemment l’heure de se mêler de
régenter le monde profane ; les moralistes prétendent toujours
diriger les mœurs.
Je ne chercherai pas ici à recenser les
différences, indéniables, entre les diverses voies religieuses ni à
discuter de leur évolution historique ; je n’écris pas un article
pour étudiants en théologie. De toutes les façons, l’histoire
des religions enseigne avec quelle facilité les croyants tirent d’un
texte sacré les déductions les plus invraisemblables ; usant d’un
débridement de la syntaxe farci d’espérances et de sensibleries,
leurs théories ne sont fréquemment pas commodes à suivre avec
leurs façons de dire les choses et leur ignorance de la vulgaire
humanité : hommes et femmes peuvent crever d’ennui, de désespoir
et de faim, ce n’est pas leur rayon.
Au chacun pour soi du
capitalisme, les religions opposent un groupe exclusif totalement
impuissant à changer les conditions de vie de ses membres parce que
leurs croyances sont en contradiction totale avec toute tentative de
comprendre la société dans laquelle ils vivent. Elles n’offrent à
leurs adeptes qu’une identité individuelle illusoire au sein d’un
groupe ne laissant aucune place à l’individu ; une illusion
n’étant pas la même chose qu’une erreur mais une forme
délirante de la pensée où le désir se prend pour la
réalité.
Ruines. Le capitalisme, depuis sa
naissance en Europe, a bouleversé le monde entier et arraché le
voile de sensiblerie qui recouvrait les relations humaines :
religions, familles, partis politiques sont de nos jours, dans les
pays soumis entièrement au capital tout au moins, totalement
discrédités ; l’Etat même chancelle et ne se préserve que par
ses instruments répressifs.
Dans leur lutte pour l’existence
les religieux, qui retrouvent en cela les politiques, en appellent au
retour à un état antérieur de la société supposé idyllique afin
de pouvoir poursuivre leur quête du profit en toute tranquillité.
Révolutionnaires auto-proclamés et religieux se rejoignent pour
combattre des changements trop rapides à leur goût. Il leur faut
pour ce faire dominer non seulement les esprits mais surtout les
corps dont ils savent pertinemment que l’esprit est le sujet.
Le
terrorisme, qui n’est pas une technique employée par les seuls
religieux ni ne touche pas que l’Europe, comme semblent le croire
certaines personnes à l’esprit étroitement enserré dans les
frontières européennes, participe de cette entreprise de domination
des corps. Il est une réaction extrême non seulement contre la
destruction d’anciennes formes de pensée mais surtout contre la
destruction d’anciennes formes de relations sociales qu’elles
légitiment. On dit qu’il serait l’arme des pauvres, mais la
pauvreté est chose relative et, en fait, les terroristes ne manquent
pas des financements que nécessitent la préparation et l’exécution
d’attentats. On préfère d’ailleurs généralement ignorer le
soutien, direct ou indirect, des Etats au terrorisme groupusculaire,
tout de même que le terrorisme exercé ouvertement par les Etats :
les terroristes à Paris et à Bruxelles n’avaient pas tort de
souligner que les Occidentaux ont fait au Moyen-Orient, et ailleurs,
plus de victimes civiles qu’eux n’en feront jamais.
Cette
domination des corps a toutefois des limites : premièrement dans la
nécessité de constituer des groupes guerriers qui, en rassemblant
des masses de gens dans un même lieu, aiguise la sexualité des
participants, toujours jeunes, ainsi que celle de leurs maîtres ;
deuxièmement parce que quand les combattants mâles font défaut,
les organisations de combat doivent faire appel à des femmes avec
les conséquences que cet appel implique. Il est notoire que les
prêtres n’obtiennent la soumission des masses à la religion qu’en
ménageant de larges concessions aux pulsions des hommes ici-bas ou
en leur promettant toutes satisfactions au royaume des cieux.
Les
religions étant plus affaire d’émotion que de raison, il n’y a
rien d’étrange à ce qu’elles ressurgissent à notre époque en
bouleversement perpétuel, offrant le confort d’une pensée
paresseuse et d’une action moutonnière sans rapport avec la
réalité autre que son anéantissement. Pour continuer à filer la
comparaison avec la politique de partis, la rhétorique religieuse se
masque sous la prétention de vouloir changer le monde par la
soumission de tous à un dirigeant providentiel. Le bolchévisme
tenait aussi ce discours ambigu de l’émancipation de la classe
ouvrière par l’adoration d’un homme ; le maoïsme et ses
avatars, principalement le tiers-mondisme, ont porté cette ambiguïté
à son point d’explosion. Et les étudiants chinois sur la place
Tiananmen en 1989 adoraient la déesse Démocratie.
Il y a
conjonction entre conservateurs et religieux, c’est une banalité.
Ce qui est moins banal, c’est que les forces conservatrices ont
maintenant phagocyté les théories prétendument révolutionnaires.
Ces révolutionnaires supposés, en lutte contre le bouleversement
des sociétés soumises au capital par le capital même, se rangent
aux côtés des religieux au nom d’une tradition culturelle, et
délaissent la lutte de classes au profit d’une lutte des citoyens,
quand ils ne nient pas tout bonnement l’existence d’une classe
ouvrière ; et n’hésitent pas à remplacer les prolétaires dans
leur lutte contre la bourgeoisie par les
laissés-pour-compte.
Vertiges. Je ne nie pas que
les religions peuvent parfois consoler certains de leur misère
économique et exprimer leur révolte contre les nantis. Lors des
attentats à Paris et Bruxelles, on a beaucoup disserté sur la
radicalisation de certains musulmans. Il y a là une
mésinterprétation : ce ne sont pas les musulmans qui se sont
radicalisés mais il s’agit bien plutôt d’une islamisation de la
radicalité, de révoltés qui ont cru trouver dans la religion une
manière de transformer le monde après l’échec de la
politique.
Bien entendu on n’a pas parlé d’une radicalisation
des catholiques ; ceux qui, par exemple, ont défilé contre le
mariage homosexuel. Pourtant, là encore, il s’agissait de
l’expression d’une défiance envers les politiciens. Je ferai
remarquer à ce propos que cette revendication du mariage par les
homosexuels et leurs défenseurs prouve à quel point les idées
conservatrices ont pénétré toutes les couches de la société.
Mais
les religions, comme la politique, n’offrent qu’une impasse à la
révolte car si elles prétendent lier les hommes entre eux et les
hommes avec dieu, elles ajoutent en fait un motif à tout ce qui
sépare les hommes. Les opposant pour des raisons futiles (prophètes,
coutumes, etc.), elles les dressent les uns contre les autres dans
des guerres sans fin : les partisans d’une liberté de culte
prônent cette liberté pour eux seuls et on ne compte plus les morts
au nom de la liberté de leurs assassins.
Comme les partis
politiques autrefois, les mouvements religieux attirent des jeunes
qui ne sont plus seulement des abîmés économiques (chômeurs,
précaires, etc.) mais qui sont plutôt issus de la classe moyenne et
parfois même supérieure. Comme autrefois les militants politiques
ou syndicaux, les militants religieux combattent pour les intérêts
des déclassés, délaissant les plus défavorisés qui, eux, se
battent au quotidien pour leur survie sans se laisser séduire, sinon
marginalement, par les sirènes de théories grandiloquentes.
Les
plus ardents sectateurs religieux ou socialistes se recrutent parmi
les fonctionnaires. Ils sont d’ailleurs assez peu dangereux,
craignant de perdre leurs places. Les idées religieuses, tout comme
les idées politiques, pénètrent parfois les milieux ouvriers, mais
les ouvriers ne manifestent pas le sectarisme des premiers. La classe
ouvrière est la plus réfractaire aux pratiques et discours moraux
des religieux, des politiciens de gauche et de droite. Bien que les
médias répandent cette rumeur que les électeurs du Front national,
en France, seraient en majorité ouvriers, une analyse plus fine de
cet électorat montre que cela dépend beaucoup des régions. Et, de
toutes les façons, le Front national n’a encore aucun élu
régional parce qu’il y a loin d’un vote protestataire à une
adhésion.
Plus dangereux sont ces jeunes sans avenir pour qui
l’exercice du terrorisme devient un rite de passage à l’âge
adulte mettant fin à une période interminable de postadolescence
dans des sociétés européennes où l’âge de l’autonomie
devient de plus en plus tardif par manque d’argent. Il est à noter
que si Internet a, relativement, supprimé la géographie par la
suppression des distances entre interlocuteurs, la proximité
géographique, physique, favorise l’entraînement des uns par les
autres et la pression du groupe dans les vocations religieuse et
terroriste. Les commentateurs parlent alors de communautarisme (voir
l’encadré ci-dessous), une sorte de maladie ou d’infamie qui,
une fois de plus, ne toucherait que des populations d’origine non
européenne.
Cependant, les religieux ne forment pas une
communauté homogène ; comme toute communauté, elle est traversée
par les intérêts individuels de chacun de ses membres. Ces mêmes
commentateurs oublient que si l’islam perturbe nos sociétés
européennes, d’autres religions perturbent d’autres sociétés
dans le monde, qu’il y a des guerres entre elles toutes et en leur
sein : chiites contre sunnites, bouddhistes contre rohingyas
(musulmans) au Myanmar (ancienne Birmanie), juifs contre musulmans au
Proche-Orient, catholiques contre évangélistes dans plusieurs pays
d’Amérique latine, massacres de civils par des armées
confessionnelles comme en Ouganda et dans les pays voisins jusqu’en
2008 par la Lord’s Resistance Army, etc. Le nationalisme sous
perfusion religieuse nous promet des guerres aux effets démultipliés
par les progrès techniques ; Israël en donne un exemple depuis
1949.
Alors que l’utopie religieuse a remplacé l’utopie
politique, que tous les déçus d’une vie ordinaire embarquent pour
la Syrie comme leurs ancêtres partaient en Union soviétique en
quête d’une vie passionnante, je ne peux m’empêcher de penser à
ceux-là qui se félicitent d’habiter le meilleur des mondes,
s’efforcent de réfléchir, parler et écrire, dans la ligne
officielle tout en gardant la conviction de vivre libres. C’est
sans compter que les religieux, à l’instar de leurs collègues
politiques, se chargent de supprimer tous les individus susceptibles
de manifester intelligence et indépendance. Et quand des défenseurs
des exploités des pays moins développés, issus des pays riches,
tolèrent l’assujettissement des ex-colonisés à la religion pour
cause de victimisation ou de tradition, on devine que s’ils
expriment une envie d’égalité entre enfants d’ex-colonisés et
enfants d’ex-colonisateurs elle est plus forte que leur envie de
liberté.
Pour certains, on ne peut critiquer l’islam sans être
soupçonné d’islamophobie, car la religion islamique fait partie
de la culture des victimes de l’Occident, tout comme on ne peut
critiquer Israël sans être accusé d’antisémitisme parce que la
religion juive appartient à la culture des victimes du nazisme.
L’Europe, elle, serait matérialiste, sans spiritualité. Les mots
prennent ici un sens particulier qui cherche à discréditer toute
critique du capitalisme : dans leur bouche, le matérialisme devient
simple frénésie consommatrice et la spiritualité, pure
religiosité.
Il est nécessaire aujourd’hui où partout dans le
monde le religieux resurgit avec force de dire clairement que la
stratégie réfléchie des prédicateurs vise à détruire l’individu
indépendant actif en société, à détruire tous ceux dont la
manière de vivre ne correspond pas aux critères qu’ils ont
édictés. Il est aussi nécessaire d’affirmer que la politique,
dans son acception étroitement partisane, est de même nature que la
religion, que toutes deux sont affaires de croyance et que rien ne
leur est plus étranger que l’humain, qu’elles reposent sur
l’irrationnel et le fanatisme. Enfin, que le terrorisme arrive
toujours dans des périodes où le capitalisme se trouve, ou
s’imagine, menacé par ses producteurs, les travailleurs.
Emile
Henry (1872-1894), un des derniers terroristes anarchistes de la fin
du xixe siècle, écrivait : « J’aime tous les hommes dans leur
humanité et pour ce qu’ils devraient être, mais je les méprise
pour ce qu’ils sont. » (Coup pour coup, éd. Plasma, 1977, p.
184). Il ne me semble pas que les terroristes d’aujourd’hui
pensent autrement. Philanthropes religieux, politiques ou autres se
posent en amis de l’humanité, mais ils en ont toujours été les
plus pernicieux ennemis. Le fanatisme aveugle des vrais croyants les
rend beaucoup plus dangereux que des bêtes fauves.
J.-P. V. dit
PAULO aujourd'hui décédé.
Les «alliés du cancer» ont frappé fort. Retour en arrière. Juillet 2025 : une pétition contre la loi Duplomb, voulant réintroduire l'acétamipride, recueille plus d'un million de signatures. La société civile se mobilise alors massivement contre les pesticides, et le Conseil constitutionnel censure la mesure. Un an après, l'histoire se répète. Qu'ont retenu nos élus de ce grand moment de démocratie ? Rien. Pire : se voyant barrer l'accès à la porte, les tenants de l'agro-industrie sont passés par la fenêtre, réussissant à faire adopter le retour de l'acétamipride via la loi d'urgence agricole. Cette semaine, les députés puis les sénateurs ont définitivement voté en faveur de cette «loi Duplomb bis», actant non seulement le retour de pesticides dangereux, mais aussi l'agrandissement des élevages, le détournement de la gestion locale de l'eau, et favorisant l'irrigation toujours plus massive des cultures... Le malaise s'est fait sentir jusque dans les rangs du gouvernement – pourtant à l'origine de cette loi – quand la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, opposée à la réintroduction de l'acétamipride, a annoncé son intention de démissionner… Avant de faire volte-face, à la demande du président de la République. Mais dans cette histoire, tous semblent avoir oublié le poids de la colère populaire, qui n'a pas fondu malgré les canicules successives : «Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Nous considérons que ce sont des alliés du cancer et des ennemis du monde paysan», a asséné Fleur Breteau, cofondatrice de Cancer Colère, le soir du vote. À quelques mois de l’élection présidentielle, elle appelle les militants à «faire vivre un cauchemar» aux candidats des partis favorables à la loi : «Dès qu’ils mettront un pied hors de leur voiture, on sera là, on ne les lâchera pas.» Voir aussi https://reporterre.net/Monique-Barbut-joue-aux-Lego-la-reforme-qui-plonge-le-ministere-de-la-Transition
Nous venons d'assister à un renforcement du « camp occidental » prêt à en découdre avec le bloc russe. En effet, c' est sous la détermination d' E Macron que la constitution d'une force de frappe européenne se met en place passant de l' économie de guerre à la guerre réelle.Ce que le défilé XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés confirme.
Son discours 2026 aux armées est à ce niveau révélateur :
Lors du discours aux armées du 13 juillet 2026, Emmanuel Macron a notamment dressé le bilan du réarmement du pays . Doublement du budget des armées, place de la jeunesse, et défense de la paix…
« Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit, et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre, toujours, et au prix du sang s’il le faut. »
Le sang de la jeunesse qu'il faut recruter en masse pour le futur « bouillon rouge ,
« Le président de la République est également revenu sur le nouveau service national, dont il avait annoncé le lancement en novembre 2025. Cet engagement militaire volontaire et sélectif est proposé aux jeunes de 18 à 25 ans, avec ou sans diplôme. Il débutera en septembre 2026. »
« Je veux saluer l’engagement de la
jeunesse de France qui a répondu présente à l’appel et qui
rejoindra dès septembre nos rangs en effectuant dans les armées son
service national. J’irai à la rencontre des appelés du service
national à la rentrée en chef des armées pour les féliciter. »
«
Il est essentiel pour consolider cette force d’âme. Il est
essentiel pour continuer à recruter les meilleurs. Il est essentiel
pour continuer aussi à accroître notre réserve. »
Le sommet de l' OTAN d' Ankara , les 32 membres se sont engagés à porter les dépenses de défense à 5% du PIB tout en renforçant les capacités antiaériennes face à la Russie. L’engagement à consacrer 5% du PIB à la défense représente un saut budgétaire sans précédent.
Pour la France, cela signifierait passer de 2,1% actuellement à 5%, soit un triplement des crédits militaires. il s’agit pour les 32 membres de l'OTAN de transformer ces crédits en capacités opérationnelles déployables rapidement, notamment en artillerie, drones de combat et systèmes de guerre électronique.
Toutefois, l’intégration pleine de la Turquie aux programmes européens bute sur les tensions persistantes avec la Grèce et Chypre.2
G.Bad le 20 juin 2026
Prochain article Les désertions, le défaitisme et le recours de plus en plus importants aux légionnaires.
Notes
1Un Forum des industries de défense, organisé sur le site de Turkish Aerospace, permet à Ankara de présenter ses capacités technologiques. « Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine », a affirmé Erdogan, illustrant la montée en puissance de l’industrie turque. Les drones Bayraktar, les systèmes de défense aérienne Hisar et les corvettes de classe Ada témoignent d’une maîtrise technologique croissante. Cette base industrielle pourrait réduire la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis, notamment pour les munitions et les systèmes de moyenne intensité.
2 D’autres puissances régionales comme la Corée du nord accélèrent également leur montée en puissance navale, modifiant les équilibres stratégiques.
L’INDUSTRIE DU MIGRANT LES PARIAS A L’ASSAUT DE LA FORTERESSE NORD