jeudi 6 août 2026

G.Bad-LES DÉSERTIONS, ET LES RECOURS AUX LÉGIONNAIRES .

 


Comme nous pouvons le constater, les désertions en Ukraine comme en Russie augmentent avec le prolongement d'une guerre sans fin. En juin Zélensky et le ministère de la défense ont été contraints de prendre des mesures pour enrayer la crise des vocations et des 200 000 désertions officielles. Au moment ou je finalise cet article, nous apprenons que sous la poussée des manifestations Zelensky vient de limoger son chef d' état major
Valéri Zaloujny (dit le boucher) qui sera remplacé dans ses fonctions par l’actuel commandant des forces terrestres Alexandre Sirski. Les populations se rendent compte que la guerre n' offre aucun débouché autre que la mort et la désolation tant en Ukraine qu' en Russie. Le président de la république du Kazakhstan vient de dire à Poutine qu'il fallait stopper les combats. Il est clair que les autorités Ukrainiennes et Russes craignent un coup d' état militaire voir des insurrections. Voilà pourquoi tant en Ukraine qu' en Russie ils ont intégré les sociétés militaires privées SMP à l' armée régulière, comme le fut la SMP Wagner de Evgueni Prigojine qui assiégea Moscou1; elle sera intégrée à l' armée régulière.

 1Evgueni Prigojine meurt à l’âge de 62 ans, le 23 août 2023, dans le crash d'un avion d'affaires allant de Moscou à Saint-Pétersbourg et transportant neuf autres personnes, dont le numéro deux du groupe Wagner, Dmitri Outkine.

Le cas de la Légion internationale pour la défense territoriale de l'Ukraine

Cette légion a beaucoup de point commun avec les SMP sociétés militaires privées de l'occident ou et de la SMP Wagner .

En date de novembre 2022 et selon l'ONG Rus Sidiachaïa, 30 000 à 50 000 détenus pour actes criminels ont été recrutés par le groupe Wagner et retirés des prisons russes pour aller combattre en Ukraine. Evgueni Prigojine participe directement à ce recrutement. Une vidéo le montre devant des prisonniers proposer la liberté au bout de six mois à ceux qui rejoignent le Groupe pour combattre. Ce n'est pas conforme à la loi russe. En effet, celle-ci condamne le mercenariat et l'activité de recrutement à cette fin. De plus, sortir un détenu de prison pour l'envoyer combattre à l'étranger est aussi condamnable[64],[65]. Sources Wikipédia

Qui compose la légion Ukrainienne

Cette légion fut créée à la demande de Zelensky sous le numéro d'unité militaire A3449. En mars 2022 il est fait état que plus de 20 000 volontaires de 52 pays1 ont rejoint la légion ukrainienne. Celle ci sera d' ailleurs dissoute le 31 décembre 2025 par l' état major de l' armée régulière et intégrée.

Pourquoi cette dissolution

Il devenait gênant pour l' UE de soutenir financièrement l'Ukraine avec sa composante de légion internationale se réclamant comme le bataillon Azov du nazisme et d' autres similaires comme le révélera Wikipédia :

« Avant la mise en place de la formation de la Légion internationale, la Légion géorgienne est utilisée pour former des volontaires étrangers anglophones puisque l'unité communique en anglais[11]. Kacper Rękawek[13], chercheur sur les combattants étrangers en Ukraine, pense que la majorité des combattants occidentaux qui se sont engagés avant l'invasion russe de l'Ukraine sont passés par la Légion géorgienne[11].

D'autres bataillons de volontaires étrangers dans l'armée ukrainienne comprennent le bataillon Djokhar Doudaïev et le bataillon Cheikh Mansour — tous deux formés par des Tchétchènes anti-russes et anti-Kadyrov[14], le groupe tactique « Belarus » (en) (formé par des Biélorusses anti-Loukachenko)[15], et le bataillon Noman Çelebicihan, formé par des Tatars de Crimée opposés à l'annexion de la Crimée par la Russie[16]. »

Se souvenir de Maxim Kouzminov qui avait déserté vers l’Ukraine, en accord avec les services de renseignements . Son cadavre a été retrouvé criblé de balles dans un parking du sud-est de l’Espagne, où il s’était réfugié avec de faux papiers.

En Ukraine comme en Russie, les désertions vont se multiplier.

Ces derniers temps, en Ukraine comme en Russie les mouvements anti-guerre des population ayant perdu un fils au front manifestent, ce n' est pas une révolution mais le signe avant coureur d'une montée en puissance d'une révolte profonde. Combien ont le sentiment d' avoir perdu un être cher pour rien, pour la patrie alors que tous les oligarques Ukrainiens sont les premier à avoir déserté avec leurs millions à Monaco et sur la cote d' Azur... aux cotés des russes fortunés2

Ce groupe de fortunés est appelé le « Bataillon Monaco », un nom donné par les médias et une enquête du média Ukraïnska Pravda pour désigner ces riches hommes d'affaires et oligarques. En 2022, les autorités et la presse ont estimé qu'environ 84 richissimes Ukrainiens avaient quitté leur pays pour s'installer sur la Côte d'Azur et à Monaco dès le début de la guerre.

Des deux cotés du front les fauteurs de guerre cherchent du sang neuf, en Ukraine les soldes des engagés sont augmentée,et les contrats sont à durée déterminée. L' UE de son coté tente de livrer à Zelensky les 2 millions d'hommes ayant fuit la conscription, l'état allemand vient de prendre des mesures dans ce sens, Le chancelier Merz a commencé à réduire les prestations sociales aux réfugiés ukrainiens environ 700 millions d' euros et pousse au retour les hommes en age de combattre.

L’Union européenne revoit le statut de protection des Ukrainiens qui fuient le front

Mercredi 15 juillet, les États membres ont prolongé le statut de protection temporaire accordé aux personnes fuyant l’Ukraine jusqu’au 4 mars 2028. Néanmoins, à la demande de Kiev, ils ont décidé d’en exclure les futurs réfugiés n’ayant pas rempli leurs obligations militaires.



De violents affrontements entre civils, militaires et forces de l’ordre à Lvov, dans l’ouest de l’Ukraine,

Le soir du 8 juillet 2026, un groupe de personnes a bloqué un véhicule transportant des officiers du centre de recrutement et l’a renversé, comme le montrent notamment des images diffusées sur la plateforme de médias sociaux X. Cet incident a déclenché des affrontements de plus grande ampleur avec la police et l’armée, auxquels ont participé environ deux cents civils. La situation tendue a duré environ cinq heures et s’est poursuivie jusqu’aux premières heures du 9 juillet. Des images diffusées par la télévision ukrainienne ont montré des foules de personnes se faufilant entre les véhicules dans un quartier résidentiel plongé dans l’obscurité, scandant « Honte ! » et arrachant l’uniforme d’un officier. Cet incident est le dernier d’une série d’attaques contre des agents dans des centres de recrutement, témoignant d’une colère latente quant aux méthodes de recrutement de l’armée ukrainienne.

L’incident s’est produit tard dans la soirée, sur le boulevard « Chervona Kalina », dans le quartier de Sykhiv à Lvov. Des agents du Centre territorial de recrutement et de soutien social (CTRS) local ont interpellé un homme recherché pour avoir esquivé le service militaire. Après que le détenu a été emmené dans un véhicule, une foule d’environ 200 personnes s’est rapidement rassemblée sur les lieux et a bloqué le véhicule, qui est resté sur place. La foule a encerclé le véhicule, brisé ses vitres et l’a complètement renversé. La direction du commissariat de police du district de Sykhiv a confirmé que deux agents du CTRS ont été transportés aux urgences, mais que leurs jours n’étaient pas en danger.(sources antimilitarismus

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=36uxUq0adRU

Au regard des derniers événements, tant en Russie qu' en Ukraine, les manifestations contre la guerre et le recrutement montent en puissance, les armées de part et d' autres ne sont qu' un congloméra de mercenaires pouvant changer de camp à tout moment.

A bas les guerres vive la révolution sociale mondiale

G.Bad le 6 août 2026

2Les oligarques russes possèdent de nombreuses propriétés de luxe sur la Côte d'Azur, en particulier le Château de la Croë de Roman Abramovitch au Cap d'Antibes et la villa Irina Maria à Roquebrune-Cap-Martin. Depuis la guerre en Ukraine, la France a gelé ou saisi de nombreux biens dans le cadre d'enquêtes pour blanchiment d'argent.

mercredi 5 août 2026

INFOBREF N°581-juillet aout 2026-incendies et réarmement

 

Des milliers de personnes évacuent leur domicile alors que des feux de forêt font rage partout au Canada

Plus de 900 feux font actuellement rage à travers le Canada, dont des dizaines qui sont hors de contrôle. Plus de 120 d’entre eux sont en Colombie-Britannique, où les résidents de plus de 2 000 propriétés ont dû évacuer en vertu des premiers 32 ordres d’évacuation émis vendredi.

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Aquitaine : pas besoin de l’invasion russe, les préfets, politiciens pseudo-écologistes appliquent la politique de la terre brûlée

samedi 25 juillet 2026 (sources Matiére et révolution)

Où vont les milliards d’impôts, taxes et dépenses publiques consacrés à la transition écologique, au réchauffement climatique ?

Pas dans la prévention des incendies !

Où vont les milliards d’impôts, taxes et dépenses publiques consacrés à l’ « aide à l’enfance » ? Pas dans la protections des garçons de Betharam, ou de Lyhanna.

Des charlatans, les politiciens pseudo-écologistes ! Une incompétente, la préfette de la Gironde !

Des juges, des préfets qui ne font pas ce pour quoi ils sont grassement payés, c’est ce dont sont victimes les habitants de l’Aquitaine !

Vive l’héroïsme des pompiers de base qui combattent le feu et sauvent des vies !
A bas les bureaucrates des organisations syndicales des pompiers, qui pratiquent la collaboration de classe avec les profits de la sylviculture !

Pompiers volontaires, dénoncez votre utilisation comme service incendie bon marché au service des patrons de l’industrie du bois.

La "forêt des Landes de Gascogne" n’est pas une forêt, c’est une plantation, une usine Sevezo à ciel ouvert !

Des habitants ont refusé d’obéir aux ordres d’évacuation, ils ont sauvé leurs maisons ! Quand l’Etat ne s’occupe plus des habitants, l’auto-organisation, la désobéissance sont à l’ordre du jour ! Détruisons cet Etat bourgeois, organisons l’Etat des exploités, comme le fit la Commune de Paris en 1871.

La lutte contre cet incendie, c’est une lutte de classes !

Alors que l’Etat bourgeois est discrédités, les syndicats et l’extrême gauche électorale, veut nous redonner confiance en lui, en faisant voter pour une "politique de gauche" (achat de Canadairs etc).

Incendies de forêts : une catastrophe pas si naturelle que cela.

N° 988 28:07/2026 Depuis des semaines, le massif forestier en France, mais aussi celui dans les pays voisins, en particulier méditerranéens, sont la proie de violents incendies ayant déjà dévoré des dizaines de milliers d'hectares. Ces incendies ont contraint à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes essentiellement dans la région de Bordeaux. Des maisons ont été détruites par les flammes et plus grave encore, trois sapeurs-pompiers ont été fauchés dans leur lutte contre ces incendies, des dizaines d'autres étant gravement blessés.

Notre première pensée va vers les familles et les proches de ces soldats du feu tombés en accomplissant, comme ils le font toujours et sans relâche leur devoir de protection des populations et aussi vers les populations, plus de 220.000 personnes, forcées d'abandonner leur domicile et qui parfois ont perdu tous leurs biens. Nous pensons également aux nombreux salariés dont les entreprises sont à l'arrêt du fait de la situation.

La violence et l’étendue des incendies en cours trouvent des explications dans les conditions météorologiques estivales particulièrement sévères conduisant à une sécheresse prolongée favorisant la propagation des flammes. Dans ces conditions, les départs de feu pouvant avoir des causes humaines dues à des imprudences ou des actes volontaires malveillants, mais aussi des causes naturelles : orages, inflammation spontanée des tourbières, prennent rapidement des proportions importantes et parfois dramatiques.

Les Macron, Lecornu et bien d'autres en charge ou antérieurement en charge des affaires publiques se contentent de s'en tenir à ces aspects, en oubliant leurs responsabilités dans l'état de dégradation de la forêt et des services publics de protection jouant un rôle majeur pour contenir ou non l'intensité de la catastrophe en cours.

Souvenons nous, déjà en 2013, une grande manifestation des pompiers eut lieu à Grenoble pour de meilleures conditions de travail. La réponse du pouvoir fut violente. La police a chargé et a tiré des balles en caoutchouc. Quentin, soldat du feu, y a perdu un œil. Le 16 juillet 2010 à Nice, lors d’une autre manifestation de pompiers, un policier avait été photographié en train de mettre en joue à très courte distance des pompiers en tenue, désarmés, avec un lanceur de grenade.

Le 15 octobre 2019 à Paris, les pompiers organisaient une grande manifestation afin de réclamer des moyens et des salaires décents. La répression policière avait été d’une extrême violence. Un pompier avait été éborgné par un tir de grenade. La victime, sapeur-pompier professionnel du Service départemental d’incendie et de secours de Dijon, garde des séquelles à vie. Le 28 janvier 2020, même scénario : des dizaines de grenades explosives jetées contre les pompiers, des blessés innombrables, des nasses et des arrestations. Et toujours pas de réponse aux revendications. Pas plus qu'après la manifestation de 2024.

Le gouvernement a fait la sourde oreille aux alertes répétées des professionnels et des volontaires de la profession. Il a fait d'autres choix, comme celui d'engraisser les profits capitalistes et de préparer la guerre impérialiste. De ce fait, les moyens de lutte contre les grands incendies sont sans commune mesure avec les nécessités des moyens pour les limiter et les combattre. Selon des déclarations de pompiers à la revue Contre Attaque1 : " Il manque plus de 300 camions-citernes» alertait un syndicat de pompiers il y a quelques jours dans les médias. Après les incendies, déjà terribles, de l’année 2022, Macron avait fait des belles promesses : un «pacte» pour remplacer les véhicules vieillissants. Mais «la perte de 1000 engins entre 2004 et 2020» n’avait pas été compensée par les commandes, estime Sébastien Delavoux de la CGT. Un autre pompier syndicaliste interrogé par 20 Minutes expliquait que les vieux camions étaient même devenus dangereux, puisqu’ils «ne correspondaient plus aux normes minimales de sécurité pour protéger les sapeurs-pompiers à bord». Il manque aussi des avions : la France ne compte que 20 bombardiers d’eau, dont 12 Canadair vieillissants et 8 avions Dash."

Lorsqu'il était premier Ministre G. Attal a annulé 53 millions de crédits destinés à la sécurité civile2. La sénatrice Les Républicains Françoise Dumont écrit ainsi, dans un avis rendu en fin 2024 au Sénat3 : " cette annulation a contraint la DGSCGC [la direction générale de la sécurité civile] à renoncer à la perspective de commande de deux Canadair ". En revanche, aucune annulation de crédit, bien au contraire n'a été imputé au budget de la guerre qui, lui, a augmenté très fortement. Ainsi, la loi de programmation militaire 2026 revue en mai pour la période 2024-2030 c'est 436 milliards d'euros soit +36 milliards sur 3 ans pour l’armée !

Mais il n'y a pas que le nombre de canadair en jeu, il y a aussi leur entretien et la pénurie de pilote4. De son côté l'Office National des Forêts a vu fondre ses effectifs de 15.000 à 8.000 agents en moins de quarante ans. Tout le montre, le pouvoir porte une lourde responsabilité dans le délabrement du service public et des moyens mis à disposition pour faire face aux catastrophes et protéger la population.

Alors oui : soutien aux pompiers et à tous ceux travaillant dans ces moments si difficiles à la protection de la population, solidarité avec la population touchée par les sinistres et honte aux politiciens, lesquels depuis des dizaines d'années s'emploient à liquider les services publics afin d'assurer les profits d'un système capitaliste prédateur de l'Homme et de la nature. N'oublions rien !(sources le PCR)


https://contre-attaque.net/2026/07/25/les-pompiers-reprimes-hier-envoyes-dans-les-brasiers-aujourdhui/

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/17/deux-canadair-annules-par-gabriel-attal-le-vrai-du-faux-sur-les-moyens-de-la-france-face-aux-incendies_6724131_4355770.html

https://www.senat.fr/rap/a24-150-13/a24-150-13_mono.html

https://www.huffingtonpost.fr/france/article/manque-de-canadair-effet-d-annonce-sur-l-a400m-la-charge-de-ces-pilotes-face-aux-feux-dans-le-sud-ouest_294461.html

Unissons-nous dans la lutte contre la guerre, l’austérité, l’exploitation.

N° 988 30/07/2026  Le nombre de Centres d’incendies et de secours (CIS) est passé de 8 700 en 2002 à moins de 7 000 aujourd’hui et les Services d’incendie et de secours (SDIS) manquent de financements, notamment pour payer les indemnités des pompiers volontaires. Entre distribuer des centaines de milliards aux patrons et financer la lutte contre les incendies, le gouvernement a choisi. Tous les politiciens de gauche et de droite depuis des décennies démantèlent les services publics : les pompiers manquent de crédits, la flotte de Canadairs est vétuste et ridiculement faible car Macron, Attal et autres n’ont pas jugé nécessaire d’y mettre les moyens. A quelques dizaines de kilomètres des flammes, il y a des usines Dassault où trois avions de chasse Rafale sortent chaque mois des lignes de production. La CGT Dassault révèle : « Dès 2019, [elle avait] demandé le lancement d’études pour un avion de lutte anti-incendie basé sur la gamme Falcon. Cette orientation a été suivie par la direction, qui a présenté en 2023 un projet concret de Falcon 2000 XLS, FireFighter. Pourtant, ce projet n’a pas été retenu par l’État, au motif d’un manque de moyens » ! Visiblement, commander des Rafale et des canons, c’est prioritaire pour le gouvernement, pas la lutte contre le feu. L’impuissance face à ces feux est le fruit d’une société capitaliste guidée par la recherche du profit maximum et immédiat pour le capital.

 

Les compagnies pétrolières doublent leurs profits

Pour preuve encore les prix des carburants viennent d’atteindre des records au même moment, le groupe TotalEnergies annonce des résultats records pour le premier semestre 2026 :11,4 milliards d’euros de bénéfices net ! 50 % de plus sur la même période de 2025 et les prix des carburants ont augmenté de 40 centimes le litre dans le même temps, pour l’ensemble de l’année les bénéfices atteindraient 21 milliards d’euros, soit +77 % par rapport à 2025 ! La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon est ravie « C’est une chance d’avoir en France un grand énergéticien mondial capable d’assurer notre approvisionnement ». Capable surtout d'exploiter les travailleurs partout dans le monde et de racketter les consommateurs, elle, Macron, son gouvernement défendent inconditionnellement, les capitalistes. Le PDG de TotalEnergies avoue lui-même « nos activités de trading(*) de pétrole brut et de produits raffinés ont beaucoup de succès » il poursuit en expliquant que les prix du pétrole suite au conflit au Moyen-Orient sont une source considérable de « bons coups » financiers! Les compagnies pétrolières ont toutes doublé leurs profits au premier trimestre de 2026, montre l’ONG Oxfam dans une publication du 28 juillet. Les bénéfices cumulés sur l’ensemble de l’année 2026 de BP, Chevron, Eni, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies devraient s’élever à 129 milliards d’euros. La revue Nature pointe également la responsabilité écrasante de ces entreprises dans les émissions de gaz à effet de serre: les émissions des cinq plus grandes entreprises pétrolières et gazières dont TotalEnergies seraient, selon cette étude, responsables de près d’une vague de chaleur sur quatre entre 2000 et 2023.

 

Les travailleurs n’ont pas à payer

Les travailleurs, quant à eux, paieront toutes ces hausses de prix par un effondrement de leur pouvoir d’achat. Face à cette menace d’une nouvelle inflation, s’impose une revendication commune à tous : l’augmentation massive des salaires, des retraites et des pensions et leur indexation sur les prix ! Nos gouvernants nous mènent à la catastrophe et seule la mobilisation des travailleurs peut les en empêcher.

 

Le chantage à la dette

"Il est urgent d'arrêter la machine infernale de la dette publique", a lancé le ministre, préparant les esprits aux efforts que le gouvernement s'apprête à demander à chaque ministère : 35 milliards d’euros d’effort ! Sans compter l’enveloppe "dette publique" celle-ci s'élèvera à 12,3 milliards d'euros supplémentaires l'année prochaine dans les poches des financiers et l’augmentation des dépenses de l’armée : 6,4 milliards d'euros. 

Pas question, a-t-il indiqué, de "mettre la tête dans le sable" en attendant l'échéance présidentielle. Prenons-le à son propre discours pour notre camp. Sonnons la révolte et unissons-nous dans la lutte contre la guerre, l’austérité, l’exploitation ! C'est le moment de mener action et mobilisation populaires. C’est l’heure de la lutte en faveur des salaires, contre leurs guerres ! C’est l’heure de l’organisation sur les lieux de travail, dans les quartiers et là où vit et étudie la jeunesse, dès la rentrée, renforçons l'opposition ouvrière et populaire, afin de se débarrasser du système capitaliste et construire une société libérée de l'exploitation capitaliste : une société socialiste.

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(*)Le trading désigne l'activité d'achat et de vente d'instruments financiers (actions, obligations, devises, matières premières, produits dérivés, ou structurés



Lockheed Martin rafle Ultra Maritime pour verrouiller la supériorité anti-sous-marine

Lockheed Martin s’apprête à acquérir Ultra Maritime pour 3,5 milliards de dollars, verrouillant ainsi des technologies anti-sous-marines critiques face aux flottes russes et chinoises. L’opération, pilotée par le fonds Advent International, consolide la domination américaine dans la défense navale occidentale.Adélaïde MottePublié le 6 juillet 2026


Lockheed Martin rafle Ultra Maritime pour verrouiller la supériorité anti-sous-marine | Armees.com

Lockheed Martin s’impose comme acquéreur privilégié d’Ultra Maritime pour 3,5 milliards de dollars, consolidant ainsi son arsenal technologique face aux flottes sous-marines russes et chinoises. L’opération, attendue dans les prochains jours selon CNBC, intervient alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint 2,89 trillions de dollars en 2025. Le fonds Advent International, propriétaire actuel de l’entreprise britannique, s’apprête à céder un joyau technologique forgé par la fusion de Cobham et Ultra Electronics.



La menace sous-marine : pourquoi Lockheed Martin mise 3,5 milliards sur Ultra Maritime

Les marines russe et chinoise multiplient les déploiements de sous-marins nouvelle génération dans l’Atlantique Nord et la mer de Chine méridionale. Moscou modernise sa flotte de classe Yasen-M, équipée de missiles de croisière Kalibr capables de frapper à 2 500 kilomètres. Pékin aligne déjà six sous-marins nucléaires d’attaque Type 093B, dotés de systèmes de propulsion silencieux défiant les radars acoustiques occidentaux. La fermeture par Moscou de sept passages ferroviaires avec la Finlande et les pays baltes illustre la tension croissante sur le flanc nord de l’OTAN, où la surveillance anti-sous-marine devient critique.

Ultra Maritime fournit aux marines américaine, britannique et australienne des systèmes de détection acoustique passive, des contre-mesures anti-torpilles et des radars de surveillance de surface. Ses équipements équipent les frégates Type 26 britanniques, les destroyers Arleigh Burke américains et les sous-marins de la classe Virginia. Selon Reuters, plusieurs soumissionnaires restent en lice dans un processus d’appel d’offres concurrentiel, mais Lockheed Martin dispose d’un avantage décisif grâce à ses contrats existants avec le Pentagone.

Ultra Maritime : capacités technologiques et systèmes d’armes

Technologie anti-sous-marine : radar, guerre électronique et contre-mesures

L’entreprise britannique maîtrise trois domaines stratégiques. Ses sonars à antenne remorquée détectent les sous-marins à basse fréquence jusqu’à 150 kilomètres. Ses systèmes de guerre électronique brouillent les guidages de torpilles adverses par émission de leurres acoustiques. Ses radars à balayage électronique identifient les périscopes et schnorkels en surface malgré une mer agitée. Ultra Maritime emploie 3 200 ingénieurs répartis entre Plymouth, Portsmouth et Greenock, avec des installations de tests en Écosse et en Cornouailles.

L’héritage de Cobham et Ultra Electronics en défense navale

Advent International a racheté Cobham en 2019 pour 4 milliards de livres, puis Ultra Electronics en 2022, créant ainsi Cobham Ultra. L’entité résultante combine l’expertise de Cobham en ravitaillement en vol et communications tactiques avec celle d’Ultra Electronics en traitement du signal acoustique. Ultra Maritime représente la branche navale de ce conglomérat, mise en vente début 2026 pour valoriser l’investissement du fonds. Guggenheim et JPMorgan conseillent la transaction côté vendeur.

Lockheed Martin : du F-35 aux systèmes navals intégrés

Synergies avec le portefeuille existant (Patriot, F-35, systèmes navals)

Lockheed Martin produit déjà le F-35 Lightning II, avion de combat furtif vendu à 17 nations, et les missiles Patriot, colonne vertébrale de la défense antimissile occidentale. Le contrat de 35 milliards de dollars pour quadrupler la capacité THAAD américaine témoigne de sa position dominante. L’acquisition d’Ultra Maritime permettrait d’intégrer des capteurs navals aux réseaux de commandement aérien et spatial existants, créant une architecture de défense multicouche du fond des océans à l’orbite basse.



Intégration technologique et capacités opérationnelles renforcées

L’interopérabilité entre les sonars d’Ultra Maritime et les systèmes Aegis de Lockheed Martin ouvrirait la voie à une fusion de données en temps réel. Un destroyer pourrait partager instantanément les coordonnées d’un sous-marin détecté avec des chasseurs F-35 embarqués et des batteries de missiles côtières. L’opération pourrait être annoncée dès cette semaine, consolidant ainsi le leadership technologique américain face aux ambitions navales chinoises.

Implications pour les alliés occidentaux et la dissuasion maritime

L’absorption d’Ultra Maritime par Lockheed Martin soulève des questions de souveraineté industrielle au Royaume-Uni, où les parlementaires scrutent les transferts de technologies sensibles. Cependant, l’alliance AUKUS (Australie, Royaume-Uni, États-Unis) pour la construction de sous-marins nucléaires bénéficierait d’une chaîne d’approvisionnement unifiée. Les marines européennes, déjà clientes d’Ultra Maritime, conserveraient l’accès aux systèmes existants tout en profitant des investissements en recherche et développement de Lockheed Martin, estimés à 1,5 milliard de dollars annuels.

L’opération illustre la consolidation accélérée du secteur de la défense navale. BAE Systems, Thales et Saab surveillent attentivement les conséquences sur leurs propres portefeuilles anti-sous-marins. La course aux fonds marins s’intensifie : qui contrôle les océans contrôle les routes commerciales, les câbles sous-marins et la projection de puissance. Avec Ultra Maritime dans son escarcelle, Lockheed Martin s’assure une longueur d’avance dans la guerre silencieuse des profondeurs.

Discours d’Emmanuel Macron aux armées : « L’engagement a été tenu »

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 13 juillet 2026

À la veille du 14 Juillet, le président de la République s’est adressé aux armées depuis l’hôtel de Brienne. Revenant sur dix années de remontée en puissance des armées, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de poursuivre le réarmement de la France, de renforcer l’industrie de défense européenne et de préserver la condition militaire.

Emmanuel Macron lors du discours aux armées du 13 juillet 2026, à l'hôtel de Brienne

Pour son allocution à l’hôtel de Brienne, lundi 13 juillet, Emmanuel Macron a notamment dressé le bilan des grands chantiers entrepris par la France. Doublement du budget des armées, réarmement du pays, place de la jeunesse, défense de la paix… Les principaux points à retenir.

Dix ans de réarmement : un engagement tenu

Le chef de l’État est revenu sur les engagements pris en 2017, rappelant que la remontée en puissance des armées avait été engagée avant même le retour de la guerre sur le continent européen. « Il y a neuf ans, sitôt élu par les Français, je vous annonçais un tournant historique pour nos armées. […] Je vous annonçais que le budget de la défense serait augmenté, que les engagements seraient tenus et que la France et ses armées seraient à la hauteur de leurs devoirs et responsabilités. »

« L’engagement a été tenu et nous avons bien fait. Avant même que le Sahel ne sombre dans le chaos, avant même que le Proche et Moyen-Orient ne s’enflamment, avant même que la guerre n’arrive sur le sol européen, nous avions amorcé notre réarmement. Avant même le lancement de cette guerre insensée que mène la Russie contre la nation et la terre d’Ukraine, avant toutes les turbulences que nous traversons aujourd’hui, nous prônions l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe. »

« Je demandais d’accélérer encore cet effort de défense et fixer pour objectif d’avancer à 2027 l’ambition initialement prévue pour 2030 d’atteindre un budget de 64 milliards d’euros pour nos armées. 64 milliards d’euros en 2027, c’est en dix ans un doublement du budget des armées. »

Les avancées de la loi de programmation militaire

Le président de la République a détaillé les priorités de l’actualisation de la loi de programmation militaire : augmentation des stocks de munitions, renforcement de la souveraineté et des capacités opérationnelles, développement de la résilience nationale.

« Un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros est donc prévu pour la période 2026-2030 avec, vous le savez, trois grandes priorités. D’abord, l’augmentation de nos stocks de munitions et le renforcement de la préparation opérationnelle. Ensuite, des moyens supplémentaires pour garantir notre souveraineté : alerte avancée, espace, feu dans la très grande profondeur, défense sol-air. Et aussi le rehaussement de notre dissuasion nucléaire, en cohérence avec le virage stratégique que nous avons annoncé au mois de mars dernier avec la mise en place de la dissuasion avancée. »

« Cette actualisation doit produire des effets visibles avec des commandes et des premières livraisons dès 2026. Cette actualisation entend aussi renforcer la résilience de la Nation […] et permet au fond de consolider cette force d’âme dont je parlais ici en 2024. C’était une nécessité. On en mesure la nécessité en mer d’Arabie où notre Marine nationale est engagée depuis de longs mois. »

Défendre la liberté avec nos alliés

Revenant sur les opérations conduites par les armées françaises, Emmanuel Macron a rappelé que la France demeurait un partenaire fiable, attaché au droit international et à la sécurité collective. Il a aussi souligné le rôle croissant de l’Europe dans sa propre défense.

« La France est un partenaire fiable, stable, qui tient ses engagements et qui tient une ligne claire. La ligne de la non-belligérance dans les conflits qu’elle n’a pas choisis, la ligne du respect du droit international, de la liberté, y compris la liberté de navigation. »

« L’Europe est en train de devenir une puissance, s’appuyant sur les États qui la constituent, respectueuse de leurs décisions souveraines, mais assumant de se défendre et d’agir unie. Une Europe qui ne sera pas celle des nationalismes qui l’ont longtemps consumée, mais qui, en conjuguant les patriotismes de leurs membres, en agissant unis, nous rend tous plus forts. »

« Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit, et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre, toujours, et au prix du sang s’il le faut. »

La condition militaire, pilier du réarmement

Le chef de l’État a rendu hommage aux militaires engagés, aux blessés, aux familles endeuillées et aux anciens combattants. Il a réaffirmé que la condition militaire demeurait indissociable de l’effort de réarmement.

« Oui, la Nation sait ce qu’elle doit à ses soldats et à leurs familles. Oui, pour nous défendre, nous avons besoin des meilleurs de nos concitoyens, dans tous les métiers, du combat comme du soutien, pour continuer à disposer d’un modèle d’armée complet. Oui, nous devons attirer. Oui, nous devons fidéliser. »

« La condition militaire est au fond le corollaire du réarmement. Les deux notions sont indissociables. C’est une question de cohérence, de crédibilité et un enjeu d’efficacité. Voilà pourquoi j’ai veillé à améliorer les rémunérations des militaires, la situation des familles des blessés. »

« Je resterai vigilant jusqu’à la dernière seconde à ce que les conditions de vie des militaires, de leurs familles, y compris leur logement, soient améliorées. […] En 2027, une part des primes viendra intégrer le calcul des pensions militaires. »

Le regard tourné vers la jeunesse

Le président de la République est également revenu sur le nouveau service national, dont il avait annoncé le lancement en novembre 2025. Cet engagement militaire volontaire et sélectif est proposé aux jeunes de 18 à 25 ans, avec ou sans diplôme. Il débutera en septembre 2026.

« Je veux saluer l’engagement de la jeunesse de France qui a répondu présente à l’appel et qui rejoindra dès septembre nos rangs en effectuant dans les armées son service national. J’irai à la rencontre des appelés du service national à la rentrée en chef des armées pour les féliciter. »
« Il est essentiel pour consolider cette force d’âme. Il est essentiel pour continuer à recruter les meilleurs. Il est essentiel pour continuer aussi à accroître notre réserve. »

Produire plus vite et préparer les guerres à venir

Enfin, Emmanuel Macron a appelé les industriels à accélérer leur transformation et à produire davantage et plus rapidement, tout en plaidant pour une défense européenne plus intégrée et plus innovante.

« La guerre en Ukraine et les risques identifiés par la Revue nationale stratégique montrent bien qu’aujourd’hui, ce n’est plus seulement le stock mais le flux qui détermine la stabilité stratégique en Europe. Ce ne sont plus les arsenaux existants mais la capacité d’en produire qui sauront décourager les adversaires. L’Ukraine nous donne à cet égard une leçon spectaculaire. »

« Nous devons continuer d’investir davantage, tant des fonds publics européens que des fonds publics nationaux, mais aussi des fonds privés. Nous devons innover. […] Nos entreprises du secteur doivent s’habituer à prendre davantage de risques, à produire aussi plus vite […] et à tout faire pour bâtir des standards européens et une vraie préférence européenne. »

« Oui, nous devons préparer les guerres à venir. Mais nous ne nous trompons pas : notre capacité à les mener dépendra de notre crédibilité aujourd’hui. Ce sont les guerres d’aujourd’hui que nous devons gagner. C’est notre force à tenir sur le front ukrainien, c’est notre capacité à être là où nos partenaires nous attendent au Proche et Moyen-Orient, c’est notre capacité à continuer à être des partenaires tels que nous l’avons re-conçu en Afrique, c’est notre capacité à nous tenir dans l’Indo-Pacifique qui déterminera notre capacité à tenir les enjeux de 2030. »





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dimanche 2 août 2026

Le rêve destructeur de l'impérialisme de Cecil Rhodes à Elon Musk

Publié le 17 Mars 2025 par Pantopolis, 16 mars 2025

Le capitalisme à la recherche de nouvelles Atlantides extraterrestres

Le capitalisme à la recherche de nouvelles Atlantides extraterrestres

«Toutes ces étoiles… ces mondes immenses qui restent hors d’atteinte. Si je le pouvais, j’annexerais les autres planètes» [Sarah Millin, (Cecil) Rhodes, Chatto & Windus, Londres, 1933, p. 138].

Le rêve destructeur de l'impérialisme, de Cecil Rhodes à Elon Musk

Le Macédonien Alexandre le Grand, conquit la moitié de l’Orient, et vingt villes portèrent et même continuent à porter son nom, depuis Alexandrie d’Égypte jusqu’à Alexandrie d’Arachosie (actuelle Kandahar en Afghanistan).

À l’occasion de l’expansion coloniale européenne, tous les nouveaux conquérants ont rêvé de donner leur nom à d’immenses terres conquises le plus souvent par le fer et par le feu, pour instaurer des régimes de prédation organisée sacrés « civilisation ».

Depuis Christophe Colomb et Simon Bolivar – et même bien avant[1] –, Cecil Rhodes (1853-1902) est le seul créateur d’empire ayant donné son nom à un nouveau territoire conquis : la Rhodésie du Nord (Zambie depuis 1964) et celle du Sud (Zimbabwe depuis 1980), à laquelle il ajouta le Nyassaland[2]. Ce fils de clergyman, homme d’affaires, devenu premier ministre de la colonie du Cap (1890-1896), fut le fondateur de la British South Africa Company, visant à coloniser et exploiter les territoires au nord du Transvaal. Il est célébré dans les bourses du monde capitaliste comme le créateur de la société diamantaire De Beers. Il est surtout l’archétype d’un impérialisme anglo-saxon carnassier, réussissant à étendre l’empire africain de Sa Gracieuse Majesté du Cap au Caire.

Cecil Rhodes incarne à merveille les ambitions impérialistes de l’époque. La première puissance coloniale étendait officiellement sa domination sur une partie de la planète « pour faire régner partout la paix, la liberté et la justice ». Dans son premier testament – rédigé à l’âge de 24 ans – il envisageait, pour cela, l’absorption par l’Empire britannique de toutes les îles du Pacifique, y compris le Japon (sic), de la côte chinoise et de l’Amérique du Sud. Il caressait même, en 1877, l’idée d’une « reconquête des États-Unis d’Amérique ».

A défaut d’avoir conquis la planète entière, Rhodes de se targuait d’être le plus authentique philanthrope; il avait fait don de bourses d’études… mais strictement réservées aux étudiants blancs. Rhodes lança le mot d’ordre de l’égalité des droits de « tous les hommes civilisés », prenant soin de préciser qu’un Noir capable d’écrire et de travailler valait plus qu’un Blanc paresseux ou oisif[3]

Le colonialisme à la Cecil Rhodes, au profit d’un État capitaliste ou d’un petit roitelet européen (le Belge Léopold II), souverain du Congo, ne fut rien d’autre qu’une méthode de pillages et d’asservissement dans sa colonie « personnelle ». Son bilan est une tragédie historique pour les populations soumises à sa férule[4].

On peut mieux chiffrer le bilan des politiques coloniales menées en Afrique par les États capitalistes français, allemand, italien, portugais, espagnol, mais aussi britanniques. L’Empire français se targuait lui aussi, sans vergogne, d’avoir apporté, selon le ministre de l’éducation Jules Ferry : « paix », « liberté » et « justice »[5]. L’Empire britannique dont Rhodes portait les couleurs occasionna en Inde de colossales famines. Elles furent pires que celles de l’Union soviétique, de la Chine de Mao et de la Corée du Nord réunies, soit 100 millions de morts[6].

L’obsession quotidienne de Cecil Rhodes et de ses confraternels concurrents (empires coloniaux français, belge, espagnol, portugais, etc.) était que le peuple d’en-bas, au chômage et affamé ne s’insurge contre « leur » « patrie », mais engage une guerre de classe totale contre le Capital.

 « J’étais hier dans l’East-End (quartier ouvrier de Londres), et j’ai assisté à une réunion de sans-travail. J’y ai entendu des discours forcenés. Ce n’était qu’un cri : Du pain ! Du pain ! Revivant toute la scène en rentrant chez moi, je me sentis encore plus convaincu qu’avant de l’importance de l’impérialisme... L’idée qui me tient le plus à cœur, c’est la solution du problème social, à savoir : pour sauver les quarante millions d’habitants du Royaume-Uni d’une guerre civile meurtrière, nous, les colonisateurs, devons conquérir des terres nouvelles afin d’y installer l’excédent de notre population, d’y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de nos fabriques et de nos mines. L’Empire, ai-je toujours dit, est une question de ventre. Si vous voulez éviter la guerre civile, il vous faut devenir impérialistes »[7].

Ces appels directs à de sanglantes guerres de rapine contre des populations soumises au talon de fer colonial, affamées, exploitées et réprimées sans répit, n’empêchèrent pas l’éclatement de la première grande boucherie impérialiste, dont le prolétariat des métropoles comme des colonies a payé le plus lourd prix. Le rationnement drastique imposé par les capitalistes et l’inflation en spirale des prix alimentaires touchèrent durement les prolétaires de l’Empire britannique,  moins cependant que ceux des Empires centraux victimes d’un blocus mieux organisé[8].

Rhodes ne vécut pas assez longtemps pour voir son empire s’écrouler avec la fin d’un système colonial condamné au lendemain de la guerre. Plus de 120 ans après sa mort, ses statues sont déboulonnées ou mises au rebut[9].

Elon Musk, Sud-Africain comme Rhodes, s’érige en successeur légitime, un suprématiste blanc rêvant depuis l’enfance de reconquérir un pouvoir « bien blanc ».  A la tête du pouvoir suprême, avec ses compères Trump et Vance, il accuse les « non-blancs » de vouloir « confisquer des terres » (« blanches ») et de « traiter certaines catégories de population  (lire : « blanches »), TRÈS MAL » menaçant de suspendre l’aide américaine à destination de la « nation arc-en-ciel », dans l’attente d’une « enquête complète sur la situation »[10]. Musk vise plus haut encore : non seulement il veut s’emparer de l’ensemble du monde capitaliste sublunaire, mais il veut engendrer dans le monde supralunaire un capitalisme extraterrestre, voire extragalactique.

L’entreprise SpaceX, que Musk a fondée en mai 2002, grâce aux profits de la vente de PayPal[11], est aujourd’hui reconnue dans le domaine de l’exploration spatiale. Avec une valeur estimée de 180 milliards de dollars et des succès techniques indéniables, tels que le Starship, une fusée réutilisable capable de transporter plus de 100 tonnes de charge. Malgré plusieurs explosions en  vol[12],  l’entreprise semble résolue à transformer ce rêve enfantin-infantile en réalité. Quoi qu’il en coûte, pour reprendre une antienne bien connue…

Dans la nouvelle saga muskienne, la Terre est condamnée à court terme (mais pas le capitalisme, assuré d’une immortalité sui generis). La Terre est une Atlantide (capitaliste) en péril qu’il faut quitter sans délai avec des myriades d’engins spatiaux)[13]. Le nouveau « génie » du Golfe de l’Amérique promet de bâtir une colonie sur Mars avec des moyens titanesques :

- des fusées géantes réutilisables (sauf risque d’explosions périodiques…), ce qui réduirait les coûts de lancement;

- une flotte spatiale financée par des capitaux publics et privés, permettant de transporter à chaque synchronisation orbitale jusqu’à 100.000 personnes !

- une stratégie (ou plutôt une prophétie…) à long terme, prévoyant des milliers de lancements pour créer une ville d’un million d’habitants sur la glaciale « planète rouge » dénuée d’oxygène, d’eau et de toute infrastructure de survie pour les futurs conquérants du néant.

Elon Musk, clone du Docteur Folamour, sombre alors dans un nirvana hallucinatoire, ponctué de saluts nazis (non réprimés). Pour lui, le lancement d’un Starship coûterait « seulement » 2 millions de dollars. Avec un objectif de 100 vaisseaux construits par an, SpaceX pourrait disposer de 1.000 Starships d’ici une dizaine d’années, tous capables de transporter annuellement une mégatonne de matériaux.

Dans la même veine que Trump qui bâtit des projets fumeux (et mafieux) qui font toujours flop[14], « Kekius Maximus » (surnom de l’Imperator spatial) soutient qu’un billet pour Mars pourrait coûter moins de 100.000 dollars. « Partir vivre sur Mars coûtera un jour moins de 500.000 dollars, et peut-être moins de 100.000 », indiquait-il sur X. « Un montant assez bas pour que la plupart des habitants des pays développés puissent vendre leurs maisons sur Terre et déménager sur Mars s’ils le souhaitent » (sic),  et sans aucune garantie de retour…

Elon Musk a également défini sa vision sociétale de Mars. Favorable à une « démocratie directe » plutôt qu’à une « démocratie représentative », il préconise que les premiers habitants décident eux-mêmes de leur mode de gouvernance. À ses yeux, la colonisation de Mars ne consiste pas seulement à survivre, mais à bâtir une « civilisation » de nouveaux Crésus, basée sur le virtuel puisque la monnaie serait le bitcoin, seul garant de la « démocratie directe » de ces impérialistes de l’espace.

Les premières missions Starship sans équipage pourraient décoller dès 2026, avec comme objectif celui d’essaimer des humains sur Mars quatre ans plus tard. Les conditions idéales pour le lancement, qui surviennent tous les 26 mois, rythmeraient les étapes de ce projet. Les habitants de cette planète du néant, s’ils survivaient, seraient de véritables zombies contrôlés depuis la base opérationnelle de Musk au Texas : Starbase[15]. Précisons que les zombies de l’espace extraterrestre auraient des cerveaux dépourvus du « génie muskien », mais implantés de puces électroniques pour les activer ou les désactiver à volonté…

Tous ces projets d’adolescent attardé mégalomane – dont l’« humanité » se limite à faire le salut hitlérien – reposent uniquement sur la longévité putative de la barre de fer trumpienne.

Cela suppose que :

- la brutale politique de tarifs douaniers tous azimuts, totalement fantasque, ne mette pas en péril la stabilité très incertaine des échanges, de la Bourse, et donc la viabilité de l’économie américaine;

- la vente des voitures électriques Tesla, fabriquées en Chine, aux USA, en Allemagne, etc., se poursuive sans anicroches, alors que se développent de féroces campagnes de boycott, ou d’efficaces mesures de rétorsion chinoises (ou autres);

- les ouvriers des bagnes industriels de Musk se comportent encore comme de « gentils » esclaves soumis, en dépit d’une exploitation sans merci, d’une totale absence de droits, et du règne de la peur instauré par la camarilla mafieuse Musk-Trump-Vance s’appuyant sur de puissants réseaux « sociaux » d’extrême droite.

Un mois et demi après une prise du pouvoir « légale » par les urnes, ce régime reposant sur la manipulation, les « fake-news », la corruption, est déjà lourdement endetté, au point de semer le doute chez les capitalistes eux-mêmes. Les matamores du « golden age » annoncé affrontent déjà le spectre de la faillite :

« La valeur de X s’est écroulée depuis son rachat ; les nouveaux projets ont sombré dans les limbes avec le licenciement de 80 % des effectifs; annonceurs et usagers fuient. Et à Wall Street, Londres ou Paris, les banques viennent de se délester de plus de 5 milliards de créances potentiellement douteuses sur les 13 milliards de dettes contractées par le magnat pour le rachat de la plateforme, fin 2022. Elon Musk n’a rien d’invincible. C’est un colosse aux pieds d’argile. En politique comme pour le business. »[16]

Musk a pour le moment un usage illimité de la pompe à « phynances » fédérale pour s’abreuver jusqu’à plus soif. Il n’est pas sûr que ce pillage mafieux à usage privé puisse durer indéfiniment comme au temps béni de la piraterie impérialiste où aucun frein n’existait pour limiter la rapacité des grands barons du capitalisme privé.  

Ce système de pillage impérialiste sans limite détruit année après année toute la planète, réduit sa population  à un état de déchéance avancé. Les effets délétères du système capitaliste sont encore plus tangibles avec le règne des Musk-Trump-Vance et de leurs compères Poutine et Xi Jinping, engagés toujours plus dans des guerres impérialistes sans fin.

Le système impérialiste est inévitablement condamné, à court ou à moyen terme. Les destructions engendrées par  les guerres impérialistes s’accumulent déjà à nos portes : Ukraine, Russie, Israël-Gaza, Moyen-Orient, Afrique (Congo, Soudan, etc.), en attendant les conflits autour de Taiwan et de la Corée dans la zone–Indo-Pacifique. Il n’est aucun lieu de la terre, où l’humanité ne soit maintenant en danger.

Non, le capitalisme ne pourra se perpétuer pour le seul bénéfice de quelques oligarques assoiffés de profits, n’hésitant pas à verser le sang des exploités, en les réprimant férocement ou en les jetant comme chair à canon dans ses guerres impérialistes. Ni sur la « planète bleue » ni sur une quelconque planète fantasmée que l’impérialisme, dans sa folie des grandeurs, rêve de conquérir, pour mieux la détruire.

L’impérialisme, dans toutes ses versions (« libéral », « illibéral », capitaliste d’État, « communiste », etc.) est détruit la planète Terre méticuleusement, heure après heure, par la simple recherche du profit, dans des guerres généralisées entre pirates capitalistes pour obtenir les dernières miettes accessibles et vendables sur des marchés capitalistes.

La balle est maintenant dans le camp du prolétariat américano-canadien, mais aussi européen. Tout dépend maintenant de sa réaction de classe et donc de sa capacité à s’organiser pour d’abord briser l’offensive du capital, et ensuite poser la question de la prise du pouvoir par les exploités.

Pantopolis, 16 mars 2025.

 


[1] L’Empire ottoman, que veut refonder Erdoğan, provient du nom de l’empereur Osman, premier de la dynastie. Il fut fondé à la fin du XIIIe siècle (en 1299) au nord-ouest de l’Anatolie byzantine (aujourd’hui : Turquie).

[2] L’histoire du Nyassaland est marquée par l’accaparement massif des terres communautaires africaines par les colons blancs britanniques. Le Nyassaland a pris le nom de Malawi en 1964.

[3] Jean Werz, Le Monde, 6 juillet 1953, « La mémoire de Cecil Rhodes bâtisseur de l’empire africain de l’Angleterre est célébrée par la reine mère Elizabeth ».

[4] Léopold II créa en 1885 l’État indépendant du Congo qui fut sa propriété personnelle. Sa ‘vigoureuse’ action coloniale lui valut le titre de « Saigneur du Congo ». Le chiffre généralement admis des victimes de la colonisation royale pourrait être de plusieurs centaines de milliers, sans qu’il y ait un accord d’historiens sur un chiffre plausible. Cf. Tanguy De Wilde D’Estmael, Université catholique de Louvain et Collège d’Europe de Bruges : leopold-ii-roi-des-belges-et-souverain-du-congo-une-figure-historique-confrontee-aux-mythes-memoriels.pdf.

[5] Discours à l’Assemblée nationale du 28 juillet 1885 (« Les fondements de la politique coloniale »), juste avant une expédition militaire à Madagascar : « Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l’Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l’histoire de cette conquête, il y a aujourd’hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d’ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu’auparavant ? »

[6] « Comment le colonialisme britannique a tué plus de 100 millions d’Indiens en 40 ans », site « les crises » : https://www.les-crises.fr/comment-le-colonialisme-britannique-a-tue-100-millions-d-indiens-en-40-ans/

[7] Souligné par nous. Le texte émane du journaliste W.T. Stead (1849-1912), citant son ami de Cecil Rhodes. Cf. Die Neue Zeit, 1898, xvie année, n° 1, p. 304, et Lénine, dans son ouvrage L’Impérialisme stade suprême du capitalisme (1916). W.T. Stead ne connut pas le naufrage du capitalisme en 1914 mais celui du Titanic, en 1912, qui fut son tombeau…

[8] Pour l’Allemagne, voir Nicolas Patin, «Réflexions autour des victimes allemandes du blocus de 1914-1918 », Les Cahiers Sirice, 2021/1, n° 26, p. 95-107. En Allemagne, le nombre de victimes de la faim, imputable au blocus naval, s’éleva à environ 500.000.

[9] Le mouvement Rhodes must fall, animé surtout par des étudiants d’Afrique du Sud, s’est répandu à travers le monde grâce aux réseaux sociaux, afin de lutter contre le « suprématisme blanc ».

[10] Cf. Le Monde, 5 février 2025 : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/05/quand-l-enfant-du-pays-elon-musk-s-immisce-dans-la-politique-americaine-vis-a-vis-de-l-afrique-du-sud_6532289_3212.html

[11] La plate-forme PayPal est une alternative au paiement par chèque ou par carte bancaire.

[12] La fusée Starship explosa au-dessus des Bahamas le 16 janvier dernier;  puis à nouveau le  6 mars 2025. Cela ne freine pas Musk dans ses projets à court terme : https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250308-explosion-de-la-fus%C3%A9e-starship-le-doute-plane-sur-l-agence-am%C3%A9ricaine-de-l-aviation

[13] Scénario brillamment mis en images dans l’ouvrage d’Edgar P. Jacobs, L’Énigme de l’Atlantide, Dargaud.

[14] Cf. Le Monde du 18 octobre 2024, sur un projet financier de Trump, porté par des « businessmen douteux » : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2024/10/18/donald-trump-fait-un-flop-avec-world-liberty-financial-son-projet-de-cryptoactif_6355332_4408996.html

[15] Le Point, 25 janvier 2025 : https://www.lepoint.fr/monde/bienvenue-a-starbase-la-ville-revee-d-elon-musk-25-01-2025-2580781_24.php

[16] Rosa Moussaoui, « Elon Musk un colosse aux pieds d’argile », L’Humanité, 19 février 2025. Elon Musk se heurte à des barrages légisglatifs concernant les revenus des gros capitalistes. Une juge du Delaware vient de rejeter un plan de rémunération pharamineuse de 55,8 milliards en faveur du patron de Tesla.


 

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