SPARTACUS COMMUNISME DE CONSEIL
mardi 3 novembre 2026
lundi 2 novembre 2026
Sur la signification politique du traité de Rapallo entre la Russie soviétique et l’Allemagne en 1922
Voici un très bon article , sur les manœuvres des bolcheviques avec l'impérialisme allemand , dommage qu'il ne remonte pas à l' histoire « du wagon plombé » visant à utiliser Lénine et les bolcheviques pour signer une paix séparée en appuyant leur prise de pouvoir d'octobre 1917. A ma connaissance seul Robert de « matière et révolution » en parle afin de justifier Lénine et Trosky.
Voir :Ils accusent à nouveau Lénine d’être "un agent de l’impérialisme allemand" !!!
Sur la signification politique du traité de Rapallo entre la Russie soviétique et l’Allemagne en 1922
João Aguiar
1. De Gênes à Rapallo
À l’occasion du centième anniversaire de la signature d’un traité de commerce et de
coexistence entre la Russie soviétique et l’Allemagne de Weimar, il est utile de se rappeler le
rôle de cet accord dans le réarmement allemand qui allait grandement favoriser la montée du
nazisme.
Lorsque la gauche actuelle, nostalgique du monde soviétique, est confrontée à l’ignominie
du pacte germano-soviétique (ou pacte Molotov-Ribbentrop) du 23 août 1939, elle répond
toujours par l’excuse selon laquelle la signature d’un tel pacte aurait été une manoeuvre
tactique provoquée par la trahison (par les démocraties libérales) des accords de Munich du
30 septembre 1938. Or, n’en déplaise aux ignorants ou à ceux qui ont «oublié» les faits, le
rôle du communisme soviétique dans la montée du nazisme avait déjà pris forme plus d’une
décennie auparavant.
En effet, la signature d’un accord diplomatique entre le gouvernement social-démocrate
allemand et le gouvernement soviétique était fondée sur des échanges commerciaux et la
reconnaissance officielle du régime soviétique.
Signé en avril 1922, le traité de Rapallo fut le résultat d’une négociation distincte et
dissimulée, en marge de la conférence de Gênes. A Gênes on discuta non seulement de
l’étalon-or, mais aussi de la possibilité de lever certaines des mesures de réparation exigées du
gouvernement allemand au moment du traité de Versailles de 1919. Contrairement au
gouvernement français, le Premier ministre Lloyd George proposait de desserrer l’étau créé
par les énormes restrictions du programme de réparations découlant de la défaite militaire
allemande lors de la Première Guerre mondiale. En même temps, la conférence de Gênes
représentait une tentative des classes dirigeantes occidentales de créer progressivement des
plates-formes d’entente entre les États qui s’étaient affrontés sur les champs de bataille
quelques années auparavant. Au moins dans certains secteurs, l’objectif de Gênes était
d’ouvrir la scène internationale à une Allemagne qui aurait été soulagée du paiement de
certaines réparations et à l’URSS, en tenant compte de l’ouverture commerciale soviétique
créée par la NEP depuis 1921.
Mais si la conférence de Gênes reflétait, dans une large mesure, un modèle apprécié par la
classe des gestionnaires1 en matière d’adaptation et de coexistence entre États rivaux, Rapallo
1 Dans sa préface au livre de João Bernardo Economia dos conflitos sociais (Économie des
conflits sociaux, 1991, 2e édition 2009) Maurício Tragtenberg définit les gestores
(gestionnaires) en ces termes : «L ‘un des points les plus importants [de ce livre] traite de la
structure des classes dirigeantes et souligne une bifurcation, au sein de la classe capitaliste,
entre ce que João Bernardo appelle la classe bourgeoise et celle des gestionnaires. La classe
bourgeoise est définie à partir d’une perspective décentralisée, c ‘est-à-dire, en fonction de
chaque unité économique dans son microcosme. La classe des gestionnaires, en revanche, a
une portée plus universalisatrice et est définie en fonction des unités économiques reliées à
2
allait symboliser la victoire de deux États alors parias (l’Allemagne d’après 1914 et la Russie
soviétique) sur une plate-forme de relations qui leur était propre. Le rôle clé des Soviétiques
dans l’échec de la conférence de Gênes allait finir par renforcer le poids ignominieux des
réparations de guerre sur l’économie allemande (déjà engagée dans un processus accéléré
d’hyperinflation), avec toutes les conséquences que l’on connaît dans la propagande politique
et la croissance politique de toute l’extrême droite allemande (y compris le courant nationalsocialiste)
pendant les dix années suivantes.
2. L’armée allemande et les Sections d’assaut (SA)
Si, avant la prise du pouvoir par les bolcheviks, le rejet de la diplomatie secrète était l’une
de leurs principales critiques contre le tsarisme et les gouvernements provisoires de Kérensky,
il est pour le moins surprenant que le contenu principal de Rapallo ait précisément été un
accord militaire secret avec l’État allemand.
En fait, Rapallo ne marque pas le point de départ de la collaboration entre l’Armée rouge et
la Reichswehr (nom de l’armée allemande entre 1919 et 1935). Les hauts gradés soviétiques
entretenaient des contacts fréquents avec les officiers supérieurs allemands et les responsables
de l’industrie militaire allemande depuis 19202 ou 1921, en vue d’établir des installations, des
usines et des académies militaires sur le sol soviétique. En fait, dès 1919, Radek entra en
contact avec les autorités militaires allemandes.
Rappelons aux plus distraits que, pendant la première moitié des années 1920, la
Reichswehr n’existait pratiquement pas sans les corps francs3. Un journaliste important
rappela, à l’époque, que « La Reichswehr et la police constituaient, jusqu’en 1923, l’épine
dorsale du mouvement national-socialiste4». Ce même journaliste rappelait également que les
l’ensemble du processus. Toutes deux s ‘approprient la plus- value : toutes deux contrôlent et
organisent les processus de travail : toutes deux garantissent le système d’exploitation et
occupent une position antagoniste face à la classe ouvrière. Mais la classe bourgeoise et celle
des gestionnaires diffèrent de plusieurs façons: 1) par les rôles qu’elles jouent dans le mode
de production: 2) par les superstructures juridiques et idéologiques qui leur correspondent :
3) par leurs origines historiques différentes : 4) par leurs évolutions historiques différentes.
Alors que la classe bourgeoise organise des processus particularisés visant à sa reproduction
à un niveau microcosmique, la classe des gestionnaires organise ces processus particularisés
en les reliant à un fonctionnement économique mondial et transnational. Il convient
également d’ajouter que, pour l’auteur, la classe des gestionnaires tente parfois de se faire
passer pour une classe non capitaliste, mais il ne s’agit que d’une apparence.» (NdT).
2 Selon un texte de Trotsky paru en 1938 dans le New York Times, intitulé «Vyshinsky’s
Tactics Forecast», les contacts entre la Russie soviétique et les hauts gradés de la Reichswehr
auraient eu lieu pendant la guerre civile elle-même.
3 Corps francs ou Freikorps : après 1918, groupes paramilitaires, composés de civils et de
soldats, encadrés par d’anciens officiers et sous-officiers, qui s’engagèrent dans différentes
causes politiques : lutte contre l’Armée rouge après 1917, contre la révolution allemande de
1918, contre la République des conseils de Bavière en 1919, conquête partielle et temporaire
de la Lituanie et de la Lettonie en 1920, putsch de Kapp en 1920, avant d’être dissous la
même année sous la pression des Alliés (NdT).
4 Karl Heiden cité dans João Bernardo (2018), Labirintos do fascismo, 3e édition, p. 115.
[Une quatrième édition, revue et augmentée, est parue en 2022, en 6 volumes aux éditions
Hedra, NdT.]
3
Sections d’assaut n’étaient que les successeurs de la brigade Ehrhardt5, ce qui permet de
comprendre le rôle de l’institution militaire dans la formation des milices fascistes. Par
conséquent, un renforcement de l’appareil militaire impliquait un soutien renforcé à
l’expansion des Sections d’assaut.
Les premiers contacts entre la Reichswehr et le commandement militaire soviétique eurent
lieu dans le dos du gouvernement social-démocrate allemand. Ce fait souligne à la fois
l’autonomie d’action de l’état-major allemand et les intérêts communs entre l’Armée rouge et
la Reichswehr. En d’autres termes, il met en évidence les connexions entre les gestionnaires
bolcheviques et cette partie de la bureaucratie militaire allemande qui permettait aux
institutions du pouvoir de rester en place lorsque tout autour semblait s’effondrer. Au-delà des
différences politiques programmatiques évidentes et même des aspirations territoriales, on
avait affaire à une plate-forme d’action commune entre les gestionnaires d’État soviétiques et
la Reichswehr. À la tête de l’armée allemande se trouvaient des éléments de la bureaucratie
militaire qui firent le pont entre la chute de l’empire prussien de Guillaume II et les premiers
pas dans la constitution de deux des axes fondamentaux du nazisme : la redéfinition de
l’armée allemande fondée sur une politique de réarmement secret en l’absence de tout
contrôle démocratique ; et, à partir de là, la naissance des milices fascistes des Sections
d’assaut, sans lesquelles Hitler n’aurait jamais pu s’assurer un capital politique suffisant pour
se hisser plus tard sur la scène politique de l’extrême droite allemande. Rappelons, que sans le
désordre créé par les milices des Sections d’assaut, le Parti national-socialiste n’aurait jamais
ou apparaître comme le revers de la médaille : le garant d’une nouvelle ère fondée sur l’ordre.
3. La collaboration entre la Reichswehr et les Soviétiques
En bref, la Reichswehr allait construire un arsenal guerrier à l’abri des regards
occidentaux, et sur un territoire où elle pourrait former du personnel et tester des armes. En
retour, l’État soviétique aurait accès à de nouveaux développements techniques et à un
apprentissage militaire stratégique.
Apparemment, les premiers officiers de l’armée allemande arrivèrent sur le territoire
soviétique en mars 1922, avec pour mission de commencer à former des Soviétiques. En avril
de cette même année, le conglomérat germanique Junkers commença à construire des avions
dans la banlieue de Moscou. Pendant ce temps, à Rostov, Krupp lança la fabrication de pièces
d’artillerie. En 1925, une école d’aviation fut créée à Lipetsk (où se trouve aujourd’hui une
base militaire russe) et elle servit à former plus d’une centaine de pilotes allemands, futurs
membres de la Luftwaffe. Une école de chars était basée près de Kazan. Outre la formation de
spécialistes, cette école contribua également à la conception des chars Panzer I et II, utilisés
ensuite lors de la guerre civile espagnole ; pendant la Seconde Guerre mondiale, ils furent
déployés lors d’interventions militaires en Afrique du Nord, en France, en Pologne et, comme
un bon fils qui revient à la maison, en Union soviétique. Enfin, une usine d’armes chimiques
fonctionna à Tomska entre 1926 et 1933. Après 1933, cette usine deviendra la principale
installation industrielle militaire soviétique pour les armes chimiques.
4. Le rôle du réarmement
Si l’arrivée au pouvoir d’Hitler devait mettre fin à la coopération militaire germanosoviétique,
la vérité est que, en 1933, le processus de réarmement allemand avait atteint un
stade si avancé qu’il n’avait plus besoin de se cacher sur d’autres territoires, y compris sur le
territoire soviétique.
5 Brigade Erhardt : issue des corps francs, cette brigade d’environ 1400 hommes combattit
des insurrections communistes locales à Wilhelmshaven et en Bavière en 1919 puis tenta, lors
du putsch de Kapp en mars 1920, de renverser la république de Weimar (NdT).
4
La contribution du socialisme soviétique fut donc décisive, tant d’un point de vue
opérationnel que politique.
D’un point de vue opérationnel, qui se refléta surtout durant la seconde guerre mondiale, le
réarmement ne consolida pas seulement l’armée allemande – principal bélier pour l’expansion
du projet politique et raciste nazi. Sans les victoires de la Wehrmacht (le nom de l’armée
allemande après 1935) entre 1939 et 1942, jamais les Einsatzkommandos6 n’auraient pu
parcourir librement les territoires polonais, lituaniens, ukrainiens, etc., en commettant
d’innombrables massacres ; et jamais les camps d’extermination de Chelmno, Belzec et
Treblinka n’auraient pu être construits. Le réarmement allemand – qui bénéficia de l’apport
soviétique – était la première étape qui allait permettre de mettre en place, plus tard, toute une
politique de terreur derrière les lignes offensives de la Wehrmacht.
D’un point de vue politique, le réarmement avait auparavant, dans les années 1920 et 1930,
renforcé deux des pôles de la montée du fascisme allemand : l’armée elle-même et, par ce
biais, dans la première moitié des années 1920, l’expansion des Sections d’assaut.
5. La signification de Rapallo
Si le traité de Brest-Litovsk de 1918 fut le symptôme d’un projet politique bolchevique qui
donna la primauté structurelle à l’État national russe par rapport au processus révolutionnaire
international, Rapallo représenta le triomphe définitif des gestionnaires soviétiques, à cette
époque déjà complètement déconnectés des processus d’auto-organisation des comités d’usine
qui avaient fleuri en 1917-1918. Rapallo illustre en outre la confiance de l’État national
soviétique et de ses gestionnaires dans leur capacité à entrer en contact avec les fractions de la
classe internationale des gestionnaires les plus susceptibles de faciliter l’établissement de
régimes fondés sur ce qu’un auteur a appelé l’économie dirigée7.
Si, entre 1941 et 1945, l’Union soviétique combattit aux côtés des Alliés contre le régime
national-socialiste et joua un rôle fondamental dans son renversement, nous ne devons pas
oublier que l’Union soviétique n’aurait très probablement pas pu vaincre l’Allemagne
hitlérienne sans la contribution militaire et les énormes fournitures de matériel militaire, de
nourriture et de carburant des États-Unis (dans le cadre du programme Lend-Lease8).
Deuxièmement, et de manière encore plus pertinente, entre le début des années 1920 et la
réalisation de la monomanie anti-slave d’Hitler lors de l’invasion de l’Union soviétique en
6 Einsatzkommandos (commandos d’intervention): sous-groupes des Einsatzgruppen,
unités de police politique militarisées composées chacune de 3000 hommes dont 500 à 1000
membres de la SS. Créés en 1938, ils furent d’abord déployés lors de l’invasion de la Pologne
en 1939. Leur tâche était d’éliminer physiquement, dans les territoires envahis par
l’Allemagne, les opposants politiques, les intellectuels polonais, les Roms, les homosexuels,
les communistes et les Juifs (plus d’un million de Juifs furent victimes de la « Shoah par
balles », première vague d’extermination qui débuta en 1941 avant la création des camps
d’extermination), NdT.
7 João Bernardo (2018), Labirintos do fascismo, 3e édition, pp. 759- 764. [Une quatrième
édition, revue et augmentée, est parue en 2022, en 6 volumes aux éditions Hedra, NdT.]
8 En trois ans et demi, les États-Unis fournirent près de 95 % des 17,5 millions de tonnes
d’équipement militaire, de fournitures industrielles et de carburant que les Soviétiques
reçurent à partir de la fin de 1941. Cela comprenait plus de 420 000 camions, plus de 13 000
véhicules de combat et 2,6 millions de tonnes de carburant (soit près de 60 % du carburant
utilisé par l’aviation soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale). L’URSS reçut
également près de 4,5 millions de tonnes de denrées alimentaires (viande en conserve, farine,
sucre, etc.) ; près de 2 000 locomotives, des munitions, des explosifs, etc. Une usine de pneus
Ford fut même transférée en territoire soviétique.
5
juin 1941, le régime bolchevique renforça objectivement les régimes fascistes sur le plan
économique et militaire. Ce renforcement militaire et économique de régimes qui, en théorie,
représentaient les plus grands ennemis des travailleurs, renforça politiquement les fascismes
de l’entre-deux-guerres. Le national-bolchevisme9 appliqué à la politique internationale, dont
les accords secrets de Rapallo furent un exemple significatif, favorisa la croissance des
fascismes, dont le fascisme allemand en particulier. Plus précisément, Rapallo fournit les
conditions pour la résurgence militaire et pour le renforcement de l’institution qui était à la
base de l’émergence des premières milices nationales-socialistes.
*
L’époque du traité de Rapallo fut aussi celle de la reconnaissance officielle du régime
soviétique par Mussolini, qui se traduisit par l’établissement de relations diplomatiques
officielles le 7 février 1924 et par le traité d’amitié, de non-agression et de neutralité, signé le
2 septembre 1933. Il convient de souligner que l’accord de 1924 signifiait que l’un des
premiers pays occidentaux à reconnaître l’État soviétique fut l’Italie de Mussolini.
Indépendamment de la répression des communistes italiens par le régime fasciste et de la
participation de l’Italie fasciste et de la Russie soviétique à des camps distincts durant la
guerre civile espagnole de 1936-1939, il est important de se demander pourquoi les accords
commerciaux et les collaborations militaires entre des régimes apparemment si opposés ont
toujours été insignifiants aux yeux de ceux qui cherchent à justifier le rôle de la gauche
soviétique dans la montée des fascismes.
*
En bref, le triomphe de Rapallo représente un ensemble d’axes qui allaient marquer
profondément le reste de l’histoire du XXe siècle :
1) il empêcha une renégociation, dès 1922, du coûteux processus de réparations de guerre
imposé à l’Allemagne, fournissant ainsi à l’extrême droite l’un de ses thèmes d’agitation pour
combattre le régime de Weimar ;
2) il permit et facilita le réarmement militaire allemand, favorisant l’institution qui allait
soutenir le plus le développement initial des milices nationales-socialistes et de l’extrême
droite allemande en général ;
3) il établit des ponts institutionnels entre les couches de gestionnaires situés dans
l’appareil d’État, notamment dans ses organes répressifs, en démontrant que le partage des
connaissances et des infrastructures militaires, à la base du pouvoir de ce type de
gestionnaires, était plus important que les considérations de nature politico-programmatique ;
4) ce qu’on appelait la gauche en Russie soviétique n’était plus un courant politique mais
simplement la manifestation extérieure et cosmétique du pouvoir d’une nouvelle classe
dirigeante qui ne se rattachait plus à aucun projet émancipateur. Bien au contraire.
Le culte de la force militaire allait désormais rapprocher désormais la gauche de projets
politiques à la fois antilibéraux et opposés à toute initiative autonome de la part des
travailleurs.
João Aguiar, Passa Palavra, 27/09/2022
9 Sur le national-bolchevisme on pourra lire, entre autres, l’article de Mouvement
communiste (http://mondialisme.org/spip.php?article2004, paru dans la revue Ni patrie ni
frontières) et celui de João Bernardo : « Marxisme et nationalisme (3). Le KPD et l’extrême
droite nationaliste », https://npnf.eu/spip.php?article920 (NdT).
samedi 31 octobre 2026
mercredi 28 octobre 2026
La PIDE n’est pas de retour, elle n’a jamais quitté le Portugal
La PIDE n’est pas de retour, elle n’a jamais quitté le Portugal
Par Désolé grand-père : la PIDE est de retour !
Parmi tous les affiches qui ont été présentes lors des rassemblements à Lisbonne, à Porto et dans d’autres villes du Portugal, il y en a une qui a particulièrement attiré mon attention. L’affiche brandie par un jeune où l’on pouvait lire : « Désolé grand-père : la PIDE est de retour ! »
Tant le contenu de la phrase que l’état d’angoisse qu’il génère apparemment chez les jeunes reposent sur des hypothèses erronées. En fait, la PIDE n’est pas de retour. Elle, ainsi que l’essentiel de l’ordonnance juridique et des milliers de lois produites à l’époque de la dictature fasciste, n’ont jamais quitté le Portugal.
.Et, certainement, il ne serait JAMAIS possible de tenir les jeunes – y compris celui qui brandissait l’affiche – responsables de la résurgence de la police politique et de la répression basée sur le bâton, le gaz lacrymogène et le « pistolet ».
.Bien que le jour même du 25 avril, la Junta Militaire dite « révolutionnaire » ait occupé tout l’espace médiatique existant à l’époque (surtout la télévision et la radio) pour « inciter » les « gens » – ouvriers et autres esclaves salariés – à ne pas sortir de chez eux, je me suis joint dans les rues de Lisbonne, ce 25 avril 1974, à beaucoup de milliers de personnes qui croyaient sincèrement participer à une vague révolutionnaire profonde, qui non seulement renverserait le régime fasciste de Caetano et Marcelo, mais conduirait la classe ouvrière et le peuple portugais vers le socialisme et le communisme.
.J’étais dans la Rua António Maria Cardoso, en face du siège de la PIDE, en train de crier à pleins poumons «Les Pides meurent dans la rue!». Des personnes sont mortes ce jour-là, victimes de la fureur meurtrière de la Pide « agonisante ». Mais, également ce jour-là, la position de ceux qui défendaient que les Pides étaient aussi des « êtres humains » et qui « ne faisaient qu’obéir aux ordres » a prévalu. À tel point que les Pides ont été progressivement libérés – ou il leur a été facilite la « fugue » -, malgré le fait que certains aient été soumis à des parodies de procès.
.Résultat de cette « conciliation de classe », l’ancien siège de la PIDE est aujourd’hui une copropriété de luxe plantée au cœur de la ville de Lisbonne, au cœur de la « Révolution d’Avril ». Et l’infamie, c’est l’existence d’une plaque qui commémore l’assassinat impitoyable, aux mains des agents de la PIDE en fuite, sur la façade de cet immeuble luxueux, à titre « d’hommage » qui sent la TRAHISON ! Alors qu’une large palette de révolutionnaires et de démocrates exigeait que cet immeuble de torture soit transformé en un espace de mémoire de la lutte contre la dictature salazariste et marceliste et la répression de sa police politique.
.La responsabilité, non pas du fait que la « Pide soit de retour », mais qu’elle soit de nouveau active, n’incombe donc ni au jeune qui brandissait l’affiche, ni aux jeunes de sa génération ou des générations immédiatement précédentes ou suivantes. En fin de compte, c’est la responsabilité de la vision petit-bourgeoise, conciliante, que certains – beaucoup – de leurs parents et grands-parents ont manifestée face au traitement qui aurait dû être adopté face à la PIDE!
.
Et
pourquoi est-il important de parler de ce sujet ? Pas pour lui-même,
mais pour les implications sociales et politiques, pour les
enseignements que l’on peut tirer de cette erreur que maintenant,
avec ma mémoire vivante des événements, je me permets de fournir à
une jeunesse profondément angoissée par la situation à laquelle
elle est – VIOLEMMENT – soumise. Sans maison, sans salaire digne,
sans pain, sans dignité, sans perspectives d’avenir !
.Et la conclusion est d’une clarté éclatante. Chaque fois que nous acceptons de composer avec ceux qui nous exploitent, nous volent notre avenir, nous agressent sans aucune pitié, ce que nous faisons est exactement la même chose que certains de nos parents et grands-parents – malheureusement une grande majorité – ont faite dans le passé. C’est-à-dire créer les conditions pour que, soit la PIDE, soit ceux qui nous abusent, reviennent et, en plus, avec une soif irrépressible de vengeance !
. Fonte: Que o Silêncio dos Justos não Mate Inocentes: « Desculpa avô: A PIDE está de volta! »
lundi 26 octobre 2026
GILETS JAUNES ET CONNECTIVE ACTIONS (mars 2019)
GILETS JAUNES ET CONNECTIVE ACTIONS
Après avoir dans différents articles montré le rôle des Nouvelles Technologies de la Communication et de l' Information NTCI et des GAFA comme destruction/créatrice, comme le formulait Schumpeter. Il me faut maintenant développer mes réflexions sur l'utilisation des NTCI par les mouvements sociaux récents et notamment celui des gilets jaunes en France. G.Bad
Les précédents mouvement de la « connective Actions »
La manière dont les gilets jaunes ont utilisé les réseaux sociaux, Facebook, Twitter... les chaînes Youtube, le moteur de recherche Google et les messageries cryptées méritent quelques lignes. Nous avions déjà vu poindre cette utilisation des NTCI lors du printemps arabe en 2011 ou les manifestants de la place Tahir, écrivaient à terre « Nous sommes les hommes de Facebook » les révoltés du monde faisaient leur entrée dans la « connective Actions ». Ils seront relayés par les indignés en Espagne et Occupy Wall Street aux États-Unis. L'utilisation des réseaux sociaux va leur permettre d’organiser les manifestations spontanées,de contourner les médias officiels et imposer sur le net leurs témoignages et autres preuves d’exactions policières.
La sociologue américaine d' origine turque Zeynep Tufekci a produit sur le sujet un livre intitulé Twitter and Tear Gas « Twitter et les gaz lacrymogènes » où elle montre les mutations profondes que les nouvelles technologies ont engendrées dans la nature même des mouvements sociaux, transformant leur organisation, leur visibilité et leur impact à long terme.
Certes, les révolutions arabes ont échoué, le mouvement « Occupy Gezi » à Istanbul en 2013, aussi. Mais leur « capacité » à retourner l' opinion publique en imposant leur propre narration des faits est devenue insupportable pour les gouvernants. En ce qui concerne le Printemps arabe, l' utilisation du net doit être fortement relativisée, que nous dit Mounir Bensalah auteur « Réseaux sociaux et révolutions arabes ?" :
« Le rôle des réseaux sociaux dans le Printemps arabe a été très exagéré, notamment par les médias occidentaux. La révolution Facebook ou Twitter, tel que ces événements ont été qualifiés, est un mythe et un fantasme nés de raccourcis journalistiques. Ils ont indéniablement accompagnés ce qu'on appelle les révolutions arabes, puisqu'ils ont servis à mobiliser, à informer et à s'informer. Voire à attiser la colère. Ils ont en outre permis d'attirer l'attention des médias étrangers, empêchés de travailler librement dans les pays fermés, et de les alimenter en images. Ils ont également aidé ceux que j'appelle les révoltés solitaires, qui se croyaient seuls au monde, à se regrouper en découvrant que d'autres personnes partageaient leurs sentiments.
Mais les populations des pays arabes ne sont pas descendues dans les rues grâce aux réseaux sociaux, mais elles ont plutôt été poussées à se révolter pour des raisons sociales et politiques. D'ailleurs peu de gens étaient réellement connectés, et beaucoup d'entre eux n'avaient même pas accès à un ordinateur. Le profil type du cyber-activiste utilisant les réseaux sociaux le démontre : il est jeune, âgé entre 18 et 40 ans, citadin, jouissant d'un niveau d'instruction élevé et sensibilisé aux valeurs démocratiques lors d'un passage en Occident. Ce qui exclu une grande partie de la population des pays arabes, maintenue dans la pauvreté par les régimes dictatoriaux.
Deux ans après, que sont devenus ces cyber-activistes du Printemps arabe? Sont-ils toujours actifs?
M.B. : Aujourd'hui, les icônes de cette époque, subitement sorties de l'anonymat, sont écartées de la scène politique des pays qui ont vécu des bouleversements à la tête du pouvoir. Faute d'être organisés et de disposer de relais au sein de la société, ils n'ont pu jouer aucun rôle, malgré leur ambition et leur volonté de changer les choses. Et ce contrairement aux forces qui ont réussi à prendre le pouvoir en Égypte ou en Tunisie. Toutefois, il semble que la leçon a été retenue, car deux ans après, ils essayent de s'organiser. En Égypte par exemple, le Mouvement du 6-avril , une organisation de jeunes militants pro-démocratie très active lors de la révolte qui a renversé l'ancien président Hosni Moubarak, tente de devenir un acteur de plus en plus influent au sein de l'opposition égyptienne. Le même phénomène peut être constaté actuellement en Tunisie."
Quand les gilets jaunes arrivent à défier le pouvoir sur son propre terrain.
Tout d' abord tous ceux qui de prés ou de loin ont suivi les différents Actes des Gilets jaunes ont pu se rendre compte que ceux ci avaient un temps d' avance sur les forces de l'ordre. Les manifestations non déclarées ont surpris l' appareil d' Etat qui était incapable de s'organiser pour contrer cette déferlante spontanée. Les journalistes eux aussi allaient se trouver hors circuit pour filtrer des informations se diffusant comme l' éclair sur les réseaux sociaux. l' appareil d' état avait perdu sa prédominance médiatique, sa capacité à filtrer les informations et à diffuser des fausses nouvelles.
Bien entendu l' appareil d' état va réagir pour mettre un terme à la « guerre de mouvement » qui lui était imposé. Il va mettre l' accent sur la violence surtout après l' action du boxeur ayant rétamé un policier. Les flashballs sont systématiquement utilisés pour blesser et éborgner manifestants et passants, afin de réduire le nombre de manifestants, mais rien n'y fera. Pour briser la spontanéité générée par Facebook qui avait procéder dés janvier 2019 à un changement d' algorithme décidé par le réseau social. Ce changement a favoriser les interactions entre des dizaines de milliers de gilets jaunes isolés par le citoyennisme, mais la aussi l'intervention des autorité française a finalement permis à Facebook d' entraver les communications de GJ comme en a témoigné le journal Marianne
« A la veille de "l'acte 18" du mouvement ce samedi 19 janvier, une fièvre parcourt les groupes Facebook de gilets jaunes : le réseau social aurait délibérément fait baisser le nombre de leurs membres. Disparition de posts, comptes bloqués, commentaires supprimés… L'un des représentants les plus en vue du mouvement, Eric Drouet, a affirmé avoir perdu 50.000 membres sur son groupe, "La France en colère !!!". Le compteur officiel des gilets jaunes serait quant à lui passé de 2,8 millions de personnes à 1.8. "Et plein de groupes dans le même cas", écrit le chauffeur routier, perplexe. »
Le changement d'intervention des forces de l' ordre
Sous la direction du premier flic de France, le mouvement des gilets jaunes va servir de laboratoire répressif pour les actions futures que la crise sociale va générer. L' état va décider de mettre sur le terrain l' ensemble de ses forces policières, un déploiement inédit de celle-ci va surprendre. Dés lors nous allons assisté à une militarisation du maintien de l' ordre et à la criminalisation1 du mouvement des gilets jaunes accusés d' être sous l' emprise des hommes de Poutine. Le pouvoir ne va pas faire dans la dentelle aux traditionnels CRS et gendarmes mobiles, la police montée est déployée,les voltigeurs à moto (interdit depuis l' assassina de Malik Oussékine) sont de nouveau en service, le recours à des véhicules blindés légers ;les canons à eau ; le positionnement de snipers sur certains bâtiments officiels ; l’équipement de CRS de fusils d’assaut ; l'unité cynophile de la préfecture de police et ses chiens, etc. Il faut remonter à Mme Thatcher, aux prises avec la grève des mineurs du charbon 1984/19852 pour voir un tel acharnement répressif. L'usage massif des lanceurs de balle de défense (LBD), des grenades de désencerclement et des grenades GLI-F4 (contenant vingt-cinq grammes de TNT) et des lacrymogènes. Accompagné à chaque manifestation d' éborgnés et de blessés plus ou moins graves va être systématiquement dénoncé sur le net prouvant que la violence est le fait des forces de l' ordre.
De nouvelles pratiques sont utilisées, elles visent à empêcher les manifestants de se rendre à leur rendez vous, encerclement de ceux ci avec bombardement de lacrymogènes, mise en place d' un système d' exfiltration de manifestants. Tout cela allait redonner l'avantage aux forces de l' ordre, et finalement contraindre une grande partie des gilets jaunes à déclarer les manifestations. Le tout accompagné bien sûr par une offensive médiatique contre les gilets jaunes, un classique dés qu'une gréve commence à gêner l'état, l'étendard de la grève pagaille et de la violence est levé.
L' Acte XVIII des gilets jaunes du samedi 16 mars 2019 va sans aucun doute marquer un tournant dans la manière dont l' état veut mettre un terme aux manifestations. Accusé de toutes parts d'utiliser des violences hors normes y compris par UE et l' ONU... L'état Macron décide alors de procéder à une opération assez classique, laisser comme en 1971 les pilleurs piller le quartier latin, Ceci afin de regagner l' opinion publique en faveur des forces de l' ordre et frapper plus fort. C'est ce qui va se passer au cours de l'Acte XVIII sur la place de l' étoile Charles De gaulle, des CRS « protègent » l' arc de triomphe avec un cordon de véhicule avec ordre de ne pas bouger. Vers 11 h du matin un nombre relativement important de manifestants « dits Black Bloc » se regroupe et passe à l' attaque directe des forces de l' ordre, qui apparaissent nettement comme victimes d'une agression; l'image que le pouvoir voulait livrer pour faire oublier les éborgnages et exactions policières et justifiant l'emploi des Flashballs sur le thème inaction/réaction et pour compléter les pillages et incendies . Edouard Philippe curieusement sur place va parler d'action criminelle. Le lendemain toute la presse et les partis de droite montent au front contre Macron le faiblard, incapable de faire régner l' ordre...Ce qui permet à Edouard Philippe de virer le préfet de police de Paris, M Delpuech et de le remplacer par Didier Lallement ( préfet de Nouvelle Aquitaine) Tout en déclarant :
"Nous interdirons les manifestations se revendiquant des gilets jaunes dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse", où "nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements"
Le scénario du pillage et de la défense de la veuve et de l' orphelin, certains d' entre nous se souviennent encore du pillage des champs Elysées de 1975 autrement plus dévastateur et violent que celui de l' acte XVIII, voir ce document
Les angoissent du capitalisme occidental et les NTCI
Dans un article du Ramses 2018, « Comment l' informatique recompose les relations internationales » l' auteur s'interroge sur l' impact de celle-ci sur la démocratie. Il met en avant « ...le grand ébranlement des démocraties qui a dominé l' année 2016 avec le Brexit et l' élection de Donald Trump aux États-Unis, pointe la révolution numérique qui a changé de nature »
« La révolution numérique (souligne l' auteur) charrie une face sombre, aux mutations tout aussi rapides La cybercriminalité progresse fortement avec un chiffre d' affaire estimé à 445 milliards de dollars par an (1). La cyberguerre, expérimentée contre l' Estonie, la Géorgie et l' Ukraine, se révèle être une arme asymétrique redoutablement efficace entre les mains des régimes chinois et russe-qui l'utilisent pour compenser, sinon annuler, l' avantage technologique des armées occidentales »
L' auteur parle aussi de la déstabilisation des démocraties par le recours intensif des partis populistes et des réseaux sociaux, du piratage des sites, des hackers, via l' instrumentalisation de Wikileaks...
L' auteur s' engage ensuite sur un autre terrain, celui de la post-vérité une expression relativement nouvelle qui désigne « des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence pour modeler l'opinion publique que les appels à l' émotion et aux opinions personnelles ». L'auteur, et il n' est pas le seul fustige les réseaux sociaux pour qui la vérité deviendrait secondaire pour lui la vérité doit être filtrée par « le monopole journalistique » « Avec les réseaux sociaux, le relativisme et l' horizontalité des sources remplacent le monopole journalistique de l' information.» . La voilà la sainte atteinte à la démocratie, celle ou des milliers de personnes qui ne se reconnaissent pas dans la vérité des « merdias » décident de les contourner en procédant à leur propre contre pouvoir médiatique; les journalistes dans leur grande majorité sont au service de l' ordre bourgeois.
Les gilets jaune haïssent les journalistes.
Chaque gilet jaune avec son smartphone est devenu un reporter, un chasseur d'image qui en temps réel diffuse les exactions des forces de l' ordre détruisant toute tentative d'intox des « merdias » « journalope » « prestituée » comme ils disent.
Tous les corps intermédiaires (partis, élus, syndicats) sont décriés et contournés par l' action directe de la « connective Actions » remettant en cause tout le système représentatif de la démocratie bourgeoise et voulant avec le RIC en changer les règles et aller dans le sens de Mélenchon et sa 6 éme république. Soyons lucide, les gilets jaunes avec le RIC ne remettent pas en cause le capital et l' état, leur révolution se limite aux formes de la domination de classe. Mais même cela, Macron et ses sbires ne le supportent pas, le roi est nu mais il veut défier la rue.
Parlant de la commune de Paris Marx va écrire
« Ce ne fut pas une révolution faite pour transférer ce pouvoir d'une fraction des classes dominantes à une autre, mais une révolution pour briser cet horrible appareil même de la domination de classe. Ce ne fut pas une de ces luttes mesquines entre la forme exécutive et la forme parlementaire de la domination de classe, mais une révolte contre ces deux formes qui se confondent, la forme parlementaire n'étant qu'un appendice trompeur de l'Exécutif. » (La guerre civile en france , K.Marx ed.Pékin,p.176)
Et n'oublions jamais
« En tout cas, notre seul ennemi, le jour de la crise et le lendemain, ce sera l' ensemble de la réaction groupée autour de la démocratie pure » (Engels à Bebel lettre du 11/12/1884)
Vers l' acte XIX, ou l' armée sera présente
G.Bad
1 Elle était devenue explicite avec le recours aux brigades anticriminalité (BAC) et aux brigades de recherche et d’intervention (BRI), comme si les manifestants étaient des délinquants de droit communs,voire des Hooligans. Elle a pris un caractère officiel , suite à l' Acte XVIII du samedi 16 mars où les manifestants furent traités d' assassin par le premier ministre.
2-Cette longue gréve des mineurs de Grande Bretagne est décrite en détail dans le livre d'Henri Simon (« To the bitter end » GREVEDES MINEURS EN GRANDE-BRETAGNE MARS 1984 MARS 1985) édition Acratie





