dimanche 4 octobre 2026

Travailleurs, réarmement et militarisation en Grande-Bretagne depuis début 2026


 

traduction ordinateur

 

 sommaire


    1-La classe ouvrière britannique a changé, mais n'a pas disparu

    2. La résistance ouvrière perdure, mais reste fragmentée

3. L'État raisonne déjà en termes d'économie de guerre intégrée

    4. Près de 300 milliards de livres sterling pour la transformation militaire

    5. Le réarmement devient une politique industrielle

    6. Angleterre : le cœur industriel du réarmement

7. Écosse : construction navale, armes nucléaires et contradiction liée à l'emploi

    8. Pays de Galles : technologie militaire et chaîne d'approvisionnement dispersée

    9. Irlande du Nord : aéronautique, missiles et problème des divisions nationales

    10. Le programme de munitions redéfinit la notion de capacité industrielle

    11. Intelligence artificielle et militarisation de la main-d'œuvre technique

    12. Santé : crise sociale et nécessité militaire

    13. Universités : austérité d'un côté, demande militaire de l'autre

14. Les syndicats occupent une position apparemment contradictoire

15. Les « emplois dans la défense » peuvent lier les travailleurs à l'État

16. Réarmement et coupes sociales : un lien réel, mais qui ne se résume pas à une simple comptabilité

    17. Le gouvernement travailliste ne représente pas une alternative ouvrière à la militarisation 

    18. La classe ouvrière britannique possède un immense pouvoir potentiel

    19. Passer de conflits contrôlés par les syndicats à une maîtrise des luttes par les travailleurs eux-mêmes

    20. La chaîne de production internationale constitue le terrain naturel d'une extension de la lutte


Conflits sociaux dans le cadre de la transition vers un état de « préparation au combat » Par M.O.

Depuis début 2026, la classe ouvrière britannique est confrontée à deux évolutions de plus en plus imbriquées. D'une part, les travailleurs continuent de subir la baisse de leurs salaires réels, le manque de personnel dans les services publics, les licenciements, la restructuration industrielle, la précarité de l'emploi et la pression exercée sur les collectivités locales, la santé et l'enseignement supérieur. D'autre part, l'État britannique ne se contente plus d'augmenter le budget militaire. Il réorganise l'industrie, la technologie, les infrastructures, les compétences et le marché du travail autour de ce que le gouvernement appelle lui-même « l'état de « préparation au combat ». Le Plan d'investissement de la défense, publié le 30 juin, prévoit 298 milliards de livres sterling pour la défense sur quatre ans. Le gouvernement affirme que cela représente plus de 60 milliards de livres sterling de plus que le niveau prévu par le budget de référence précédent. Les dépenses de défense de base de l'OTAN devraient atteindre 2,7 % du PIB entre 2027 et 2028, le gouvernement britannique s'étant engagé à les porter à 3 % lors de la prochaine législature et l'OTAN à 3,5 % d'ici 2035. [1] Cette transformation ne saurait se réduire au slogan selon lequel chaque livre sterling dépensée en armement est une livre sterling soustraite aux hôpitaux ou aux écoles. La relation est plus fondamentale. L'État britannique entreprend de réorganiser le travail social collectif en fonction des exigences d'une concurrence interétatique accrue et de la préparation à un conflit majeur. Pour les travailleurs, la question centrale devient de plus en plus : Qui décide de l'utilisation du travail, des capacités de production, des infrastructures, des technologies et des connaissances de la société ?

    1-La classe ouvrière britannique a évolué, mais n'a pas disparu.

    La Grande-Bretagne n'est plus dominée par les énormes concentrations industrielles liées au charbon, à l'acier, à la construction navale, à l'automobile et aux anciennes industries mécaniques. Pour autant, le déclin de l'emploi industriel traditionnel n'a pas fait disparaître la classe ouvrière. Le travail salarié s'est répandu dans la logistique, l'entreposage, la santé, l'enseignement supérieur et scolaire, le commerce de détail, les télécommunications, les transports, la livraison, les centres de données, l'aéronautique, l'agroalimentaire et les longues chaînes de sous-traitance. Parallèlement, des concentrations industrielles d'importance stratégique ont subsisté. BAE Systems, Rolls-Royce, Babcock, Airbus, MBDA, les chantiers navals de la Clyde, la construction de sous-marins à Barrow-in-Furness, les centrales nucléaires, les usines aérospatiales, les entreprises d'électronique et des milliers de fournisseurs restent profondément ancrés dans le capitalisme britannique. La guerre moderne met en lumière les liens entre ces travailleurs, en apparence si distincts. Un sous-marin nécessite des métallurgistes, des soudeurs, des électriciens, des ingénieurs nucléaires, des développeurs de logiciels, des logisticiens, des cheminots, des dockers et des milliers de fournisseurs. Un avion militaire requiert des techniciens aérospatiaux, des composants électroniques, des moteurs, des logiciels, des systèmes de communication, du carburant, de la maintenance et du transport. Une armée se préparant à un conflit majeur a besoin d'hôpitaux, de ports, de voies ferrées, de routes, de réseaux énergétiques, de systèmes de communication, d'entrepôts et de capacités industrielles civiles. La militarisation moderne est donc de plus en plus la militarisation du travail social collectif.

2-La résistance ouvrière se poursuit, mais reste fragmentée.


Les chiffres officiels montrent que les conflits sociaux n'ont pas disparu en 2026. Rien qu'en juillet, l'Office for National Statistics a recensé 63 arrêts de travail en cours et environ 34 000 journées de travail perdues, réparties entre les conflits des secteurs public et privé. [2] Certains conflits ont été particulièrement révélateurs. En Angleterre, les médecins résidents ont poursuivi le long conflit portant sur l'érosion des salaires, les effectifs et les perspectives d'emploi. Une grève prévue en juin aurait constitué la seizième action syndicale depuis le début du conflit en 2023, avant d'être suspendue le temps d'un vote des adhérents sur une nouvelle proposition. [3] Les employés des collectivités locales ont subi des pressions similaires. En juillet, près de 200 000 employés des collectivités locales et des écoles d'Angleterre et du Pays de Galles ont commencé à voter sur une action syndicale après le rejet par UNISON d'une proposition d'augmentation salariale de 3,3 %. Parmi les travailleurs concernés figuraient des assistants d'enseignement, des travailleurs sociaux, des éboueurs, du personnel du logement, des bibliothécaires et d'autres employés des collectivités locales. UNISON a calculé que leurs salaires réels avaient considérablement baissé depuis 2010. [4] Les universités sont devenues un autre foyer majeur de conflit. En septembre, le personnel d'Édimbourg, de Dundee, de Nottingham et d'autres universités luttait contre les licenciements, les fermetures de départements et les restructurations. Édimbourg était confrontée à un déficit financier considérable ; Nottingham proposait de supprimer environ 10 % de ses effectifs. Des votes de grève, des boycotts de marquage et des actions syndicales se sont propagés dans un secteur en proie à une grave crise de financement. [5]

Ces luttes démontrent que la classe ouvrière n'est pas passive. Mais elle reste largement divisée par l'employeur, le secteur, le syndicat et l'administration territoriale. Cette fragmentation contraste fortement avec la planification de plus en plus intégrée de l'État.

3. L'État raisonne déjà en termes d'économie de guerre intégrée

une économie de guerre intégrée La Revue stratégique de défense de 2025 a explicitement déclaré que la Grande-Bretagne devait s'orienter vers une « préparation au combat ». Sa conception de la défense va bien au-delà des soldats et des armes. La Revue aborde les questions du renseignement militaire, de l'intelligence artificielle, des communications, de la santé, des infrastructures, des technologies civiles, de l'investissement privé, des start-ups, des chaînes d'approvisionnement et de la main-d'œuvre industrielle. Fait révélateur, elle cite explicitement « les syndicats et leurs membres » parmi les acteurs dont la participation est requise pour l'augmentation prévue de la productivité de l'industrie de défense. [6] L'enjeu est considérable. L'État a compris que la guerre moderne ne peut être préparée par le seul ministère de la Défense. Elle nécessite des travailleurs. Pas seulement des soldats. Elle requiert des ingénieurs, des ouvriers d'usine, des techniciens, des infirmiers, des développeurs de logiciels, des cheminots, des dockers, des chercheurs, des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du secteur de l'énergie et des logisticiens. L'État britannique envisage donc déjà la société comme un système productif interconnecté dont les capacités doivent être mobilisables pour la guerre. De leur côté, les travailleurs continuent généralement à faire face à ce système de manière isolée.

    4-Près de 300 milliards de livres sterling pour la transformation militaire

    Le Plan d'investissement dans la défense permet de mieux appréhender l'ampleur de la situation. Le gouvernement prévoit environ 298 milliards de livres sterling de dépenses de défense sur quatre ans. [1] Le budget du ministère de la Défense est projeté comme suit : 2026-2027 : 68,3 milliards de livres ; 2027-2028 : 73,8 milliards de livres ; 2028-2029 : 76,5 milliards de livres ; 2029-2030 : 79,1 milliards de livres. [1] Le gouvernement a également annoncé une enveloppe d'investissement supplémentaire de 15 milliards de livres. Parmi les priorités figurent : plus de 5 milliards de livres pour les drones militaires ; près de 2 milliards de livres pour un « réseau numérique de ciblage » (Digital Targeting Web) utilisant l'IA et des logiciels ; 790 millions de livres pour la défense aérienne et antimissile du territoire national (y compris contre les drones) ; 11 milliards de livres pour les munitions et les armements ; de nouveaux systèmes de frappe à longue portée ; des systèmes de lutte anti-drones ; l'intelligence artificielle militaire ; et au moins six nouvelles usines de munitions et de substances énergétiques d'ici 2030. [7] Il ne s'agit pas d'un simple renouvellement de matériel vieillissant. Cette démarche vise à reconstruire la capacité du Royaume-Uni à soutenir un conflit prolongé et technologiquement avancé.

    5-Le réarmement devient une politique industrielle

    Le gouvernement britannique présente régulièrement l'augmentation des dépenses de défense non seulement comme une nécessité militaire, mais aussi comme une stratégie de croissance économique. Le plan d'investissement annoncé en juin a été présenté comme un moyen de soutenir près de 60 000 emplois industriels supplémentaires (directs et indirects) d'ici la fin de la décennie, portant le nombre total d'emplois soutenus par les dépenses de défense à plus d'un demi-million. [7] Cet aspect revêt une importance politique. Les dépenses militaires sont désormais intégrées à : la politique industrielle ; le développement régional ; l'emploi ; l'apprentissage ; la technologie ; l'intelligence artificielle ; la fabrication de pointe ; la construction navale ; l'aérospatiale ; le génie nucléaire ; et la politique de la chaîne d'approvisionnement. Par conséquent, la distinction entre « politique de défense » et « politique économique » s'estompe. Cette situation crée une contradiction pour les travailleurs. Les investissements militaires peuvent réellement générer des emplois. Un travailleur à Barrow, Glasgow, Derby, Belfast, Bristol, dans le Lancashire ou dans le Yorkshire du Sud peut dépendre, directement ou indirectement, de contrats militaires. Le besoin immédiat d'emploi de ce travailleur peut ainsi se trouver lié au besoin de réarmement de l'État.

    6- L'Angleterre : le cœur industriel du réarmement

    Une grande partie de l'infrastructure militaro-industrielle britannique est concentrée en Angleterre. Barrow-in-Furness joue un rôle central dans la construction de sous-marins. Derby est crucial pour la propulsion des sous-marins nucléaires grâce à Rolls-Royce. Le Lancashire demeure un pôle majeur de l'aérospatiale. Bristol et le Sud-Ouest abritent des industries liées à l'aérospatiale, aux missiles, à l'électronique et aux technologies. Les Midlands conservent des capacités en matière d'ingénierie et de fabrication de pointe. L'engagement du gouvernement à assurer une production continue de sous-marins et à accroître la production d'armements renforcera l'importance stratégique de ces pôles. [6] Toutefois, une autre évolution mérite l'attention. Des capacités industrielles qui auraient pu disparaître peuvent, de plus en plus, être sauvées ou réorganisées en raison de leur utilité militaire. L'intervention du gouvernement en septembre concernant l'entreprise Speciality Steels UK en est une illustration. Les installations de l’entreprise dans le Yorkshire du Sud et les West Midlands produisent des aciers spécialisés destinés aux secteurs de l’aéronautique et de la défense. L’ouvrier peut alors se trouver confronté à un choix apparemment brutal : accepter l’intégration dans l’économie de guerre ou perdre son emploi. Toutefois, cette opposition ne provient pas des travailleurs. Elle découle de décisions capitalistes quant à ce qui est rentable ou stratégiquement nécessaire de produire. Les machines existent. Les compétences existent. Les travailleurs existent. Les besoins sociaux existent également. La véritable question est de savoir qui décide de ce que ces forces productives vont produire.

    7. Écosse : construction navale, armes nucléaires et contradiction liée à l’emploi

    L’Écosse occupe une position particulièrement contradictoire. Les chantiers navals de la Clyde jouent un rôle central dans la construction navale britannique. Les installations de BAE Systems à Govan et à Scots.


Le chantier naval de Faslane produit des navires de guerre pour la Royal Navy. Faslane est un élément central du système de sous-marins nucléaires britanniques. Rosyth demeure un site important pour la maintenance et l'ingénierie navales. Des milliers d'emplois dépendent directement ou indirectement de ces activités. Cela permet de présenter la militarisation comme une protection industrielle. Pour un ouvrier de chantier naval, un contrat sur une frégate signifie salaire, possibilités d'apprentissage et emploi. Mais du point de vue de la classe ouvrière internationale, la finalité militaire du navire ne devient pas progressiste du simple fait que les ouvriers soient rémunérés pour sa construction. La contradiction est donc bien réelle. Une alternative ouvrière ne peut pas se contenter d'exiger la fermeture des chantiers navals militaires et le chômage qui en découle. Mais elle ne peut pas non plus accepter l'argument selon lequel les ouvriers doivent soutenir la puissance navale britannique car leurs moyens de subsistance en dépendent. Ces installations de production pourraient fabriquer d'autres biens socialement nécessaires. Le problème décisif est le contrôle de la production.


8-Pays de Galles : technologies militaires et chaîne d'approvisionnement dispersée

    Le Pays de Galles ne possède pas de concentrations militaro-industrielles de la même ampleur que Barrow ou la région de la Clyde, mais les travailleurs gallois sont intégrés à la défense britannique par le biais de l'aérospatiale, de l'électronique, de la maintenance, de la formation, des technologies numériques, de la production et des chaînes d'approvisionnement. Ceci illustre une caractéristique plus générale de la militarisation contemporaine. Un travailleur n'a pas besoin d'être employé dans une usine portant la mention « fabricant d'armes » pour contribuer à la production militaire. Une entreprise fabriquant des capteurs, des composants électroniques, des matériaux avancés, des logiciels, des produits d'ingénierie de précision ou des équipements de communication peut être présente simultanément sur les marchés civils et militaires. La production à double usage élargit ainsi le socle social de la militarisation tout en la rendant moins visible.

    9-. Irlande du Nord : aérospatiale, missiles et le problème des divisions nationales

    L'Irlande du Nord offre un autre exemple important. La production aérospatiale et de défense autour de Belfast s'inscrit dans des chaînes de production multinationales. Les travailleurs y intègrent les mêmes réseaux industriels mondiaux que ceux de Grande-Bretagne, d'Irlande, d'Europe continentale et d'Amérique du Nord. Pourtant, la vie politique reste fortement structurée autour des identités nationales britannique et irlandaise. Du point de vue de la classe ouvrière, ces deux cadres occultent les rapports matériels. Un ouvrier protestant et un ouvrier catholique du secteur aérospatial vendent leur force de travail dans le cadre des mêmes rapports capitalistes. Leurs intérêts ne dépendent pas du maintien de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni ou de son intégration à une Irlande unie. Leurs intérêts de classe ne coïncident pas non plus avec ceux du capital britannique ou irlandais. La militarisation renforce la nécessité de rompre avec ces deux cadres nationaux, car les travailleurs risquent sinon d'être mobilisés derrière des États concurrents et des projets nationaux.

10-Le programme de munitions redéfinit la notion de capacité industrielle.

L'engagement de construire au moins six nouvelles usines d'énergie et de munitions d'ici 2030 mérite une attention particulière. La Revue stratégique de défense préconisait initialement une capacité de production de munitions « toujours opérationnelle », capable d'accroître rapidement la production en cas de crise ou de guerre. [6] Le Plan d'investissement de la défense 2026 a élargi cette ambition. Le gouvernement prévoit désormais 11 milliards de livres sterling pour les munitions et les armes, cherchant explicitement à constituer des stocks plus importants et à accroître la capacité de production nationale. [7] Une industrie d'armement « toujours en marche » signifie que la production en temps de paix est délibérément organisée de manière à pouvoir être accélérée en temps de guerre. Les usines deviennent ainsi une capacité militaire de réserve, tout comme leurs ouvriers. Ceci modifie le rapport entre la politique du travail et la planification militaire. L'État n'a pas seulement besoin de travailleurs aujourd'hui. Il a besoin d'une main-d'œuvre dont les compétences, la formation, les chaînes d'approvisionnement et les lieux de travail puissent être mobilisés rapidement demain.

    11-Intelligence artificielle et militarisation du travail technique

Le renforcement militaire britannique ne constitue pas principalement un retour à la guerre industrielle de 1914 ou de 1939. L'intelligence artificielle, les systèmes autonomes, les drones, le ciblage numérique, la cyberguerre, les systèmes spatiaux et la guerre électronique occupent une place centrale. Le gouvernement a alloué près de 2 milliards de livres sterling à un réseau de ciblage numérique et des sommes substantielles à l'IA et aux systèmes militaires autonomes. [7] Cela signifie que la militarisation s'étend profondément à des professions souvent considérées comme civiles : génie logiciel ; analyse de données ; robotique ; télécommunications ; recherche universitaire ; électronique ; cybersécurité ; intelligence artificielle. Les travailleurs techniques acquièrent donc une importance stratégique croissante. Le même programmeur dont les compétences peuvent améliorer les systèmes de santé ou les réseaux de transport peut développer des logiciels de ciblage militaire. Le même laboratoire universitaire peut mener des recherches civiles ou recevoir des financements de la défense. La militarisation s'intègre de plus en plus dans la circulation ordinaire des connaissances et du travail.

    12-Soins de santé : crise sociale et nécessité militaire

    La lutte continue des médecins résidents met en lumière une autre contradiction. On dit aux travailleurs que les ressources du NHS sont limitées….et que le rétablissement des salaires doit rester soumis à des contraintes financières. Pourtant, la planification militaire reconnaît que les capacités médicales sont indispensables à la guerre. La Revue stratégique de défense a appelé à reconstruire les services de santé des armées et a explicitement exigé une coopération avec le ministère de la Santé et des Affaires sociales afin que le personnel militaire puisse être soutenu « en temps de paix comme en temps de guerre ».[6] Un conflit majeur nécessiterait inévitablement le recours aux hôpitaux civils, aux médecins, aux infirmiers, aux moyens de transport, aux produits pharmaceutiques, aux stocks de sang et aux infrastructures d'urgence. Les mêmes professionnels de santé qui subissent le sous-effectif et la pression salariale dans le capitalisme ordinaire deviennent stratégiquement indispensables dès lors que l'État se prépare à la guerre. Cette contradiction ne doit pas être réduite à une opposition entre « le NHS et la Défense ». Elle révèle une réalité plus profonde : les soins de santé font partie de l'infrastructure matérielle dont dépend la société tout entière, y compris son appareil militaire.


    13- Les universités : austérité d'un côté, besoins militaires de l'autre

    La crise universitaire met en lumière cette même contradiction sous un autre angle. En 2026, des universités à travers la Grande-Bretagne ont annoncé des suppressions de postes, des fermetures de départements et des restructurations. Les employés d'Édimbourg, de Dundee, de Nottingham et d'ailleurs ont réagi par des mouvements sociaux. [5] Pourtant, l'économie de guerre exige précisément les capacités scientifiques et techniques concentrées dans les universités : ingénierie ; IA ; cybersécurité ; science nucléaire ; aérospatiale ; robotique ; matériaux avancés ; technologies quantiques. Le problème ne réside donc pas simplement dans le fait que l'éducation reçoit trop peu alors que la défense reçoit trop. L'université elle-même est de plus en plus divisée entre des domaines jugés économiquement ou stratégiquement utiles et des activités soumises à des réductions budgétaires. La demande militaire peut devenir un mécanisme de réorganisation de la recherche et de l'enseignement. Il en résulte une forme plus subtile de militarisation : ce ne sont pas des soldats qui pénètrent dans les universités, mais des priorités militaires qui s'immiscent dans le financement de la recherche, le développement technologique et les structures de carrière.

    14-Les syndicats occupent une position apparemment contradictoire

    Le cas britannique rend la question syndicale particulièrement claire, car la Revue stratégique de défense du gouvernement inclut explicitement les syndicats et leurs membres parmi les forces nécessaires pour accroître la productivité militaro-industrielle. [6] Ce n'est pas un hasard. L'État a besoin des syndicats car l'expansion militaire exige une stabilité de la main-d'œuvre. Il faut recruter des travailleurs. Il faut développer des compétences. Il faut intensifier les cadences de production. Il faut négocier les conflits sociaux. La productivité doit augmenter. L’appareil syndical est donc devenu un intermédiaire entre les travailleurs et l’économie de guerre. Cela ne signifie pas que les syndiqués ou les militants de terrain soutiennent la militarisation. Cela ne signifie pas non plus que toutes les directions syndicales adoptent la même position. En 2026, le syndicat UCU et des sections d’autres syndicats se sont explicitement opposés à l’augmentation des dépenses militaires. L’UCU a défendu le mot d’ordre « des salaires, pas des armes » lors du congrès du Trades Union Congress (TUC), tandis que plusieurs syndicats participaient à des initiatives pacifistes [8]. Toutefois, cela ne constitue pas une véritable opposition au militarisme, car le problème structurel de la militarisation demeure. D’autres syndicats, ainsi que des composantes du même mouvement ouvrier, soutiennent les contrats de défense parce qu’ils sont source d’emplois. Un syndicat de la construction navale peut réclamer davantage de commandes pour la marine. Un syndicat de l’aéronautique peut défendre les contrats militaires. Un syndicat de l’industrie manufacturière peut exiger que les armes soient produites sur le territoire national plutôt qu’importées. L’intérêt apparent des travailleurs devient alors : des armes britanniques fabriquées par des travailleurs britanniques. Cela transforme la défense de l’emploi en nationalisme économique.


    15- Les « emplois dans la défense » peuvent lier les travailleurs à l’État

    Le gouvernement comprend l’importance politique de l’emploi. C’est pourquoi presque toutes les annonces majeures concernant la défense mettent l’accent sur les « emplois britanniques ». Cet argument peut être puissant. Les travailleurs ne peuvent pas vivre de promesses abstraites de transformation sociale future. Ils ont besoin de salaires dès maintenant. Mais il ne s’ensuit pas nécessairement que les travailleurs doivent soutenir la production militaire. Si une usine est capable de fabriquer des composants de missiles, elle dispose de machines, d’une main-d’œuvre qualifiée, de compétences en ingénierie, d’énergie et de capacités organisationnelles. Ces forces productives pourraient être utilisées autrement. Le problème réside dans la propriété capitaliste et les priorités de l’État. Les travailleurs devraient donc s’opposer aux deux alternatives qui leur sont imposées : les licenciements ou la production d’armes. La revendication devrait plutôt être : pas de licenciements, pas de baisse de salaires et un contrôle collectif des travailleurs sur la reconversion vers une production socialement utile.


    16-L'internationalisme se concrétise grâce aux chaînes de production

    Aurora souligne à juste titre que la classe ouvrière est mondiale. [A1] Toutefois, l'unité de classe à l'échelle mondiale prend tout son sens matériel lorsque les travailleurs nouent des liens directs. Un salarié britannique d'Airbus et un salarié espagnol d'Airbus ont le même employeur. Les salariés britanniques et français de MBDA participent au même système de production de missiles. Des dockers de différents pays manipulent les mêmes marchandises. Des cheminots transportent des composants issus de chaînes de production internationales. L'internationalisme ne nécessite donc pas, pour commencer, un accord sur une plateforme révolutionnaire. Les travailleurs peuvent nouer des relations directes autour de luttes concrètes. Cette expérience pratique peut saper le nationalisme plus efficacement que la simple propagande.


    17-Le gouvernement travailliste ne représente pas une alternative ouvrière à la militarisation

    Le programme de militarisation est mis en œuvre par un gouvernement travailliste. Ce fait revêt une importance historique particulière en Grande-Bretagne en raison des liens institutionnels unissant le Parti travailliste aux syndicats. Cependant, le fait d'être gouverné par un parti historiquement lié au mouvement syndical ne modifie en rien la fonction capitaliste de l'État. Le gouvernement doit gérer : les finances publiques ; l'accumulation du capital ; la compétitivité internationale ; les alliances militaires ; la stratégie industrielle ; les forces armées ; ainsi que la position de la Grande-Bretagne dans le système mondial. Par conséquent, il se présente aux travailleurs en tant qu'employeur, autorité budgétaire et organisateur du capital national. Les conflits sociaux impliquant les médecins, les agents des collectivités locales, le personnel universitaire et d'autres travailleurs en apportent la preuve concrète. La question n'est pas de savoir si le Parti travailliste a trahi un État qui serait, par nature, ouvrier. L'État demeure un organe de gestion de la société capitaliste, quel que soit le parti parlementaire au pouvoir.

    18- La classe ouvrière britannique dispose d'un immense pouvoir potentiel

    Le développement de l'économie de guerre engendre néanmoins une contradiction pour l'État. Plus la préparation militaire s'intensifie, plus elle devient dépendante des travailleurs qui demeurent en dehors des forces armées. Les dockers peuvent paralyser la logistique. Les cheminots peuvent interrompre les transports. Les ingénieurs peuvent bloquer la maintenance. Les travailleurs de l'aéronautique peuvent stopper la production d'avions. Les ouvriers des chantiers navals peuvent interrompre la construction navale. Les travailleurs du secteur informatique peuvent paralyser les systèmes numériques. Les travailleurs de la santé peuvent affecter les capacités médicales. Les travailleurs du secteur de l'énergie peuvent interrompre l'approvisionnement électrique. Cela ne signifie pas que toute grève devient automatiquement une action contre la guerre. Cela signifie que la position matérielle des travailleurs leur confère un pouvoir potentiel sur l'infrastructure de la militarisation. Le problème réside dans le fait que ce pouvoir demeure fragmenté.

    19- Passer de conflits contrôlés par les syndicats à une maîtrise des luttes par les travailleurs eux-mêmes

    La question centrale est donc celle de l'organisation. Une grève limitée à une seule unité de négociation reste généralement un conflit portant sur le prix et les conditions de la force de travail. Elle peut permettre d'obtenir des améliorations, mais elle laisse intacte l'organisation globale de la production. Une dynamique différente peut émerger lorsque les travailleurs commencent à maîtriser leurs luttes par le biais d'assemblées générales ouvertes à tous les travailleurs concernés. Ces assemblées peuvent : définir les revendications ; décider de l'action de grève ; élire des délégués dotés de mandats explicites ; révoquer ces délégués ; contrôler les négociations ; envoyer des délégations directes vers d'autres lieux de travail ; entrer en contact avec des fournisseurs ; et tisser des liens au-delà des secteurs industriels et des frontières nationales. Cela diffère fondamentalement du fait de demander aux dirigeants syndicaux de mieux coordonner l'action. Le centre de décision se déplace vers les travailleurs eux-mêmes.

    20. La chaîne de production internationale : le terrain naturel de l'extension de la lutte

    L'industrie militaire britannique n'est pas véritablement nationale.

    -Airbus relie la Grande-Bretagne à la France, à l'Allemagne, à l'Espagne et à d'autres pays. -MBDA associe des capitaux britanniques, français, italiens, allemands et espagnols.

    -Le programme F-35 lie la production britannique aux États-Unis et à un réseau multinational de fournisseurs.

    -Les productions navale, aérospatiale, électronique et nucléaire dépendent de chaînes d'approvisionnement internationales.

    Le capital opère une coordination internationale au quotidien. À l'inverse, les travailleurs organisés par les syndicats restent généralement confinés dans des systèmes nationaux de négociation collective. Cette asymétrie renforce le capital. Si les travailleurs britanniques de l'aérospatiale entrent en lutte, le prolongement logique n'est donc pas simplement une nouvelle campagne syndicale britannique. Ils peuvent établir un contact direct avec les travailleurs produisant les mêmes systèmes ailleurs. Des revendications communes concernant les salaires, le temps de travail, les licenciements, la pression sur la production et le contrôle du lieu de travail peuvent faire naître un internationalisme concret, avant même que les travailleurs ne s'accordent sur toutes les questions politiques.

  1. Conclusion : L'État intègre l'économie de guerre ; les travailleurs doivent intégrer leurs luttes

     La Grande-Bretagne de 2026 révèle un double mouvement.Les travailleurs demeurent fragmentés en une multitude d'unités de négociation, d'employeurs, de secteurs, de syndicats et d'administrations régionales. Parallèlement, l'État intègre de plus en plus :

    -l'industrie ;

    -les transports ;

    -la santé ;

    -la science ;

    -l'intelligence artificielle ;

    -l'énergie ;

    - les compétences ;

    -les syndicats ;

    -les infrastructures ;

    -et la force de travail dans les préparatifs de guerre.

     L'État a déjà compris l'unité matérielle de la production sociale. La classe ouvrière doit encore s'organiser à la même échelle. Le facteur décisif d'un tel développement ne consisterait donc pas simplement en une manifestation pacifiste de plus grande envergure ou en une revendication parlementaire pour une réduction des dépenses militaires. Il s'agirait de travailleurs commençant, par eux-mêmes, à relier leurs luttes immédiates. Le médecin interne luttant contre l'érosion de son salaire, l'employé d'université résistant aux licenciements, l'employé municipal défendant les salaires, le constructeur naval de Barrow, l'ouvrier des chantiers navals de la Clyde, le travailleur de l'aéronautique et le cheminot occupent des lieux de travail différents. Mais ils participent à un système interconnecté de production sociale. La militarisation rend ce lien plus visible. L'alternative n'est ni un capitalisme britannique plus pacifique ni une politique militaire européenne indépendante. C'est le développement de l'organisation propre aux travailleurs — au-delà des lieux de travail, des secteurs industriels, des régions et des frontières — capable, à terme, de décider collectivement de ce que la société produit, de la manière dont elle le produit et pour répondre aux besoins de qui.

M.O. 30/09/2026

Annexe

Aurora : L'internationalisme ne suffit pas — Le chaînon manquant entre lutte des classes et pouvoir ouvrier

Le numéro d'août 2026 d'Aurora, publié par la Communist Workers’ Organisation (CWO), appelle une critique différente de celle adressée aux publications réformistes ou nationalistes de gauche. Son article principal, « Le monde est peut-être en feu... mais il existe une alternative », rejette tout soutien aux États capitalistes, identifie les guerres actuelles comme des conflits impérialistes, situe l'alternative au sein de la classe ouvrière internationale et appelle explicitement à une plus grande unité de classe ainsi qu'à l'auto-organisation. [A1] Ce sont là des points d'accord importants. Le problème n'est pas qu'Aurora choisisse le mauvais camp impérialiste. Ce n'est pas le cas. Le problème réside dans le décalage entre ses conclusions révolutionnaires générales et le développement concret de la lutte ouvrière.

  1. Aurora rejette à juste titre tous les camps impérialistes

  2. Le point fort de l'argumentation réside dans son internationalisme. Les guerres en Ukraine, en Iran, en Palestine, au Liban, au Soudan, au Congo, au Myanmar et ailleurs ne sont pas présentées comme des tragédies morales isolées exigeant que les travailleurs choisissent le « meilleur » État. Elles sont appréhendées dans le cadre d'un monde capitaliste de plus en plus marqué par la concurrence interétatique et la guerre. [A1] C'est ce qui distingue la CWO d'une grande partie de la gauche bourgeoise. Elle ne présente ni la Russie ni la Chine comme des contrepoids progressistes à l'impérialisme américain. Il ne défend pas non plus l'OTAN, la Grande-Bretagne ou le réarmement européen. Pour l'internationalisme prolétarien, cela est indispensable. Les travailleurs n'ont pas d'État national à défendre.

  3. 2. Mais le cadre États-Unis/Chine risque de devenir trop schématique

  4. L'article identifie la lutte pour la suprématie mondiale entre les États-Unis et la Chine comme étant « à la racine » de nombreux conflits contemporains. Il y a là une part de vérité considérable. La relation entre les États-Unis et la Chine est devenue l'axe central, à long terme, de la concurrence interétatique mondiale. Toutefois, cette formulation peut devenir trop schématique si d'autres puissances sont interprétées principalement à travers ce prisme bipolaire. La Russie poursuit des intérêts qui ne se réduisent pas à la politique chinoise. L'Iran a ses propres intérêts régionaux. La Turquie, l'Arabie saoudite, l'Inde, les puissances européennes, Israël et d'autres États manœuvrent en fonction de leurs propres impératifs d'accumulation, de sécurité et de besoins régionaux. Le système international ne se résume donc pas à deux camps impérialistes cohérents se dirigeant mécaniquement vers l'affrontement. L'internationalisation capitaliste et la rivalité interétatique engendrent des alignements mouvants, des accords temporaires, des dépendances contradictoires et des conflits au sein même des blocs supposés. Pour les travailleurs, cela importe car un schéma prédéfini en deux camps peut occulter la dynamique réelle des relations impérialistes.

    3. La crise ne doit pas se transformer en une théorie prédéfinie de l'effondrement

  5. Aurora soutient que le capitalisme a navigué de expédient en expédient depuis la fin du boom de l'après-guerre et n'a pas réussi à rétablir une rentabilité capable de générer une nouvelle phase d'expansion économique comparable. Là encore, le problème soulevé est bien réel. Cependant, transformer les difficultés structurelles du capitalisme en une trajectoire prédéfinie vers une crise terminale et une guerre généralisée comporte un risque. Le capitalisme n'a pas besoin d'être historiquement sain pour poursuivre l'accumulation. Il peut se restructurer. Il peut détruire du capital. Il peut déplacer la production géographiquement. Il peut introduire de nouvelles technologies. Il peut intensifier l'exploitation. Il peut créer de nouvelles industries tout en en détruisant d'anciennes. Le développement de la Chine elle-même démontre les transformations géographiques considérables possibles au sein de l'accumulation mondiale. L'alternative aux théories de la stabilité capitaliste n'est donc pas une théorie de l'effondrement inévitable. Une analyse plus concrète s'impose : accumulation inégale ; rentabilité inégale ; productivité inégale ; structures financières ; internationalisation du capital ; changement technologique ; la concurrence entre États ; et surtout l’évolution du rapport entre le capital et le travail salarié. Une guerre généralisée est une possibilité réelle. Elle ne doit pas devenir la destination prédéterminée vers laquelle tout développement est orienté.

  6. . Le...résout automatiquement le problème. Une organisation permanente et alternative peut elle-même devenir un autre appareil de représentation. Le critère décisif est ailleurs : où réside le pouvoir de décision ? S'il réside dans les assemblées des travailleurs eux-mêmes, les organisations et les minorités politiques peuvent faire des propositions, argumenter et participer. S'il réside dans un appareil permanent — officiel ou officieux, modéré ou radical — les travailleurs restent représentés plutôt qu'auto-organisés. Cette distinction doit être au cœur de l'intervention révolutionnaire.

    10. La question de l'organisation révolutionnaire reste en suspens 

    C'est ici qu'apparaît une divergence plus profonde avec l'ICT. L'ICT considère la construction d'une organisation politique révolutionnaire internationale comme indispensable. Il existe un large consensus sur la nécessité des minorités communistes. Les luttes ouvrières ne produisent pas automatiquement une compréhension complète du capitalisme, de l'impérialisme, de l'État ou de la transformation communiste. Les organisations communistes ont des tâches importantes : analyser le capitalisme ; préserver l'expérience historique ; critiquer le nationalisme ; défendre l'internationalisme prolétarien ; intervenir dans les luttes ; relier les expériences à l'échelle internationale ; et défendre l'auto-organisation des travailleurs. Le désaccord surgit lorsque l'on assigne à l'organisation politique la tâche d'assurer la direction politique grâce à laquelle la classe devient capable de prendre le pouvoir. Cela risque de réintroduire, à un autre niveau, précisément cette séparation entre dirigeants et dirigés que l'auto-organisation est censée surmonter.



  7. 11. Les organisations communistes ne peuvent pas fabriquer la conscience de classe


  8. Aurora affirme que plus le nombre de personnes politiquement préparées à la révolution sera élevé, plus vite la classe ouvrière dans son ensemble pourra abolir le capitalisme. [A1] Il y a du vrai dans cette affirmation. Les minorités révolutionnaires peuvent accélérer la clarification. Mais la conscience prolétarienne n'est pas avant tout un ensemble d'idées justes transmises des révolutionnaires aux travailleurs. Elle se développe à travers l'interaction entre : la position des travailleurs dans la production capitaliste ; leur expérience quotidienne ; l'idéologie bourgeoise ; la lutte collective ; la discussion ; l'organisation ; les défaites ; les victoires ; et l'intervention des minorités communistes. Les travailleurs modifient leur compréhension tout en transformant leur propre activité. C'est pourquoi la lutte autonome n'est pas simplement un vecteur de diffusion des idées communistes. Elle constitue en elle-même un processus par lequel la conscience peut évoluer.

    12. L’épreuve décisive survient lorsque les travailleurs rejettent la proposition des communistes

    La distinction entre contribution politique et direction politique apparaît le plus clairement lorsque les travailleurs sont en désaccord avec les révolutionnaires. Supposons qu’une assemblée générale décide de mettre fin à une grève. Les communistes estiment qu’il s’agit d’une erreur. Que se passe-t-il alors ? Ils doivent contester cette décision. Ils doivent en expliquer les conséquences. Ils doivent tenter de convaincre les autres travailleurs. Mais si l’assemblée maintient sa décision, les communistes ne peuvent invoquer une autorité supérieure découlant de leur programme. La classe ne peut s’émanciper que par sa propre expérience. Cela implique nécessairement des erreurs. Une organisation qui s’arroge le droit supérieur de déterminer l’orientation politique des travailleurs finit par se substituer à la classe elle-même.

    13. Des assemblées d’entreprise aux conseils ouvriers

    Le rapport entre les luttes immédiates et la révolution mérite donc bien plus d’attention que ce que lui accorde Aurora. Les travailleurs ne passent pas directement de grèves isolées à la révolution mondiale. Le mouvement peut se développer par extension. Une assemblée dans une entreprise envoie des délégués dans une autre. Les travailleurs découvrent des revendications communes. Des délégués se rencontrent entre différentes entreprises. Des comités de grève assurent une coordination intersectorielle. Des instances de coordination locales voient le jour. Ces instances peuvent finir par aborder des questions dépassant le cadre des salaires : transports ; alimentation ; énergie ; santé ; production ; distribution ; ordre public. À ce stade, des organes créés initialement pour la lutte peuvent commencer à assumer des fonctions sociales. La distinction entre un comité de grève et un conseil ouvrier ne tient donc pas simplement à la taille de l’organisation. Elle porte sur l’élargissement du contenu des décisions collectives prises par les travailleurs.


  1. La préparation à la guerre confère une importance particulière à cette évolution


L’État britannique intègre déjà la société civile dans une perspective de guerre potentielle.


Il relie entre eux la production militaire

, les, les soins de santé, l’IA, les ports, l’industrie, les syndicats, les infrastructures et la recherche. Les travailleurs ne peuvent s’y opposer efficacement qu’en tissant des liens qui transcendent précisément ces mêmes divisions. Un ouvrier de l’armement agissant seul ne peut stopper la militarisation. Un médecin agissant seul ne le peut pas non plus. Un cheminot agissant seul ne le peut pas davantage. Mais les travailleurs qui commencent à relier ces luttes peuvent découvrir qu’ils font fonctionner collectivement le système matériel dont dépendent à la fois l’accumulation du capital et la puissance militaire. C’est là que l’opposition à la guerre peut naître organiquement de la lutte des classes.

  1. La politique antimilitariste ne doit pas être dissociée des luttes immédiates

Dans l'approche politique pacifiste classique, les travailleurs sont d'abord abordés en tant que citoyens appelés à adopter une position contre la guerre. Une intervention communiste, elle, doit partir de leur situation matérielle en tant que travailleurs. Un cheminot qui lutte contre les réductions d'effectifs se heurte déjà à l'organisation des transports. Un travailleur de la santé qui lutte contre le manque de personnel se heurte déjà à la répartition des capacités médicales. Un travailleur de l'aéronautique qui lutte contre l'intensification du rythme de travail se heurte déjà à l'organisation d'une production stratégique. Un employé de l'université qui lutte contre les licenciements se heurte déjà aux décisions concernant le savoir et la recherche. Le lien avec la militarisation peut émerger de ces luttes elles-mêmes. La question devient alors : pourquoi dit-on aux travailleurs que leurs besoins immédiats sont inabordables alors que leur travail collectif est de plus en plus réorganisé en fonction de la guerre ? Et, à terme : pourquoi le capital et l'État devraient-ils décider de l'usage fait de notre travail ?

  1. L'internationalisme devient une réalité pratique grâce aux chaînes de production

    Aurora souligne à juste titre que la classe ouvrière est mondiale. Mais l'unité de classe à l'échelle mondiale prend un sens concret lorsque les travailleurs nouent des liens directs. Un travailleur britannique d'Airbus et un travailleur espagnol d'Airbus ont le même employeur. Des travailleurs britanniques et français de MBDA participent au même système de production de missiles. Des dockers de différents pays manipulent les mêmes marchandises. Des cheminots transportant des composants s'inscrivent dans des chaînes de production internationales. L'internationalisme ne nécessite donc pas nécessairement un accord préalable sur une plateforme révolutionnaire. Les travailleurs peuvent nouer des relations directes autour de luttes concrètes. Cette expérience pratique peut saper le nationalisme plus efficacement que la simple propagande.

  1. L'objectif n'est pas de constituer une organisation révolutionnaire minoritaire agissant pour le compte de la classe

  2. La contribution des organisations révolutionnaires demeure indispensable. Toutefois, leur succès doit finalement se mesurer à l'aune d'un paradoxe : la capacité des travailleurs à agir sans être dirigés par elles. Les communistes peuvent apporter des éclaircissements. Ils peuvent lancer des avertissements. Ils peuvent mettre en relation différentes expériences. Ils peuvent défendre l'internationalisme lorsque le nationalisme gagne en popularité. Ils peuvent préserver les leçons de l'histoire lorsque les luttes s'essoufflent. Mais l'organisation ne saurait devenir le centre de commandement politique du prolétariat. La classe ouvrière doit elle-même devenir le sujet conscient de la transformation communiste.

  3. Conclusion de l'annexe

  4. Le texte d'Aurora d'août 2026 repose sur des positions fondamentales : le capitalisme engendre des conflits impérialistes ; les travailleurs n'ont aucun camp capitaliste à soutenir ; la classe ouvrière est internationale ; Le capitalisme ne peut être aboli par des réformes parlementaires ; l'unité de classe et l'auto-organisation sont nécessaires. La faiblesse ne réside pas principalement dans ces conclusions, mais dans l'absence du mouvement intermédiaire. Comment une classe fragmentée devient-elle capable d'agir de manière autonome ? La réponse ne peut se résumer à : multiplier les grèves ; élargir l'organisation révolutionnaire ; ou attendre l'arrivée d'une crise capitaliste d'une ampleur suffisante. Cela se produit lorsque les travailleurs commencent à transformer leur propre activité : passant du simple suivi des négociations à leur contrôle ; des scrutins syndicaux aux assemblées collectives ; des représentants permanents aux délégués mandatés et révocables ; des lieux de travail isolés aux délégations directes ; des négociations nationales aux liaisons internationales entre lieux de travail ; de la revendication d'un contrôle sur les salaires à la remise en question du contrôle sur la production ; et, finalement, de la gestion des luttes à la gestion de la production sociale elle-même. L'État britannique intègre déjà la société en vue de la guerre. Il relie usines, universités, hôpitaux, ports, technologies, infrastructures et travailleurs au sein d'un système stratégique unique. La réponse révolutionnaire doit donc être tout aussi concrète. Il ne s'agit pas simplement de dire : « Pas d'autre guerre que la lutte des classes », mais de voir les travailleurs organiser eux-mêmes la lutte des classes, permettant ainsi d'arracher le pouvoir de faire la guerre aux mains de tout État capitaliste.


Sources [1] Ministère britannique de la Défense et Trésor britannique (HM Treasury), *The Defence Investment Plan* (Plan d'investissement pour la défense), 30 juin 2026. Le plan prévoit 298 milliards de livres sterling sur quatre ans ; les explications de financement annexes détaillent les budgets prévisionnels du ministère de la Défense et la trajectoire des dépenses du gouvernement liées à l'OTAN. Plan d'investissement pour la défense Explications de financement du plan d'investissement pour la défense

[2] Office for National Statistics (ONS), *Workplace disputes and working conditions* (Conflits du travail et conditions de travail), données publiées le 15 septembre 2026. Juillet 2026 : 63 arrêts de travail et 34 000 journées de travail perdues. Données de l'ONS sur les conflits du travail

[3] Reuters, 13 juin 2026, concernant le conflit impliquant les médecins résidents en Angleterre et la suspension de la grève prévue pour permettre un vote des adhérents.

[4] UNISON, le personnel des collectivités locales et des écoles entame un vote sur des grèves liées aux salaires, 9 juillet 2026. Près de 200 000 employés des collectivités locales et des écoles en Angleterre et au Pays de Galles ont été appelés à voter suite au rejet d'une offre d'augmentation de 3,3 %. Rapport d'UNISON sur le scrutin dans les collectivités locales

[5] The Guardian, 30 septembre 2026, au sujet des grèves universitaires et des restructurations à Édimbourg, Dundee, Nottingham et ailleurs.

[6] Gouvernement britannique, Revue stratégique de défense.

Examen stratégique de la défense 2025 — Rendre la Grande-Bretagne plus sûre : sécurité intérieure, puissance extérieure. Les sections consacrées à la « préparation au combat », aux capacités en matière de munitions, aux services de santé des armées, aux technologies à double usage, à l’industrie, à l’investissement privé ainsi qu’au rôle explicite dévolu aux syndicats et à leurs membres dans l’amélioration de la productivité industrielle revêtent un intérêt particulier. Examen stratégique de la défense 2025

[7] Gouvernement britannique, « Un nouvel apport de fonds de 15 milliards de livres sterling pour transformer les forces armées et assurer la sécurité du Royaume-Uni », 30 juin 2026. Les détails incluent le programme de drones, le réseau numérique de ciblage (Digital Targeting Web), les dépenses en munitions, l’IA, la défense antimissile, la création de nouvelles usines et les prévisions en matière d’emploi. Annonce du gouvernement britannique concernant l’enveloppe supplémentaire de 15 milliards de livres sterling

[8] *Tribune*, septembre 2026, entretien avec Jo Grady, secrétaire générale du syndicat UCU, au sujet de l’initiative syndicale « Des salaires, pas des armes » et des tentatives de plusieurs syndicats de s’opposer à la militarisation accrue. Ces éléments témoignent des divisions au sein du mouvement syndical et ne doivent pas être interprétés comme la preuve que le problème lié au syndicalisme institutionnel a disparu. [A1] Communist Workers’ Organisation / Internationalist Communist Tendency, *Aurora*, août 2026, n° 76. L’article principal s’intitule « Le monde est peut-être en feu… mais il existe une alternative ». *Aurora* se présente comme la publication de l’ICT destinée à l’intervention auprès des travailleurs. Numéro d’août 2026 d’*Aurora* Le monde est peut-être en feu… mais il existe une alternative



samedi 3 octobre 2026

Workers, Rearmament, and Militarization in Britain Since the Beginning of 2026

 



  Posted on September 30, 2026 by fredocorvo

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Social conflict inside the transition to “warfighting readiness”

By M.O.

Since the beginning of 2026, the British working class has faced two developments that increasingly intersect.

On one side, workers have continued to confront declining real wages, understaffed public services, redundancies, industrial restructuring, insecure employment, and pressure on local government, health care, and higher education.

On the other, the British state has moved beyond simply increasing the military budget. It is reorganizing industry, technology, infrastructure, skills, and labor around what the government itself calls “warfighting readiness.”

The Defence Investment Plan published on June 30 provides £298 billion for defense over four years. The government says that this represents more than £60 billion above the level implied by the previous spending baseline. Core NATO defense expenditure is scheduled to reach 2.7 percent of GDP from 2027-28, with a government commitment to 3 percent in the next Parliament and a NATO commitment to 3.5 percent by 2035. [1]

This transformation should not be reduced to the slogan that every pound spent on weapons is a pound removed from hospitals or schools.

The relationship is more fundamental.

The British state is beginning to reorganize collective social labor around the requirements of intensified interstate competition and preparation for major war.

For workers, the central question increasingly becomes:

Who decides how society’s labor, productive capacity, infrastructure, technology, and knowledge are used?

1. The British working class has changed, but not disappeared

Britain is no longer dominated by the enormous industrial concentrations associated with coal, steel, shipbuilding, automobile manufacturing, and the old engineering industries.

But the decline of traditional industrial employment did not abolish the working class.

Wage labor spread through logistics, warehouses, health care, universities, schools, retail, telecommunications, transport, delivery services, data centers, aviation, food processing, and long subcontracting chains.

At the same time, strategically important industrial concentrations survived.

BAE Systems, Rolls-Royce, Babcock, Airbus, MBDA, shipyards on the Clyde, submarine construction at Barrow-in-Furness, nuclear facilities, aerospace plants, electronics companies, and thousands of suppliers remain deeply embedded in British capitalism.

Modern warfare makes the relationship between these apparently separate workers visible.

  • A submarine requires steelworkers, welders, electricians, nuclear engineers, software developers, logistics workers, railway workers, dockworkers, and thousands of suppliers.

  • A military aircraft requires aerospace workers, electronics, engines, software, communications, fuel, maintenance, and transport.

  • An army preparing for major war requires hospitals, ports, railways, roads, energy networks, communications systems, warehouses, and civilian industrial capacity.

Modern militarization is therefore increasingly the militarization of collective social labor.

2. Worker resistance continues, but remains fragmented

Official figures show that industrial conflict did not disappear in 2026. In July alone, the Office for National Statistics recorded 63 stoppages in progress and approximately 34,000 working days lost, divided between public- and private-sector disputes. [2] Some conflicts have been particularly revealing.

Resident doctors in England continued the long dispute over pay erosion, staffing, and employment prospects. A planned June walkout would have been the sixteenth round of strike action since the dispute began in 2023 before it was suspended for a membership vote on a new offer. [3]

Local-government workers faced similar pressures. In July, nearly 200,000 council and school workers in England and Wales began voting on industrial action after UNISON rejected a 3.3 percent pay offer. The workers included teaching assistants, social workers, refuse workers, housing staff, librarians, and other local-government employees. UNISON calculated that their real wages had fallen substantially since 2010. [4]

Universities have become another major center of conflict. By September, staff at Edinburgh, Dundee, Nottingham, and other universities were fighting redundancies, departmental closures, and restructuring. Edinburgh faced a huge financial deficit; Nottingham proposed eliminating roughly 10 percent of its workforce. Strike ballots, marking boycotts, and industrial action spread through a sector experiencing a profound funding crisis. [5]

These struggles demonstrate that the working class is not passive. But they remain overwhelmingly separated by employer, sector, union, and territorial administration. That fragmentation contrasts sharply with the state’s own increasingly integrated planning.

3. The state already thinks in terms of one integrated war economy

The 2025 Strategic Defence Review stated explicitly that Britain must move toward “warfighting readiness.” Its conception of defense goes far beyond soldiers and weapons. The Review discusses military intelligence, artificial intelligence, communications, health care, infrastructure, civilian technology, private investment, startups, supply chains, and industrial labor. Most revealingly, it explicitly names “the trade unions and their members” among those whose participation is required for the planned increase in defense-industry productivity. [6]

The significance is considerable. The state understands that modern war cannot be prepared by the Ministry of Defence alone. It requires workers. Not just soldiers. It requires engineers, factory workers, technicians, nurses, software developers, railway workers, port workers, researchers, construction workers, energy workers, and logistics workers.

The British state is therefore already looking at society as an interconnected productive system whose capacities must become available for war. Workers generally still confront the same system separately.

4. Nearly £300 billion for military transformation

The Defence Investment Plan makes the scale clearer.

The government plans approximately £298 billion of defense expenditure over four years. [1]

The Ministry of Defence budget is projected at:

  • 2026-27: £68.3 billion;

  • 2027-28: £73.8 billion;

  • 2028-29: £76.5 billion;

  • 2029-30: £79.1 billion. [1]

  • The government also announced an additional £15 billion investment package.

Among the priorities are:

  • more than £5 billion for military drones;

  • nearly £2 billion for a “Digital Targeting Web” using AI and software;

  • £790 million for homeland air, drone, and missile defense;

  • £11 billion for munitions and weapons;

  • new long-range strike systems;

  • counter-drone systems;

  • military artificial intelligence;

  • and at least six new energetics and munitions factories by 2030. [7]

This is not ordinary replacement of aging equipment. It represents an attempt to reconstruct Britain’s capacity to sustain prolonged, technologically advanced warfare.

5. Rearmament is becoming industrial policy

The British government repeatedly presents increased defense expenditure not simply as military necessity but as an economic growth strategy. The June investment package was promoted as supporting nearly 60,000 additional direct and indirect industrial jobs by the end of the decade, bringing the forecast number of jobs supported by defense expenditure to more than half a million. [7] This is politically important. Military expenditure is being integrated with:

  • industrial policy;

  • regional development;

  • employment;

  • apprenticeships;

  • technology;

  • artificial intelligence;

  • advanced manufacturing;

  • shipbuilding;

  • aerospace;

  • nuclear engineering;

  • and supply-chain policy.

The distinction between “defense policy” and “economic policy” consequently becomes less clear. This creates a contradiction for workers. Military investment can genuinely create employment. A worker in Barrow, Glasgow, Derby, Belfast, Bristol, Lancashire, or South Yorkshire may depend directly or indirectly on military contracts. The worker’s immediate need for employment can therefore become attached to the state’s need for rearmament.

6. England: the industrial core of rearmament

Much of Britain’s military-industrial structure is concentrated in England.

  • Barrow-in-Furness is central to submarine construction.

  • Derby is crucial to nuclear submarine propulsion through Rolls-Royce.

  • Lancashire remains a major aerospace center.

  • Bristol and the southwest contain aerospace, missile, electronics, and technology industries.

  • The Midlands retain engineering and advanced manufacturing capacity.

The government’s commitment to continuous submarine production and expansion of weapons production will increase the strategic importance of these concentrations. [6]

But another development deserves attention. Industrial capacity that might otherwise disappear can increasingly be rescued or reorganized because it is militarily useful. The September government intervention concerning Speciality Steels UK illustrates the possibility. The company’s facilities in South Yorkshire and the West Midlands produce specialist steels relevant to aerospace and defense production.

Here the worker may confront a brutal apparent alternative: accept integration into the war economy or lose the job. But this opposition is not created by workers. It results from capitalist decisions about what production is profitable or strategically necessary.

  • The machines exist.

  • The skills exist.

  • The workers exist.

  • The social needs also exist.

The real question is who decides what those productive forces will produce.

7. Scotland: shipbuilding, nuclear weapons, and the contradiction of employment

Scotland occupies a particularly contradictory position.

  • The Clyde shipyards are central to British naval construction.

  • BAE Systems facilities at Govan and Scotstoun produce warships for the Royal Navy.

  • Faslane is central to Britain’s nuclear submarine system.

  • Rosyth remains important to naval maintenance and engineering.

  • Thousands of jobs depend directly or indirectly on these activities.

  • This allows militarization to be presented as industrial protection.

For a shipyard worker, a frigate contract means wages, apprenticeship opportunities, and employment. But from the standpoint of the working class internationally, the military purpose of the ship does not become progressive because workers received wages for constructing it. The contradiction is therefore real. A working-class alternative cannot simply demand that military shipyards close and leave workers unemployed. But neither can it accept the argument that workers must support British naval power because their livelihoods depend upon it. The productive facilities could produce other socially necessary goods. The decisive problem is control over production.

8. Wales: military technology and the dispersed supply chain

Wales does not contain military-industrial concentrations on the same scale as Barrow or the Clyde, but Welsh workers are integrated into British defense through aerospace, electronics, maintenance, training, cybertechnology, manufacturing, and supply chains.

This illustrates a broader feature of contemporary militarization. A worker does not need to work in a factory marked “arms manufacturer” to contribute to military production. A company making sensors, electronic components, advanced materials, software, precision engineering products, or communications equipment can participate simultaneously in civilian and military markets. Dual-use production therefore expands the social basis of militarization while making it less visible.

9. Northern Ireland: aerospace, missiles, and the problem of national divisions

Northern Ireland provides another important example. Aerospace and defense production around Belfast forms part of multinational production chains. Workers there enter the same global industrial networks as workers in Britain, Ireland, continental Europe, and North America. Yet political life remains strongly structured around British and Irish national identities.

From a working-class standpoint, both frameworks obscure the material relationship. A Protestant aerospace worker and a Catholic aerospace worker sell their labor power under the same capitalist relations. Their interests are not determined by whether Northern Ireland should remain British or become part of a united Ireland. Nor do their class interests coincide with those of British or Irish capital.

Militarization strengthens the need to break with both national frameworks because workers can otherwise be mobilized behind competing states and national projects.

10. The munitions program changes the meaning of industrial capacity

The commitment to build at least six new energetics and munitions factories by 2030 deserves particular attention. The Strategic Defence Review originally called for an “always on” munitions capability that could rapidly increase output during a crisis or war. [6] The 2026 Defence Investment Plan expanded this ambition.

The government now plans £11 billion for munitions and weapons, explicitly seeking larger stockpiles and greater national production capacity. [7] An “always on” arms industry means that peacetime production is deliberately organized so that it can be accelerated during war. Factories therefore become reserve military capacity. So do their workers.

This changes the relationship between labor policy and military planning. The state does not merely need workers today. It needs a workforce whose skills, training, supply chains, and workplaces can be mobilized rapidly tomorrow.

11. Artificial intelligence and the militarization of technical labor

The British buildup is not primarily a return to the industrial warfare of 1914 or 1939. Artificial intelligence, autonomous systems, drones, digital targeting, cyberwarfare, space systems, and electronic warfare occupy central positions. The government has allocated nearly £2 billion to a Digital Targeting Web and substantial sums to AI and autonomous military systems. [7] This means militarization reaches deeply into occupations often considered civilian:

  • software engineering;

  • data analysis;

  • robotics;

  • telecommunications;

  • university research;

  • electronics;

  • cybersecurity;

  • artificial intelligence.

Technical workers therefore acquire growing strategic importance. The same programmer whose skills can improve health systems or transport networks can develop military targeting software. The same university laboratory can conduct civilian research or receive defense funding.

Militarization is increasingly embedded in the ordinary circulation of knowledge and labor.

12. Health care: social crisis and military necessity

The continuing struggle of resident doctors exposes another contradiction. Workers are told that NHS resources are limited and that pay restoration must remain financially constrained. Yet military planning recognizes that medical capacity is indispensable to war. The Strategic Defence Review called for rebuilding Defence Medical Services and explicitly demanded cooperation with the Department of Health and Social Care so military personnel can be supported “in peacetime and in war.”[6]

A major conflict would inevitably require civilian hospitals, doctors, nurses, transport, pharmaceuticals, blood supplies, and emergency infrastructure. The same health workers who experience understaffing and wage pressure in everyday capitalism become strategically indispensable once the state prepares for war. This contradiction should not be reduced to “NHS versus defense.” It reveals something deeper: health care is part of the material infrastructure upon which the entire society, including its military apparatus, depends.

13. Universities: austerity in one part, military demand in another

The university crisis makes the same contradiction visible from another direction. In 2026, universities across Britain announced redundancies, departmental closures, and restructuring. Employees at Edinburgh, Dundee, Nottingham, and elsewhere responded with industrial action. [5] Yet the war economy requires precisely the scientific and technical capacities concentrated in universities:

  • engineering;

  • AI;

  • cybersecurity;

  • nuclear science;

  • aerospace;

  • robotics;

  • advanced materials;

  • quantum technology.

The problem is therefore not simply that education receives too little while defense receives too much. The university itself is increasingly divided between fields considered economically or strategically useful and activities subjected to retrenchment. Military demand can become one mechanism through which research and education are reorganized. The result is a subtler form of militarization: not soldiers entering universities, but military priorities entering research funding, technological development, and career structures.

14. The unions occupy a seemingly contradictory position

The British case makes the union question unusually clear because the government’s own Strategic Defence Review explicitly includes trade unions and their members among the forces necessary to increase military-industrial productivity. [6] This is not accidental.

  • The state needs unions because military expansion requires labor stability.

  • Workers must be recruited.

  • Skills must be developed.

  • Production schedules must increase.

  • Workplace disputes must be negotiated.

  • Productivity must rise.

The union apparatus has therefore become an intermediary between workers and the war economy. This does not mean union members or workplace militants support militarization. Nor does it mean all union leaderships adopt the same position.

In 2026, UCU and sections of other unions explicitly opposed increased military spending. UCU promoted a “wages not weapons” position at the Trades Union Congress, while several unions participated in antiwar initiatives. [8] However, this doesn’t represent a genuine opposition to militarism because the structural problem of militarization remains. Other unions and sections of the same labor movement support defense contracts because they provide employment.

  • A shipbuilding union can demand more naval orders.

  • An aerospace union can defend military contracts.

  • A manufacturing union can call for weapons to be produced domestically rather than imported.

The apparent worker interest then becomes: British weapons built by British workers. This converts employment protection into economic nationalism.

15. “Jobs in defense” can bind workers to the state

The government understands the political importance of employment. That is why almost every major defense announcement emphasizes “British jobs.” This argument can be powerful. Workers cannot live from abstract promises of future social transformation. They need wages now.

But the conclusion that workers must therefore support military production does not follow. If a factory can manufacture missile components, it possesses machinery, skilled labor, engineering knowledge, energy, and organizational capacity. Those productive forces could be used differently. The problem is capitalist ownership and state priorities. Workers should therefore oppose both alternatives imposed upon them: redundancy or weapons production.

The demand should instead be: no layoffs, no wage cuts, and collective worker control over conversion toward socially useful production.

16. Rearmament and social cuts: a real connection, but not simple bookkeeping

The 2026 Defence Investment Plan provides an unusually concrete example of the financial connection. The government’s own funding explanation includes reductions in departmental capital budgets and additional savings from transport and energy budgets as elements financing the £15 billion increase in defense investment. [1]

This makes it impossible to claim that military expansion exists in a completely separate fiscal universe. But the relationship should still not be reduced to one-for-one accounting. Military spending can also be financed through borrowing, taxation, asset sales, economic growth, or future reductions. The deeper issue is political priority.

The state is protecting and expanding military expenditure while workers in local government, universities, health care, and other sectors are told that resources are limited. The state thereby decides which forms of social labor must expand and which must contract.

17. The Labour government does not represent a working-class alternative to militarization

The militarization program is being implemented by a Labour government. That fact has particular historical importance in Britain because of Labour’s institutional relationship with the trade unions. But government by a party historically connected with organized labor does not change the capitalist function of the state. The government must administer:

  • state finances;

  • capital accumulation;

  • international competitiveness;

  • military alliances;

  • industrial strategy;

  • the armed forces;

  • and Britain’s position in the world system.

Consequently, it confronts workers as an employer, budget authority, and organizer of national capital. The disputes with doctors, local-government workers, university staff, and other workers demonstrate this concretely. The issue is not that Labour has betrayed an otherwise naturally working-class state. The state remains an organ for administering capitalist society regardless of which parliamentary party forms the government.

18. The British working class possesses enormous potential power

The development of the war economy nevertheless creates a contradiction for the state. The more integrated military preparation becomes, the more dependent it becomes on workers who remain outside the armed forces.

  • Dockworkers can interrupt logistics.

  • Rail workers can interrupt transport.

  • Engineers can interrupt maintenance.

  • Aerospace workers can interrupt aircraft production.

  • Shipyard workers can interrupt naval construction.

  • Software workers can interrupt digital systems.

  • Health workers can interrupt medical capacity.

  • Energy workers can interrupt the power supply.

This does not mean every strike automatically becomes antiwar. It means that workers’ material position gives them potential power over the infrastructure of militarization. The problem is that this power remains fragmented.

19. From union-controlled disputes to workers controlling their own struggles

The central question is therefore that of organization. A strike confined to one bargaining unit normally remains a dispute over the price and conditions of labor power. It can win improvements. But it leaves the broader organization of production untouched.

A different dynamic can emerge when workers begin to control struggles through general assemblies open to all workers involved. Such assemblies can:

  • determine demands;

  • decide strike action;

  • elect delegates with explicit mandates;

  • recall those delegates;

  • control negotiations;

  • send direct delegations to other workplaces;

  • contact suppliers;

  • and establish links across industries and national borders.

This is fundamentally different from asking union executives to coordinate more effectively. The center of decision moves toward the workers themselves.

20. The international production chain is the natural terrain for extension

British military industry is not really national.

  • Airbus connects Britain with France, Germany, Spain, and other countries.

  • MBDA links British, French, Italian, German, and Spanish capital.

  • The F-35 program connects British production to the United States and a multinational supplier network.

  • Naval, aerospace, electronics, and nuclear production depend upon international supply chains.

Capital coordinates internationally every day. Workers organized by unions are normally kept within national collective bargaining systems. That asymmetry strengthens capital. If British aerospace workers struggle, the logical extension is therefore not simply another British union campaign. They can establish direct contact with workers producing the same systems elsewhere. Common demands over wages, working time, layoffs, production pressure, and workplace control can create practical internationalism before workers agree on every political question.

Conclusion: The state integrates the war economy; workers must integrate their struggles

Britain in 2026 reveals a double movement.

  • Workers remain divided into thousands of bargaining units, employers, sectors, unions, and regional administrations.

The state, meanwhile, increasingly integrates:

  • industry;

  • transport;

  • health;

  • science;

  • artificial intelligence;

  • energy;

  • skills;

  • trade unions;

  • infrastructure;

  • and labor power

  • into preparations for war.

The state already understands the material unity of social production. The working class has yet to organize on the same level. The decisive development would therefore not simply be a larger antiwar demonstration or a parliamentary demand for lower military spending. It would be workers beginning to connect their immediate struggles themselves.

The resident doctor fighting pay erosion, the university worker resisting redundancy, the council worker defending wages, the Barrow shipbuilder, the Clyde shipyard worker, the aerospace worker, and the railway worker occupy different workplaces. But they participate in one interconnected system of social production.

Militarization makes that connection more visible. The alternative is neither a more peaceful British capitalism nor an independent European military policy. It is the development of workers’ own organization across workplaces, industries, regions, and borders — capable ultimately of deciding collectively what society produces, how it produces it, and for whose needs.

M.O. 30-9-2026

Appendix

Aurora: Internationalism Is Not Enough — The Missing Bridge Between Class Struggle and Workers’ Power

The August 2026 issue of Aurora, published by the Communist Workers’ Organisation (CWO), deserves a different kind of criticism from reformist or left-nationalist publications.

Its principal article, “The World May Be on Fire… But There Is An Alternative,” rejects support for capitalist states, identifies contemporary wars as imperialist conflicts, locates the alternative in the international working class, and explicitly calls for greater class unity and self-organization. [A1] These are important points of agreement.

The problem is not that Aurora chooses the wrong imperialist camp. It does not. The problem lies in the gap between its general revolutionary conclusions and the concrete development of workers’ struggle.

1. Aurora correctly rejects all imperialist camps

The strongest part of the argument is its internationalism. The wars in Ukraine, Iran, Palestine, Lebanon, Sudan, Congo, Myanmar, and elsewhere are not presented as separate moral tragedies requiring workers to select the “better” state. They are understood within a capitalist world increasingly characterized by interstate competition and war. [A1] That distinguishes the CWO from much of the bourgeois left.

It does not present Russia or China as progressive counterweights to American imperialism. Nor does it defend NATO, Britain, or European rearmament.

For proletarian internationalism this is indispensable. Workers have no national state to defend.

2. But the US-China framework risks becoming too schematic

The article identifies the struggle for world supremacy between the United States and China as lying “at the root” of many contemporary conflicts. [A1] There is substantial truth here.

The US-China relationship has become the central long-term axis of global interstate competition. But this formulation can become too schematic if other powers are interpreted primarily through that bipolar structure. Russia pursues interests that are not reducible to Chinese policy. Iran has its own regional interests. Turkey, Saudi Arabia, India, the European powers, Israel, and other states maneuver according to their own accumulation, security, and regional requirements. The international system is therefore not simply two coherent imperialist camps moving mechanically toward confrontation.

Capitalist internationalization and interstate rivalry create shifting alignments, temporary agreements, contradictory dependencies, and conflicts inside supposed blocs.

For workers, this matters because a predetermined two-camp schema can obscure the actual development of imperialist relations.

3. Crisis should not become a predetermined theory of collapse

Aurora argues that capitalism has moved from expedient to expedient since the end of the postwar boom and has failed to restore the profitability capable of producing another comparable economic boom. [A1] Again, there is a real problem being identified.

But there is a danger in turning long-term capitalist difficulties into a predetermined trajectory toward terminal crisis and generalized war. Capitalism does not need to be historically healthy to continue accumulating.

  • It can restructure.

  • It can destroy capital.

  • It can shift production geographically.

  • It can introduce new technologies.

  • It can intensify exploitation.

  • It can create new industries while destroying old ones.

The development of China itself demonstrates the enormous geographical transformations possible within world accumulation. The alternative to theories of capitalist stability is therefore not a theory of inevitable collapse. A more concrete analysis must follow:

  • uneven accumulation;

  • uneven profitability;

  • uneven productivity;

  • financial structures;

  • internationalization of capital;

  • technological change;

  • state competition;

  • and above all the changing relationship between capital and wage labor.

Generalized war is a real possibility. It should not become the predetermined destination to which every development is made to point.

4. The working class appears at the end of the analysis

The article’s final section correctly states that the working class holds the key to a different society. [A1] But this creates a structural problem in the argument. Much of the preceding analysis concerns states, wars, ruling classes, economic crisis, and geopolitical competition. The working class then enters primarily as the solution. Yet the working class is already an active element inside the development being analyzed.

  • Workers produce weapons.

  • Workers operate ports.

  • Workers maintain railways.

  • Workers write software.

  • Workers build submarines.

  • Workers staff hospitals.

  • Workers resist speedup.

  • Workers fight layoffs.

  • Workers strike over wages.

  • Workers migrate.

  • Workers refuse military service.

Workers’ behavior is therefore not merely a future answer to capitalist crisis. It is one of the forces shaping capitalism now.

5. “The working class must take matters into its own hands” is correct but insufficient

Aurora says that workers must take matters into their own hands. It refers positively to strikes, protests, resistance to conscription, class unity, and self-organization. [A1] But what does this mean inside an actual workplace conflict? Suppose workers at an aerospace factory strike against worsening conditions. (See Lessons of the Airbus Spain strike of 2026)

  • Should they wait for the union to extend the strike?

  • Should revolutionaries demand that union leaders organize solidarity?

  • Should workers elect their own strike committee?

  • Should an assembly be open to nonunion workers?

  • Should delegates receive binding mandates?

  • Should they be recallable?

  • Should workers directly approach suppliers?

  • Should they contact workers at the same company abroad?

These are not secondary organizational details.

They concern the actual process through which the working class can become an independent social force.

6. Self-organization must be defined concretely

Workers’ self-organization does not simply mean workers becoming militant. Nor does it mean supporting a more radical union faction. It means workers themselves becoming the decision-making center of the struggle. A general assembly open to all workers involved can decide:

  • the demands;

  • the methods of struggle;

  • whether negotiations occur;

  • who conducts them;

  • what mandate negotiators possess;

  • whether an agreement is accepted;

  • and whether the struggle should extend.

Delegates can be elected for specific tasks and recalled immediately when they cease to carry out their mandate. This creates a fundamentally different relationship from permanent representation. The distinction is crucial because communist politics is not merely about what workers demand. It is about workers developing the capacity to decide collectively.

7. The British war economy provides concrete opportunities to develop this argument

The CWO is operating in a country where the government itself now says that trade unions and their members are necessary to increase defense-industry productivity. [6] This should be a central subject for revolutionary intervention. The British state is integrating workers into war preparation not mainly through patriotic speeches but through employment.

  • More submarine jobs.

  • More aerospace jobs.

  • More apprenticeships.

  • More steel orders.

  • More munitions factories.

  • More engineering careers.

The ideology of militarization therefore appears materially as: your job depends on defense. A revolutionary response cannot remain at the level of: workers have no country. It must confront the immediate material contradiction. What should workers do when refusing military production appears to threaten their employment? The answer must include opposition to layoffs and wage cuts combined with workers’ control over conversion toward socially useful production. Otherwise internationalism remains politically correct but practically abstract.

8. The unions should be analyzed through their state function, not by their ‘betrayals’

The ICT has long criticized trade unionism. But the British situation allows a more precise explanation. The problem is not simply that union leaders betray workers. The government’s own defense strategy shows why unions are useful to capital.

  • They organize labor.

  • They negotiate productivity.

  • They manage disputes.

  • They participate in training.

  • They negotiate restructuring.

  • They can defend national industrial employment.

  • They therefore help integrate workers into military-industrial policy even while bargaining for better wages.

This is particularly clear when unions demand that military contracts remain in Britain to protect “British jobs.” The national interest of British industry then becomes identified with the interests of British workers. That is precisely the identification proletarian internationalism must break.

9. But anti-union criticism is not enough either

Workers do not become autonomous merely by distrusting union officials. Nor does forming a new “rank-and-file” organization automatically solve the problem. A permanent alternative organization can itself become another representative apparatus. The decisive criterion is different: Where does decision-making power reside?

If it resides in assemblies of the workers themselves, organizations and political minorities can propose, argue, and participate.

If it resides in a permanent apparatus — official or unofficial, moderate or radical — workers remain represented rather than self-organized.

This distinction should be central to revolutionary intervention.

10. The question of revolutionary organization remains unresolved

Here a deeper difference with the ICT emerges. The ICT considers the construction of an international revolutionary political organization indispensable. There is substantial agreement that communist minorities are necessary. Workers’ struggles do not automatically generate a complete understanding of capitalism, imperialism, the state, or communist transformation. Communist organizations have important tasks:

  • analyzing capitalism;

  • preserving historical experience;

  • criticizing nationalism;

  • defending proletarian internationalism;

  • intervening in struggles;

  • connecting experiences internationally;

  • and arguing for workers’ self-organization.

The disagreement begins when political organization is assigned the task of providing the political leadership through which the class becomes capable of taking power. This can reintroduce, at another level, precisely the separation between leaders and led that self-organization is supposed to overcome.

11. Communist organizations cannot manufacture class consciousness

Aurora says that the more people who are politically prepared for revolution, the sooner the working class as a whole will be able to abolish capitalism. [A1] There is truth in this. Revolutionary minorities can accelerate clarification. But proletarian consciousness is not primarily a body of correct ideas transferred from revolutionaries to workers. It develops through the interaction of:

  • workers’ position in capitalist production;

  • their everyday experience;

  • bourgeois ideology;

  • collective struggle;

  • discussion;

  • organization;

  • defeats;

  • victories;

  • and the intervention of communist minorities.

Workers change their understanding while changing their own activity. This is why independent struggle is not simply a vehicle for spreading communist ideas. It is itself a process through which consciousness can change.

12. The decisive test comes when workers reject the communists’ proposal

The difference between political contribution and political leadership becomes clearest when workers disagree with revolutionaries. Suppose a general assembly decides to end a strike. Communists believe this is a mistake. What happens?

  • They should argue against the decision.

  • They should explain the consequences.

  • They should attempt to persuade other workers.

But if the assembly maintains its decision, the communists cannot claim a higher authority derived from their program. The class can only emancipate itself through its own experience. That necessarily includes mistakes. An organization that reserves to itself a superior right to determine the political direction of workers ultimately substitutes itself for the class.

13. From workplace assemblies to workers’ councils

The relationship between immediate struggles and revolution therefore deserves much more attention than Aurora gives it.

  • Workers do not jump directly from isolated strikes to world revolution.

  • The movement can develop through extension.

  • An assembly at one workplace sends delegates to another.

  • Workers discover common demands.

  • Delegates meet across enterprises.

  • Strike committees coordinate across sectors.

Local coordinating bodies emerge. These bodies can eventually confront questions extending beyond wages:

  • transport;

  • food;

  • energy;

  • health;

  • production;

  • distribution;

  • public order.

At that point organs originally created for struggle can begin assuming social functions. The distinction between a strike committee and a workers’ council is therefore not simply organizational size. It concerns the widening content of workers’ collective decision-making.

14. War preparation makes this development especially important

The British state is already integrating civilian society for possible war. It is connecting military production, health care, AI, ports, industry, unions, infrastructure, and research. Workers can oppose this effectively only by developing connections across precisely those same divisions.

  • A munitions worker alone cannot stop militarization.

  • A doctor alone cannot.

  • A railway worker alone cannot.

But workers who begin connecting these struggles can discover that they collectively operate the material system upon which both capital accumulation and military power depend. This is where opposition to war can grow organically from class struggle.

15. Antiwar politics should not be separated from immediate struggles

A common weakness of antiwar politics is that workers are approached first as citizens who should adopt an antiwar position. A communist intervention should begin from their material position as workers.

  • A railway worker fighting staffing cuts already confronts the organization of transport.

  • A health worker fighting understaffing already confronts the allocation of medical capacity.

  • An aerospace worker fighting speedup already confronts the organization of strategic production.

  • A university worker fighting redundancies already confronts decisions about knowledge and research.

The connection to militarization can emerge from those struggles themselves. The question becomes: Why are workers told that their immediate needs are unaffordable while their collective labor is increasingly reorganized for war? And eventually: Why should capital and the state decide what our labor is used for at all?

16. Internationalism becomes practical through production chains

Aurora correctly insists that the working class is global. [A1] But global class unity becomes materially meaningful when workers establish direct connections.

  • A British Airbus worker and a Spanish Airbus worker share an employer.

  • British and French MBDA workers participate in the same missile-production system.

  • Dockworkers in different countries move the same commodities.

  • Rail workers transport components belonging to international production chains.

  • Internationalism therefore need not begin with agreement on a revolutionary platform.

  • Workers can establish direct relations around concrete struggles.

This practical experience can undermine nationalism more effectively than propaganda alone.

17. The goal is not a revolutionary minority organization acting for the class

The contribution of revolutionary organizations remains indispensable. But their success should ultimately be measured by something paradoxical: the degree to which workers become capable of acting without being led by them.

  • Communists can clarify.

  • They can warn.

  • They can connect experiences.

  • They can defend internationalism when nationalism becomes popular.

  • They can preserve historical lessons when struggles decline.

But the organization cannot become the political command center of the proletariat. The working class must itself become the conscious subject of communist transformation.

Conclusion to the Appendix

The August 2026 Aurora starts from essential positions:

  • capitalism generates imperialist conflict;

  • workers have no capitalist camp to support;

  • the working class is international;

  • capitalism cannot be abolished through parliamentary reform;

  • class unity and self-organization are necessary.

The weakness lies not principally in these conclusions but in the missing intermediate movement. How does a fragmented class become capable of acting independently? The answer cannot simply be:

  • through more strikes;

  • through a larger revolutionary organization;

  • or through the arrival of a sufficiently deep capitalist crisis.

It develops when workers begin to transform their own activity:

  • from following negotiations to controlling them;

  • from union ballots to collective assemblies;

  • from permanent representatives to mandated and recallable delegates;

  • from isolated workplaces to direct delegations;

  • from national bargaining to international workplace connections;

  • from demanding control over wages to questioning control over production;

  • and eventually from managing struggles to managing social production itself.

The British state is already integrating society in preparation for war. It links factories, universities, hospitals, ports, technology, infrastructure, and workers into one strategic system. The revolutionary answer must therefore be equally concrete. Not simply: “No war but the class war.” But: workers themselves organizing the class struggle through which the power to make war can be taken out of the hands of every capitalist state.

Sources

[1] UK Ministry of Defence and HM Treasury, The Defence Investment Plan, June 30, 2026. The plan provides £298 billion over four years; the accompanying funding explanation details the projected MOD budgets and the government’s NATO spending trajectory.
Defence Investment Plan
Defence Investment Plan funding explanation

[2] Office for National Statistics, Workplace disputes and working conditions, data released September 15, 2026. July 2026: 63 stoppages and 34,000 working days lost.
ONS workplace disputes data

[3] Reuters, June 13, 2026, on the resident-doctor dispute in England and suspension of planned strike action for a membership vote.

[4] UNISON, Council and school staff begin vote on pay strikes, July 9, 2026. Nearly 200,000 local-government and school workers in England and Wales were balloted following rejection of a 3.3 percent offer.
UNISON report on the local-government ballot

[5] The Guardian, September 30, 2026, on university strikes and restructuring at Edinburgh, Dundee, Nottingham, and elsewhere.

[6] UK Government, Strategic Defence Review 2025 — Making Britain Safer: secure at home, strong abroad. Particularly relevant are the sections on “warfighting readiness,” munitions capacity, Defence Medical Services, dual-use technology, industry, private investment, and the explicit role assigned to trade unions and their members in raising industrial productivity.
Strategic Defence Review 2025

[7] UK Government, £15 billion new funding boost to transform Armed Forces and keep the UK safe, June 30, 2026. Details include the drone program, Digital Targeting Web, munitions expenditure, AI, missile defense, new factories, and employment projections.
UK government announcement on the additional £15 billion

[8] Tribune, September 2026, interview with UCU General Secretary Jo Grady on the union’s “wages not weapons” initiative and attempts by several unions to oppose increased militarization. This is useful evidence of divisions within trade unions and should not be treated as evidence that the institutional union problem has disappeared.

[A1] Communist Workers’ Organisation / Internationalist Communist Tendency, Aurora, August 2026, No. 76. The central article is “The World May Be on Fire… But There Is An Alternative.” Aurora describes itself as the ICT broadsheet intended for intervention among workers.
Aurora August 2026 issue
The World May Be on Fire… But There Is An Alternative

 

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Courriel : LeftWingCommunism@protonmail.com

 

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