/ Guerre de Classe / A
l’heure où toutes les pleureuses du néo-campisme
crypto-étatique entonnent leur sempiternel youyou pour célébrer
le mythe frelaté de la « Révolution du Rojava »,
attaquée par le gouvernement central de Damas (une énième
version de « La Patrie [libertaire] en Danger » !?)
dans un vulgaire règlement de comptes entre fractions
bourgeoises, deux textes courageux ont été publiés récemment,
et qui se situent clairement en porte-à-faux de cette macabre
imposture. C’est donc avec joie que nous les republions sur
notre blog, où le lecteur intéressé par le développement de
cette critique essentielle du nationalisme de gauche et du projet
de réforme du capitalisme pourra trouver d’importantes
contributions accumulées depuis 2014.
A titre d’exemple,
voici par exemple ce que nous publiions déjà à l’époque :
L’histoire des luttes
de classe foisonne d’une multitude d’impostures ; une des
dernières en date, après l’imposture sandiniste au Nicaragua,
étant celle qui sévit depuis une vingtaine d’années et qui
agite le bocal du petit milieu gauchiste et altermondialiste en
mal d’exotisme, nous voulons parler de l’imposture zapatiste
au Chiapas. D’autres impostures très célèbres jalonnent notre
histoire, impostures creusées dans notre chair, la chair de nos
frères et sœurs révolutionnaires qui sont tombés sous les
coups des exploiteurs et de leurs sbires, impostures édifiées
sur la répression de nos mouvements de lutte, de nos tentatives
d’abolition de l’état des choses existant, de l’ordre
actuel, de l’ordre capitaliste.
Ils n’étaient en
effet pas lourds dans les années 1920 à dénoncer l’imposture
du « paradis socialiste », le mythe de la « patrie
du prolétariat », le « mensonge déconcertant »
du « socialisme dans un seul pays », de « l’avenir
radieux » et de « la société harmonieuse » ;
il y eut peu d’Otto Rühle et de KAPD pour dénoncer toute cette
mascarade. C’est par convois entiers que d’imposantes
délégations d’intellectuels, de journalistes, de cadres
militants, de syndicalistes débarquèrent en URSS pour voir de
leurs yeux vus toute cette « beauté », puis
repartirent chanter les louanges de ce nouveau « régime
révolutionnaire ».
Puis ce furent la
Chine, l’Albanie, le Vietnam, Cuba… qui servirent de modèle à
des générations d’idiots utiles qui crurent qu’un simple
ravalement de façade en rouge suffirait à faire disparaître la
misère et l’exploitation. Il n’y a pas de pire aveugle, de
pire sourd que celui qui ne veut pas voir, ne pas entendre. Il n’y
a pas de pire social-démocrate, et donc de partisan de l’ordre
capitaliste, que celui qui considère de simples réformes (toutes
« radicales » qu’elles puissent apparaître) comme
l’essence d’un processus révolutionnaire qui devra en fait
transformer la société et l’être humain de fond en comble sur
les ruines du monde ancien, du monde de la valeur, de la
marchandise, du travail salarié et de l’argent.
Si nous mettons
l’accent sur toutes ces impostures qui ont vidé la substance
subversive des mouvements réels de lutte de notre classe, nous
tenons évidemment à ne pas amalgamer ces derniers avec les
structurations idéologiques qui parlent en leur nom, qui
prétendent les représenter, mais qui en dernière instance n’ont
d’autre souci que de les encadrer, de les récupérer et donc de
les liquider. Nous ne confondons pas le mouvement social connu
sous le nom de la « Commune de Paris » et le
gouvernement qui prit le même nom, nous ne confondons pas non
plus le processus révolutionnaire qui se développa durant la
vague de lutte des années 1917-21 en Russie, en Ukraine, en
Allemagne, en Hongrie, etc. avec les différents partis et
syndicats sociaux-démocrates, libertaires, bolcheviks ou autres,
bref tous ces partis bourgeois à destination du prolétariat, qui
n’ont eu de cesse que de renforcer et d’élargir les limites
et les faiblesses de nos luttes. De la même façon, et sans pour
autant considérer toutes ces luttes de notre classe comme étant
d’une importance égale et comparable, nous ne confondons pas
l’EZLN avec la lutte des prolétaires agricoles au Mexique, ni
le PKK/PYD avec la lutte au Kurdistan.
Et pour terminer cette
brève introduction, citons les camarades du GARAP qui à la même
époque affirmaient ceci :
Ceux qui de nos jours
sont tentés de troquer le nécessaire effort de clarification
théorico-pratique, que notre époque exige, contre un activisme
lourd d’intolérables connivences avec la religion, le
nationalisme, le culturalisme, le post-stalinisme, sous prétexte
que tout cela respire la sueur, la poudre et le soleil, se
creusent des tombes politiques, voire des tombes tout court.
Falsificateurs du communisme, bureaucrates impitoyables, crapules
mercenaires à la solde du capitalisme, voilà bien les seules et
uniques plantes viables sur le terreau de ces combats
attrape-nigaud, qui poussent à l’ombre de « la libération
nationale », de « la religion des opprimées »,
du « socialisme du 21ème
siècle », du « communalisme » à la sauce PKK.
De Cuba au Vietnam, de la Palestine au Rojava, en passant par
Managua ou San Cristobal de las Casas, ces plantes carnivores ont
toujours su trouver leur engrais dans les foules euphoriques du
crétinisme contestataire, en mal de frémissements exotiques. A
bon entendeur…
GdC – mars 2026
Eléments
pour une autre histoire du Rojava (1) : podcast sur
l’histoire de la création du Rojava
Source
:
https://lenumerozero.info/Elements-pour-une-autre-histoire-du-Rojava-1-podcast-sur-l-histoire-de-la-7809
Pour
sortir des confusions entretenues par les lignes léninistes et
sauce-dem qui appellent « révolution » des processus
qui à notre avis n’en sont pas, nous proposons ici une série
de documents sur le Rojava. L’idée n’est pas de se
positionner dans une logique caricaturale « le Rojava c’est
incroyable/ c’est de la merde » ni de remettre en cause un
mouvement de lutte qui pourrait naitre ici. Il s’agit par contre
de tenter de reposer les termes depuis une ligne autonome pour
nourrir la réflexion sur les possibilités d’intervention. On
pense en effet que les mouvements « anti-impérialistes »
peuvent porter des potentialités révolutionnaires, mais
seulement s’ils sont résolument débarrassés de leurs carcans
étatiste et capitaliste.
A
noter : tout ce qu’on dit et partage ici sert à nourrir la
réflexion sur le Rojava et sur la question de l’intervention
dans les mouvements anti-impérialistes. On ne pense donc pas
forcément avoir absolument raison, ni que les documents qu’on
partage sont exempts de défauts ou d’angles morts. On veut
surtout proposer une matière qu’on ne voit pas beaucoup
tourner, mais qui
demande à être critiquée et complétée par les réflexions
collectives.
On part de deux
constats. D’une part, on a l’impression que les lignes
autonomes ou critiques de ce qui se passe au Rojava sont trop peu
existantes et qu’on ne sait plus bien quoi faire quand ont lieu
des massacres du capital comme celui d’HTS à l’heure
actuelle. De plus, on pense qu’il est important de réfléchir à
la question de l’intervention dans les mouvements
« anti-impérialistes » de façon générale. Il nous
semble en effet qu’ils peuvent contenir des potentialités
révolutionnaires. Mais, comme pour un mouvement social encadré
par les syndicats, l’enjeu est de trouver les propagandes et les
formes d’action permettant d’entrer en rapport de force avec
l’encadrement léniniste.
C’est dans
l’optique de participer à la recherche de ces modes
d’intervention qu’on vous propose cette « série »
sur le Rojava
Voici un podcast d’une
heure sur l’histoire de la création du Rojava, les agissements
du PKK et les dynamiques du PYD durant la révolution syrienne.
Tous les termes sont expliqués dedans, il est plutôt clair et
bien fait – malgré dix premières minutes pas ultra bien
montées.
https://spectremedia.org/podcast/guerre-revolution-et-contre-revolution-au-rojava-et-en-syrie-mythes-et-realites-1re-partie/?episode=2000
Chacun se fera son idée.
On tient à rappeler que nous concernant, appeler « révolution »
un processus qui lie une ethnie à un territoire, un parti et une
administration est se mettre du côté du problème. Tous les
indicateurs au Rojava semblent clairs pour indiquer qu’il s’agit
d’une révolution bourgeoise, en vue de la construction d’un
Etat-Nation. Un Etat Nation « de gauche »,
démocratique au possible et même « sans Etat »
d’après les membres du PYD eux-mêmes… Bon. Les dernières
inventions rhétoriques ne manquent pas de panache. Dans tous les
cas, c’est un Etat quand même.
Nous ne voulons pas
mettre un signe égal entre le Rojava et HTS, entendons-nous bien,
de même qu’on n’en mettrait pas entre Mélenchon et Le Pen,
mais nous voulons rappeler malgré tout une évidence : la
démocratie de gauche reste une horreur, basée sur
l’exploitation. Si nous tenons à nous emparer de la situation,
ne serait-ce que parce qu’il est possible que des luttes pour ça
se développent ici, et si nous voulons affirmer une ligne
révolutionnaire contre les massacres en cours, cela ne peut se
faire qu’en prenant en compte que les habitants du Rojava sont
non seulement victimes de HTS mais de leur propre bourgeoisie
« révolutionnaire ».Tout comme les gazaouis sont à
la fois victimes de l’Etat génocidaire et colonial d’Israël
et de la bourgeoisie du Hamas : l’impérialisme et le
colonialisme n’empêchent pas l’oppression et l’exploitation
en interne, point important que les concepts comme
« l’anti-impérialisme » tendent à évacuer ou à
mettre au second plan répétitivement.
Au-delà de la question
de la ligne idéologique, dont on pourrait nous dire qu’on s’en
care vu l’urgence de la situation, tout ça a des conséquences
en termes d’action. Il n’est en effet pas du tout pareil de
« construire un mouvement de solidarité pour faire pression
sur les Etats » et de « récolter des fonds pour la
révolution – aka l’organe politico-militaire du PYD » ;
ou de construire la lutte prolétarienne directement contre
ce qui fait le malheur de nos frères et sœurs de classe : à
savoir l’existence d’HTS en premier lieu et du Rojava en
second lieu – et donc, par extension, l’existence de tous les
Etats et capitaux ayant des intérêts dans la région. Un cas
pousse à se placer sous l’égide des « bonnes
bourgeoisies » qui voudront bien intervenir et avancer leurs
propres pions, l’autre consiste à s’opposer à toutes les
bourgeoisies, en tant qu’elles vont refuser le blocage de la
production de la guerre et des profits – économiques ou
politiques – qui vont avec.
Notons qu’on ne nie
pas que la situation est complexe. Oui, le projet étatiste du
Rojava est en train d’être attaqué par HTS qui ne compte pas
laisser une partie des ressources et de la plus-value potentielle
de son territoire à une autre bourgeoisie. Dans cette affaire,
des prolétaires souffrent et meurent, et il est à parier que les
Kurdes n’ont pas grand-chose à espérer sinon une nouvelle
racisation-prolétarisation accrue au sein de la Syrie d’Ahmed
Al-Sharaa, sans parler du patriarcat dont les formes y seront sans
aucun doute bien plus violentes. De même, on ne nie pas non plus
que la situation avant la révolution Syrienne y était difficile
et oppressive à bien des égards. Enfin, l’organisation
patriarcale des tribus avant la « révolution »
rojavienne est un point souvent évoqué par les soutiens au
Rojava, qu’on ne peut pas laisser de côté.
Tout cela doit prendre
le temps d’un développement. Mais ce qui nous pose problème
est que ce développement devient toujours chez les Léninistes la
défense absolue du projet étatiste le « moins pire »,
et que ce projet s’appelle chez eux révolution ou socialisme.
De notre côté, on affirme que si le fascisme, la démocratie et
le léninisme ne se valent pas, ils font tous partie du problème :
le projet le plus démocratique et le plus multiethnique, s’il
est capitaliste, nourrit le racisme et le patriarcat. On trouve
aussi que l’exploitation et l’étatisme sont trop rapidement
évacués par les défenseurs du Rojava, comme si ce n’étaient
pas des points fondamentaux de l’oppression. On voudrait que la
complexité et l’horreur de la situation puissent être abordées
depuis des bases prolétariennes et anti-autoritaires, au lieu que
la réflexion ne puisse s’incarner que dans le soutien sans
faille au PYD.
Que faire ?
Pendant le peu de temps
qu’a duré l’intérêt des médias pour Gaza, la mise à mal
de la machine de mort israélienne s’est faite via
l’organisation directe de la classe à travers la planète. Si
les actions tentées étaient dans leur ensemble extrêmement
diverses, plusieurs ont porté les marqueurs d’une ligne
prolétarienne réelle. Les blocus de dockers en Italie ou les
boycotts à l’échelle internationale, par exemple, ont été
des exemples fondamentaux. Il nous semble à cet égard que le
mouvement de lutte en solidarité avec le prolétariat palestinien
contenait dans
ses formes,
sinon dans sa force et son intensité, une potentialité
révolutionnaire à l’échelle mondiale. En effet, les actions
portées contre la production du génocide n’auraient pu
qu’aller vers une chose, la seule dont la conséquence puisse
être l’arrêt de la machine de mort : le démantèlement
de l’Etat d’Israël, dont l’économie est indissociable de
sa situation coloniale. Or ce démantèlement ne peut arriver
seul : pour avoir lieu, il implique dans le processus la
destruction des diverses bourgeoisies et de leurs Etats, puisque
les populations doivent pour arriver au but vaincre les intérêts
de leurs propres maîtres. La machine génocidaire a en effet des
intérêts partout, et il est évident pour celles et eux qui
luttent qu’il ne s’agit pas non plus de permettre à un autre
impérialisme de mettre en route ses propres massacres.
L’antiétatisme, au-delà d’une ligne, est donc la pratique
qui découle de la lutte contre l’impérialisme, quand l’action
de classe s’approfondit.
Globalement, cela est
vrai partout : tout pays ayant atteint une puissance
suffisamment importante pour s’engager dans une phase
impérialiste ou coloniale sans être arrêté par d’autres
États – qu’ils n’en aient pas la force ou pas les intérêts
– ne peut être arrêté que par la révolution mondiale. Les
situations impérialistes font ainsi émerger la logique
capitaliste et sa seule alternative de façon nue :
communisme-anarchisme ou barbarie, démantèlement des Etats ou
génocides et colonisation, destruction de l’exploitation ou
destruction des prolétaires dans le fascisme et les guerres
bourgeoises. C’est pourquoi, dans le temps même où elles
émergent et agissent, ces situations impérialistes portent en
elles la possibilité de leur destruction définitive. Le
prolétariat ne s’y trompe pas quand il affirme par les actes
que la seule forme de solidarité possible est la lutte contre la
production du capital.
Face à l’horreur
actuelle, il apparaît que nous sommes nombreux à travers le
monde à espérer un regain de puissance de la lutte contre
l’impérialisme : la question de savoir comment ces
mouvements naissent, et quel peut être là-dedans le rôle des
militants anti-autoritaires, est évidemment au cœur de nos
préoccupations. En effet, si on ne veut pas donner à l’autonomie
plus d’importance qu’elle n’en a, on estime pour autant
qu’il est impératif de ne pas laisser le cours des choses se
faire sans y porter une action anarco-communiste.
Nous voulons faire
l’hypothèse que dans la séquence à venir, si un mouvement
devait émerger pour le Rojava ici du fait des attaques d’HTS,
il porterait potentiellement des possibilités révolutionnaires,
mais à certaines conditions seulement. Une partie de ces
conditions nous échappent. D’autres doivent pouvoir être
réfléchies en amont. Il serait notamment impératif que notre
classe décide de porter la lutte contre l’industrie de la mort
directement
et refuse toutes revendications pour une « intervention ».
De même, il faudrait pouvoir dégager des lignes clairement
anti-étatistes qui sans être caricaturales, pourraient montrer
en quoi le Rojava n’est pas plus une solution que ne l’ont été
aucun état « démocratique » ou « socialiste »
dans les mouvements tiers-mondistes du siècle dernier. Pour
essayer de le formuler clairement : l’enjeu d’un prochain
mouvement serait de savoir à quel point il peut s’engager dans
la voie de la lutte directe et autonome de la classe contre le
capital, au lieu de devoir se positionner seulement au sein de
l’affrontement – réel – entre capitalisme
libéral-réactionnaire et capitalisme social-léniniste. C’est
dans ce sens qu’une intervention militante pourrait d’après
nous trouver à faire sens : en construisant une analyse qui
parvienne a articuler de façon pertinente ligne autonome et lutte
contre l’impérialisme, et en allant de là porter la
contradiction à l’encadrement léniniste de la lutte, pour se
joindre aux désirs ou aux actions de dépassement déjà en
cours.
P.-S.
On ne savait pas trop
quoi mettre comme image… On se dit qu’on mettra sur cette
série une suite d’affiches ou photos qui font émerger d’après
nous les contradictions à l’œuvre, par exemple ici : la
représentation « anarco-étatique »,
« militaro-révolutionnaire »,
« féministe-exotisante »… La propagande poussée
là-bas comme ici est en effet assez intéressante.
Le
Rojava : Imposture d’une révolution absente et masque du
nationalisme kurde soluble dans le régime assassin d’Assad
Source :
https://www.sensationnistes.com/le-rojava-imposture-dune-revolution/
Présentation de
IAATA : on retranscrit ce texte trouvé sur un autre mutu. A
part son éloge final du conseillisme et son hommage à la
république soviétique de 1917, qui marquent un désaccord dans
nos lignes, nous le trouvons vraiment bien et même nécessaire.
C’est politiquement extrêmement important que ce genre
d’analyse parvienne à circuler dans cette période. Trop
répétitivement, les pensées léninistes utilisent nos réactions
émotionnelles aux horreurs des guerres bourgeoises pour nous
forcer à adhérer à des lignes réactionnaires. Après la
séquence post 7 octobre qui a vu les lignes d’autonomie de la
classe être silenciées, on voit aujourd’hui les boutiques
marxistes s’emparer de la « lutte pour le Rojava »,
et comme à l’époque, l’idée même d’une critique
politique dans un moment de conflit est posée comme une
ignominie. Nous pensons au contraire que l’ignominie est la mort
des prolétaires dans des guerres qui ne regardent que leurs
maîtres, et nous voulons ici crier notre rage de voir encore se
reproduire les mêmes scénarios constamment, et d’assister
impuissants aux mêmes prises de position nationalistes au sein du
milieu militant dans le moment même où ces nationalismes
révèlent leur monstruosité, comme si nous n’apprenions de
rien. Il est temps d’arrêter de se solidariser des
bourgeoisies, fermement et définitivement, pour ne plus
collaborer aux massacres de nos frères et sœurs de classe.
Solidarité, tristesse, rage avec les prolétaires du Rojava, avec
ceux de la Syrie, et avec ceux du monde entier. Vive l’autonomie,
vive la lutte prolétarienne, vivent le communisme et
l’anarchisme.
I. L’histoire
commence ici et maintenant : le Rojava comme aliénation
présente
L’histoire est une,
ici et maintenant. Cette banalité doit être réaffirmée avec
une inflexible intransigeance face à la confusion organisée sur
les concepts. Parler de « la révolution du Rojava »,
de « l’histoire kurde », de « l’expérience
démocratique syrienne » constitue déjà une falsification.
Ces histoires séparées, applaudies par les ennemis de l’histoire
— ces historiens de profession, ces gauchistes de métier, ces
idéologues du spectacle — masquent l’essentiel : dans
le Rojava, aucune transformation révolutionnaire des rapports
sociaux n’est en mouvement.
L’histoire est le jeu
de l’humanité entière et divisée. Le Rojava n’est qu’un
épisode de la division permanente de l’humanité en classes,
une nouvelle séparation déguisée en dépassement. Les classes
subalternes — prolétaires et paysans pauvres — y restent
privées du rôle dirigeant qui leur reviendrait si la révolution
sociale y était réellement en marche. Car l’histoire est une
activité présente, ou elle n’est rien.
L’enjeu réel des
événements dans le Rojava est celui de l’autonomie
administrative d’une région syrienne à majorité kurde. Point.
Tout le reste n’est qu’écran de fumée idéologique destiné
aux « belles âmes de gauche occidentales », ces
pèlerins du folklore révolutionnaire qui, après l’URSS
stalinienne, la Chine maoïste, Cuba, la Palestine et le Chiapas,
ont trouvé une nouvelle destination exotique où projeter leurs
fantasmes sans affronter la réalité de la lutte des classes dans
les métropoles impérialistes.
II. De
l’histoire au quotidien : la composition de classe révèle
l’imposture
1) La révolte
des pauvres mise hors de l’histoire
Aucun des chantres du
Rojava ne s’intéresse à la composition de classe de cette
région, ni à la caractérisation précise de son développement
économique. Cette omission n’est pas accidentelle : elle
cache que les
classes existent et se reproduisent au Rojava comme partout
ailleurs.
On y retrouve des
paysans de tous revenus, des petits-commerçants, des patrons, des
employés de l’État syrien et ceux, nouveaux, du PYD, des
enseignants, des ouvriers de la petite industrie et des
professions libérales. La grande majorité des cadres du PYD sont
avocats, enseignants, médecins ou ingénieurs diplômés. Le
premier ministre du Canton de Cizire est un « riche homme
d’affaires » syrien. La structure productive reste faible,
le caractère de la région étriqué. Deux usines seulement —
la cimenterie Lafarge de Jalabiya et le centre d’extraction
pétrolière de Rumêlan — constituent l’ensemble du
prolétariat industriel, réduit à une simple expression.
Sur cette base
subsistent d’importants restes d’organisation précapitaliste :
clans et tribus maintiennent leur système de relations sociales
fortement hiérarchisées. La prétendue « réforme
agraire » ? Dix mille hectares redistribués en octobre
2015. Une mesure dérisoire, un hochet pour endormir les enfants
et édifier les adolescents.
2) L’aliénation
triomphe dans le quotidiennisme du Rojava
Le PYD exhibe son
féminisme. Mais suffit-il de créer des bataillons féminins pour
prétendre à la fin de l’oppression de la femme par l’homme ?
Certainement pas. Le premier objectif serait de démolir de fond
en comble la structure patriarcale de la société civile et des
tribus. Une politique que le PYD se garde bien d’adopter, car il
est toujours en quête de soutiens dans la « société
traditionnelle » kurde, exactement comme Daech l’a fait
avec les tribus sunnites d’Irak et de Syrie.
Les 6 000 flics de
l’Asayish sont là pour assurer le rôle d’encadrement et de
contrôle des populations. Le noyau dur de l’État est donc bien
en place. En juin 2013, la répression d’une manifestation
anti-PYD à Amude fit 6 morts et 50 emprisonnés. En mars 2017,
une rafle massive dans les milieux de l’opposition kurde,
fermeture des sièges des opposants. À Hassaka et Qamichli, les
administrations syriennes et du PYD cohabitent parfois dans les
mêmes bâtiments. Les fonctionnaires syriens continuent d’être
payés par Damas. La population subit parfois une double
imposition.
Voilà la réalité
quotidienne de ce prétendu « au-delà de l’État-nation » !
L’aliénation s’y étend comme partout ailleurs. Le parti-État
contrôle tout et évince tout fonctionnaire qui ne lui est pas
fidèle. Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté
les violations : villages arabes rasés, déplacements forcés
de populations.
III. Le PKK :
matrice stalinienne d’une contre-révolution permanente
1) L’histoire
comme activité contre-révolutionnaire
Le PKK incarne
parfaitement ce que l’histoire révèle lorsqu’elle est
confisquée par ses ennemis. Sa matrice stalinienne explique sa
capacité aux revirements d’alliances et de programmes : du
nationalisme kurde au nationalisme grand-turc, de l’athéisme à
l’islamisme, du bellicisme au pacifisme, de l’éloge des
dictatures aux balivernes sur la démocratie participative. La
ligne rouge qui relie ces métamorphoses ? La
contre-révolution.
De 1979 à 1999, le PKK
fut l’allié d’Assad père, enrôlant des dizaines de milliers
de combattants kurdes syriens pour les persuader que la solution à
leurs problèmes en Syrie résidait dans le combat pour les Kurdes
en Turquie. Öcalan lui-même niait l’existence d’un Kurdistan
syrien, affirmant que les Kurdes en Syrie n’étaient que des
réfugiés politiques de Turquie.
Le PKK a continuellement
changé d’objectifs : d’abord un État kurde unitaire,
puis l’indépendance du seul Kurdistan turc, ensuite une modeste
autonomie administrative, et finalement, selon son 7ème Congrès
de janvier 2000, le simple maintien de la reconnaissance
linguistique déjà octroyée par la Turquie depuis 1990. Après
avoir répandu la haine entre prolétaires kurdes et turcs, le PKK
se fait champion de l’unité nationale turque, de la démocratie,
de l’État kémaliste et du projet impérialiste grand-turc.
Le PKK s’est approprié
pour des raisons d’efficacité, sous prétexte de les
structurer, les initiatives d’autodéfense villageoise contre la
violence d’État, les confisquant dans une guerre frontale pour
des objectifs contradictoires ou au rabais. Son histoire de près
de vingt ans accompagne la révolte kurde comme sa plus mauvaise
expression.
2) Le PYD :
pâle filiale du PKK, allié d’Assad, de la Russie et des USA
Depuis 2011, le PYD/PKK
est l’allié intérieur le plus constant et le plus consistant
du régime d’Assad. Ce dernier a retiré ses troupes du Rojava
dès 2012. Des opérations militaires coordonnées contre les
milices d’Alep ont été menées depuis. Les YPG n’ont
pratiquement jamais croisé le fer avec les bouchers syrien, russe
ou iranien.
En avril 2011, une
centaine de prisonniers politiques kurdes du PYD sont libérés,
le dirigeant Mohammed Salih Muslim est autorisé à rentrer
d’exil, 300 000 Kurdes retrouvent leur nationalité syrienne.
L’accord fonctionne : Assad déleste des troupes du Rojava
pour les concentrer dans la zone Damas-Alep ; le PYD empêche
un rassemblement unique de tous les Kurdes en Syrie et combat
Daech à sa place.
Mais le PYD se veut
« anti-impérialiste » ! Pourtant, il est
simultanément l’allié des USA et de la Russie. Sa force
militaire, les YPG, constitue la composante principale des Forces
démocratiques syriennes, coalition militaire voulue et reconnue
par Washington. Les YPG sont armées par les USA et entraînées
par les forces spéciales russes. En janvier 2015, Brett McGurk,
émissaire spécial de la Maison Blanche, se rend à Kobane. En
mai 2017, le Pentagone déclare considérer l’armement des YPG
comme « une nécessité ». Les USA ont déployé 250
conseillers militaires, supervisé la construction de l’aérodrome
de Rimêlan, fourni armes, munitions et véhicules blindés.
Simultanément, la
Russie développe l’aéroport de Qamichli. En janvier 2017, le
PYD est invité comme observateur à la conférence d’Astana.
Vous avez dit anti-impérialistes ?
Comme le déclare
cyniquement le commandant Cihan Kendal : « Nous
connaissons les intérêts des USA dans la région […] Ils
essayent de nous utiliser, nous le savons et nous essayons d’en
tirer parti. Avec les USA, on se combat idéologiquement mais nous
coopérons sur le terrain. » Et d’ajouter : « Nous
avons des liens avec Assad. »
Voilà l’aveu sans
fard : le programme effectif du PYD est celui d’une
autonomie kurde au sein de la Syrie d’Assad, en tout point
identique à celui du PKK qui veut un Kurdistan turc au sein d’un
État turc fédéral.
IV. La mouvance
Lundi Matin, La Fabrique et les sectateurs d’Hazan :
propagandistes de l’imposture
1) Les pèlerins
du folklore révolutionnaire
L’engouement des
derniers maoïstes, des tiers-mondistes, des
« anti-impérialistes », des nationalistes écossais,
des altermondialistes, des trotskystes et même des anarchistes et
des « antagonistes » pour le Rojava n’a d’équivalent
que leur soutien à la « cause palestinienne ». Après
l’URSS stalinienne, la Chine maoïste et toutes les destinations
exotiques qui ont suivi, il échoit désormais au Rojava de porter
les espoirs « révolutionnaires ».
La popularité de ces
phénomènes marginaux de la restructuration permanente de la
domination capitaliste mondiale est inversement
proportionnelle à l’intensité de la lutte de classe qui s’y
déroule.
Aujourd’hui, cette dernière peine à s’imposer, donc
l’inter-classisme et les nationalismes différemment colorés
prospèrent.
Les pèlerinages sur les
nouveaux lieux saints de l’anti-impérialisme se multiplient
comme jadis à Cuba, dans la Chine maoïste, en Palestine ou dans
le Chiapas. Parmi les visiteurs enthousiastes : David Graeber
qui ose déclarer que « c’est la Guerre d’Espagne qui se
rejoue au Rojava » et que « depuis 2005, le PKK
s’inspire de la stratégie des rebelles zapatistes du Chiapas ».
Foutaises spectaculaires pour esprits saturés d’aliénation !
2) Lundi Matin,
Serge Quadruppani et La Fabrique : agents de confusion au
service de la contre-révolution
Une partie spécifique
de l’extrême-gauche française, gravitant autour de la revue
Lundi
Matin
et des éditions
La Fabrique,
ainsi que des sectateurs d’Éric
Hazan et de Quadruppani,
a orchestré une campagne de propagande pour le Rojava. Cette
mouvance a fait la publicité d’un pseudo-engagement
révolutionnaire présenté comme l’occasion d’aller « casser
de l’islamiste », détournant l’énergie militante vers
une guerre inter-impérialiste déguisée en combat antifasciste.
Cette rhétorique
guerrière évacue toute analyse de classe et toute critique de la
nature réelle du PYD. Elle transforme un conflit entre factions
bourgeoises rivales en opposition manichéenne entre « démocratie
directe » et « fascisme islamiste ». Le
folklorisme militant — images spectaculaires de combattantes en
armes, discours creux sur l’écologie et la démocratie directe
— permet à une fraction de l’extrême-gauche
petite-bourgeoise de se donner bonne conscience sans remettre en
question ses propres privilèges ni s’engager dans
l’organisation du prolétariat métropolitain.
3) Serge
Quadrupani : du négationnisme aux provocations pro-Rojava
Cette campagne a été
notamment soutenue et relayée par Serge
Quadruppani,
figure déjà dénoncée par Guy
Debord
comme négationniste
et agent
provocateur.
Debord avait mis en garde contre Quadruppani après la publication
en 1979 de textes minimisant la réalité des chambres à gaz
nazies. Cette dérive négationniste, présentée sous couvert
d’ultra-gauchisme et de critique de l’idéologie antifasciste,
avait valu à Quadruppani d’être isolé par les courants
révolutionnaires sérieux.
Malgré ce passé
sulfureux, Quadruppani a continué à exercer une influence dans
certains cercles de l’ultra-gauche française — précisément
ceux qui ont fait la promotion du Rojava. Son soutien révèle la
continuité d’une pratique politique fondée sur la confusion
théorique et la provocation, servant objectivement à discréditer
toute perspective révolutionnaire authentique.
4) Convergences
avec l’extrême-droite : l’anti-islamisme comme masque du
racisme
Plus troublant encore,
cette campagne pro-Rojava a révélé des convergences
objectives avec l’extrême-droite française.
Certains militants partis combattre au Rojava entretenaient des
liens avec des milieux d’extrême-droite identitaire, unis par
un même « anti-islamisme » primaire masquant mal leur
racisme.
Cette alliance objective
entre une fraction de l’ultra-gauche et l’extrême-droite
illustre la dérive complète de courants ayant abandonné toute
analyse de classe au profit d’un identitarisme inversé.
L’ennemi n’est plus le capitalisme et l’État, mais
« l’islamiste » comme figure abstraite du mal
absolu.
Cette convergence
brune-rouge autour du Rojava rappelle les pires dérives de
l’anti-impérialisme dévoyé, où la défense de tel ou tel
camp impérialiste (ici, l’alliance USA-Russie-Assad via le PYD)
est justifiée par une rhétorique pseudo-révolutionnaire. Les
éditions La Fabrique et la mouvance Lundi Matin ont joué le rôle
d’idiots utiles, voire d’agents conscients, de cette opération
de confusion politique massive.
Cette mouvance incarne
parfaitement la dérive post-situationniste et post-autonome qui a
renoncé à toute perspective révolutionnaire sérieuse au profit
d’un activisme spectaculaire et d’une surenchère verbale
masquant l’indigence théorique et l’opportunisme politique.
V. En finir avec
l’oppression nationale
1) Le
nationalisme, pire des armes contre l’oppression nationale
Marginalisés,
discriminés, réprimés, les Kurdes syriens ont d’excellentes
raisons de se révolter contre l’autocratie des Assad. Mais le
nationalisme est la pire des armes pour s’affranchir de
l’oppression nationale.
Dans le cas du Rojava, compte tenu de la faiblesse de la structure
productive et du caractère étriqué de cette région, le
nationalisme a encore moins qu’ailleurs la capacité d’apporter
une solution aux problèmes de ces populations.
Il devient lui-même une
arme contre elles car il les sépare artificiellement du combat
général contre les régimes despotiques de la région et leur
obstrue la voie vers la lutte de classes — seul chemin viable
pour éliminer l’exploitation et toutes les oppressions, dont
celles sur base nationale.
La « communauté
nationale », comme toute autre communauté fictive (dont la
prétendue communauté religieuse), contrairement à la communauté
prolétarienne en lutte contre le capital, est fondée sur une
mystification, sur l’occultation des rapports sociaux, sur la
négation de l’existence de classes aux intérêts antagoniques.
Toute nation est un produit de la société divisée en classes,
enracinée sur des mythes visant à établir un trait d’union
entre exploiteurs et exploités.
2)
L’internationalisme prolétarien contre toutes les frontières
Les révolutionnaires se
battent contre tout État, contre toute nation dominante et contre
toute tentative de constitution de nouvelles « communautés
nationales » dans les interstices des nations existantes.
C’est le sens même de l’internationalisme prolétarien :
le
prolétariat n’a pas de nation, il est « étranger »
partout et n’a donc aucun intérêt national à défendre.
Autre chose est de
lutter avec les moyens de classe contre les oppressions engendrées
par les classes dominantes. La question de l’oppression
nationale ne suscite pas d’indifférence chez les
révolutionnaires. Mais elle ne trouve pas de réponse dans le
cadre strict qui l’a engendrée. Opposer une nation opprimée à
une nation dominante sert uniquement à créer de nouvelles
oppressions, à remplacer celles d’antan avec de nouvelles
dominations nationales — comme les résultats du « Printemps
arabe » et des mouvements de libération nationale du passé
l’ont amplement démontré.
Les révolutionnaires
n’ont pas vocation à tracer de nouvelles frontières car ils
combattent toutes les frontières. Lorsque la redéfinition des
périmètres des États provoque des conflits au sein des opprimés
et des exploités — comme dans le cas de la Syrie aujourd’hui
ou de la Yougoslavie hier — les révolutionnaires font acte de
défaitisme et appellent les gueux et les paysans pauvres à
s’unir contre les anciens et nouveaux oppresseurs.
3) Le défaitisme
révolutionnaire et la fédération libre
Comme Marx l’indiquait
pour l’Irlande, le prolétariat d’aujourd’hui doit prendre
en charge la lutte contre l’oppression nationale en défendant
la
perspective de classe comme alternative viable aux illusions
nationalistes.
La réponse est celle des conseils — la forme la plus adaptée à
soigner les blessures profondes provoquées par des millénaires
de guerres et de concurrence entre les populations.
La révolution
prolétarienne d’octobre 1917 en Russie appliqua cette directive
en inscrivant dans sa Constitution de 1918 : « La
République soviétique de Russie est fondée sur la libre union
de nations libres, en tant que fédération de Républiques
soviétiques nationales. » Une fédération conçue comme
pas indispensable vers l’unification et la centralisation de la
communauté humaine par-delà les frontières.
Plus question de
soutenir des mouvements démocratiques bourgeois ou de libération
nationale. Tous ont fait faillite. Quand ils existent, ils sont
d’emblée inféodés à des secteurs des classes dominantes —
comme c’est le cas du PKK, des différentes factions
palestiniennes, des religieux tibétains, de l’organisation
zapatiste au Chiapas.
VI. Conclusion :
l’oxymore de l’« État révolutionnaire »
Un État
révolutionnaire est un oxymore.
L’histoire est le jeu de l’humanité entière et divisée, ici
et maintenant. Elle a pour but la maîtrise et la fin de
l’humanité et du temps — non la constitution de nouveaux
appareils d’État.
Le Rojava n’est pas
une expérience de dépassement de l’État mais la construction
d’un nouvel appareil étatique bourgeois proto-stalinien,
alliance contre-nature entre nationalisme kurde et régime Assad.
La campagne de soutien orchestrée par une partie de
l’extrême-gauche française — avec ses liens troubles tant
avec le négationnisme qu’avec l’extrême-droite — révèle
la profonde confusion idéologique et la faillite politique de
courants qui se prétendent révolutionnaires.
Le Rojava n’est qu’une
nouvelle mystification nationaliste masquant la persistance de
l’exploitation capitaliste et détournant les énergies
révolutionnaires vers un projet interclassiste voué à l’échec,
tout en servant objectivement les intérêts du régime Assad et
des puissances impérialistes. Le soutien que lui apportent des
structures comme Lundi Matin ou La Fabrique ne fait que confirmer
leur rôle d’agents de confusion au service, conscient ou non,
de la contre-révolution.
Dénouer ce fil rouge
jusqu’à aujourd’hui suppose :
Le
rejet de tout nationalisme et de la constitution de nouveaux
États bourgeois
L’organisation
indépendante du prolétariat kurde sur le terrain de la lutte
des classes
Le
défaitisme révolutionnaire face aux guerres bourgeoises
La
dénonciation sans concession des imposteurs et provocateurs
La
perspective fédérative comme pas vers l’unification de
l’humanité
Le combat contre
les propres bourgeoisies nationales kurdes
Finissons-en
avec la préhistoire ici et maintenant. L’histoire a une fin,
l’humanité aussi, et il n’y aura jamais d’éternité.
L’histoire est le jeu pour la maîtrise de la totalité. Le but,
c’est la victoire : que l’histoire soit courte !
Voir aussi :Le
social nationaliste " à gauche"