samedi 7 février 2026

LE K.A.P.D. : Exemple historique d’un parti combattant

 

 


Extrait du texte de notre revue Matériaux Critiques N°13 : «LE K.A.P.D. : Exemple historique d’un parti combattant
 » ainsi que sa traduction en espagnol : «EL K.A.P.D. : Un ejemplo histórico de partido de combate» sur notre site web: https://materiauxcritiques.wixsite.com/monsite/textes. Ce texte a comme projet de réexposer et de restituer l’importance historique du Parti communiste ouvrier d’Allemagne. Ce parti est très certainement l’une des meilleures expressions politiques de la vague révolutionnaire mondiale ouverte en 1917 et clôturée globalement vers la fin des années vingt. Malgré son importance pour le mouvement ouvrier révolutionnaire, ce parti et son action ont été caricaturés, dénaturés, altérés et condamnés comme « infantiles » et « anarchisants ». Mais, malgré ces falsifications diverses, « le parti communiste ouvrier d’Allemagne (K.A.P.D.) est un des courants du mouvement ouvrier allemand qui présente le plus d’intérêt. Il est le point d’aboutissement d’un procès de rupture du prolétariat avec la social-démocratie, opérant depuis la fin du XIX siècle et qui s’amplifia sous l’action de la guerre.


vendredi 6 février 2026

CPE-Le capitalisme n' a plus que la précarité à offrir.

 


Vingt années se sont écoulées depuis l' intronisation à la tête du Medef, de Laurence Parisot (
1) dés son arrivée elle donnera le ton.

« Le mot précarité est un mot à la mode qui a pour objectif de nous empêcher de réfléchir », a ajouté la présidente de l’organisation patronale, estimant que « la précarité était une loi de la condition humaine. » ( Reuter, le 3 septembre 2005 ; déclaration de Laurence Parisot sur France Inter)En 2006, De Villepin est Premier ministre de Jacques Chirac. Pour faire face au problème de l’emploi, une loi est discutée à l’Assemblée nationale : la loi « pour l’égalité des chances ». Dans ce cadre spécifique, et afin de faciliter l’embauche des jeunes de moins de 26 ans, un nouveau type de CDI est proposé : le Contrat Première Embauche (CPE). le CPE, va déboucher l’un des plus important mouvement de la jeunesse du XXIᵉ siècle en France.1Actuellement avec le CPE XXL c'est la précarité plus qui fait un retour .

En 2006 nous avions publié un important document portant le nom de 25 ans de liquidation d’acquis sociaux en France dont voici un extrait qui montre l' acharnement des dirigeants précariser les forces de travail,

Alors ce n’est plus le « travailleur de base » qui se trouve menacé par les fusions/acquisitions, les doublons sont dans le collimateur, les services informatiques sont particulièrement visés et d’autres. La dite « classe moyenne » sent que le fil d’Ariane qui la rattachait au système va se rompre et se rompt déjà. La sainte démocratie, est en passe de perdre sa base sociale. Alors d’une seule voix, les représentants de cette couche sociale demandent de « sécuriser l’individu » de l’accompagner dans sa déshérence petite-bourgeoise, de le remplir d’illusions sur ce que le système nous réserve encore.

Cette transition, qui mène du contrat de travail au contrat de précaire, prend actuellement le nom de « Contrat de transition professionnel » qui n’est que l’antichambre de la « sécurité sociale professionnelle » que revendique la CGT et toute la classe politique de gauche et de droite. Actuellement, ce contrat est à l’essai, il est expérimenté dans sept sites 2 et son objectif est de ramener à huit mois au lieu d’un an la réinsertion d’un salarié licencié.(3 ) Le 5 mai 2006, une des pièces du puzzle de la « sécurité sociale professionnelle » a été mise en place. La convention signée entre l’Etat, l’ANPE et l’Unedic veut simplifier les démarches des chômeurs et accélérer le retour vers l’emploi. Les ANPE et les Assedic sont également priés de trouver des locaux communs. A court terme, l’objectif vise à doter chaque région d’au moins un guichet unique  (les fameuses maisons de l’emploi).

Un des buts recherchés est de gommer l'aspect licenciement et faire disparaître du vocabulaire  les mots licenciement et licencieur. Les employeurs ne seraient plus concernés par une

obligation de reclassement. Même les primes de licenciement seraient lissées entre maxi et mini pour arriver à un "juste milieu". Le rapport Camdessus de 2004 du nom de l’ancien patron du FMI  dit clairement qu’il s’agit de "protéger les personnes, non les emplois existants" et ajoute plus loin :

  "On voit bien qu’il est plus raisonnable de faire reposer cette protection des salariés sur la collectivité que sur des entreprises qui licencient ».

Même constat de  Camdessus au sujet des primes de licenciement qui seraient ainsi lissées entre maxi et mini pour arriver à un juste milieu :

"Le couple « indemnité de licenciement/prestation chômage » aujourd’hui n’est pas équitable. Une employée administrative d’une PME en difficulté dans une zone sinistrée pourra après dix ans de bons et loyaux services être licenciée avec trois à six mois de salaires pour toute indemnité et très peu de chance de retrouver un emploi rapidement, alors que la même personne en région parisienne dans une grande banque qui souhaite réduire ses effectifs se verra offrir vingt à trente mois de salaires et un accompagnement sur mesure qui devrait lui permettre de retrouver sans trop de mal du travail dans les trois mois qui suivent. Les abus au niveau des cadres performants qui peuvent quitter une entreprise avec une indemnité de départ totalement défiscalisée de plus d’un an de salaire brut, alors qu’ils ne passeront sans doute même pas par une réelle période de chômage, existent également. Le système actuel fragilise donc les plus démunis face au chômage. Il serait souhaitable pour y remédier d’échanger les garanties individuelles que peut fournir une entreprise – et qui sont par nature très différentes – contre une garantie collective. Seules ces garanties collectives de gestion du chômage permettent de proportionner l’aide apportée aux risques encourus. " « 

CPE, flexsécurité, Sécurité sociale professionnelle : des mesures d’accompagnement de la précarité.

Avec les manifestations contre les contrats  CPE et CNE, l’affaire de la Sécurité Sociale Professionnelle est remontée en surface.

De quoi s’agit il ?

« Si nous cherchons bien, nous devons cette « revendication d’accompagnement du capitalisme » à Paul Boccara, le théoricien du PCF du capitalisme monopoliste d’état au travers du slogan «  sécurité emploi-formation », pour un nouveau statut des « actif ». Statut devant à terme se substituer au statut classique de CDI ou d’en vider son contenu, ce qui revient au même.

Le CPE n’est qu’un maillon de la chaîne, visant à enserrer les prolétaires dans un système nouveau élaboré depuis quelques années par la nomenklatura européenne. En fait il s’agit comme le dit ouvertement Dominique Straus Khan de revoir le « contrat social », pour cette occasion, la commission européenne allait nous sortir un nouveau concept la « FLEXSECURITE » la sécurité de l’emploi flexible et le partage de la paupérisation entre tous, avec des périodes de formation « tout au long de la vie »(1) 4. Contrairement à ce qui est dit, ce n’est pas la fin du CDI ( contrat a durée déterminé) le CPE et le CNE sont des CDI , proche de la législation des intermittents du spectacles, qui viennent d’ailleurs de servir de base à la promotion de la SECUPRO. Le ministre de la culture a confirmé sur Europe 1 que le gouvernement allait  créer « un fonds permanent de professionnalisation ».

La gestion managériale, du capitalisme « mondialisé » fonctionne comme un puzzle ou seuls, ceux qui dominent la situation en distinguent les véritables contours. La « Formation tout au long de la vie » initiée par l’ UE s’inscrit dans un projet plus large et plus insidieux quant à ses conséquences. »

« Il faut substituer à la notion de salariat celle de sécurité sociale professionnelle »

« Le puzzle est terminé, il sera présenté au 48 éme Congrés de la CGT ( Voir le livre de Le Guigou Demain le changement « manifeste pour un nouveau syndicalisme ».

Comme nous savons que depuis , 2004 les jeux sont fait et organisés avec la CES pour  flexibiliser le contrat de travail, que des rapports divers déjà cités,  ont été élaborés conjointement entre les pontifes européens, les patrons et syndicats nous ne faisons qu’assister à un scénario de sortie de crise. »

Le Capitalisme n’a  comme perspective à offrir que la relance de la précarité.

Cliquer pour voir l’ article

« La protection de l’individu dans sa capacité de travail doit passer avant la protection de son poste de travail (…) Je conçois la flexicurité, comme une politique protégeant les personnes davantage que les emplois » (Vladimir Spiadla, Commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, les 19-21 janvier 2006 au Conseil des ministres européens.)

Cette déclaration venant d’un des ténors de l’Union européenne (UE) confirme bien qu’il se prépare en Europe, mais aussi au niveau international un changement important dans l’exploitation de la force de travail. Nous savons depuis longtemps et en particulier depuis l’instauration des 35h que les représentants du capital ne cessent de légiférer, pour favoriser la mobilité géographique et la flexibilité.

 Nous avons vu depuis quelques années les contrats de travail devenir de plus en plus aléatoires, et la multiplication de tous les nouveaux contrats dits « atypiques » devant « relancer l’emploi » n’a fait que propager un peu plus la misère et la précarité. » (…)

      « Ne pouvant plus assurer l’emploi, dans la limite des Etats nationaux des pays de l’Europe, la nouvelle législation prépare des lois favorisant la mobilité géographique sur l’ensemble du territoire européen. Ceci afin de donner une assise législative  au contrat de travail plus conforme avec le statut d’entreprise européenne.(5) A ce niveau le champ d’activité du capital le plus concentré et centralisé c’est l’UE et donc le droit européen qui prime (se souvenir de la liquidation de l’interdiction française du travail de nuit des femmes).

Comme les fusions/acquisition s’accélèrent, il devient vital pour le capital de formuler une législation tenant compte des grands bouleversements, générateurs de crise sociale. L’idée d’accompagner la mobilité géographique n’est pas nouvelle, des accords d’entreprises ont été signés à cet effet par certains syndicats. Seulement tout cela restait dans le cadre de la législation et de la hiérarchisation des textes ( loi, convention collective, accord d’entreprise).

Quand le système de classification de type Parodi  (par métier) hérité de 1945 fut remis en question (6) et il l’est encore au profit de classifications individualisées par fonction, un verrou vers la flexibilité et la mobilité interne à l’entreprise venait de sauter.  A partir de ce moment, va apparaître une nouvelle conception : celle du salarié « hors poste » qui doit se rechercher un emploi à l’intérieur même de l’entreprise, avec création des « bourses aux emplois » sorte d’ANPE d’entreprise. Dans le même temps, des « d’observatoires de l’emploi et des compétences » sont créés dans certaines branches. Il est à noter que pour la première fois, cette année, la France voit sa population active décroître, du fait des départs des papy-boomers. Selon une enquête de la Cegos (février 2006) sur le choc démographique, ne sera pas automatiquement créateur d’emploi ::« Les entreprises sont deux fois plus nombreuses à se déclarer dans une logique de réduction d’effectifs ( 32%) que d’augmentation (14%) » 

Le système Parodi mis à mort, il était dorénavant possible, d’introduire des « critères classants » et évolutifs pour chaque fonction. Il en résultat que le diplôme n’avait plus qu’une valeur classante, et devenait un simple atout de « l’employabilité », rien de plus. Les Bac +2/+3/+4 ne donnaient plus accès automatiquement à la hiérarchie et encore moins au cœur de compétence des entreprises. Le diplôme n’était plus qu’un passeport pour l’emploi et une sécurité pour sa pérennisation.

Il est révélateur que le rêve engendré par Diplôme = cadre = bon salaire = stabilité de l’emploi  et planque s’évanouissait Une nouvelle « galère » les prenait en charge sur la base des nouvelles technologies avec une rationalité accrue et déclassante. Un nouveau concept allait s’introduire  avec un mot qui sera ensuite utilisé amplement celui de « parcours » mais aussi celui « d’accompagnement » ; ce n’est vraiment pas neutre. »

Echec de la stratégie de Lisbonne

Le bilan du « cancer de la précarité » n’est plus à faire. Toute l’Union Européenne est gagnée par la maladie. Même la Centrale Européenne des Syndicats (CES) qui soutenait la « stratégie de Lisbonne » (7 )est contrainte de reconnaître l’échec de cette « stratégie » : « En février 2005, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a annoncé une révision majeure de la Stratégie de Lisbonne. Celle-ci simplifie les objectifs et les procédures de rédaction à un seul programme d’action national pour chaque pays et à un seul programme européen de croissance. En réponse à cela, la CES a prévenu qu’elle se tenait en alerte quant à des signaux annonçant que les objectifs européens en matière de politique sociale et d’environnement étaient relégués au second plan dans le but de rendre l’Europe plus favorable à l’économie. » (Site de la CES.) En effet, quand, le mur de Berlin fut abattu dans une liesse de joie, les travailleurs ne s’attendaient certainement pas à ce que l’aune qui servirait de mesure à leur exploitation  viendrait de l’Est. Quelques années après, un journaliste des Echos (journal patronal) fait le constat que: «les entreprises du Cac 40 et d’autres ont résolu, ponctuellement, la quadrature du cercle : ramener le coût du travail au niveau ou se situe l’Europe de l’Est ».

Depuis, les lois « Hartz » (2002) prévoyant un remodelage du code du travail, et du plan d’ « Agenda 2010 » qui déclencha les manifestations du lundi (8) à l’automne 2004, les prolétaires d’Allemagne sont confrontés à la précarité. Près de 30% des actifs occupaient en 2004 un emploi « atypique » comme en France. L’ « Agenda 2010 » c’est plus de flexibilité de l’emploi, un allongement du temps de travail, la retraite à 67 ans, une rafle sur la santé, la pression sur les chômeurs….(9) Les lois « Hartz » vont déployer leurs « 1 euro Jobs », pour remettre les chômeurs au travail en direction des petits boulots occasionnels ou d’intérêt public (sans couverture sociale et non soumis au code du travail). En France c’est le « chèque emploi service » qui a cette fonction. Pour nos camarades italiens, le régime est sensiblement le même, seul les couverts peuvent varier. En 1996, le gouvernement Prodi a initié, un nouveau pacte de l’emploi du nom de son promoteur « Parchetto Treu ». Ce pacte, introduisait déjà une plus grande flexibilité de l’emploi (travail intérimaire et introduction des « contrats de zone » (proche des zones franches françaises).

A partir des années 2000, la situation italienne se dégrade, le marché du travail est jugé par les stratèges de Lisbonne encore trop rigide. Alors on change de couvert et au menu on va servir aux prolétaires d’Italie un nouveau plat, un « Pacte pour l’Italie » ou « Loi Biagi » (2002). Ce pacte comme les autres prétendait en finir avec le travail au noir (estimé à 25% du PIB). Une palette de nouveaux contrats fut mise à la disposition des employeurs : « intermittent, accessoire, partagé », « en couple » « sur projet », tous en CDD, bien sûr, et inférieur à (1000 euros) ce qui explique que depuis 2005, 70% des emplois créés sont précaires. Le bilan serait toujours le même : « la précarité pour relancer l’économie ».

Le constat d’échec de la « Stratégie de Lisbonne » énerve l’exécutif européen, et son chef J.M. Barroso (ancien premier ministre portugais). Il répète partout que « la flexibilité des marché du travail » est la condition de la relance. Il affirme qu’ «il est temps de passer à la vitesse supérieure ». Passer à la vitesse supérieure, c’est libérer le patronat du coût des licenciements, donc favoriser les licenciements. En Espagne, José luis Zapatero, veut troquer la transformation de CDD en CDI en baissant le coût du travail, l’Espagne est l’un des pays ayant le plus de travailleurs précaires, le taux de CDD oscille invariablement entre 30 et 35% malgré de prétendus accords visant à en limiter le nombre. (un sur trois contre un sur dix en France). En Italie Romano Prodi veut aussi ce genre d’arrangement, alors qu’en France, avec les expériences du contrat de transition professionnelle, il est question de ramener à 8 mois contre 12 la période de chômage.

Quant à la CES et au patronat européen  l’Union des Industries de la Communauté européenne (UNICE), ils ont hâte de conclure sur le registre de la flexisécurité.(10 ). Comme on le voit, la SSP ( Sécurité sociale professionnelle) est loin d’être une revendication de la seule CGT même « brevetée CGT et ne supportant pas les contrefaçons » dixit Bernard Thibault  au 48 ème congrès. Elle s’inscrit dans un vaste projet destiné à remodeler la nouvelle force de travail des pays développés pour mieux la mettre en compétition avec la main-d’œuvre de l’ensemble de la planète..

Comme le disent si bien en chœur les tenants de la nouvelle CGT, la SSP ou le nouveau statut du salarié  ne sont en aucun cas un moyen de lutter contre la précarité mais bien un formidable levier pour l’amplifier et permettre ainsi au système de continuer à survivre tout en trouvant de nouvelles formes d’exploitation. »

NOTES

( 1) En effet les mutations au sein d’une entreprise de l’UE en seront facilités notamment pour  le lissage des systèmes de retraite et de prévoyance santé, ainsi que les congés.

(2)par l’introduction dès 1975 des critères classants au nombre de 4 ( autonomie – responsabilité - type d’activité - connaissances requises) dans la convention collective de la métallurgie

3) Elle-même et sa famille apparaissent à la 233éme place des fortunes de France. Passée par Sciences-po Paris (…) Elle siége dans plusieurs conseils de surveillance d’entreprises comme Euro Disney,Michelin ou Havas ainsi qu’au conseil consultatif d’Ernst et Young.. Parmi ses soutiens l AFEP (Association française des entreprises privées), dirigée par Gérard Collomb, patron des Ciments Lafarge, Michel Pébereau, président du groupe BNP-Paribas, François Pinault, Claude Bébéar et les anciens présidents Jean Gandois et Yvon Gattaz. ( source : L’EIRO, juillet à novembre 2005)

(4 )Les Echos du 18 avril 2006 « C'est le dernier acte avant l'expéri­mentation dans six bassins d'emploi du contrat de transition profession­nelle (CTP). Après la publication, samedi, du décret d'application qui fixe les modalités du test grandeur nature du CTP, ce matin, le bureau de l'Unedic doit valider la conven­tion avec l'Etat sur son finance­ment. Assorti d'une indemnisation égale à 80 % du salaire brut anté­rieur, ce dispositif d'accompagne­ment personnalisé est destiné aux personnes licenciées pour motif économique par des entreprises de moins de 1.000 salariés. Il permet de cumuler pendant douze mois des formations, mais aussi des périodes de travail qui ne pourront excéder neuf mois au total. L'idée est de remettre le pied à l'étrier au chô­meur en CTP afin de favoriser son retour à un emploi durable, en lui permettant, par exemple, de se faire une première expérience profes­sionnelle en cas de changement de métier.

Pendant cette période, il est prévu le versement d'un différentiel si le salaire perçu est inférieur à l'allocation du CTP. Après d'âpres discussions, c'est l'Etat qui en assu­mera la charge. Reste à savoir si les durées ainsi travaillées s'impute­ront sur la durée totale d'indemni­sation par l'assurance-chômage du chômeur qui n'a pas retrouvé d'em­ploi à l'issue de son CTP. En clair, si une personne ayant droit au total à 23 mois d'indemnisation et qui au­rait travaillé 6 mois lors de son CTP bénéficierait à son issue de 17 mois ou de 11 mois d'indemnisation. La CGT craint que ce ne soit la se­conde solution, car la convention stipule que le chômeur non reclassé est pris en charge par l'assurance­ chômage « sans différé d'indemni­sation », et s'apprête à voter contre la convention. Dans l'entourage du ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, « on compte voir s'il est nécessaire d'envisager un avenant » à ce texte. »

(5) Jean-François Carenco, directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, a promis des réponses rapides. « Une personne licenciée met en moyenne entre onze et douze mois pour retrouver un travail. Avec le CTP, nous voulons descendre sous la barre des huit mois » (Le Figaro du 5 mai 2006)

(6)- Quelques chiffres tirés de statistiques INSEE reproduites dans la NVO CGT du 7.4.2006

Niveau diplôme en fin études : nombre divisé par 4 de 1978 à 2003 pour les aucun diplôme à certificat d’études primaires  --- CAP/BEP divisé par 2 de 1978 à 2003  --- Bac avec légère augmentation 1978 à 2003 ---- Diplômes du  supérieur multiplié par 4 de 1978 à 2003 !!!

On assiste donc à une augmentation des niveaux d'études et de diplômes surtout vers le haut où même chez les enfants d'ouvriers où la tendance est  à pousser les enfants à obtenir les diplômes les plus élevés possible.

Toujours d'après le même article, le taux de chômage serait de 16 % au total pour la génération qui a obtenu son diplôme en 2001 contre 8 % pour la génération qui a eu son diplôme en 1998. Pour la génération 2001 on aurait au global  40% de chômeurs pour les non-diplomés sans parler parmi ceux-ci de la situation particulière des jeunes des banlieues.

(7) La Stratégie de Lisbonne définit des objectifs spécifiques : • Un taux d’emploi global de 70 % d’ici 2010. • Un taux d’emploi de plus de 60 % chez les femmes. • Un taux d’emploi de 50 % chez les travailleurs âgés. • Une croissance économique annuelle d’environ 3 %.

(8) Voir a ce sujet Echanges n°110p..6, « Les manifestations du lundi » tirent leur nom  des manifestations populaires qui eurent lieu en RDA en 1989.

(9) La durée du versement des indemnités de chômage est ramenée de 32 mois à 12 mois.

(10) « Afin de contribuer à l’accroissement du potentiel d’emploi et de croissance de l’Europe et de l’impact du dialogue social européen, les partenaires sociaux entreprennent de mener à bien une analyse commune des défis clés auxquels les marchés de l’emploi européens font face, en examinant des questions telles que :

* les politiques macro-économiques et du marché du travail,

* les changements démographiques, le vieillissement actif, l’intégration des jeunes, la mobilité et les   migrations,

* l’éducation et la formation tout au long de la vie, la compétitivité, l’innovation et l’intégration des groupes désavantagés sur le marché du travail

* l’équilibre entre flexibilité et sécurité,

* le travail non déclaré. » 

Document CES  Programme de travail des partenaires sociaux européens 2006-2008 


La flexsécurité à la française ratifiée le 11 janvier 2008 par les syndicats

Réflexions sur l’accord de « modernisation du marché du travail «  du 11 janvier 2008

« La protection de l’individu dans sa capacité de travail doit passer avant la protection de son poste de travail (…) Je conçois la flexicurité comme une politique protégeant les personnes davantage que les emplois »
Vladimir Spiadla, commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, les 19-21 janvier 2006 au conseil des ministres européens.
Il aura fallu quatre mois de négociations, et on n’aura vu aucune mobilisation contre ce projet... même pas une action discutable en faveur de la « modernisation » de l’esclavage salarié.
Les intentions tant du Medef que du gouvernement ne connaissaient aucune ambiguïté : « Nous voulons licencier plus pour créer des emplois. » Pour dédouaner les syndicats d’une telle participation à cet accord, il fut procédé au petit chantage habituel, sous-entendu : si vous ne négociez pas, nous irons plus loin par la loi.
Tous, du syndicalisme bureaucratique au syndicalisme de base, se sont pliés au diktat de l’Etat patron. Même pas une « petite grogne » comme aime à signaler la presse, mais un aplatissement total, un silence de mort. Tous étaient préalablement d’accord pour la mise en place de la « rupture conventionnelle du contrat de travail », dite « séparabilité ».
Quatre syndicats ont donc apposé leur signature, pour satisfaire à une revendication de la Commission européenne. Dans l’ordre nous avons la CFTC, FO, la CGC et la CFDT. La CGT n’a pas signé mais elle est aussi dans le coup, car à aucun moment elle n’a lancé une mobilisation sur ce thème auprès des travailleurs. Il faut se souvenir qu’elle revendiquait la « sécurité sociale professionnelle » une copie conforme de la flexisécurité.
Pourtant c’est tout l’ensemble du dispositif sur le contrat de travail qui est au centre de cet accord, qui devrait être transposé dans la loi d’ici l’été. Procédons à l’examen anatomique de cet accord.
Sur la rupture conventionnelle du contrat de travail
Cette rupture, ou « séparabilité » selon l’euphémisme utilisé par Laurence Parisot, recouvre plusieurs réalités. Il peut s’agir d’une rupture de gré à gré, d’un départ collectif, ou préventif, d’une convention de reclassement personnalisé (CRP) ou d’un contrat de transition professionnel…
La « séparabilité » veut plus de flexibilité, de mobilité, de rotation de la main-d’œuvre et, surtout, individualiser le travailleur face à la loi. Sa démarche consiste à éluder le droit du licenciement, d’écarter l’intervention du juge, en bref déjuridicialiser les licenciements. L’accord ne vise qu’à accélérer les « séparabilités » pour un renouvellement rapide du cheptel des forces de travail, comme le préconisait le rapport Cahuc-Kramarz :
« La réglementation de la protection de l’emploi, telle qu’elle est actuellement mise en œuvre, ne permet pas d’accroître le volume global de l’emploi. En fait, l’analyse économique indique qu’un contrôle des licenciements conduisant les entreprises à réduire la fréquence de destruction des emplois a un impact a priori ambigu sur le chômage et l’emploi. Certes, la protection de l’emploi réduit les destructions de postes de travail. Néanmoins, elle a pour contrepartie une diminution des créations d’emplois, car le surcoût induit par le maintien d’effectifs peu rentables, que les entreprises détruiraient spontanément en l’absence de contrôle, diminue la rentabilité anticipée sur les emplois nouveaux, qui peuvent devenir eux-mêmes, dans le futur, des emplois non rentables protégés par la réglementation (1). »
Tel est, souligné par nous, le sens réel de l’accord sur la modernisation du marché du travail, le tout enrobé par la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences), la seniorisation et le portage. Que nous traiterons plus loin.
Pour le moment, bien que la rupture conventionnelle du contrat de travail soit admise par les tribunaux, elle ne bénéficie pas d’un régime propre qui remettrait en cause les indemnités de rupture. Depuis le début le Medef, par chantage, l’avait annoncé : « Nous voulons privilégier les solutions amiables » et faire de la rupture conventionnelle, une rupture à part entière du contrat de travail, déjuridicialisée et visant la mobilité externe des salariés.
Les indemnités de ruptures
Actuellement, les indemnités de licenciements sont soumises aux cotisations à la sécurité sociale et à l’impôt sur le revenu. Pour justifier leur signature, les partenaires syndicaux ont proposé – ou plus exactement on leur a fait proposer – une « indemnité spécifique de rupture » pour tendre vers une égalité de rupture. Cette indemnité ne serait pas assujettie aux prélèvements sociaux et fiscaux.
Le texte prévoit « une indemnité de rupture interprofessionnelle unique » égale à 1/5e de mois par année de présence, sauf dispositions conventionnelles plus favorables, à partir d’un an d’ancienneté dans l’entreprise. Cette mesure cherche à annuler le système légal de licenciement des articles L.122-9 et R.122.-2 du code du travail. Par exemple, en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié ayant plus de deux ans d’ancienneté, peut prétendre à une indemnité de six mois de salaires.
La garantie de l’assurance chômage
Ils ont tous juré que la rupture amiable serait accompagnée des allocations de « droit commun ». L’assurance chômage lève les bras et regarde sa caisse, déjà amputée des prélèvements sociaux sur les indemnités de licenciement, et réclame un contrôle contre les abus. Alors on trouve un biais : seules seront validées les ruptures homologuées par le directeur départemental du travail. Ce n’est déjà plus une garantie de plein droit.
La flexisécurité à la française
Pas si française que cela la flexisécurité, puisqu’elle entre dans le cadre d’une réflexion (pas encore traduite en directive) de la Commission européenne. La flexisécurité suppose ainsi de combiner, « de manière délibérée, la souplesse et la sécurité des dispositions contractuelles, les stratégies globales d’apprentissage tout au long de la vie, les politiques actives du marché du travail efficaces et les système de sécurité sociale modernes, adaptés et durables (2). »
Elle a été aussi l’objet d’une étude commandée à Eric Besson (3), le transfuge du PS devenu secrétaire d’Etat chargé de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques, et de nombreux rapports en ont fait état – on l’a même vue se transformer en revendication syndicale de la CGT sous le nom de « sécurité sociale professionnelle ».
Retour du contrat de projet
Il semble que le Medef n’ait pas eu les mains libres pour faire passer son contrat unique, parce que celui-ci « ne rend pas possible la prise en compte de la spécificité des différents secteurs », selon Charlotte Duda, présidente de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (La Tribune du 4 avril 2008). Ce que voulait le gouvernement, c’est un CDI annualisé, en fait transformer le CDI en CDD généralisé pour X temps de travail à l’année. Bien que suspendu pour l’instant, le projet de contrat unique est toujours dans les tuyaux.
Dans l’attente, nos gouvernants en sont revenus au contrat de mission, initialement présenté comme un CDI (tel le canada dry, il en a le goût et l’odeur), mais finalement ramené à ce qu’il est réellement : un CDD. Pour le moment ce contrat resterait limité et concernerait « la réalisation par des ingénieurs et cadres de certains projets dont la durée est incertaine », entre 18 mois et 36 mois.
Seulement, il faut s’attendre à ce qu’une pression étende l’accord au simple salarié, comme semble le revendiquer Charlotte Duda, ce qui nous amène directement à la légalisation du portage salarial.
La période d’essai
On se demande pourquoi la période d’essai encadrée par la loi (article 4) va accompagner le nouveau CDD,le CDD étant lui-même une période d’essai dissimulée, alors qu’il n’en est pas ainsi pour le CDI. Cependant il devient évident que le Medef tend à privilégier la relation de gré à gré, et il est prévu que la période d’essai figure dans le contrat de travail. De ce fait est prohibée toute période d’essai d’origine conventionnelle, sauf si elle prévoit des durées plus longues.
Le portage salarial
On peut être surpris que le portage n’ait pas fait plus de bruit dans les médias et parmi nos partenaires sociaux. Tant et si bien que l’avocate Lise Casaux-Labrunée s’en est étonnée. En effet, écrit-elle (4), c’est la définition même du contrat de travail qui est en cause. Elle signale le danger qu’il y a à considérer des professionnels à même de trouver leurs clients, et d’exécuter en parfaite autonomie les prestations correspondantes, comme des salariés.
Le salariat suppose l’existence d’un travail fourni par l’employeur ; il suppose aussi un lien de subordination juridique des « parties ». Et nous ne parlons pas de la remise en cause de l’article L.241.8 du code de la sécurité sociale, qui ne reconnaît pas le portage.
En jetant une passerelle entre travailleurs indépendants et salariés, on procède à une fusion qui permet une porosité de l’un vers l’autre (il semble que les cadres autonomes soient dans le collimateur de l’Etat). Un article de La Tribune (10 janvier 2008), qui voulait saluer positivement l’accord/convention collective du 15 novembre 2007 (5), nous apprend que le portage « a permis à 100 000 cadres, pour l’essentiel des seniors, de vivre une transition entre leur activité et leur retraite en les transformant en prestataires de service » ; et le journal poursuit : « Aujourd’hui, les quinquas sont rejoints par des quadras et même par des cadres de trente ans ».
La convention collective Syntec-CICF du 15 novembre 2007 avait comme objectif principal de signifier un lien de subordination entre l’employeur et le porté :
« De leur côté, les consultants, même s’ils disposent d’une large autonomie dans l’exercice de leur activité professionnelle, demeurent subordonnés à l’EPS [entreprisesde portage salarial] dans le cadre de leur contrat de travail. »
Le portage salarial se présente comme une société d’intérim. La personne portée cherche des clients pour son entreprise et en négocie le prix, un contrat de prestations de services est conclu. Ce type de travail était jusqu’à présent illégal et pouvait être condamné en pénal pour prêt de main-d’œuvre à but lucratif (art L 8241-1 du code du travail). Il concerne principalement les intervenants extérieurs, consultants, etc. Après le travail temporaire et le travail à temps partagé, le portage salarial deviendrait la troisième catégorie de prêt de main-d’œuvre à but lucratif.
La gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC)
La formation, depuis bientôt vingt ans, jouait un rôle de pompier social dans les entreprises : on se formait pour progresser dans l’échelle sociale, obtenir quelques petits diplômes et surtout les primes et promotions qui allaient de pair.
Depuis quelque temps, de promotion sociale la formation se transforme, sous le couvert de « se former tout au long de la vie », en parachute de l’employabilité. Nous n’allons pas ici reprendre ce que nous avons déjà écrit sur le sujet (6), mais donner deux citations de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact, organisme proche de la CFDT) qui résument bien le rôle actuel attribué à la formation, qui consiste à maintenir son employabilité.
Quelle est donc la signification de ce nouveau terme, « employabilité » ?
L’Anact explique :
« La meilleure sécurité qu’on puisse donner à un salarié, c’est un portefeuille de compétences bien rempli. C’est cela qui le rendra autonome et libre vis-à-vis de l’entreprise. Voilà le grand pari, qu’on a pu appeler le pari de l’employabilité (7). »
La meilleure, ce n’est donc plus de remplir notre portefeuille mais de nous donner une formation pour devenir « libre » de trouver ailleurs un emploi. Dans ce sens, l’Anact nous cite une parabole :
« Un Airbus A 320 vole vers la Guadeloupe. Le temps est calme et vous avez la perspective d’une semaine de vacances extraordinaire. Pour moi, c’est un peu ce que vivent certains salariés dans les entreprises : ça va bien, les résultats sont bons, leur présence dans l’entreprise n’est pas remise en cause, la tradition de l’entreprise est de garder ses salariés durant toute leur vie professionnelle. Un petit missile crève la coque du A 320. Manque de chance, vous étiez à côté du trou. Vous n’aviez pas mis votre ceinture et vous êtes aspiré. Vous vous retrouvez à neuf mille mètres d’altitude sans parachute. Vous voyez le résultat. Cette entreprise qui marchait bien est rachetée et les actionnaires décident que la marge nette n’est pas suffisante. Lors d’un plan social, vous vous retrouvez dehors. Vous qui êtes rentré il y a vingt ans avec un CAP d’employé de bureau, vous ne vous êtes pas préoccupé puisque tout allait bien. Vingt ans après vous vous retrouvez sur le marché du travail avec une expérience professionnelle relative et votre CAP d’employé de bureau. C’est comme si vous étiez à neuf mille mètres d’altitude, sans parachute. »
En conclusion
Au moment ou nous nous apprêtions à terminer cet article, le texte définitif du projet de loi adopté le 12 juin 2008, a été promulgué le 25 juin, et publié au Journal officiel du 26 (8). Pas de changements fondamentaux par rapport aux critiques ci-dessus, mais quelques aménagements justifiant le jeu démocratique. Par exemple, le délai avant de bénéficier de l’indemnité conventionnelle de maladie sera d’un an au lieu de trois comme initialement prévu ; de même les indemnités de licenciements, initialement calculées au bout de deux ans d’ancienneté (à raison de six mois de salaires) seront attribuées au bout d’une année, mais à un taux unique bien inférieur.
Gérard Bad
juin 2008

Depuis le précariat à progressé et avec lui les encadrements juridiques comme

DE LA LOI EL KHOMRI AU RAPPORT BADINTER VIA LES ORDONNANCES MACRON ET LA LOI SUR LE TÉLÉTRAVAIL

Quand l’Europe adapte ses droits sociaux à la précarisation permanente ( I et II partie)

Taux de profit, revenu universel et surnuméraire

Le Capitalisme n’a comme perspective à offrir que la relance de la précarité.

De l' accompagnement de la misère et de la précarité.

Salariat et précariat ripostent au capital en crise :Chine, inde, Espagne, Australie,France, Argentine...

COMMENT ON GLISSE DU SALARIAT AU CONTRACTANT : L' EXEMPLE DES CORRECTRICES

Du statut d' auto-entrepreneur à celui de petit patron négrier


NOTES
(1) De la précarité à la mobilité : vers une sécurité sociale professionnelle, rapport au ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, de Pierre Crahuc et Francis Kramarz, La Documentation française, juin 2005.
(2) Vladimir Spidla, commissaire europén à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances : communication au séminaire « Flexicurité, du point de vue de l’utilité », Bruxelles,27-29 février 2008 (www.cec-kek.org/pdf/SpidlaFlexicuri...).
On retrouve presque mot pour mot ce paragraphe dans : Vers des principes communs de flexicurité. Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en combinant flexibilité et sécurité, communication de la Commisssion au Parlement européen, etc., Bruxelles, 27 juin 2007 (COM(2007)359) ; sur Internet : eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUri...
(3) Eric Besson, Flexicurité en Europe. Eléments d’analyse, rapport au premier ministre, La Documentation française, février 2008. Sur Internet : lesrapports.ladocumentationfrancais...
(4) Lise Casaux-Labrunée, « La légalisation risquée du portage salarial », Semaine sociale Lamy n° 1349, du 14 avril 2008. (5) Accord collectif des entreprises de portage salarial adhérentes au CICF-SNEPS (Chambre de l’ingénierie et du Conseil de France-Syndicat national des entreprises de portage salarial) et CFDT, CFE-CGC et CFTC.
(6) Voir notamment « Formation : De l’adaptation permanente à l’emploi, à la gestion des situations de crise de l’emploi », Echanges n° 109 (été 2004). (7) Anact, Développement des compétences, juillet 1999. Internet :www.anact.fr
(8) Texte de loiwww.legifrance.gouv.fr/affichTexte....

1 Le 14 mars, 40 000 jeunes défilent. Le 16 mars, une mobilisation plus importante rassemble jusqu’à 800 000 manifestants, rejoints par les syndicats qui appellent à la grève.

Le 17 mars, le gouvernement tente de négocier. Les syndicats refusent frontalement et les mobilisations s’intensifient. Grèves et débrayages ont lieu. Le 28 mars, ce sont près de 3 000 000 manifestants qui défilent. C’est ce tournant qui fait vaciller le gouvernement ; De Villepin annonce, le 10 avril, que les conditions ne sont pas réunies pour la mise en place du CPE. Le gouvernement annule le projet.

mardi 27 janvier 2026

Anton Pannekoek, La destruction de la Nature, 1909.

 


Publié le 8 Juillet 2019 par Anton Pannekoek

Source de la traduction: Pantopolis , par Ph.B., 8 juillet 2019,

Anton Pannekoek

 La destruction de la nature (1909)*

 De nombreux écrits scientifiques se plaignent avec émotion de la destruction croissante des forêts. Or ce n’est pas seulement la joie que chaque amoureux de la nature éprouve pour la forêt qui doit être prise en compte. Il existe aussi d’importants intérêts matériels, voire des intérêts vitaux pour l’humanité. Avec la disparition des riches forêts, des pays connus dans l’Antiquité pour leur fertilité, densément peuplés, véritables greniers pour les grandes villes, sont devenus des déserts pierreux. La pluie n’y tombe que rarement, ou des pluies diluviennes dévastatrices emportent les minces couches d’humus qu’elle doit fertiliser. Là où la forêt des montagnes a été anéantie, les torrents alimentés par les pluies de l’été roulent d’énormes masses de pierres et de sable, qui dévastent les vallées alpines, déforestent et détruisent les villages dont les habitants sont innocents «du fait que le profit personnel et l’ignorance ont détruit la forêt dans les hautes vallées et la région des sources». 

«Intérêt personnel et ignorance» : les auteurs, qui décrivent avec éloquence ce désastre, ne s’attardent pas sur ses causes. Ils croient probablement qu’il suffit d’en souligner les conséquences pour remplacer l’ignorance par une meilleure compréhension et en annuler les effets. Ils ne voient pas qu’il s’agit d’un phénomène partiel, l’un des nombreux effets de nature similaire du capitalisme, ce mode de production qui est le stade suprême de la chasse au profit.

Comment la France est-elle devenue un pays pauvre en forêts, au point d’importer chaque année des centaines de millions de francs de bois de l’étranger et de dépenser beaucoup plus pour atténuer par le reboisement les conséquences désastreuses de la déforestation des Alpes? Sous l’Ancien Régime, il y avait beaucoup de forêts domaniales. Mais la bourgeoisie, qui a pris les rênes de la Révolution française, ne voyait dans ces forêts domaniales qu’un instrument d’enrichissement privé. Les spéculateurs ont rasé trois millions d’hectares pour transformer le bois en or. L’avenir était le cadet de leurs soucis, seul comptait le profit immédiat.

Pour le capitalisme, toutes les ressources naturelles ont la couleur de l’or. Plus il les exploite rapidement, plus le flux d’or s’accélère. L’existence d’un secteur privé a pour effet que chaque individu essaie de faire le plus de profit possible sans même penser un seul instant à l’intérêt de l’ensemble, celui de l’humanité. Par conséquent, chaque animal sauvage ayant une valeur monétaire, toute plante poussant à l’état sauvage et dégageant du profit est immédiatement l’objet d’une course à l’extermination. Les éléphants d’Afrique ont presque disparu victimes d’une chasse systématique pour leur ivoire. La situation est similaire pour les hévéas, qui sont victimes d’une économie prédatrice dans laquelle tout le monde ne fait que détruire les arbres sans en replanter de nouveaux. En Sibérie, on signale que les animaux à fourrure se raréfient de plus en plus en raison d’une chasse intensive et que les espèces les plus précieuses pourraient bientôt disparaître. Au Canada[1], de vastes forêts vierges sont réduites en cendres, non seulement par les colons qui veulent cultiver le sol, mais aussi par les «prospecteurs» à la recherche de gisements de minerai ; ceux-ci transforment les versants montagneux en roches dénudées pour avoir une meilleure vue d’ensemble du terrain. En Nouvelle-Guinée[2], un massacre d’oiseaux du paradis a été organisé afin de se plier à la lubie dispendieuse  d’une milliardaire américaine[3]. Les folies de la mode typiques d’un capitalisme gaspillant la plus-value ont déjà conduit à l’extermination d’espèces rares; les oiseaux de mer de la côte est-américaine n’ont dû leur survie qu’à la stricte intervention de l’État. De tels exemples pourraient être multipliés à l’infini.

Mais les plantes et les animaux ne sont-ils pas là pour être utilisés par les humains à leurs propres fins ? Ici, nous laissons complètement de côté la question de la conservation de la nature telle qu’elle se poserait sans l’intervention humaine.  Nous savons que les humains sont les maîtres de la terre et qu’ils transforment complètement la nature pour leurs besoins. Pour vivre, nous sommes complètement dépendants des forces de la nature et des richesses naturelles; nous devons les utiliser et les consommer. Ce n’est pas de cela dont il est question ici, mais uniquement de la façon dont le capitalisme en fait usage.

Un ordre social raisonnable devra utiliser les trésors de la nature mis à sa disposition de telle sorte que ce qui est consommé soit en même temps remplacé, en sorte que la société ne s’appauvrisse pas et puisse s’enrichir. Une économie fermée qui consomme une partie des semis de céréales s’appauvrit de plus en plus et doit infailliblement faire faillite. Tel est le mode de gestion du capitalisme. Cette économie qui ne pense pas à l’avenir ne fait que vivre dans l’instantanéité. Dans l’ordre économique actuel, la nature n’est pas au service de l’humanité, mais du Capital. Ce ne sont pas les besoins vestimentaires, alimentaires et culturels de l’humanité, mais l’appétit du Capital en profit, en or, qui régit la production.

Les ressources naturelles sont exploitées comme si les réserves étaient infinies et inépuisables. Avec les néfastes conséquences de la déforestation pour l’agriculture, avec la destruction des animaux et des plantes utiles, apparaît au grand jour le caractère fini des réserves disponibles et la faillite de ce type d’économie. Roosevelt[4] reconnait cette faillite lorsqu’il veut convoquer une conférence internationale pour faire le point sur l’état des ressources naturelles encore disponibles et prendre des mesures pour prévenir leur gaspillage.

Bien sûr, ce plan en soi est une fumisterie. L’État peut certes faire beaucoup pour empêcher l’impitoyable extermination d’espèces rares. Mais l’État capitaliste n’est après tout qu’un triste représentant du bien commun (Allgemenheit der Menschen). Il doit se plier aux intérêts essentiels du Capital.

Le capitalisme est une économie décérébrée qui ne peut réguler ses actes par la conscience de leurs effets. Mais son caractère dévastateur ne découle pas de ce seul fait. Au cours des siècles passés, les êtres humains ont exploité la nature de manière insensée sans penser à l’avenir de l’humanité tout entière. Mais leur pouvoir était réduit. La nature était si vaste et si puissante qu’avec leurs faibles moyens techniques, ils ne pouvaient lui faire subir que d’exceptionnels dommages. Le capitalisme, en revanche, a remplacé le besoin local par le besoin mondial, créé des moyens techniques pour exploiter la nature. Il s’agit alors d’énormes masses de matière qui subissent des moyens de destruction colossaux et sont déplacées par de puissants moyens de transport. La société sous le capitalisme peut être comparée à la force gigantesque d’un corps dépourvu de raison. Alors que le capitalisme développe une puissance sans limite, il dévaste simultanément l’environnement dont  il vit de façon insensée. Seul le socialisme, qui peut donner à ce corps puissant conscience et action réfléchie, remplacera simultanément la dévastation de la nature par une économie raisonnable.

(ap)

 

 

* Zeitungskorrespondenz n° 75, 10 Juli 1909, p. 1 et 2. Traduction et notes éditoriales : Ph. Bourrinet (8 juillet 2019).

 

[1] La déforestation au Canada représente aujourd’hui la plus grande partie des forêts victimes de déforestation au niveau mondial. La forêt dite intacte y a diminué de 7,3 % entre 2000 et 2013. En 2014, le Canada arrivait au premier rang pour la destruction de forêt vierge au niveau mondial, devant la Russie et le Brésil : https://www.lapresse.ca/environnement/especes-menacees/201409/06/01-4797772-deforestation-le-canada-montre-du-doigt.php.

[2] La Nouvelle-Guinée en 1909 était aux mains des Pays-Bas, de l’Empire britannique (Australie) et de l’Allemagne.

[3] En fait, cette destruction répondait aux demandes de riches bourgeoises, tant européennes qu’américaines. Des dizaines d’années durant, le marché de la mode féminine alimenta une chasse systématique pour les besoins d’un commerce extrêmement lucratif. Celui-ci culmina au début des années 1900 : 80.000 peaux étaient alors exportées chaque année de Nouvelle-Guinée pour orner les chapeaux des dames européennes. En 1908, dans les régions de Nouvelle-Guinée qu’ils administraient, les Britanniques déclarèrent la chasse hors la loi. Les Néerlandais les imitèrent seulement en 1931.

[4] Theodore Roosevelt (1858-1919), ancien chef de la police new-yorkaise, secrétaire à la marine, puis engagé volontaire en 1898 dans la guerre contre l’Espagne et Cuba, vice-président sous MacKinley (qui sera assassiné), est deux fois président des  États-Unis de 1901 à 1909. Sa présidence est notamment marquée, sur le plan international, par sa médiation dans la guerre russo-japonaise, qui lui vaut le prix Nobel de la paix et son soutien à la première conférence de La Haye en ayant recours à l'arbitrage pour résoudre un contentieux opposant les États-Unis au Mexique. Tout cela dans les intérêts bien compris de la puissance américaine. Sa politique impérialiste, dite du «Gros Bâton», puis le durcissement de la doctrine Monroe, permettent le contrôle total du canal de Panamá par l’État yankee. En politique intérieure, son mandat est marqué par une politique volontariste de «préservation des ressources naturelles» et par l'adoption de deux lois importantes sur la protection des consommateurs. Idéologiquement, il justifiera le massacre des Amérindiens par le capital yankee en le niant purement et simplement : «Aucune nation conquérante et colonisatrice n'a jamais traité les sauvages qui possédaient les terres à l'origine avec autant de générosité que les États-Unis» (The Winning of the West, Putnam, New York, 1889).

Le Petit journal illustré, 8 novembre 1908. Légende : « Pour orner les chapeaux des belles dames. Comment on chasse les oiseaux de paradis à la Nouvelle-Guinée ».

Le Petit journal illustré, 8 novembre 1908. Légende : « Pour orner les chapeaux des belles dames. Comment on chasse les oiseaux de paradis à la Nouvelle-Guinée ».

Anton Pannekoek

 

Zeitungskorrespondenz Nr. 75, 10 Juli 1909, S. 1-2*

 

NATURVERWÜSTUNG

 

Vielfach begegnet man in naturwissenschaftlichen Schriften bewegten Klagen über die zunehmende Waldverwüstung. Dabei ist nicht allein die Freude maßgebend, die jeder Naturfreund an dem Wald empfindet. Es kommen wichtige materielle Interessen, sogar Lebensinteressen für die Menschheit hinzu. Mit dem Verschwinden der reichen Waldbestände sind Länder, die im Altertum als fruchtbare dicht bevölkerte Gegenden, als Kornkammer für die Großstädte berühmt waren, zu den Steinwüsten geworden. Der Regen fällt dort selten, aber dann in verheerenden Güssen, die die dünnen Humusschichen wegspülen, steht sie zu befruchten. Wo der Wald auf den Bergen ausgerottet ist, wälzen die durch den Sommerregen genährten Wildbache ungeheure Stein- und Sandmassen herunter, die lachende Alpentaler verschütten, Wälder abscheren und Dörfer verwüsten, deren Bewohner unschuldig daran sind, „dass Eigennutz und Unverstand im Hochtal und Quellgebiet den Wald zerstört haben“.

Eigennutz und Unverstand, weiter dringen die Autoren, die in beredten Worten diesen Jammer schildern, in seine Ursachen nicht ein. Sie glauben wohl, dass es genügt auf die Folgen hinzuweisen, um den Unverstand durch bessere Einsicht zu ersetzen und seine Wirkung aufzuheben. Sie sehen nicht, dass es sich hier um eine Teilerscheinung handelt, um eine einzige unter den vielen ähnlichen Wirkungen des Kapitalismus, der Produktionsweise, die die höchste Form der Profitjägerei darstellt.

Wie ist Frankreich zu dem waldarmen Land geworden, das jährlich für Hundertmillion Franken Holz aus dem Ausland kommen lassen muss, und noch viel mehr ausgeben muss, um in den Alpen durch Aufforstung die schlimmsten Folgen der Entwaldung wieder gut zu machen? Unter dem alten Regime gab es dort viele Wälder als Staatsdomäne. Aber die Bourgeoisie, die in der französischen Revolution ans Ruder kam, sah in den Staatsforsten nur Mittel zur privaten Bereicherung. Drei Millionen Hektar ließen die Spekulanten fallen, um aus Holz Gold zu machen. An die Zukunft dachten sie nicht, nur an einen augenblicklichen Gewinn.

Dem Kapitalismus sind alle Naturschätze nichts als Gold. Umso rascher er sie ausbeutet, umso stärker fließt der Goldstrom. Die Privatwirtschaft bewirkt, dass jeder einzelne möglichst viel Profit zu erhaschen sucht, ohne auch nur einen Augenblick an das Interesse der Gesamtheit, der Menschheit zu denken. Daher ist jedes wilde Tier, das einen Geldwert darrstellt, jede wildwachsende Pflanze, die Profit liefert, sofort das Objekt eines Ausrottungswettkampfes. Die Elefanten in Afrika sind durch die systematische Jagd nach Elfenbein fast verschwunden. Ähnlich steht es mit den Kautschukbäumen, die einer Raubwirtschaft zum Opfer fallen, bei der jeder nur Bäume vernichtet, und keiner neue pflanzt. Aus Sibirien wird berichtet dass die Pelztiere infolge der intensiven Jagd immer seltener werden und die kostbarsten Arten vielleicht bald ganz ausgestorben sein werden. In Canada werden ungeheure Urwälder niedergebrannt, nicht nur von Ansiedlern, die den Boden bebauen wollen, sondern von „Prospektors“ die nach Erzlagern suchen und des besseren Übersichtes des Terrains wegen die Bergabhänge in nackte Felsen verwandeln. In Neuguinea wurde eine Aufräumung unter den Paradiesvögeln gehalten, um der Prunksucht einer amerikanischen Milliardendame zu befriedigen. Die Modetollheiten, die als Verschwendungsform des Mehrwerts zum Kapitalismus gehören, haben ·schon zur Ausrottung seltener Tiere geführt; die Seevögel der ostamerikanischen Küste sind nur durch strenges Eingreifen des Staates vor diesem Schicksal bewährt geblieben. Diese Beispiele sind beliebig zu vermehren.

Sind aber die Pflanzen und Tiere nicht dazu da, von Menschen für seine Zwecke gebraucht zu werden? Wir wollen hier die Frage der Erhaltung der Natur, so wie sie ohne das Eingreifen der Menschen sein würde, ganz außer Acht lassen.  Wir wissen, dass die Menschen nun einmal die Herren der Erde sind und die Natur zu ihren Zwecken völlig umwandeln. Wir sind zu unseren Leben ganz auf die Naturkräfte und die Naturschätze angewiesen; wir müssen sie gebrauchen und verbrauchen. Nicht um diese Tatsache handelt es sich hier, sondern nur die Art und Weise, wie der Kapitalismus sie gebraucht.

Eine vernünftige Gesellschaftsordnung wird die ihr zur Verfügung stehenden Schätze der Natur in solcher Weise benutzen müssen, dass nicht mehr verbraucht wird, als jeder zugleich neu aufwächst, so dass die Gesellschaft nie ärmer wird und nur reicher werden kann. Eine abgeschlossene Wirtschaft, die einen Teil des zur Aussaat bestimmten Getreides verzehrt, wird immer ärmer und muss schließlich unfehlbar Bankrott machen. In solcher Weise wirtschaftet aber der Kapitalismus. Er denkt nicht an die Zukunft, sondern lebt nur beim Augenblick. Unter der heutigen Wirtschaftsordnung ist die Natur nicht der Menschheit sondern den Kapital dienstbar; nicht das Bedürfnis der Menschheit nach Kleidung, Nahrung und Kultur sondern das Bedürfnis des Kapitals nach Profit, nach Gold beherrscht die Produktion. Die Naturschätze werden ausgebeutet, als wären die Vorräte unendlich und unerschöpflich. In den üblen Folgen der Waldverwüstung für die Landwirtschaft, in der Ausrottung nützlicher Tiere und Pflanzen tritt die Endlichkeit der Vorräte als ein Bankrott dieser Wirtschaftsweise zu Tage. Als eine Anerkennung dieses Bankrotts ist es auch zu bezeichnen, wenn Roosevelt eine internationale Konferenz zusammenberufen will, der den Bestand der noch vorhandenen Naturschätze aufnehmen und Maßnahmen gegen ihre weitere Verschwendung treffen soll.

Natürlich ist dieser Plan selbst nur Humbug. Der Staat kann zwar Vieles tun, um die ruchlose Ausrottung seltener Naturwesen zu verhindern. Aber der kapitalistische Staat ist immerhin nur ein trauriger Vertreter der Allgemeinheit der Menschen. Vor den wesentlichen Interessen des Kapitals muss er Halt machen.

Der Kapitalismus ist eine kopflose Wirtschaft, die ihre Taten nicht durch das Bewusstsein der Folgen regulieren kann. Darin allein ließt aber sein verwüstender Charakter nicht. Auch in früheren Jahrhunderten haben die Menschen kopflos drauf los gewirtschaftet, ohne an die Zukunft der ganzen Menschheit zu denken. Aber ihre Macht war gering; die Natur war so groß und gewaltig, dass sie mit ihren kleinen schwachen Hilfsmitteln nur ausnahmsweisen Schaden darin anrichten konnten. Der Kapitalismus hat dagegen an die Stelle des Lokalbedarfs den Weltbedarf gesetzt und gewältige technische Hilfsmittel zur Ausbeutung der Natur geschaffen. Dabei handelt es sich dann sofort von ungeheuren Massen, die mit kolossalen Vernichtungsmitteln in Angriff genommen und mit mächtigen Transportmitteln weggeschafft werden. Die Gesellschaft unter dem Kapitalismus ist einem mit Riesenkraft ausgestatteten vernunftlosen Körper zu vergleichen; während er seine Kraft immer gewaltiger entwickelt, verwüstet er zugleich in sinnloser Weise die Natur, worin und wodurch er lebt. Nur der Sozialismus, der diesen mächtigen Körper Bewußtsein und überlegtes Handeln beibringt, wird damit zugleich die Naturverwüstung durch eine vernünftige Wirtschaft ersetzen.

 

{ap)

 

 

 

 


* Zeitungskorrespondenz, 7 Bände, Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis (IISG), Amsterdam,  Archief Antonie Pannekoek, map 281-282 (in http://aaap.be/Pages/Pannekoek-Inventory.html).


lundi 26 janvier 2026

Claude Albertani, Le jeune Victor Serge

 

 

Claude Albertani, Le jeune Victor Serge, Rébellion et anarchie, 1890-1919, Libertalia, 2025. Ce livre constitue le tome I de la biographie de V. Serge et de sa vie mouvementée. Militant, écrivain, poète, témoin et acteur,… mais il s’agit surtout de la saga historique et tragique d’une génération de combattants qui de la « Bande à Bonnot » en passant par les bolchéviques jusqu’à l’exil mexicain et l’opposition ouvrière, retrace de manière vécue et vivante l’aventure révolutionnaire d’une partie du vingtième siècle, avec ses aléas, ses trahisons, ses espérances, ses héros et ses victimes. C’est une manière plaisante et aisée, mais factuellement vérifiée, d’aborder l’histoire du mouvement ouvrier d’un point de vue de classe, en restituant à merveille les contextes politiques et les divergences problématiques. Révolution et contre-révolution s’y font face au travers de leurs protagonistes petits et grands, célèbres comme anonymes. « Tout comme il y a plusieurs Marx et divers Trotski, il existe également de multiples Victor Serge (…).  Pourtant, un fil conducteur relie les multiples vies de Victor Serge : la critique du pouvoir et la passion de la liberté, ainsi que le fait de n’avoir jamais été le compagnon de route des totalitaires et des fabricants de mensonge. » P. 46.  Comme il l’écrit dans son livre « Naissance de notre force » : « Du fond de cette fosse de réprouvés, nous avons condamné le monde, la guerre, la loi, les puissants, les riches, les corrompus, les imbéciles. » Victor Serge, Naissance de notre force, p.175, Climats, Flammarion, Paris. 2011. Un auteur - militant à connaître à découvrir ou à relire.


Illustration musicale : Anarchy in the U.K., Never Mind the Bollocks, here’s the Sex Pistols, https://youtu.be/kP2ZF7g-3Fs?si=WzwegyN-t93auRgM

Zone contenant les pièces jointes


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samedi 24 janvier 2026

Raoul Victor-À propos de l'intervention militaire américaine au Venezuela

 



Si l'on devait trouver un slogan pour illustrer ce qui caractérise la politique des principaux pays du monde actuel, ce serait « Viva la muerte ! ». Il s'agit pour eux de développer tous les moyens, matériels et idéologiques, pour davantage de carnages humains. Pour que les choses soient claires, le gouvernement qui possède le plus grand complexe militaro-industriel de la planète change le nom de son ministère de la Défense en ministère de la Guerre, tout en exigeant de ses 31 pays alliés qu'ils augmentent immédiatement leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB, ce qui implique souvent une augmentation de 100 % ou plus. Et ceux-ci acceptent en applaudissant... et en prévoyant de réduire les dépenses de santé et d'éducation, par exemple. « Viva la muerte ! Muera la inteligencia ! »1

La même folie destructrice se développe dans le cerveau malade des gouvernements de l'autre côté de la planète, tant en Chine qu'en Russie, au Japon ou dans les deux Corées.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! », disait à juste titre Jean Jaurès en 1914.

La récente intervention de l'armée américaine au Venezuela, ainsi que l'installation d'énormes forces militaires dans les Caraïbes, font partie du désastre en cours. Ce qui motive le gouvernement américain, ce n'est pas la lutte contre le trafic de drogue ni un désir de démocratie et de liberté, mais un effort pour lutter contre le déclin de sa domination économique dans le monde et le développement spectaculaire de la présence et de l'influence de la Chine en Amérique latine et dans le reste du monde. La défense du dollar comme principale monnaie mondiale, en particulier du pétrodollar, fait partie des motivations de cette opération.

En 2024, la Commission de la stratégie de défense nationale2 a publié un rapport qui indique clairement que les États-Unis sont confrontés aux menaces les plus dangereuses depuis 1945, notamment celle d'une guerre majeure, la Chine et la Russie étant les principaux ennemis. Une guerre pour laquelle, si elle devait se prolonger et s'étendre à différents fronts, le pays n'est pas suffisamment préparé, ni sur le plan industriel ni sur le plan idéologique. « Nous avons besoin, dit le rapport, d'un état d'esprit guerrier ». Le gouvernement Trump obéit et exécute fidèlement et brutalement ces orientations.3

Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, même si la plupart d'entre elles sont encore inexploitées et composées d'un brut très dense, difficile à exploiter et à transporter. La production pétrolière vénézuélienne actuelle est incroyablement faible par rapport à ce qu'elle était dans le passé et à ce qu'elle pourrait être.4 Mais, tout d'abord, en cas de guerre généralisée, ces réserves pourraient être déterminantes, en particulier pour la Chine. Deuxièmement, la Russie et la Chine ont investi des milliards de dollars dans l'industrie pétrolière vénézuélienne. Le remboursement de ces investissements pourrait être interrompu. Aujourd'hui, la Chine absorbe plus de 80 % des exportations de pétrole vénézuélien en remboursement de ces investissements (estimés à 20 milliards de dollars) et ce remboursement était censé durer des années. Troisièmement, depuis un quart de siècle, Cuba survit grâce à l'importante aide pétrolière vénézuélienne. C'est pourquoi les premières mesures imposées par Trump au gouvernement de Delcy Rodriguez concernent le pétrole. Trois objectifs : 1. « Ouvrir le pays à nos gigantesques compagnies pétrolières » (Trump). 2. Entraver gravement les relations du Venezuela avec la Chine et la Russie. 3. Essayer d'étrangler Cuba.

Trump prétend justifier l'intervention militaire comme une lutte contre le trafic de drogue qui « empoisonne » les Américains. Il est vrai que le Venezuela, avec ses 2 219 km de frontière poreuse avec la Colombie, a été, en particulier depuis l'arrivée des « chavistes » au pouvoir, un refuge et un allié (soi-disant « idéologique ») des guérillas telles que les FARC, l'un des plus importants producteurs et trafiquants de cocaïne au monde. Mais les États-Unis, premier consommateur de cocaïne et premier producteur de marijuana au monde, abritent d'énormes mafias américaines du trafic de drogue. Pourquoi ne pas commencer par balayer devant leur porte ? Soit dit en passant, la cocaïne qui passe par les réseaux vénézuéliens est principalement exportée vers l'Europe. Celle qui arrive aux États-Unis passe principalement par le Pacifique et le Mexique.

À un autre niveau, il existe un aspect non négligeable qui explique en partie le caractère spectaculaire de l'énorme mobilisation militaire dans les Caraïbes : la préparation idéologique de la population américaine, et des jeunes en particulier, à la guerre. Il s'agit de la création de cette « mentalité de guerre » exigée par la Commission of the National Defense Strategy.

Quelle transition ?

Beaucoup de gens espéraient que peu après l'enlèvement de Maduro, tout allait changer, que les milliers de prisonniers politiques seraient libérés, que les centres de torture seraient fermés, que les « colectivos » bolivariens, ces corps paramilitaires créés par Diosdado Cabello5 , seraient désarmés et dissous, que le contrôle policier généralisé qu'ils exercent disparaîtrait...

que les millions de Vénézuéliens qui ont fui le pays pourraient commencer à revenir...

Mais pour l'instant, quelques semaines après le 3 janvier, mis à part la « libération » de quelques prisonniers politiques, sous la pression directe des autorités américaines, la réalité n'a pas changé ou, pire, s'est aggravée à certains égards. Dans le « 23 de Enero », un quartier ouvrier de Caracas considéré comme un bastion du régime, les « colectivos » ont imposé un couvre-feu informel en multipliant la présence d'hommes armés. Après six heures du soir, les rues sont vides. Dans les rues de Caracas, les colectivos procèdent à des contrôles d'identité, fouillant et parfois confisquant les téléphones portables contenant des messages applaudissant la capture de Maduro. Ce qui domine, c'est une attente inquiète et craintive...

Au niveau gouvernemental, ce qui a changé, c'est surtout l'absence du numéro un. Trois personnages semblent constituer les principaux piliers du « nouvel » ordre.

1. Delcy Rodriguez, désignée par Trump comme « présidente par intérim », a prêté serment devant l'Assemblée nationale devant Jorge Rodriguez, son propre frère et président de cette assemblée. Elle est l'une des personnes qui a occupé les fonctions les plus importantes dans les gouvernements de Maduro. Mais depuis le 3 janvier, chaque jour apporte de nouvelles révélations sur le rôle actif qu'elle a joué dans la préparation et la réalisation de l'enlèvement. Trump ne cesse de la féliciter et de dire qu'elle est « une personne formidable ». Quelques heures après l'attaque, Trump a déclaré au New York Post qu'elle était au courant : « Nous lui avons parlé à plusieurs reprises. Elle se montre compréhensive, elle comprend. » Quant à son rôle à la tête du gouvernement, Trump affirme : « Son leadership est bon et intelligent. Nous travaillons ensemble pour assurer la prospérité des deux pays dans cette nouvelle ère d'échanges commerciaux. » Avec son frère, elle a rapidement fait adopter par l'Assemblée nationale en première lecture une « réforme de la loi organique sur les hydrocarbures » afin de faciliter les investissements des entreprises américaines. Tout cela ne l'empêche pas de répéter que « personne d'autre que Dieu ne décide de mon destin », qu'il faut se mobiliser pour faire revenir Maduro et son épouse, enlevés par une odieuse agression étrangère, etc.

2. Diosdado Cabello, « ministre de l'Intérieur et vice-président du gouvernement chargé de la sécurité citoyenne ». Généralement considéré comme l'homme le plus brutal du chavisme et le plus important après Maduro. Chaque semaine, il présentait et continue de présenter une émission de télévision au titre significatif : « Con el mazo dando » (Avec le marteau qui frappe). Lui aussi, selon l'agence Reuters, aurait eu des discussions avec les autorités américaines quelques mois avant l'opération Maduro, ce qu'il nie catégoriquement. Pour lui, au Venezuela, « rien n'a changé, la révolution bolivarienne continue... Le bombardement du 3 janvier, qui a coûté la vie à plus de 100 Vénézuéliens... a consolidé l'union du pays ». Bien qu'il affirme sa solidarité avec les mesures prises par le gouvernement, malgré le fait qu'il soit « l'homme qui contrôle les fusils », comme le dit le Wall Street Journal, il n'a pris aucune mesure pour désarmer les colectivos ni pour apaiser les éléments les plus hostiles à la nouvelle politique. « Cabello doit partir ! », déclare l'influent organe de presse américain.

3. Vladimir Padrino, ministre de la Défense et chef de l'armée, bien que plus discret, est le troisième pilier du gouvernement actuel. C'est lui qui assure jusqu'à présent le contrôle indispensable de la hiérarchie militaire. Le 19 janvier, il a annoncé une « révision complète » des forces militaires pour la défense du pays après « l'agression impérialiste sans précédent » et afin d'être mieux préparé à une éventuelle nouvelle agression à l'avenir.

Tous trois font partie des fonctionnaires sanctionnés par l'Union européenne le 25 juin 2018, leurs avoirs ayant été gelés et une interdiction de voyager leur ayant été imposée pour avoir « porté atteinte à la démocratie et à l'État de droit au Venezuela ». Delcy Rodriguez est à l'origine de ce qui a été appelé le « Delcygate » pour avoir transporté en janvier 2020 en Espagne 104 lingots d'or d'une valeur de 68 millions de dollars. Les deux hommes sont accusés de trafic de drogue par la justice américaine qui, depuis janvier 2025, offre 25 millions de dollars pour la capture de Cabello et 15 millions pour celle de Padrino.

La duplicité, le double jeu de ces personnages illustrent les paradoxes grotesques qui caractérisent la situation au Venezuela quelques semaines après l'intervention américaine.

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Certains affirment que l'intervention américaine a finalement été un échec, car les chefs chavistes, les généraux de l'armée et les autres personnes accusées de trafic de drogue sont toujours libres et au pouvoir.

Mais en réalité, la situation contradictoire actuelle avait été prévue par les autorités qui ont préparé et mené l'intervention.

Il y a quelques jours, Marco Rubio, secrétaire d'État de Trump (et proposé par ce dernier comme futur président de Cuba), a déclaré : « Nous pensons que nous progressons de manière très positive ». Selon lui, il existe une stratégie en trois phases pour l'avenir du Venezuela sous la tutelle de Washington : 1. stabilisation, 2. rétablissement et réconciliation, 3. transition politique.

Mais comment mener à bien cette première phase de « stabilisation » ? La principale préoccupation était d'éviter que l'inévitable confrontation avec les chavistes ne dégénère violemment en actions armées ouvertes et violentes, ouvrant la voie à une guerre civile. L'idée était de contraindre une partie des chavistes au pouvoir à gérer eux-mêmes la stabilisation de la situation. C'est pourquoi, par exemple, à ceux qui demandaient que María Corina Machado, principale figure de l'opposition, soit immédiatement mise au pouvoir, Trump a répondu qu'elle n'était pas la personne appropriée car elle ne disposait pas d'un « respect et d'un soutien » suffisants... vraisemblablement dans l'armée et dans les colectivos.6

Mais dans quelle mesure peut-on dire qu'une « stabilisation » aura lieu ?

Politiquement et officiellement, les responsables chavistes multiplient les appels à la paix et à « l'unité » du peuple vénézuélien. Mais peu de choses ont changé dans la pratique de la vie sociale. À certains égards, la situation s'est même aggravée. La libération des prisonniers politiques est en cours. Il convient de rappeler que Trump a récemment déclaré qu'il avait décidé de procéder à une deuxième opération militaire, mais qu'il l'avait annulée en voyant que le gouvernement avait commencé à libérer les prisonniers politiques. Cabello prétend que cette libération répond à une décision prise avant décembre par Maduro et qu'elle s'inscrit dans un processus de « réconciliation nationale ». Mais elle se déroule très lentement. Les familles des prisonniers dorment souvent devant les prisons dans l'attente. Les libérations sont assorties de conditions : ne pas parler des conditions de détention, ne pas faire de déclarations politiques... Jusqu'où ira cette procédure ?

Apparemment, le gouvernement américain est confiant et prépare la réouverture de son ambassade à Caracas. Récemment, un gros avion américain rempli de matériel destiné à la réinstallation de l'ambassade a atterri.

Quoi qu'il en soit, les chavistes qui ont rejoint « l'autre camp » devraient méditer la célèbre citation de l'ancien secrétaire d'État américain Kissinger : « Être l'ennemi des États-Unis est dangereux, mais être leur ami est fatal ».

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Ce que démontre une fois de plus la réalité vénézuélienne, c'est que la seule façon d'échapper à l'étau du « Viva la muerte ! » guerrier et des dictatures de type chaviste ou « démocratiques », c'est le chemin difficile de la conquête révolutionnaire et internationale du contrôle de notre vie sociale.


Raoul Victor

24 janvier 2026







1 . Attribué au général José Millán Astray, pilier du franquisme, lors d'une assemblée le 12 octobre 1936, en réponse à Miguel de Unamuno qui avait condamné le récent « soulèvement » avec la célèbre formule : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas ! ».


2 . Il s'agit d'un organisme « indépendant », composé d'experts des deux partis, républicain et démocrate, créé en 2022 par le Congrès, dont la fonction est de réaliser un audit objectif de la stratégie du département de la Défense et des questions de sécurité en général.


3 . La brutalité de l'impérialisme américain n'est pas nouvelle, même si elle atteint aujourd'hui des niveaux particulièrement spectaculaires. Il y a un peu plus de trois ans, le président Biden n'a pas hésité à annoncer et à faire détruire les gazoducs qui alimentaient l'industrie allemande et européenne en gaz russe et à obliger les pays européens à acheter du gaz américain beaucoup plus cher.


4 . En 2003, à titre de mesure de répression après une importante grève de la société nationale PDVSA, Chavez a procédé au licenciement de près de 20 000 employés. La plupart étaient des cadres, des ingénieurs et des techniciens qualifiés. Peu après, des milliers d'employés choisis pour des raisons politiques mais sans expérience, parmi lesquels des militaires, ont été intégrés en masse. Les conséquences en termes d'incompétence et de négligence, associées à une corruption chronique, ont été désastreuses.


5 . Inspirés par les "Comités de défense de la révolution cubaine", ils exercent un contrôle strict sur la population, en particulier dans les quartiers populaires. Ils sont systématiquement utilisés pour attaquer à moto les rassemblements ou les manifestations contre le gouvernement.


6 . Corina Machado, prix Nobel de la paix, figure de proue de l'opposition au régime chaviste, est une personnalité avide de pouvoir. Sachant que Trump rêvait d'obtenir le prix Nobel qui lui a été décerné, elle a décidé de le partager avec lui et de lui apporter sa médaille à la Maison Blanche. Machado, véritable fanatique du personnage, se rend complice de celui qui, pendant deux ans, a encouragé, soutenu et fourni toutes les armes nécessaires au génocide effroyable et infâme de la population de la bande de Gaza, l'homme qui mène aujourd'hui une guerre impitoyable contre les travailleurs immigrés dans son pays. Trump l'a remerciée et a déclaré à la presse qu'elle était « une femme formidable » et qu'il faudrait voir comment l'associer au processus de transition actuel. Selon les sondages d'opinion, elle serait la gagnante d'éventuelles élections présidentielles – la troisième étape du plan de Rubio.


LE K.A.P.D. : Exemple historique d’un parti combattant

    Extrait du texte de notre revue Matériaux Critiques N°13 : «LE K.A.P.D. : Exemple historique d’un parti combattant   »   ainsi que sa tr...