En ce début de XXIéme siècle, il me semble important pour notre réflexion collective de retracer brièvement les grandes étapes de l' évolution des forces productives et du machinisme.1 Pour ce faire il nous faudra remonter le temps en mettant en exergue quelques citations de Marx et Engels.
«Dans le développement des forces productives, il arrive un stade où naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent être que néfastes dans le cadre des rapports existants et ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l’argent), — et, fait lié au précédent, il naît une classe qui supporte toutes les charges de la société, sans jouir de ses avantages, qui est expulsée de la société et se trouve, de force, dans l’opposition la plus ouverte avec toutes les autres classes, une classe que forme la majorité des membres de la société et d’où surgit la conscience de la nécessité d’une révolution radicale, conscience qui est la conscience communiste et peut se former aussi, bien entendu, dans les autres classes quand on voit la situation de cette classe. » (L’idéologie allemande, Éditions sociales, pages 67-68 : « Feuerbach l’opposition de la conception matérialiste et idéaliste ».)
Nous retiendrons principalement que les forces productives arrivée à un certain développement se transforment en leur contraire , des forces de destructions. Nous pouvons situer ce retournement à l'époque de la première guerre mondiale, époque où le machinisme est dans le prolongement de la main , femmes et enfants deviennent exploitables. A partir de ce constat, la destruction créatrice c' est à dire la concurrence entre capitalistes sera plus vive, l'impérialisme va s' étendre d' abord sous la forme d' un colonialisme brutal et ensuite par une expansion du capital financier ( le monde du crédit) fera sa grande expansion après la seconde guerre mondiale accompagné de la dette publique.
« Le système de crédit accélère par conséquent le développement matériel des forces productives et la constitution du marché mondial ; la tâche historique de la production capitaliste est justement de pousser jusqu'à un certain degré le développement de ces deux facteurs, base matérielle de la nouvelle forme de production.
Voici les deux aspects de la caractéristique immanente du système de crédit : d’une part, développer le moteur de la production capitaliste, c’est-à-dire l’enrichissement par exploitation du travail d’autrui pour en faire le système le plus pur et le plus monstrueux de spéculation et de jeu, et pour limiter de plus en plus le petit nombre de ceux qui exploitent les richesses sociales ; mais d’autre part, constituer la forme de transition vers un nouveau mode de production, c’est ce double aspect qui donne aux principaux défenseurs du crédit, de Law jusqu'à Isaac Péreire, leur caractère agréablement mitigé d’escrocs et de prophètes. ( Karl Marx le Kapital T III éme Chap. XXVII page 465 édt Moscou).
"Dès lors, coïncidant avec le plus haut développement des forces productives et la plus large expansion des richesses existantes commencera la dépréciation du capital, la dégradation du travailleur et l'épuisement de ses forces vitales. Ces contradictions conduisent à des explosions, à des cataclysmes, à des crises, où l'arrêt temporaire de tout travail et l'anéantissement d'une grande partie du capital ramèneront brutalement celui-ci à un point où il sera capable de recréer ses forces productives sans commettre un suicide. Mais parce que ces catastrophes reviennent régulièrement et se produisent chaque fois sur une plus grande échelle, elles aboutiront en fin de compte au renversement violent du capital." (Marx. Grundrisse. Pléiade t.2 p.273)
Depuis la seconde guerre mondiale, la domination réelle du capital n' a pas cesser de se renforcer, les vieilles litanies nous expliquant que le capital était un frein au développement des forces productives passeront à la trappe de l'histoire. L'informatisation de la société allait ouvrir un second chapitre au machinisme, celui-ci se présentant dorénavant dans le prolongement du cerveau humain, allant jusqu’au transhumanisme.
Actuellement la crise de surproduction globale prouve que la destruction créatrice de Schumpeter est en passe de se transformer en créatrice destruction et militarisation. Pour rappel, Marx avait bien souligné que le capitalisme épuiserait « la terre et le travailleur »
« La production capitaliste ne développe donc la technique et le combinaison du procès
de production sociale qu'en épuisant en même temps les deux sources d'où jaillit toute la
richesse : la terre et le travailleur. »Le Capital livre 1-XV ,Machinisme et grande industrie
Cela fait déjà quelques années qu'un débat fut entamé sur le rapport entre écologie et luttes des classes. Curieusement nous pouvons dire sans trop nous tromper que c' est la revue Invariance du bordiguiste J,Camatte qui allait en quelque sorte jeter le pavé dans la mare. Il sera suivi par la revue interrogation humaine de Gérard Ribou, puis par un ex bordiguiste Claude Bitot2 influencé par lui. »
Comment Jacques Camatte va poser le problème, tout d' abord il fera éditer par les ed Spartacus en Mai 1976 « Capital et gemeinwesen » un réquisitoire complet concernant principalement la loi de la valeur dans la pure tradition bordiguiste. Pas encore dans ce livre de « dérive écologique » manifeste, il faut attendre les premiers numéros d' Invariance pour que progressivement J,Camatte procède à une remise en cause du prolétariat révolutionnaire3 avec mise en avant du danger émis par le surdéveloppement des forces productives. pour finir par nous dire « il faut quitter ce monde » curieuse conclusion venant d'un bordiguiste, qui connaît parfaitement le marxisme.
Le capitalisme freine le progrès technique ?
D' autres bordiguistes comme « Robin Goodfellow RGF » de la revue Communisme ou Civilisation.resterons dans les clous du bordiguisme historique. Ils vont défendre que « Le mode de production capitaliste freine le progrès technique » Nous aurons une vive polémique à ce sujet avec eux. Cette polémique est importante car elle fait émerger deux conceptions du développement du capital Il y a ceux qui pensent que Marx fut un partisan du capitalisme, promoteur à tout va des forces productives, Ils reprochent donc au capitalisme de freiner l' évolution des forces productives.
Et ceux comme par exemple Adam Buick4 qui explique très bien le cheminement de Marx sur le sujet. Dans son article « Marx, le capitalisme et le communisme » dont voici quelques extraits ;
« Il pensait (Marx) que c’était le capitalisme qui frayerait la voie au communisme et que ce premier avait encore du travail à faire. Il préconisait donc, vu les circonstances, qu’il était du devoir des communistes à travailler non seulement pour le communisme, mais aussi pour le progrès du capitalisme aux dépens des formes politiques et sociales réactionnaires ».
« Ces positions étaient dans une certaine mesure compréhensibles à une époque où le capitalisme n’avait pas encore fini de créer les fondements matériels du communisme, puisqu’elles avaient pour but d’accélérer ce processus. Mais dès que le capitalisme eut créé ces conditions, disons trente ans après la mort de Marx, de telles positions devinrent dépassées et même réactionnaires, et ceci selon la théorie même de Marx.
Trente ans après la mort de Marx, l’électrification de l’industrie, le moteur à combustion interne, la radio et d’autres progrès technologiques étaient apparus et montraient clairement que le problème de la production d’une abondance pour tous était résolu, que la pénurie était enfin surmontée et que l’humanité pouvait finalement commencer à profiter du dur labeur des générations précédentes de producteurs — mais à condition que le capitalisme soit aboli et le communisme réalisé.
En 1914 éclata la guerre, appelée « mondiale » à juste titre, qui marqua l’émergence du capitalisme en tant que système mondial prédominant et incontesté et qui aboutit à la chute des trois empires réactionnaires que Marx avait considérés comme des menaces pour le progrès démocratique et social de son époque.
Grâce à ces changements de circonstances, les communistes n’avaient plus à aider le capitalisme à préparer la voie au communisme. Le capitalisme l’avait déjà fait et était donc devenu un système réactionnaire; par conséquent, les communistes devaient exclusivement consacrer leurs efforts à encourager le développement de la conscience communiste et l’organisation de la classe travailleuse. Ils devaient refuser de se laisser détourner de cet objectif pour se mettre à proposer ou à appuyer des réformes sociales et démocratiques et des mouvements visant à établir de nouveaux États, ou pour se mettre à soutenir l’un des camps en temps de guerre. »
« Marx vivait à une époque où le capitalisme n’avait pas encore complètement posé les fondations qui auraient permis la réalisation immédiate du communisme. Lorsqu’on soulevait cette objection, il répondait que si la classe travailleuse avait pris le pouvoir à ce moment-là (ce qui était, nous pouvons le voir maintenant, tout à fait improbable vu l’immaturité politique de la classe travailleuse de l’époque et vu le fait que beaucoup étaient encore employés dans la petite industrie), il aurait fallu avoir une période de transition relativement longue qui aurait permis tout d’abord de centraliser l’administration des moyens de production qui n’étaient pas encore complètement industrialisés. Cela fait, il aurait fallu travailler au développement rapide des moyens de production pour pouvoir bientôt satisfaire tous les besoins humains. Mais pendant ce temps, toujours d’après Marx, il aurait fallu limiter la consommation, même au sein d’une société fondée sur la possession commune et la gestion démocratique des moyens de production: le libre accès selon les besoins individuels n’aurait pu être mis en application avant que les moyens de production ne se soient développés davantage. Marx ne fit aucune allusion au temps que cela prendrait mais en évaluant le progrès technologique qui suivit, on peut penser que cela aurait représenté une trentaine d’années ».
Adam Buick, montre bien pourquoi Marx considère le développement du capital comme un progrès vis a vis des modes de production antérieurs, jusqu' au moment ou va s'opérer un retournement dialectique, celui ou le développement des forces productives deviennent des forces destructrices (le machinisme et l’argent),
En ce qui concerne notre critique de RGF, nous ne nions pas que certain trusts monopolistes achètent des brevets pour empêcher une mise en concurrence. Ce fut toute l' histoire autour du moteur à eau et bien d' autres ( voir sur le sujet technique et civilisation de Lewis Mumford edt deuil). Cependant, le capital de par sa nature est contraint à l’innovation il doit constamment sous le fouet de la concurrence se concentrer et se centraliser. Pour cela il doit constamment développer les forces productives au point de provoquer régulièrement des crise de surproduction qui confirme le blocage de la spirale ascendante de l' accumulation et son cours catastrophique. Soumis à ces propres contradictions le capitalisme pour se survivre a recours à la militarisation de l' économie, ce que nous vivons actuellement avec menace d'une guerre mondiale pouvant mener à l' apocalypse nucléaire.
A défaut de cette solution finale , certains pensent que nous avons atteins un nouveau stade dans l' évolution des forces productives et nous parle d'un post capitalisme dont nous allons essayer d'en tracer les contours.
LE POST CAPITALISME EN QUESTION
Ce caractère destructeur des forces productives va engendrer, une révision complète de la théorie du prolétariat comme classe révolutionnaire imposant sa dictature , une révision du développement des forces productives libératrices. Commencé dans notre milieu par J Camatte, suivi par Claude Bitot dans son livre « le communisme n' a pas encore commencé » édition Spartacus auquel nous pouvons joindre celui de Paul Mason « Post capitalisme ». Nous étions en grande partie d' accord avec le constat de C Bitot ayant nous même appuyer la publication de son livre « le communisme n' a pas encore commencé » aux éditions Spartacus. Son deuxième livre « repenser la révolution »edt Spartacus va décrocher du mouvement révolutionnaire et tomber dans un pacifisme digne de celui du PCF et de tout le gratin du républicanisme bourgeois contre la violence.
Nous repoussons totalement ces arguments visant un passage pacifique au socialisme.
Il nous faut ici bien nous démarquer de la critique des forces productives émise par les adeptes de la « décroissance »5,pour nous il y a durant la période ascendante du capitalisme, la grande industrie les moyens de sortir le monde de la misère et des famines. Notre aversion du développement des forces productives se situe au commencement de la première guerre mondiale et va prendre une autre dimension avec les TIC, l'IA et les plateformes.
LE PROLETARIAT AU PRISE AVEC LES PLATEFORMES LA ROBOTIQUE ET L'IA.
« le prolétariat est révolutionnaire ou il n' est rien » Marx-Cf. Marx à J.B. von Schweitzer, 13 février 1865.
Non seulement il n' est rien, mais il est comme le soulignera Boukharine une classe pour le capital. Force est de constater que depuis la période révolutionnaire de 1914-1918 et la guerre d' Espagne,
il n y a pas eu de grande tentative révolutionnaire venant du prolétariat. On justifia cette situation par la présence montante d'une aristocratie ouvrière, par une période de contre révolution , et finalement par le mouvement de délocalisation industriel de l'Occident, déjà formulé dans « l' impérialisme stade suprême » ;
« La description par Schulze-Gaevernitz de l'"impérialisme britannique" nous révèle les mêmes traits de parasitisme. Le revenu national de l'Angleterre a presque doublé de 1865 à 1898, tandis que le revenu "provenant de l'étranger" a, dans le même temps, augmenté de neuf fois. Si le "mérite" de l'impérialisme est d'"habituer le Noir au travail" (on ne saurait se passer de la contrainte...), le "danger" de l'impérialisme consiste en ceci que "l'Europe se déchargera du travail manuel - d'abord du travail de la terre et des mines, et puis du travail industriel le plus grossier - sur les hommes de couleur, et s'en tiendra, en ce qui la concerne, au rôle de rentier, préparant peut-être ainsi l'émancipation économique, puis politique, des races de couleur". » Lénine l' impérialisme stade suprême du capitalisme ed. Pékin p.125,126un
Ici il ne fait aucun doute, que l'on confond les effets et la cause, la cause étant l' évolution de la machinerie qui est parvenue à ses limites, celles ou le moyen de travail est transformé jusque dans sa valeur d'usage et sa nature physique pour devenir du capital fixe.
Des lors : « Mais cela n'est pas la voie par laquelle le machinisme a surgi dans son ensemble, et encore moins celle par laquelle elle progresse dans le détail. Cette voie est celle de l'analyse qui, par la division du travail, transforme les opérations des ouvriers en opérations déjà de plus en plus mécanisées, si bien qu'à un certain point le mécanisme peut prendre place. Donc ici le mode de travail déterminé apparaît directement transposé de l'ouvrier au capital sous la forme de la machine, et la puissance de travail de l'ouvrier apparaît dévalorisée par cette transposition. D'où la lutte de l'ouvrier contre les machines. Ce qui était activité du travailleur vivant devient activité de la machine. L'ouvrier voit ainsi se dresser face à lui de manière crûment tangible l'appropriation du travail par le capital, le capital absorbant en lui le travail vivant « comme s'il avait l'amour au corps ». (Marx. Grundrisse. Tome 2. P. 192. Ed. Sociales.)
Mais l' automation va se poursuivre la production va dépendre de plus en plus de la machinerie au point qu' à un certain stade, le vol du temps de travail comme mesure de l'exploitation devient une assise misérable.
« Le vol du temps de travail d’autrui, base actuelle de la richesse, paraît une assise misérable comparée à celle que crée et développe la grande industrie elle-même. Lorsque, dans sa forme immédiate, le travail aura cessé d’être la grande source de la richesse, le temps de travail cessera et devra cesser d’être la mesure du travail... » (Karl Marx, Manuscrits de 1857-1858 (« Grundrisse ») Les Éditions sociales, Paris, 2011, p. 660-662)
Après nous avoir fait l'éloge de la la révolution technique et scientifique, Marx va en déterminer les limites.
« Avant la production capitaliste, c'est le commerce qui domine l'industrie ; l'inverse se présente dans la société moderne. »K.Marx
Dés que la machinerie s'impose comme moyen de production plus efficace que la force productive ouvrière, celle ci se retrouve directement face au Capital. Elle va dans un premier temps engager la lutte contre les machines (les canuts et luddistes 1811-1812 ). Les blanquistes et Barbés passent aux actions directes mais seront vaincus.
C 'est alors que K,Marx fait cette déclaration :
« Les soi-disant révolutions de 1848, n'ont été que de simple incidents, de menues cassures et lézardes dans la dure écorce de la société européenne. Mais elles y découvraient un gouffre. Sous une surface d'apparence solide, elle révélèrent des océans de masse liquide qui n' a qu'a se répandre pour faire voler en éclats des continents de roches dures. Elles proclamèrent bruyamment et confusément l' émancipation du prolétariat, ce mystère du XIXéme siècle et de la révolution de ce siècle. En vérité, cette révolution sociale n' était pas une nouveauté inventée en 1848. la vapeur, l'électricité et le métier à filer étaient des révolutionnaires infiniment plus dangereux que des citoyens de la stature d'un Barbais,d'un Raspail et d'un Blanqui. « Discours à l'occasion de l' anniversaire du People « ' Paper, Londres le 14 avril 1856 (Traduction:L.Janover et M. Rubel.)
Voir aussi l' auto critique de Engels dans la préface de « Les luttes de classes en France 1848-1850 » ou l'on passe du slogan « l'arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes » au parlementarisme.1
Le moteur de l'histoire ce ne sont plus les Barbés, Raspail ,Blanqui ces révolutionnaires de la période de la domination formelle du capital, mais la révolutionnaire grande industrie comme fabrique de prolétaires potentiellement révolutionnaires. Cette masse de prolétaires permet au capital de s'accroître sur une base élargie.
« A mesure que la grande industrie se développe, la création de la richesse vraie dépend moins du temps et de la quantité de travail employés que de l’action des facteurs mis en mouvement au cours du travail, dont la puissante efficacité est sans commune mesure avec le temps de travail immédiat que coûte la production ; elle dépend plutôt de l’état général de la science et du progrès technologique, application de cette science à la production ».(Karl Marx, Manuscrits de 1857-1858 (« Grundrisse ») (Les Éditions sociales, Paris, 2011, p. 660-662)
Ce passage et d'autres indiquent, sans ambiguïté le passage à la domination réelle du capital, c' est à dire à l'avènement de la production de la plus-value relative, celle où le vol du temps de travail devient une assise misérable. Il faudra attendre l'après seconde guerre mondiale pour que cette domination l' emporte dans le monde occidental, rapidement confronté à la nécessité de délocaliser ses industries. La prévision de Schulze-Gaevernitz mentionnée dans « l'impérialisme stade suprême du capitalisme » venait de se réaliser.
Les Dark Factories6 et Data Center la victoire du capital fixe.
Même si les usines sombres totalement autonomes sont rares ; la concurrence pour savoir qui va rester sur le marché se chargera d' en accélérer l' usage pour que finalement comme le prévoyait Marx le capital se retrouve face à lui même.
Actuellement, en Chine populaire l' automatisation sans présence humaine fonctionnant sans lumière prend de l' extension. Comme en témoigne la nouvelle « usine sombre de Xiaomi, qui fabrique des smartphones. D'une superficie de 81 000 mètres carrés, elle fonctionne 24h/24 sans intervention humaine ni éclairage, pilotée par une intelligence artificielle capable d'assembler un smartphone toutes les trois secondes. Des entreprises comme Changying Precision Technology ont déjà remplacé 90 % de leur main-d'œuvre par des robots. Résultat : une production multipliée par 2,5 et un taux de défauts divisé par 5.
https://www.youtube.com/shorts/rHO_PGLt0Qk
Contrairement aux lignes de production classiques, chaque étape est gérée par des machines qui communiquent entre elles en temps réel. Cette automatisation totale réduit les erreurs de fabrication et permet une production continue 24 heures sur 24.Sans présence humaine salariée ces usines élimine les dépenses liées à l'éclairage, à la climatisation et à la sécurité au travail et bien entendu les gréves. Les robots maintiennent une qualité constante, ce qui est nécessaire pour les composants électroniques de haute précision. La Chine fait face à une diminution de sa main-d'œuvre industrielle consécutive à la politique de l »l'enfant unique », Pour compenser ce manque elle bouste la « robotisation »pour maintenir son volume de production.
Les stocks sont gérés par des véhicules autonomes qui transportent les pièces d'un poste à un autre sans intervention extérieure. L'humain n'intervient plus que pour la supervision à distance ou la programmation initiale des systèmes.
Au Japon
Le Japon, est l'un des premiers précurseurs de la fabrication dans le noir, notamment avec l'entreprise Fanuc, célèbre pour ses sites où des robots fabriquent d'autres robots de manière totalement autonome
En Allemagne
L'usine Siemens d'Amberg affiche un taux de qualité de 99,99 %. Malgré ce haut niveau d'automatisation, la supervision de l' ensemble est sous contrôle d' une présence humaine.
Au Danemark
L'entreprise LEGO possède des usines de fabrication parmi les plus automatisées au monde. Derrière la simplicité apparente des petites briques en plastique se cache un processus industriel de haute précision où la présence humaine est minimale, laissant place aux machines et aux robots autonomes.
La Corée du sud
Avec plus de 1 000 robots pour 10 000 employés, la Corée du Sud est le pays le plus robotisé au monde. Le gouvernement investit massivement pour faire face au vieillissement de sa population, avec un objectif de un million de robots déployés. Cette omniprésence technologique touche l'industrie, les services et les loisirs, comme le montre l'ouverture récente de parcs à thème dédiés à Séoul ,Les ouvriers coréens des usines Kia et Hyundai se sont mis en grève le 21 août 2026. Ils prennent conscience que la robotisation va les rendre obsolètes.
« Le syndicat sud-coréen de Hyundai Motor 005380.KS a lancé vendredi sa première grève générale en 10 ans après l'échec des négociations salariales, réclamant un relèvement de l'âge de départ à la retraite et des garanties d'emploi face à l'intelligence artificielle et à l'automatisation. 7
Des salariés du constructeur automobile, de sa filiale Kia Corp 000270.KS et de plusieurs équipementiers ont manifesté devant le siège de Hyundai à Séoul, arborant des bandeaux rouges et scandant des slogans.
"Les salariés qui ont fait de Hyundai et Kia l'un des groupes automobiles les plus performants au monde depuis 35 ou 40 ans sont aujourd'hui poussés vers des emplois contractuels", a déclaré le dirigeant du syndicat de Hyundai, Lee Jong-cheol, lors du rassemblement.
Environ 40.000 membres du syndicat de Hyundai Motor devaient participer à la grève vendredi et quelque 3.000 personnes étaient attendues au rassemblement de Séoul, dont des membres d'autres organisations syndicales, selon un responsable du mouvement. » (sources reuter)
« Comme nous l'avons vu la tendance nécessaire du capital est l'accroissement de la force productive et la négation maximale du travail nécessaire. Et la réalisation de cette tendance c'est la transformation du moyen de travail en machinerie... Le développement du moyen de travail en machinerie n'est pas fortuit pour le capital, mais il est la réorganisation historique du moyen de travail traditionnel légué par le passé qui se voit remodelé de manière adéquate au capital. » (Marx. Grundrisse. Tome 2. P. 186. id.)
Mais encore :« Dans la machine- et davantage encore dans le système de la machinerie automatique- le moyen de travail est transformé, jusque dans sa valeur d'usage et sa nature physique, en un mode d' existence correspondant au capital fixe et au capital en général. La forme revêtue par l' instrument de travail immédiat, au moment où il a été recueilli dans le procès de production capitaliste, est abolie elle est désormais conforme au capital lui-même, et son produit. La machine n' a plus rien de commun avec l' instrument du travailleur individuel . Elle se distingue tout à fait de l' outil qui transmet l' activité du travailleur à l'objet. En effet, l'activité se manifeste bien plutôt comme le seul fait de la machine,l'ouvrier surveillant l' action transmise par la machine aux matières premières et la protégeant contre les dérèglements. » (Marx « Grundrisse » 3, Chapitre du Capital ,ed.10/18, p.326).
Et d' envisager que « Si toute la classe des salariés était anéantie par le machinisme, quelle chose effroyable pour le Capital qui, sans travail salarié, cesse d’être du Capital » (travail salarié et Capital K Marx)
« La machinerie apparaît donc comme la forme la plus adéquate du capital fixe et le capital fixe, pour autant que le capital est considéré dans sa relation à lui-même, comme la forme la plus adéquate du capital en général. » (Marx. Grundrisse. Tome 2. P. 186. id.)
Il en résulte que:
« Les forces productives ont atteint un niveau de développement où toute innovation technologique produit davantage de titres (fictifs) capitalistes à la plus-value totale qu'elle ne crée de plus-value supplémentaire. Dès lors, le rapport capital-travail ne peut plus se maintenir : il est condamné soit à détruire une part importante de la force de travail, soit à se voir détruit par celle-ci. » (La classe ouvrière américaine : restructuration du capital global, recomposition du terrain de classe Loren Goldner, 1981)
Gerard Bad à 83 ans novembre 2026
A suivre sous le titre
VIOLENCE SOCIALE CONTRE VIOLENCE D' ETAT.
Notes
1Sur ce sujet il est possible de se reporter à l'importante étude bordiguiste « Le fil du temps » juillet 1972 sous le :titre
« succession des formes de production et de société dans la théorie marxiste » et aussi le tome II de l' l'accumulation du capital de Rosa Luxemburg.
2 Claude Bitot a fait un bref passage à « Echanges » nous avons appuyé auprès des edt Spartacus la publication de son livre « le communisme n'a pas encore commencé ».
3D' autres comme A,Pannekoek et Rosa Luxemburg commencèrent à douter des capacités révolutionnaires du prolétariat.voir :L’échec de la classe ouvrière (Pannekoek, 1946)
4 Militant depuis 1962 du Parti socialiste de Grande-Bretagne dont il a été le secrétaire à l’outre-mer puis le secrétaire général en 1993-1995, et reste un des principaux conférenciers. Auteur avec John Crump de State capitalism: The Wages System Under New Management (1986).
5Je pense notamment a PMO pièce et main d’œuvre, a Jean-Pierre TERTRAIS….
6 Une dark factory, ou « lights-out factory », désigne une usine où la quasi-totalité de la production est automatisée, sans intervention humaine directe durant le fonctionnement. Le terme « dark » (sombre) s'explique par l'absence de besoin d'éclairage : les robots et les systèmes de vision gèrent les tâches de façon autonome.
7 Hyundai, propriétaire du fabricant de robots humanoïdes Boston Dynamics, prévoit d'en déployer dans son usine américaine de Géorgie à partir de 2028 avant d'étendre leur utilisation à l'ensemble de ses sites de production.

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