dimanche 16 novembre 2025

Drogue : la moitié du problème est oubliée

 

Drogue : la moitié du problème est oubliée

Fusillades au bas des habitations, règlements de comptes entre bandes rivales, violences et menaces dans les quartiers : les méfaits dus au trafic de drogue semblent toujours plus lourds. Les opérations de police ne font que les déplacer, et pas longtemps.La police estime que 200 000 personnes vivent de ce trafic en France. Elles jugent inquiétantes les nouvelles pratiques des trafiquants : des policiers sont corrompus, achetés pour donner des informations. Des travailleurs dans les ports sont payés pour donner leur badge servant à accéder aux zones protégées. Des juges commencent à être menacés, aux Pays-Bas, ou même des membres du gouvernement, en Belgique. Les grands chefs des trafics, des malfrats de haut vol, restent soigneusement à l'abri, en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou ailleurs. Tout en bas de leur organisation, ils font recruter des jeunes désoeuvrés, et leur font faire les actions les plus sales. Il est facile de recruter des jeunes qui ne voient pas d'espoir devant eux, et qui entendent partout qu'il faut de l'argent pour réussir.

L'un d'eux est arrêté ? il est aussitôt remplacé. On nous dit qu'il faut une répression plus forte, avec plus de moyens. Mais la police chargée de lutter contre le trafic a l'impression qu'elle doit vider un océan avec une petite cuillère. Ce serait mieux avec deux cuillères ? D'autres proposent au contraire de rendre légal le cannabis, comme le sont le tabac ou l'alcool. Mais dans les pays qui ont légalisé le cannabis, comme le Canada ou l'Uruguay, il reste toujours une part de marché noir, et surtout, les consommations de drogue ne diminuent pas. C'est qu'il y a un autre problème que le côté violent et illégal du trafic. Il y a la question de comprendre à quoi est dû ce besoin de drogue. En France, ils sont au moins un million et demi à consommer du cannabis dix fois par mois. Dans le monde, on compte 300 millions de personnes qui consomment une drogue ou une autre. Et les chiffres augmentent. La drogue est un produit addictif : il oblige à en reprendre, sinon vous êtes malades. Mais en France, on ne fait pas la différence entre trafiquant et consommateur, et on condamne celui qui a sur lui 5 grammes de cannabis à une amende de 150 euros.Les psychologues connaissent bien les raisons pour lesquelles des gens se mettent à la drogue. Le fait qu'elle soit facile à trouver compte, mais n'explique pas tout. On trouve plus de drogués chez les jeunes qui sont dans une famille où il y a de la violence, où le jeune ne se sent pas estimé, pas soutenu, pas aimé. Dans celles aussi où il y a déjà de la drogue. Des adolescents peuvent en prendre pour vouloir s'affirmer, pour se sentir plus indépendant. La drogue revient moins cher qu'une place de concert. Les jeunes adultes, eux, vont essayer la drogue quand ils souffrent d'anxiété, de stress, de dépression. L'alcool ou le cannabis apportent un moment de bienêtre, qui s'évanouit ensuite. A ceux qui ont du mal à obtenir un emploi, ou si cet emploi est dur, peu satisfaisant, la drogue sert à compenser, à effacer le sentiment de misère, d'absence d'avenir, pour un moment.

La drogue est une marchandise parfaite : pas besoin d'y ajouter du sucre pour donner envie d'en reprendre, ni de publicité pour dire qu'elle est là. Le produit fait cela de lui-même, dans notre cerveau. En sortir est difficile, il y faut des médecins spécialisés.

Mais toute cette face de la drogue, qui en parle ? qui s'en soucie ? qui cherche à comprendre pour changer les choses ? Qui réfléchit aux vraies responsabilités ? C'est bien la vie actuelle, les difficultés à trouver un emploi, la peur de le perdre, la concurrence qui est mise entre nous au travail, ou pour un logement, qui angoisse et qui stresse. C'est bien cette

société complètement inégale qui met à l'honneur les

plus riches et méprise les petits, qui donne le sentiment

d'échec, de n'être pas grand-chose.

La société capitaliste est une société d'inégalité.

C'est une société où le travail est là pour que certains

profitent du travail des autres. Et qui nous pousse

jusqu'au stress pour en obtenir plus. Cette société est

incapable de rendre heureux la majorité de sa population.

C'est elle qui est d'abord responsable. C'est elle

qui est à condamner, et à changer. Sans consommateur

de drogue, le trafic n'existe plus.

Il y a aujourd'hui tout l'argent et les moyens matériels

pour que tout le monde puisse bien vivre, dignement.

Il n'est pas normal qu'à notre époque, il faut

se battre entre nous, juste pour vivre. Il est temps de

remplacer l'inégalité du capitalisme par une obligation

d'égalité, sur toutes les questions de base. Il est

temps de passer du capitalisme à un Egalitarisme.


9/11/2025 L’Ouvrier n°423

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samedi 15 novembre 2025

Restructuration et lutte de classe dans l' industrie automobile mondiale.

 

La surproduction de tout le secteur de l' industrie automobile éclate maintenant au grand jour en Allemagne et en Europe, Les firmes allemandes comme Volkswagen, Mercedes, Bosch,ZF,Porsche, Ford, Audi,etc. Choisissent de dévaloriser/supprimer des milliers de travailleurs pour empêcher la dévalorisation du capital , licenciements,chômage, chômage partiel, baisse des salaires sont les attributs utilisés systématiquement. La guerre commerciale et tarifaire a été déclenchée par D Trump avec son chantage aux droits de douane de 25% sur les véhicules et pièces détachées provenant de l' UE,ramenés à 15% suite à un véritable maquignonnage avec Ursula von der Leyen. Il y a deux semaines, le quotidien économique Handelsblatt titrait: «La crise des semi-conducteurs pourrait plonger l’Allemagne dans une troisième année de récession.»

La crise qui émerge est révélatrice de l' obsolescence du capitalisme mondial, elle mène dans un premier temps au réarmement mondial et plus spécifiquement à celui de l' Europe. Les dirigeants de ces pays nous vantent , les bienfaits de cette militarisation sécuritaire, comme créatrice d' emploi , comme l' exemple en France de l' entreprise Les Fonderies de Bretagne transformée en fabrique d' obus. De même en Allemagne ou l'industrie automobile se reconvertie dans la production d' engins de guerre. Le groupe allemand Rheinmetall spécialisé dans l'armement et l'équipement automobile, va reconvertir deux de ses usines automobiles sont concernées les usines de Berlin et de Neuss, près de Dusseldorf, qui fabriquent des pièces automobiles.

En juin 2024, souligne « l' usine nouvelle » Rheinmetall a signé un accord avec l’équipementier automobile en difficulté Continental, pour reprendre et former une centaine de salariés d’une usine qui fermera en 2027. La société allemande n’est pas la seule à réorienter des usines vers la défense. KNDS, autre industriel allemand de la défense, a annoncé début février 2025 reprendre l’usine de Görlitz d’Alstom, pour y produire des chars à la place de trains.

Rheinmetall a aussi signé un contrat cadre d’un montant de 8,5 milliards d’euros pour livrer des obus de 155 mm à la Bundeswehr et ses pays alliés, les Pays-Bas, l’Estonie et le Danemark. Les premières livraisons ont démarrer en 2025.

Restructuration et lutte de classe dans l' industrie automobile mondiale. 

le 9-12-2009)

Préface

Le livre que nous vous présentons est un recueil de textes du groupe «  Echanges et mouvement » qui s' étale sur une longue période. Il permet d' avoir une vision rétrospective sur l' évolution des restructurations, fusions et acquisitions du secteur, et de leurs incidences sur le monde du travail ( chômage, temps partiel, intérimaires, précarité).Nous verrons aussi comment va se déployer et redéployer l' industrie automobile en fonction du coût de la manœuvre,et des rapports de force créés par le prolétariat en un lieu donné, mais aussi de ses organisations de combat du moment que le capital finit toujours par domestiquer en les légalisants.

Les deux textes de Beverly J. Silver sur le (Les mouvements ouvriers et la mobilité du capital ) attestent bien de ce déplacement dans le temps de l' épicentre de ce rapport de force qui s'est déplacé: « de l’Amérique du Nord dans les années 1930 et 1940, vers l’Europe du Nord-Ouest (et ensuite du Sud) dans les années 1960 et 1970, puis vers un groupe de pays en voie d’industrialisation rapide dans les années 1980 et 1990. ».La grève chez Dacia en Roumanie confirmera l' analyse de Sylver démontrant que les délocalisations, ne font que délocaliser les luttes.

Il nous faudra aussi , montrer comment la concurrence que se font les ouvriers entre eux1 n' est que l' expression de celle que se font les capitalistes de cette industrie pour savoir qui restera en piste à l' échelle mondiale. La concentration et la centralisation du capital, n' est plus à démontrer , comme étant une loi inhérente du mode de production capitaliste MPC2. Marx à son époque faisait déjà remarquer que:

« (...) plus est développée la production capitaliste d' un pays, plus grande est la mobilité exigée de la capacité de travail, plus est fluide et intense la migration du capital d'une branche de production à une autre. » ( K. Marx chapitre inédit du capital ed.10/18 p.181-182)

Nous verrons dans l' article ( Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile mondial (Echanges n°119, 2005-2006)) comment le secteur de l'automobile flexibilise, restructure et délocalise vers les ex -pays de l’Est .En moins de quatre ans (1991 à 1995), les plus grands constructeurs mondiaux prennent pied en Europe centrale; VW acquiert Skoda en 1991, Fiat reprend le constructeur polonais FSM en 1992, et Daewoo Motors passe une alliance avec FSO. Comment la baisse du temps de travail est capitalisée en chômage partiel, et comment en Outre-Atlantique, la crise économique ébranle sévèrement GM et Chrysler.

Pour actualiser ces mouvements de fusion et acquisition nous ferons un bref survol de ceux ci ,dans les zones économiques ou l' industrie automobile est la plus présente: Europe , USA, Japon, Corée du sud, Chine...

L'industrie automobile, est l' un des principaux centre de création de plus-value du système capitalisme, ce qui explique pourquoi dans ce secteur la concurrence est vive. Si vive que depuis quelque temps, cette industrie est en surcapacités3 .Le marché s' essouffle et cherche des projets innovant pour rebondir sous l' emblème de la « révolution écologique ». Pour retrouver leurs marges les firmes doivent investir de manière à éliminer leurs concurrents, elles doivent se concentrer se centraliser de manière à pouvoir de nouveau appliquer des prix d'oligopole4 voir de monopole.

Aperçu historique, des fusions et acquisitions européenne

Nous pouvons considérer, que la première vague de concentration/centralisation de l' industrie de l' automobile aura lieu entre les deux guerres, la concurrence est forte et va décimer un grand nombre de petits producteurs. Pour ne donner qu' un exemple, on recense en France avant 1914 de 150 à 300 petits constructeurs, en 1945 leur nombre chute de 30, et en 1975 à 3 ( Peugeot Citroen, Renault et Matra ). Durant cette période , nous voyons GM se payer en 1925 le britannique Vauxhall et l' allemand Opel en 1929. Pendant qu' en Allemagne Daimler Fusionne avec Benz en 1926 pour devenir ensuite Mercedes-Benz.

« Dans les années 1930, la centralisation du capital progressa rapidement avec l’aide des gouvernements, mais la capacité de profiter des économies d’échelle inhérentes aux méthodes fordistes était tout simplement absente. Les obstacles au commerce intra-européen et des salaires généralement bas excluaient l’existence d’un réel marché de masse. Les ouvriers de l’industrie automobile américaine pouvaient se permettre d’acheter le produit qu’ils fabriquaient (même dans les années 1920) ; ce n’était pas le cas des ouvriers européens » (Les mouvements ouvriers et la mobilité du capital )

C'est seulement a partir des années 1950, que l' industrie automobile mondiale trouve son plein essor et va bénéficier de deux décennies de croissance ininterrompue. La production va doubler entre 1955 et 1970 se rythme de croissance de 5%, passera à 3,5% en moyenne entre 1970 et 1974.

« Mais ces investissements montèrent en flèche dans les années 1950 et 1960. GM investit plus de 100 millions de marks dans un grand développement d’Opel (Allemagne) entre 1950 et 1955 et continua ensuite à agrandir ses usines chaque année. GM investit aussi 36 millions de livres chez Vauxhall entre 1952 et 1956 pour agrandir son site de Luton et construire une nouvelle usine à Dunstable. De même, dans les années 1950, Ford développa rapidement son site de Dagenham au Royaume-Uni et son usine de Cologne en Allemagne (15). Une réaction combinée des entreprises et des gouvernements en Europe permit la croissance rapide des entreprises européennes de l’automobile grâce à la consolidation et à l’introduction des techniques de production de masse les plus récentes. C’est ainsi, par exemple, que l’industrie automobile en Italie (qui avait reçu peu d’investissements directs de la part de fabricants de voitures étrangers) fit plus que tripler sa production pendant les années 1950 et puis la doubla pendant les années 1960. Dès 1970, l’Italie produisait presque deux millions de véhicules, et Fiat en produisait la plus grande partie » 

Après le choc pétrolier de 1973, la croissance commence à s' essouffler ( de 2 à 2,5% entre 1974 et 1990), et ensuite la stagnation (-0,4% entre 1990 et 1994) suivi d' un faible retour à la hausse (2,2% entre 1994 et 1999). Les fusions des années 1960-19705 et 1970 -19906 vont reprendre de plus belle.

Après 1985, la mondialisation devient opérationnelle dans l'industrie automobile, et la guerre économique fait rage, pour savoir qui va rester sur le marché mondial. Ceci explique en partie le caractère transnational de ces opérations, mais aussi, des les années 1970, le développement de la lean production de Toyota, qui deviendra au deuxième semestre 1980 le système de production universel. Ce système sera perfectionné en systèmes de production intégrés dont les normes s'étendront dans de nombreuses entreprises de la planète.7

Récemment, l’État français a annoncé un plan d’action de 15 millions d’euros, pour développer le « lean management » la traduction littérale du terme est « management sans gras ». Le 12 octobre 2009, la direction et les syndicats de PSA Peugeot Citroën, à l’exception de la CGT, ont conclu un accord relatif à l’évaluation et la prévention des risques psychosociaux .L' objectif étendre le système déjà efficient chez Airbus et Thalés à l’ensemble de la filière automobile.

L'industrie automobile britannique et suédoise passe à la trappe.

L' industrie automobile britannique ne résistera pas à la mondialisation et l' époque qui s' ouvre est celle des monstres internationaux : FORD va absorber Aston Martin Grande-Bretagne, en 1987, puis; Jaguar. Rolls-Royce passe sous contrôle de Volkswagen en 1998 va suivre; Bentley la même année . Même TVR Fondée en 1954, constructeur britannique encore indépendant disparaîtra en 2008. Quant à la firme Lotus après être passée par plusieurs mains elle finira sa course chez le malais Proton en 1993 qui cherche actuellement à la vendre..Seul Rover semblait encore résister, suite à un accord en 1989 avec le japonais Honda. Il finira par se jeter dans les bras de BMW en 1994 et sera finalement vendu en appartements en mars 2000.

De même pour la Suéde où Volvo, fondée en 1927, intégrera le groupe Ford en 1998. Le constructeur suédois Saab qui, depuis 1990, a vu 50 % de ses avoirs passés chez G.M., passera entièrement sous le directoire de General-Motors, et est actuellement en vente..

L'ouverture de l' exploitation du capital occidental en Europe centrale

« L’Europe de l’Est, la Chine et l’Inde sont considérées dans le jargon industriel comme des pays à bas coûts (low cost countries, LCC) et rivalisent pour devenir les bases de la production mondiale pour les années 2020 ! Les entreprises qui s’installent en Chine passent par des filiales communes avec un partenaire local (joint ventures). La prise de participation est bloquée à 50 %. GM et Volkswagen (VW) se partagent le marché chinois en pleine croissance. GM est déjà no 1 en Chine, talonné par Toyota. Les experts chinois estiment que leur pays fabriquera 20 millions de véhicules vers 2020, largement au-delà du seul marché intérieur. La Chine sera donc exportatrice de véhicules locaux assemblés par GM, VW, Honda ou Toyota vers l’Europe et les Etats-Unis. »Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile mondial Echanges n° 119 , 2005-2006

L’industrie automobile mondiale et européenne se rue vers les ex-pays du bloc soviétique - Hongrie, Roumanie, Pologne, Russie, Ukraine, Slovaquie et République tchèque (voir Echanges nos 111 et 118) - où au total seront investis 20 milliards d’euros pour assurer à terme 20 % de la production européenne. La production d’automobiles dans les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) (Russie exceptée) devrait dépasser le seuil de 2,4 millions d’unités en 2006. Selon le Herald Tribune du 25 novembre 2006, la production devrait croître de 33 % pour atteindre 3,4 millions d’unités dans la région entre 2005 et 2010.

Les sous-traitants et fournisseurs font aussi leurs valises, subissant et prétextant à la fois la réduction des coûts imposée par les trusts automobiles (Renault a l’intention de baisser ses coûts d’achats extérieurs de 14 % d’ici 2009). Les nouvelles usines d’assemblage à l’Est se voient ainsi entourées d’une nuée d’équipementiers et de sous-traitants locaux. A terme, le taux d’intégration local avoisinera 80 %, mais cela se traduira par des dizaines de milliers de licenciement dans toutes les PME concernées et chez les géants mondiaux de l’équipement comme Visteon, Delphi,Valéo, Faurecia ou Bosch...(voir La faillite de Delphi, une attaque en règle

Les groupes allemands, passent à l' offensive

VW vise la taille critique , l' entreprise fabrique conjointement, en Europe et en Amérique Latine, des véhicules avec Ford. L’association en Amérique du Sud entre les deux grands s’appelle Autolatina. Elle possède aussi des usines, outre en Allemagne, au Mexique, au Brésil, en Argentine et en Chine. Son tableau de chasse est le suivant: En 1969 ,elle intègre sa comparse allemande Audi, et prend le contrôle de SEAT en 1986 (Espagne,). Longtemps, cette marque espagnole fondée en 1950 a fabriqué sous licence des Fiat. Maintenant, les modèles sont tous d’origine VW.

En 1991 c 'est Skoda (République Tchèque) qui intégre le groupe , puis , l' anglais Rolls-Royce en 1998 (fondée en 1904)jusqu’à Noël 2002) va suivre; Bentley en 1998 (Grande-Bretagne, fondée en 1919); Bugatti et Lamborghini (Italie, intégrent le groupe en 1998.
le groupe VW est particulièrement armé, pour se réserver le marché de l' europe centrale, l' ancienne Mittelleuropa. Le groupe va y mettre le prix , et pour l' acquisition de Skoda, le prix offert fut deux fois supérieur à celui de Renault. Mais cet éternel bouleversement des forces productives, veut que l' homme n' est plus rien il n' est plus que la carcasse du temps.
« La grève de la métallurgie dans l’ex-Allemagne de l’est, le 2 juin 2003- exigera l’alignement du temps de travail et des salaires de l’Est et de l’Ouest (35 heures au lieu de 38 pour le salaire effectif de 35 heures). De même que , la grève déclenchée me 24 mars 2008 chez Dacia-Renault , où pour la première fois, les grévistes ne prennent pas pour base de leurs revendications les salaires usuels dans le pays, mais les comparent à ceux des ouvriers de Renault en Turquie ou en France qui, pour le même travail, sont payés entre 900 et 2 000 euros tandis qu’eux ne touchent au maximum que 300 euros. »( République tchèque : l’industrie automobile moteur de l’accumulation du capital et des luttes de classes ? ) Pendant que dans le même temps les ouvriers américains d' AXLE se battent contre une chute de 50% de leur salaire revendiqué par le patronat.

Une étude du cabinet d’experts A.T. Kearney prévoit que quelque 240 000 emplois devraient être supprimés dans l’industrie automobile allemande d’ici à 2013. et que les constructeurs et fournisseurs automobiles allemands devront s’adapter pour affronter la crise. Selon l' étude, un tiers des équipementiers et 20 % des concessionnaires allemands risqueront la faillite d’ici à 2013.

La France.

Tout comme l' Italie et l' Espagne, elle essaye de maintenir tant bien que mal ses champions nationaux (le duopole Renault et PSA).


La situation dans la zone asiatique

Le japon

En moins de vingt années de 1950 à 1970, le Japon va propulser son industrie automobile sur le devant de la scène. Au début des années 1950 ce pays produisait essentiellement des camions (31 000 véhicules, et en 1975 ce chiffre devient 7 millions. Puis de 1970 au début des années 1980 le Japon devient exportateur et entre en concurrence avec les industries primitives étrangères, pour atteindre son point culminant en 1985. A partir de 1985 la stratégie des constructeurs japonais sera essentiellement axée sur le plan géographique par des délocalisations dont l' objectif est de contourner d' une part des protectionnismes naissants et d' autre part l'inconvénient d'une monnaie forte. Mais la tête de pont de l' offensive des constructeurs japonais c' est le Toyotisme, et comme toujours la pénétration d' un marché oligopolistique, ne peut se réaliser sans un appuis important de l' état national et un avantage momentané dégageant une rente différentielle. Aussi le toyotisme va se présenter à partir de 1970 comme le leader mondial en matière d' organisation avec le système du flux tendu ou lean production. Il va pénétrer partout même en Chine, il bouleverse la production fordiste qu'il rend obsolète, ses points forts sont: La Qualité totale, la flexibilité, le flux tendu qui permet de limiter les stocks et d' immobiliser du capital , la productivité et les technologie de pointe.

Il va aussi révolutionner le monde des équipementiers, qui se voient contraint de se plier aux exigences des nouvelles normes de production, et font partie d' une production dite intégrée.

Naissance de l’industrie automobile en Chine

C 'est en 1953 qu' émerge l’industrie automobile chinoise avec la création de la First Automobile Company (FAW)8. L’ aide de l’ URSS est à cette époque indispensable et de 1951 à 1956, les ingénieurs soviétiques formeront les futurs cadres de la FAW qui sont même envoyés en formation à la Staline Automobile Company .L’aide soviétique sur le modèle fordiste se poursuivra jusqu’ en 19869. Mais comme nous l' avons vu précédemment le toyotisme, se présente comme le meilleur système d' exploitation et la Chine de Deng ciao Ping ne va pas se priver de l'introduire10

La recherche de la flexibilité fut à l’origine de l’introduction du système de production Toyota. La FAW eut l’occasion de tester ce système lors de l’aide technologique apportée par Hino Motors de 85 à 90 pour la mise en place de son usine de transmissions. Cette usine servira de laboratoire à la FAW pour l’introduction dans d’autres usines de concepts tels que la lean production.

L’industrie automobile chinoise se trouvait à un tournant de son histoire et le Fordisme n’était plus assez  productif.

La chasse aux Mudas (ensemble des tâches inutiles) commença, afin d' augmenter la productivité et de réduire les stocks.Cependant le passage d' un système d' exploitation à un autre plus efficient pour le capital entraînera des résistances ouvrières qui ont longtemps freiné l'implantation du toyotisme. Il y eu des sabotages qui inquiétèrent fortement le management, qui décida d' introduire des primes de motivation lié à tout un système de validation et contrôle. Tout fut mis en place pour domestiquer, la classe ouvrière chinoise.

Enfin, à partir de 1992, un système de badge fut mis en place pour contrôler les allées et venues des ouvriers. La réorganisation de la production nécessita dans un premier temps la constitution d’un « comité juste à temps ».

Les différents points cités précédemment furent plus ou moins bien acceptés et « digérés » par les ouvriers de l’usine, mais étaient essentiels pour préparer la FAW à la nouvelle structuration du marché automobile chinois, qui s’annonçait fortement concurrentiel. La productivité des ouvriers passa de 27.7% à 65% : en 1991, pour 129.000 yuans, un ouvrier produisait 27.7 pièces. En 1994, pour 330.000 yuans, il en produisait 68.5 pièces / jour. 468 ouvriers furent licenciés.

La crise ouverte de l' année 2008: faillite et intervention des états.

A partir du quatriéme trimestre 2008, les résultats des 15 principaux constructeurs du secteur enregistrent 41 milliards d' euros de pertes nettes.

Aux Etats unis, les « Big Three » jettent l' éponge.

Aux Etats unis, les « Big Three » ( General Motors, Ford et Chrysler) totalisent 45,5 milliards d' euros de pertes sur l' année. Chrysler et GM, se placent sous la protection du chapitre 11 du régime des faillites. Le vice-président du syndicat de l’automobile UAW , Holiefield représentant les 150 000 syndiqués des trois « grands » General Motors, Ford et Chrysler, a déclaré : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire dans ce syndicat ; alors je me tourne maintenant vers Dieu » lors d’un service religieux dans la plus grande église de Detroit , en priant pour que le gouvernement renfloue l’automobile. Devant l’autel on avait exhibé trois modèles de voitures hybrides de chacune des firmes et pendant le service, les fidèles patrons et  travailleurs furent conviés par le prêtre à venir s’incliner devant les idoles pour recevoir son onction.

La crise qui frappe les Big Tree , les trois champions de l' industrie automobile américaine, va aiguiser des appétits, et des remembrements vont commencer à s' opérer, plombé par le déficit de l’assurance-santé de ses 600 000 retraités , voir «  Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile mondial page  » GM jette l' éponge et en appelle à l' état. GM est « nationalisé » et le constructeur américain Chrysler, est laché par Daimler en 2007. En faillite il est repris par le fonds américain Cerberus, et devra son « sauvetage » grâce à une alliance avec Fiat.11

le syndicat  UAW finira par céder aux ultimatums politiques pour le soutien financier du gouvernement à deux des trois grands de l’automobile. Suppression de 31 500 emplois, fermeture de 9 usines, salaires horaires diminués de moitié, élimination de la «  job bank » , indemnisation du chômage technique. ( voir 125/2008 Quatre-vingt-sept jours de grève chez American Axle Manufacturing )

Pour conclure.

Nous venons de voir que les surcapacités du secteur automobile remontent bien avant le déclenchement de la crise économique et sociale (2008/2009) elles en sont même une des composantes. Mais comme dans le système de la concurrence , celui qui ne bouge pas et reste l' arme au pied, se voit au final exclu du marché, il faut sans cesse investir, se moderniser pour rester sur le marché. Aussi des investissement massifs ont été engagés à cet effet dans les pays à bas salaire, révélant avec la crise un surinvestissement, tant dans les pays a bas coût de manœuvre, que dans les centres historiques de l' industrie automobile.

De la, l' annonce de Fiat, de fermer certains sites en Italie,12 les usines brésiliennes et polonaises étant pour Fiat plus efficientes. Le dilemme que pose la mondialisation aux états des pays du centre est donc le suivant:

soit conserver la production automobile sur leur territoire, afin de colmater un dérapage social vers la précarité. Soit ouvrir les vannes et laisser le marché régler la situation , comme l' exige la

Pour le moment, la solution étatique est privilégiée, les gouvernements pensent en finir avec la crise fin 2010.Dans l' attente de la reprise, douze états ont déployés tout un arsenal de mesures de transition visant à soutenir la demande et l' emploi, une sorte de protectionnisme discret. Certains comme la France soutiennent le secteur avec des aides directes, pour freiner les délocalisations et protéger les sites nationaux.

Seulement toutes ces mesures dépendent de la reprise, et toute l' industrie européenne de l' automobile est dans l' oeil du cyclone. La Fédération européenne de la métallurgie, s' est même attaquée à ces politiques nationales, les jugeant électoralistes, tout en réclamant à José Barroso la création d' un Conseil européen de l' automobile, pour définir une stratégie de restructuration dans un contexte avoué ou les marchés occidentaux ne connaîtront plus de croissance .

Tous font le constat que l' épicentre de la production automobile , se déplace de ses centres historiques ( USA, Europe) vers les pays dits émergents et notamment la Chine, dont on disait il y a encore peut de temps qu' elle était incapable de produire un véhicule mad in China. Aujourd' hui, Carlos Ghosn, le président de Renault et de Nissan ne cesse de souligner l' importance, de la concurrence future des entreprises chinoises et indiennes. Cette concurrence sera d' autant plus vive que les équipements, sont plus récents et performants que ceux des usines de l' ouest.

Que l' expansion du marché de l' automobile se situe, dorénavant vers le Chine, le Mercosur, l' Inde , est une réalité, qui n' a de valeur que si le capitalisme surmonte sa crise. Mais actuellement rien n' indique, bien au contraire qu'il soit en passe de sortir de sa crise. Les nouvelles zones d' accumulation du capital , commence déjà à se tarir et un approfondissement de la crise globale est plus probable qu' une sortie de la crise dans la zone Asie Pacifique.

FIN

1Cette concurrence n' est pas un acte conscient, mais résulte du coût du travail dans chaque pays respectif.

2Il nous faut seulement faire une distinction entre la concentration et la centralisation du capital. La concentration est relative, à la reproduction élargie du capital, qui dépend de l' accumulation de plus value, et de la productivité du travail. La centralisation, ne crée pas de nouvelle valeur, mais centralise celle déjà existante, c' est le propre des fusions et acquisitions; « La centralisation n'exige qu'un changement de distribution des capitaux présents, qu'une modification dans l'arrangement quantitatif des parties intégrantes du capital social. »( L .Marx.T 1 chap. XV, ed.Moscou, p.593)

3Sur fond de surcapacités de production - estimées à 20 % pour les usines installées en Europe occidentale et pas moins de 9 millions de véhicules à l’échelle mondiale -, les annonces brutales de licenciements et les fermetures de sites dans l’automobile ne sont que les préliminaires d’une concurrence accrue, accompagnée du choc à venir de l’émergence de nouveaux grands producteurs mondiaux.

4En économie, l'oligopole désigne une forme de marché caractérisé par un petit nombre de vendeurs (ou offreurs) face à une multitude d'acheteurs (ou demandeurs). Lorsqu'il n'y a que 2 vendeurs, on emploie le terme de duopole. Dans la théorie économique, l'oligopole est une situation de marché imparfait. En effet, dans le cadre de la concurrence pure et parfaite, les offreurs doivent être indépendants, ce qui n'est pas le cas d'un oligopole où le profit d'un vendeur dépend de l'attitude des autres.

La situation d'oligopole résulte de la tendance à la concentration des producteurs. En effet, dans certains secteurs d'activité, les producteurs ont intérêt à grossir pour réaliser des économies d'échelle qui génèrent des gains de productivité. L'optimum économique n'étant atteint qu'en situation de monopole (un seul vendeur), Dans un oligopole, les vendeurs peuvent se livrer à une concurrence féroce ou bien réaliser des ententes. En effet, disposant d'une position dominante, les entreprises en situation oligopolistique sont tentées de s'accorder sur les prix et sur les quantités offertes afin de se partager le marché et d'optimiser leurs profits. De telles ententes (cartel), qui reviennent à créer une situation de pseudo monopole, sont interdites par le droit de la concurrence. Exemple en France : l'entente des opérateurs de téléphonie mobile pour stabiliser leurs parts de marché et facturer les SMS très au-dessus de leurs coûts de revient.

5Les années 1960-1970 :Volksvagen achète Audi ( 1965), Le britannique British Leyland fait irruption en 1968, et suite à une série de F&A il sera nationalisé en 1975 et dépecé en 1988.L'italien FIAT va en 1969 prendre le contrôle de Lancia et Ferrari. La multinationale américaine GM , prend des participation dans le capital du japonais Isuzu en 1971, dans celui de Volvo et de DAF en 1972.

6 Les années 1970 -1990: entre 1974 et 1980 il y aura peu de F&A, sauf en France ou PSA et Renault se positionnent comme duopole, suite au rachat en 1974 de Citroen par Peugeot.

7Par exemple les normes qualité VDA et ISO, la tracabilité,l' externalisation, les filialisations

8La Cie Automobile n°1 compte 26 usines d’assemblage de pièces détachées, 19 usines d’assemblage de véhicules, et 7 usines de« secours « , toutes concentrées dans la ville de Chang Chun et employant 70.000 personnes.

9 Apport d’équipements et de pièces détachées, installation, formation, aide à la gestion.Sur les 5500 machines de la Cie Automobile n°1,80% provenaient d’URSS. Ce qui ne put être fourni par les Soviétiques fut quémandé auprès des constructeurs allemands (presses) et anglais.

10 L’introduction du Toyotisme date de 1979, et fut organisée par un fervent du toyotisme, le directeur de la FAW. Il s’intéressa fortement aux dix constructeurs japonais, et envoya au Japon des délégations, qui visitèrent les usines de Toyota, Nissan, Isuzu, Mitsubishi, Hino... Ces visites sont à l’origine d’une «  Bible «  de 22 volumes, recueils de notes concernant les cercles de qualité, le value engineering, le système Poka-Yoke...

11Fiat compte utiliser les usines de Chrysler pour assembler les Alfa Romeo et concurrencer ainsi directement BMW et Mercedes, déjà implantés avec leurs propres usines sur le marché américain.

12l'arrêt attendu de la production à Termini Imerese, en Sicile. la présentation définitive du plan a été reportée au premier trimestre de l'année prochaine, alors qu'elle était programmée avant Noël 2009.

mardi 11 novembre 2025

Le « trou » de la sécurité sociale : après les trucages, le délire ! Dossier

 

1/ Petit rappel

► En 1945, la Sécurité sociale a été construite pour ne pas recommencer les mêmes erreurs qui avaient conduit à la faillite ceux qui pouvaient épargner à l’époque : la capitalisation, outre que c’est tout le contraire d’un système solidaire, ça ne marche pas. Et on avait inventé un système très solide et très souple, la répartition qui assurait la solidarité entre générations et fonctionnait pour la santé selon le principe : cotisation en fonction des revenus et soins en fonction des besoins.

Sa solidité reposait sur l’absence de spéculation sur les sommes très importantes qui circulaient, les actifs payant et les malades ou les retraités recevant immédiatement les sommes réparties.

2/ La fabrication du trou

Le système par répartition ne faisait pas que des contents, le patronat se voyait ainsi contraint de payer un salaire indirect et il n’a eu de cesse depuis 1945 avec la complicité des gouvernements successifs de rogner sa contribution de différentes façons.

► Un petit bilan sur les dix dernières années (1994-2004) montrant comment on a fabriqué un « trou » artificiel qui, cumulé, atteint la somme de 59 milliards d’euros.

► Il faut comparer cette somme à :

  • 23 milliards d’exonérations de charges patronales (non compensées) sur la période ;

  • 22,5 milliards de taxes parafiscales (alcool, tabac, autos…) enlevées à la Sécurité sociale selon un rapport de la Commission des Affaires Sociales du Sénat ;

  • 1,7 milliards d’intérêts sur les dettes artificielles ainsi générées ;

  • 50 milliards de cotisations au minimum pour les accidents du travail et maladies professionnelles non déclarés (en prenant seulement 5 milliards par an, la C.G.T estimant elle à 15 milliards par an la non déclaration…)

TOTAL : 97,2 milliards d’euros

Pourquoi donc avoir voulu la peau d’un système qui marchait si bien ? Précisément parce qu’il marchait bien et qu’il fallait pouvoir le dénigrer pour l’enterrer au profit des capitalistes.


3/ Le transfert du « trou »

En janvier 1996, après un mouvement de grèves exceptionnel contre le plan Juppé, commençait à se mettre en place la future architecture de la Sécurité sociale : alourdissement de la tutelle de l’Etat au détriment des salariés (limitation annuelle des dépenses par le Parlement) et très discrète création de la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale – CADES – qui avait pour mission de récupérer le « trou » de la Sécurité sociale et de le combler en 13 ans. Sur tous les revenus, mais essentiellement ceux des salariés, est ainsi prélevée chaque mois une Contribution au Remboursement de la Dette Sociale – CRDS – et tout devait s’arrêter en 2009.

Mais dès le début, le gouvernement a transféré à cette Caisse une dette du Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV) qui n’était pas prévue (elle devait être remboursée à l’Etat par une augmentation de la C.S.G déjà intervenue à cet effet !). Outre que les assujettis vont payer deux fois, le montant de cette dette rajoutée est de 1,9 milliards par an soit 24,7 milliards en 13 ans. Cette somme comprend beaucoup d’intérêts car le gouvernement ont décidé de calculer les intérêts à partir de 1993 (date du début de la dette) où les taux d’intérêts étaient très élevés et non à partir de 1996, date de reprise par les CADES, où les taux étaient bien moindres…

En 1998 Jospin transfère environ 10 milliards de « trou » (déficits de 1996 et 1997) à la CADES et, pour que cela ne se remarque pas sur les bulletins de paie, prolonge le prélèvement CRDS jusqu’en 2014. Les citoyens devront verser 22 milliards d’euros de plus.

En 2001, les socialistes, dans la perspective de leur réélection, décident d’anticiper le remboursement de la dette FSV en accroissant les remboursements annuels de la CADES (3 milliards au lieu de 1,9, d’où une fin prévue en 2005)

En 2002, la droite transfère à la CADES la dette des fonds de financement des exonérations patronales (les fameuses aides au passage aux 35h). Le « trou » CADES se monte alors à 53,8 milliards hors intérêts…

En 2004, avec la loi de casse de la Sécurité sociale de Douste-Blazy, Raffarin et Zarkozy prévoient le transfert d’une trentaine de milliards de « trou ». Et la date de fin de remboursement, un temps envisagé pour 2025, devient indéterminée. Les générations futures paieront jusqu’au remboursement final…

4/ Première question : qui en profite ?

De 1996 à 2003, la CRDS payée se monte à 34,3 milliards. Sur ces 34,3 milliards, le bilan de la CADES indique  :

  • seulement 3 milliards affecté au déficit Sécurité sociale !!

  • 20,6 milliards pour le FSV (dont 1,6 milliards d’intérêts)

  • 12 milliards d’intérêts versés aux banques, fonds de pensions, rentiers, groupe d’assurances…

5/ Deuxième question : comment ?

Un cauchemar surréaliste où la réalité du monde capitaliste d’aujourd’hui dépasse les plus noirs des fantasmes…

Ici survient en effet le plus inattendu car impensé (mais c’est la pure logique capitaliste), la CADES spécule avec le « trou » !

les moyens de la spéculation avec les cotisations sociales ont été fournis par l’Etat : la CADES a été dotée d’un statut d’Etablissement public Administratif (EPA) et non d’Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), ce qui lui confère non pas la garantie absolue de l’Etat, mais les garanties d’une « filiale » de l’Etat. De façon contradictoire, mais contesté par personne à ce jour, cet appendice de l’Etat, qui telle une grande banque d’affaires, possède une salle des marchés, a toutes les possibilités des établissements privés de crédit. Appréciée sur les marchés financiers – elle obtient la meilleure codification AAA-, en raison de la sûreté des versements CRDS et de la demi-garantie de l’Etat français, elle peut faire paraître des publicités comme celle-ci : « La CADES est une signature française de référence. Elle a une gestion auprès des investisseurs dynamique du risque, des opérations sur mesure qui garantissent souplesse et prix. Elle a recours à une gamme très diversifiée d’instruments de financement. Ses émissions se font avec flexibilité avec une grande variété de produits, de maturités et de devises ». A cette lecture, les assurés sociaux commencent peut-être à frémir. La suite est pire.

Les « produits » de la CADES sur lesquels reposent la garantie que le « trou » soit rebouché sont :

. des émissions d’obligations qui, pour 99%, sont dématérialisées et transitent par ordinateur. Il s’agit d’emprunts dont les intérêts sont versés chaque année et le remboursement est à date fixe. Un certain contrôle est effectué par l’Autorité des Marchés Français (AMF). Ajoutons que la CADES a le privilège (tant que la confiance des investisseurs lui permet d’obtenir par ce biais de meilleures conditions d’emprunts) de pouvoir convertir des emprunts en devises en emprunts en euros (ça s’appelle les « swaps de taux », où l’on peut espérer obtenir un taux d’intérêt inférieur à celui d’un emprunt direct en euros). L’agence France trésor qui s’occupe des 1000 milliards de déficit de l’Etat français n’avait pas ce droit jusqu’en 2004 !

. des papiers commerciaux dits courts sur le marché à terme (60 à 90 jours) où beaucoup d’argent circule sans contrôle. Un marché où il n’est pas nécessaire de posséder immédiatement les sommes en jeu pour réaliser une opération. On s’engage pour un prix d’achat d’une marchandise à une date donnée, mais on ne paye qu’une petite partie. On peut alors s’engager pour plusieurs marchandises même si on n’a pas immédiatement l’argent nécessaire. Si la valeur de la marchandise a monté au jour fixé pour l’achat, on peut revendre avec bénéfice. Dans le cas contraire, on peut perdre beaucoup. Qui achète ? Comment ? Rien sur le site de la CADES, rien sur celui de l’AMF. Les transactions sont informatiques, les courtiers laissent une trace écrite après coup, mais peuvent y mettre ce qui les arrange. Sur le bilan de la CADES, environ 5 milliards d’euros seraient ainsi engagés sur ces marchés à terme mais ce chiffre est impossible à vérifier.

où circule la dette sociale, à qui est-elle vendue ? Les journalistes ayant enquêté sur la CADES ont été de surprise en surprise : « S’intéresser à la CADES, c’est un peu comme enquêter sur le Soviet suprême avec une carte de presse officielle de l’ouest durant la guerre froide.». Ceux qui sont censés contrôler la CADES (conseil d’administration, conseil de surveillance avec députés, commissaire aux comptes, agence d’audit, agences de notation, Bercy, parlementaires, syndicalistes administrateurs de l’Acoss - Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale, la banque de la Sécurité Sociale -) disent ne pas savoir et/ou renvoient systématiquement vers le président de la CADES, Patrice Ract-Madoux (mari de la juge qui a épargné Juppé). Qui lui même a du mal à justifier la nécessité pour la CADES de coter, en plus de Paris, ses obligations au Luxembourg, un paradis fiscal au cœur de l’Europe où le secret bancaire est équivalent à celui des places offshores. Le même Président disait ignorer qu’une des banques avec laquelle travaille la CADES est la Kredietbank Luxembourg (KB-Lux) qui cumule les scandales : elle a accueilli les comptes de l’Eglise de Scientologie, ceux du groupe Parmalat (l’Enron européen à la gigantesque faillite frauduleuse) avec qui elle a créé des structures installées à Malte et aux îles Caïmans, détournement récent de fonds publics belges. Une autre banque correspondante de la CADES est la Banque Générale du Luxembourg (BGL), soupçonnée dans les années 90 lors du scandale de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI) surnommée la Banque du Crime et de la cocaïne. Et Patrice Ract-Madoux, après une semaine de recherches !, a également indiqué aux journalistes ne pas avoir trouvé trace d’un compte de la CADES, pourtant numéroté, qui figure dans l’annuaire public distribué en juin 2004 aux autres banques par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream. Cette société, où transite quelque 50 000 milliards d’euros par an, gère les échanges de titres sur les marchés financiers des principales places mondiales et en fait chaque jour le bilan. Le journaliste Denis Robert (« Pendant les affaires, les affaires continuent ; Révélation$ ; La boîte noire ») a démontré la création de comptes secrets par cette respectable institution. Enfin, quand on regarde où les responsables de la CADES, en VRP du « trou » de la Sécurité sociale, effectuent leurs « road shows » pour chercher des investisseurs, on y trouve des pays comme le Japon, où la maffia est très puissante, l’Inde, la Slovaquie, la Tchéquie et même en 2003 la Lituanie où la maffia a pignon sur rue. Pour mémoire, notre bien-aimé président Chirac déclarait (sans doute en fronçant les sourcils) à Vilnius, capitale de la Lituanie, en juillet 2001 : « La mondialisation, ce sont aussi des risques – désordres financiers, dumping social, trafics d’argent sale, de stupéfiants.. ».

En résumé, à qui est vendu le « trou » ? Aux fonds de pension anglo-saxons et, sans doute, aux fonds maffieux qui blanchissent l’argent de la prostitution, de la drogue et du trafic d’armes.

6/ Jusqu’à quand ?

Confiance dit régulièrement Raffarin. Il a raison, la CADES va peut-être pouvoir continuer à naviguer en eaux troubles et sans réel contrôle tant qu’elle peut jouer de la confiance que lui accordent les investisseurs sur la base de sa notation AAA. Celle-ci est attribuée, moyennant une forte rémunération, par des agences privées (Standard and Poors notamment). France Telecom avait vu ses taux d’intérêts s’élever lorsque sa cote était passée de AAA à BBB. Les Etats, eux-mêmes cotés !, ne sont pas à l’abri d’une baisse. Ainsi l’Italie est passée de AA à AA-. En juin 2004, pour la première fois, la CADES a été perdante dans un « swaps de taux ».

Que va faire l’Etat ? Eh bien, la même chose qu’aux Etats-Unis, financiariser, il est parti pour multiplier les « trous » éventuellement avec des Caisses idoines pour les accueillir. Citons, en plus de la CADES pour la Sécurité sociale :

l’Erap (ancien Elf-Erap) ayant repris 10 milliards pour France Telecom

RFF (Réseau Ferré de France), 15 milliards pour la SNCF

l’UNEDIC ! qui en 2003 a lancé un emprunt de 4 milliards non pas auprès de la banque de l’Etat, la Caisse des Dépôts et Consignations, mais auprès d’investisseurs privés. Qu’en pense la CFDT qui préside l’UNEDIC, un responsable syndical est-il de service dans une salle des marchés pour suivre les cotations ? On sait déjà que, dans sa publicité en septembre 2003, l’UNEDIC invoquait la croissance bientôt retrouvée, la baisse prévue du chômage et…la baisse certaine de l’indemnisation des chômeurs suite à l’accord signé par la CFDT avec le MEDEF.

la toute nouvelle Caisse Nationale de solidarité pour l’Autonomie, qui va émettre un emprunt obligataire garantie par le rackett du jour férié travaillé gratuitement.

nouvelle venue sur la planète spéculative, la banque de la Sécurité Sociale, l’ACOSS, dont le conseil d’administration est paritaire (employeurs, syndicats de salariés) et que Raffarin a autorisé en 2004 pour la première fois à emprunter (13 milliards d’euros) à des banques privés et non à la CDC, en faisant jouer la concurrence…

CONCLUSION :

Orwell ne serait pas de trop pour une conclusion. Actuellement, l’Etat français vend son patrimoine (France-Telecom, Poste, SNCF, hôpitaux, immeubles de la Sécurité Sociale. Et par ailleurs, nos « dettes » sociales, générées par les patrons, se baladent dans les mêmes lieux que le groupe Parmalat -l’Enron de l’Europe - et l’Eglise de Scientologie. Elles y sont vendues pour emprunter toujours plus, en espérant gagner des bénéfices sur les marges et investir dans des placements.

Quand la confiance (basée notamment sur des agences privées de notation américaines) baisse, le montage s’écroule d’un coup. A l’échelle d’une entreprise, cela s’appelle Enron. A l’échelle d’un pays, cela s’appelle l’Argentine. L’histoire du « trou » peut donc avoir une fin (Marx disait que la bourgeoisie préférerait une fin effroyable à un effroi sans fin). Pour la changer, il nous reste à faire la révolution.

Bibliographie :

"Sécurité sociale, main basse sur le trou" - L.Varenne, P.Blanchard - Ed. Carnot

"Révélation$" - Denis Robert, Ernest Backes - Ed. Les arènes

autres

CSG et CRDS, un racket permanent de l’Etat (Echanges 110-Automne 2004)

Pourquoi faut il que la sécu soit en déficit permanent ?

G.Bad- L' Etat et la Cades gèrent la dette sociale, les salariés , retraités, chômeurs banquent.


samedi 8 novembre 2025

INFOBREF N°574 NOVEMBRE 2025

 



L’extrémisme et le terrorisme en Asie et en Afrique

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info. 

 Le Hamas, premier mouvement islamiste sunnite arabe ouvertement anti américain, tranchant avec l’ambiguïté de son ancienne position. Yahya Sinwar, chef…

Par : René Naba – dans : Actualités Analyse – le 14 décembre 2024. Sur  https://www.renenaba.com/lextremisme-et-le-terrorisme-en-asie-et-en-afrique/


  • Le Hamas, premier mouvement islamiste sunnite arabe ouvertement anti américain, tranchant avec l’ambiguïté de son ancienne position.

  • Yahya Sinwar, chef militaire du Hamas, a été propulsé au rang de Roi des Arabes et des Musulmans, par l’écrasante majorité de la population du sud global… au même titre que Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais et d’Abdel Malak Al Houthi, chef des rebelles yéménites.

  • Texte de l’intervention de l’auteur en sa qualité de vice-président du Centre International de lutte contre le terrorisme (ICAT), basé à Genève, au colloque tenu le 1 Mars 2024 sur le thème « L’extrémisme et le radicalisme en Asie et en Afrique.

  • René Naba est en outre membre du Conseil consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR).



Hier, les États-Unis ont annoncé l'envoi du porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand navire de guerre jamais construit, en mer des Caraïbes, dans le cadre d'une escalade majeure de l'offensive militaire de Donald Trump contre le Venezuela. Ce déploiement s'ajoute à l'imposante flotte de guerre déjà constituée.

Dix bateaux ont été détruits par les forces américaines et des dizaines d'autres tués, sans qu'aucune preuve n'ait été apportée les reliant au trafic de drogue. Trump a déclaré que « la terre sera la prochaine étape », ouvrant la voie à des attaques sur le sol vénézuélien.



Ce qui a commencé comme un acte d’agression habituel des États-Unis – augmentant la prime sur la tête du président Maduro à 50 millions de dollars – a rapidement révélé son véritable objectif : une agression militaire visant à renverser violemment le gouvernement bolivarien du Venezuela.

À cette situation s'ajoutait la contrebande par l'extrême droite vénézuélienne de quantités alarmantes d'explosifs, de détonateurs, de munitions, de grenades, de mitrailleuses et de matériel de guerre divers dans au moins cinq villes clés du pays. L'objectif affiché était de déclencher une vague de violence armée afin de provoquer un maximum de perturbations.

Le déploiement menaçant de la flotte de guerre américaine – composée d'environ huit navires de guerre, d'avions de chasse F-35 et même d'un sous-marin nucléaire – visait officiellement à stopper le trafic de drogue, prétendument en provenance du Venezuela. En réalité, il s'agissait d'intervenir et d'appuyer la vague de violence de l'extrême droite vénézuélienne.

Depuis son déploiement, la flotte américaine a détruit quatre petites embarcations, commettant de manière flagrante des crimes contre l'humanité qui ont jusqu'à présent tué 21 personnes.

La dernière et la plus grave escalade de la menace militaire américaine a été le décret de Trump, déclarant les États-Unis officiellement en état de « conflit armé » avec les cartels de la drogue latino-américains. Ce décret fournit un prétexte aux forces militaires américaines pour lancer des attaques sur le territoire vénézuélien.

Tout ceci est basé sur une invention monumentale : la fausse accusation selon laquelle le gouvernement vénézuélien aurait expédié des centaines de tonnes de cocaïne aux États-Unis, dans le cadre d'opérations menées par le « Cartel de los Soles » inexistant.

Suite à la décision absurde du comité Nobel d'attribuer le prix Nobel de la paix à la putschiste María Corina Machado, qui a ouvertement appelé à une attaque militaire contre le Venezuela, ce webinaire examinera la menace croissante de la militarisation américaine en Amérique latine et la manière dont les Vénézuéliens réagissent à la menace d'invasion.

Intervenants

  • Carlos Ron - ancien vice-ministre des Affaires étrangères pour l'Amérique du Nord (2018-2025) et président de l'Institut Simón Bolívar pour la paix et la solidarité entre les peuples (2020-2025).

  • Maria Paez Victor - Sociologue vénézuélienne.

  • Diego Sequera - Mision Verdad.

  • Cira Pascual Marquina – Éducatrice populaire, Pluriversidad, Commune El Panal, Caracas.

  • Ricardo Vaz – Analyse vénézuélienne.

  • Jesus Rodriguez-Espinoza - rédacteur, Orinoco Tribune.

Modérateur : Saheli Chowdhury - co-éditeur, Orinoco Tribune

Organisateurs:

  • Organisé par Orinoco Tribune et la Campagne de solidarité avec le Venezuela. Organisé par l'International Manifesto Group.

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Les sociétés britanniques en crise : que peut nous dire Marx ?

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Avant le budget de novembre, un panel d'économistes politiques marxistes examine la crise des sociétés anonymes britanniques.

En septembre 2025, l'endettement public britannique a atteint son plus haut niveau depuis la pandémie de Covid-19. Alors que les agences de notation ont abaissé la note de la France et que d'autres économies du G7 sont confrontées à une dette croissante et à une désindustrialisation, le Royaume-Uni est le pays le moins résilient et le plus exposé à la domination des capitaux financiers américains et mondiaux, via la City de Londres.

La crise actuelle des sociétés anonymes britanniques émerge dans le contexte de nouvelles formes d'impérialisme mondial : les tarifs douaniers de Trump ; une crise de la dette britannique et européenne dans un contexte d'escalade des dépenses militaires ; le sommet « Brexit reset » Royaume-Uni/UE et les discussions sur un « pacte de défense » européen ; les sanctions commerciales contre la Russie, l'Iran, la Chine, l'Inde, etc.

Que nous dit le marxisme sur la crise des sociétés anonymes britanniques ?

Président : Alex Gordon

Intervenants :

  • Michael Burke , Socialist Economic Bulletin et contributeur à l' Alternative Defence Review

  • Radhika Desai, professeure invitée à la LSE, directrice du groupe de recherche en économie géopolitique et coordinatrice du groupe du manifeste international

  • Tony Norfield , auteur de La City de Londres et le pouvoir mondial de la finance (Verso)

  • Michael Roberts , économiste politique et ancien conseiller financier de la City de Londres

  • Khem Rogaly , chercheur en économie politique militaire et son rôle dans la crise climatique

  • contact@internationalmanifesto.org


Qu'est-ce que la COP30 ?

La 30e session de la Conférence des parties (COP) s'inscrit dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). Ce texte a été adopté à l'occasion du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, afin de lutter contre le changement climatique au niveau mondial. Il s'applique depuis 1994.

Lors des COP, les pays négocient des accords internationaux et veillent au respect des engagements pris par les États en matière de climat. Elles permettent d'évaluer les mesures mises en place et les progrès accomplis par les parties.

Quand et où se déroule la COP30 ?

La COP30 se tient du 6 au 21 novembre à Belém, au Brésil. La première COP s'est déroulée en 1995 à Berlin, en Allemagne. L'année dernière, la COP29 s'est tenue à Bakou, en Azerbaïdjan.

Située au cœur de l'Amazonie, Belém est la plus grande ville de la région. Sa sélection comme hôte de la COP30 met en lumière le rôle crucial de la forêt amazonienne dans la régulation du climat mondial, notamment en tant que puits de carbone vital.

Le président brésilien, Lula, entend justement mettre les forêts au cœur des discussions. Il pousse notamment pour la création d'un nouveau fonds pour lutter contre la déforestation : le "Tropical Forever Forest Facilities", TFFF.

Selon Clément Helary, chargé de campagne forêts à Greenpeace, ce fonds viserait à "réunir 125 milliards de dollars, placés ensuite sur les marchés financiers", dont les bénéfices seraient reversés aux pays abritant des forêts tropicales en Amazonie, dans le bassin du Congo ou en Asie du Sud-Est. Le Brésil a déjà promis 1 milliard de dollars, rejoints par la Chine et les Émirats arabes unis.


à leur demande, merci de faire circuler largement le dernier communiqué en date des blessés de St Soline :


https://lamouetteenragee.noblogs.org/post/2025/11/05/communique-des-blesses-de-ste-soline-il-importe-de-faire-la-lumiere-sur-les-violences-policieres-a-sainte-soline-et-ailleurs/


Communiqué des blessés de Ste Soline :

Il importe de faire la lumière sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs

Le 25 mars 2023, lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines, les forces de l’ordre ont blessé plus de 200 personnes – dont nous quatre gravement.
 Une plainte a été déposée par nous ou par des proches de nous, notamment pour tentative de meurtre et pour entrave à l’arrivée des secours.

Les experts que le procureur de la République a chargés d’enquêter sur les violences policières ont mis deux ans à rendre leurs conclusions, qui sont à la fois partiales et lacunaires. Selon eux, les forces de l’ordre auraient seulement répondu à la violence de certains manifestant-e-s. En fait, comme l’ont démontré force témoignages, images et enquêtes journalistiques, les 3 200 policiers « défendant » un trou de terre vide ont bombardé (de 5 010 grenades) sans sommation l’ensemble des manifestant-e-s.

Toujours selon ces experts, l’organisation des secours n’aurait pas entraîné une « perte de chance » pour les victimes… parce qu’elles ont été soignées sur place « de façon consciencieuse et irréprochable ». En fait, ce n’est pas la qualité de ces soins qui a été dénoncée, c’est l’interdiction faite aux ambulanciers d’accéder aux personnes blessées même quand il y a eu un retour au calme – interdiction que, là encore, divers témoignages confirment.
L’enquête indique que les soignants n’étaient pas autorisés à arriver seuls sur les lieux, et que des tirs « non réglementaires » ont été opérés par les forces de l’ordre. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent dans ses conclusions, en particulier concernant les ordres explicites d’effectuer ces tirs « non réglementaires » : quoique figurant dans le dossier, ils n’ont pas été traités.

Enfin, si des « dysfonctionnements inexplicables » sont relevés dans l’organisation des secours (le PC pompiers ne répondait pas aux appels à l’aide, des motards de la police ont tardé à venir escorter des ambulanciers et les ont abandonnés en chemin, etc.), aucun avis n’est émis dessus. La manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite nos plaintes, aussi demandons-nous la poursuite des investigations.

Loin d’être un événement ponctuel, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline s’inscrit dans un processus visant depuis de nombreuses années à banaliser une répression toujours plus violente. L’objectif de l’Etat ce jour-là n’était pas d’empêcher les manifestant-e-s de parvenir sur le chantier de la mégabassine, mais de dissuader quiconque de manifester à nouveau contre de telles constructions – lesquelles ont depuis été jugées inutiles et illégales par les autorités compétentes. La mobilisation antibassines de Sainte-Soline a ainsi été pour l’Etat une occasion d’appliquer sa « doctrine du maintien de l’ordre », qui implique d’assimiler les mobilisations sociales à des attentats terroristes afin de déclencher officieusement un plan Orsec permettant leur répression par de véritables moyens militaires, mais ne prévoyant pas les moyens sanitaires à la hauteur de cette répression.

Le terrorisme, c’est ça : rendre une population passive face aux agissements d’un pouvoir devenu omnipotent. Nous avons aujourd’hui les preuves audio et vidéo de ce dont nous nous doutions : les actes qui ont causé tant de blessures et fait frôler la mort à nombre d’entre nous ne sont pas l’œuvre d’individus particulièrement violents, mais découlent de l’ordre donné par une institution. Et des actes semblables ont blessé et tué dans d’autres contextes (mouvements des gilets jaunes ou contre la réforme des retraites, émeutes après la mort de Nahel…). Alors nous voulons faire peser sur cette institution le cadre juridique dont elle s’affranchit délibérément. Apporter un éclairage sur ce dossier ne suffira évidemment pas à le clôturer, mais cela nous aidera à trouver les réponses dont nous avons besoin et à affirmer un refus de se laisser tétaniser par la terreur.

Nous n’en continuerons pas moins de mener d’autres batailles pour une réelle justice sociale et environnementale.

Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches, 
le 5 novembre 2025


Sources le PRC

Budget national et sécurité sociale : #ToutBloquer c’est Vital !

N° 950 06/11/2025  L’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale a débuté le 4 novembre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a pour objectif  un budget drastique de la Sécurité sociale pour 2026 avec en ligne de mire son démantèlement:

*Un doublement des montants des franchises médicales(1) et des participations forfaitaires(2) , celles-ci avaient déjà été augmentées en 2024. Dispositifs également étendus aux rendez-vous chez le chirurgien-dentiste, aux produits médicaux comme les lunettes, les béquilles et les pansements… Les plafonds annuels de ces franchises seraient aussi doublés passant de 50 à 100 euros. Le tout coutera 2,3 milliards d’euros aux travailleurs et seront accaparés par l’État.

 

Le gouvernement fait les poches des malades, des pauvres, des apprentis, des retraités, des travailleurs.

*Les autres dispositifs sont la réduction des indemnités journalières pour les personnes sous le régime d’affection longue durée(3) ou encore la suppression de l’exonération des cotisations pour les apprentis.

*Plus largement le gouvernement propose également d’imposer les indemnités journalières perçues par les personnes en affection longue durée lorsqu’elles sont en arrêt de travail.

*Les montants des aides personnalisées au logement (APL) et des pensions de retraites gelés, au lieu de suivre le rythme de l’inflation.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist assume : ce budget 2026 de la Sécurité sociale est « difficile »... « On a une responsabilité collective à faire que le trou de la Sécu, qui est à 23 milliards cette année, diminue l’année prochaine, car c’est comme cela que notre Sécurité sociale va pouvoir continuer à protéger les Français », a-t-elle déclaré.

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde des médecins s’inquiètent de ces mesures : « un accroissement assumé des inégalités sociales de santé qui retardent les prises en charge médicales des patients ayant de faibles revenus et coûtent finalement plus cher que l’économie visée de 2,3 milliards d’euros ». 45 % des Français déclarent d’ailleurs avoir renoncé à au moins un acte de soin, ces cinq dernières années, pour difficultés financières !

France Assos Santé, a également dénoncé ce budget « profondément injuste et inefficace ». « Il est urgent d’arrêter le braquage des malades et de commencer à s’attaquer aux causes structurelles des maladies chroniques, taxer et réglementer les industriels qui nous contaminent, négocier les coûts exorbitants des traitements contre le cancer imposés par les laboratoires pharmaceutiques », a aussi réagi violemment le collectif Cancer dans un communiqué.

Le gouvernement veut faire croire que le système de santé est en difficulté à cause des malades masquant ainsi la vraie cause de l’austérité et des cadeaux au patronat. Ces débats sur le budget de l’État et de la sécurité sociale ont mis en lumière la collusion du LR et du RN sur un programme en faveur des riches et du patronat afin de supprimer certains impôts de production, réduire à peau de chagrin la taxe sur les holdings, abaisser le niveau de la surtaxe sur les grandes entreprises et limiter à deux semaines les arrêts maladie par un médecin de ville : une attaque majeure contre les travailleurs. 

Cirque parlementaire, négociations opaques, tractations avec le PS et déjeuner à Matignon avec Olivier Faure, les débats sur le budget 2026 ont lieu plus que jamais en coulisses. D’un bout à l’autre de l’examen du budget 2026. Lecornu dispose de tous les moyens pour imposer l’austérité en évitant un vote final sur le budget et le faire passer par ordonnances au bout de 70 jours. L’examen du budget de l’État s’arrêtera nécessairement le 23 novembre puis le texte passera au Sénat. Même si le texte est adopté et sa version amendée transmise au Sénat, Gérard Larcher, président LR du Sénat, défenseur des intérêts patronaux a donné le ton: il enverra à la poubelle tous les amendements

 

Afin de mettre fin à toute cette mascarade : une riposte des travailleurs tous ensemble !

Les directions syndicales, des représentants du patronat et le gouvernement ont débuté la conférence sur les retraites et le travail. La CFDT applaudit et vole au secours du macronisme : « Un cadre qui nous va bien ».

Initialement prévue le 20 novembre, la conférence a été avancée au 4 novembre, une manœuvre de manière à faire coïncider le même jour que l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le gouvernement macroniste relance le « dialogue social » dans le but de gagner du temps et calmer la colère dans le monde du travail. Le budget est taillé sur mesure pour satisfaire les classes dominantes et les multinationales, les coupes budgétaires brutales se préparent en coulisses La quasi-totalité des directions syndicales ont choisi d’accepter le cadre fixé par Lecornu et ont participé à la première réunion de la Conférence Travail et Retraites du gouvernement. Le gouvernement tente de faire diversion pour faire passer le projet de Bayrou et le patronat d’août dernier. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a expliqué que la conférence a pour but d’être « un lieu de débat, pas un lieu de négociation » dans la perspective d’« aboutir à l’été 2026 en espérant que les sujets sociaux soient au cœur du débat de la campagne présidentielle et pourront être tranchés par un vote démocratique. » Des groupes de travail vont s’organiser afin de discuter du secteur public et du secteur privé. Au programme, des débats sur la retraite, le travail et l’emploi. L’objectif serait « de conclure les travaux en… septembre 2026 » selon le journal patronal "les Echos".

Le principal syndicat du patronat, le Medef, a annoncé ne pas participer à cette conférence, montrant ainsi le caractère inutile des parlotes quand il faut, à ses yeux taper fort et vite sur les travailleurs. En revanche, toutes les directions syndicales du monde du travail étaient présentes : CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et enfin Solidaires. La CGT était absente, mais n’a pas rejeté sa participation déclare Sophie Binet : «Je veux dire au ministre du Travail, que s’il souhaite la participation de la CGT, il faut que le calendrier, le contenu, les modalités, l’animation de cette fameuse conférence travail dont on ne sait rien, soit décidé et travaillé avec l’ensemble des organisations syndicales, y compris la CGT». Les directions syndicales s’apprêtent à négocier de longs mois pour rien, sinon des reculs sociaux comme lors du conclave sur les retraites organisé par François Bayrou.

Loin d’établir un plan de bataille capable de mettre fin aux coupes budgétaires, à l’austérité dans la santé et dans l’éducation, les directions syndicales tentent une fois de plus de négocier avec le gouvernement macroniste plutôt que de défendre les travailleurs. Il est urgent de dénoncer cette impasse. Seule une intervention massive et déterminée de la classe ouvrière et le blocage de l’économie peut imposer au gouvernement la fin des politiques austéritaires, la retraite à 60 ans, cela implique d’abandonner les stratégies de démobilisation et de leurre de l’intersyndicale.

Arrêtons de s’adapter au cirque et calendrier parlementaire et à la discussion avec un gouvernement. Le mouvement ouvrier doit intervenir pour s’opposer aux offensives en cours. La colère existe pour faire tomber l’offensive austéritaire. Une colère non pas pour imposer des élections législatives ou présidentielles anticipées, comme le voudraient certains mais pour arracher nos revendications par la lutte de classes. Construire une puissante mobilisation dans les rues, les entreprises, les fac et les lycées, dont l’objectif central est d’en finir avec leur politique d’austérité. Dans la période historique présente la lutte au quotidien contre les empiètements du capital, afin de changer la situation est indispensable. « Si la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure » écrivait Marx en 1848. Sa participation au combat contre le capitalisme est décisive. La lutte contre le capitalisme exige le plus large rassemblement des travailleurs, notre union à tous est indispensable pour vaincre. Nous devons dans les luttes faire grandir l'idée que le changement de société est nécessaire et que cela passe par enlever l’appareil d’Etat aux capitalistes et à leurs représentants. C'est la condition indispensable pour construire une société au service du peuple en lui donnant des droits et des pouvoirs permettant d’intervenir à tous les niveaux économique, social, politique : une société socialiste débarrassée de l’exploitation de l'homme par l'homme.

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  1. Les sommes qui restent à la charge des patients sur les boîtes de médicaments

  2. Le reste à charge des consultations médicales

  3. «non exonérante » : celle présentant une dépression légère ou des troubles musculosquelettiques, par exemple.





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