La
surproduction de tout le secteur de l' industrie automobile éclate
maintenant au grand jour en Allemagne et en Europe, Les firmes
allemandes comme Volkswagen, Mercedes, Bosch,ZF,Porsche, Ford,
Audi,etc. Choisissent de dévaloriser/supprimer des milliers de
travailleurs pour empêcher la dévalorisation du capital ,
licenciements,chômage, chômage partiel, baisse des salaires sont
les attributs utilisés systématiquement. La guerre commerciale et
tarifaire a été déclenchée par D Trump avec son chantage aux
droits de douane de 25% sur les véhicules et pièces détachées
provenant de l' UE,ramenés à 15% suite à un véritable
maquignonnage avec Ursula von der Leyen. Il
y a deux semaines, le quotidien économique Handelsblatt
titrait:
«La crise des semi-conducteurs pourrait plonger l’Allemagne
dans une troisième année de récession.»
La
crise qui émerge est révélatrice de l' obsolescence du capitalisme
mondial, elle mène dans un premier temps au réarmement mondial et
plus spécifiquement à celui de l' Europe. Les dirigeants de ces
pays nous vantent , les bienfaits de cette militarisation
sécuritaire, comme créatrice d' emploi , comme l' exemple en France
de l' entreprise Les Fonderies de Bretagne transformée en fabrique
d' obus. De même en Allemagne ou l'industrie automobile se
reconvertie dans la production d' engins de guerre. Le
groupe allemand
Rheinmetall spécialisé dans l'armement et
l'équipement automobile, va reconvertir deux de ses usines
automobiles sont concernées les usines de Berlin et de Neuss, près
de Dusseldorf, qui fabriquent des pièces automobiles.
En
juin 2024, souligne « l'
usine nouvelle » Rheinmetall a signé un accord avec
l’équipementier automobile en difficulté Continental,
pour reprendre et former une centaine de salariés d’une usine qui
fermera en 2027. La société allemande n’est pas la seule à
réorienter des usines vers la défense. KNDS, autre industriel
allemand de la défense, a annoncé début février 2025 reprendre
l’usine de Görlitz d’Alstom, pour y produire des chars à la
place de trains.
Rheinmetall
a aussi signé un contrat cadre d’un montant de 8,5 milliards
d’euros pour livrer des obus de 155 mm à la Bundeswehr et ses pays
alliés, les Pays-Bas, l’Estonie et le Danemark. Les premières
livraisons ont démarrer en 2025.
Restructuration
et lutte de classe dans l' industrie automobile mondiale.
le 9-12-2009)
Préface
Le livre que nous vous présentons est
un recueil de textes du groupe « Echanges et mouvement »
qui s' étale sur une longue période. Il permet d' avoir une vision
rétrospective sur l' évolution des restructurations, fusions et
acquisitions du secteur, et de leurs incidences sur le monde du
travail ( chômage, temps partiel, intérimaires, précarité).Nous
verrons aussi comment va se déployer et redéployer l' industrie
automobile en fonction du coût de la manœuvre,et des rapports de
force créés par le prolétariat en un lieu donné, mais aussi de
ses organisations de combat du moment que le capital finit toujours
par domestiquer en les légalisants.
Les deux textes de Beverly J. Silver
sur le (Les
mouvements ouvriers et la mobilité du capital
) attestent bien de ce déplacement dans le temps de l' épicentre
de ce rapport de force qui s'est déplacé: « de l’Amérique
du Nord dans les années 1930 et 1940, vers l’Europe du Nord-Ouest
(et ensuite du Sud) dans les années 1960 et 1970, puis vers un
groupe de pays en voie d’industrialisation rapide dans les années
1980 et 1990. ».La grève chez Dacia en Roumanie confirmera
l' analyse de Sylver démontrant que les délocalisations, ne font
que délocaliser les luttes.
Il nous faudra aussi , montrer comment
la concurrence que se font les ouvriers entre eux
n' est que l' expression de celle que se font les capitalistes de
cette industrie pour savoir qui restera en piste à l' échelle
mondiale. La concentration et la centralisation du capital, n' est
plus à démontrer , comme étant une loi inhérente du mode de
production capitaliste MPC.
Marx à son époque faisait déjà remarquer que:
« (...) plus est développée la
production capitaliste d' un pays, plus grande est la mobilité
exigée de la capacité de travail, plus est fluide et intense la
migration du capital d'une branche de production à une autre. »
( K. Marx chapitre inédit du capital ed.10/18 p.181-182)
Nous verrons dans l' article
( Exacerbation
de la concurrence dans le secteur automobile mondial (Echanges n°119,
2005-2006))
comment le secteur de l'automobile flexibilise, restructure et
délocalise vers les ex -pays de l’Est .En moins de quatre ans
(1991 à 1995), les plus grands constructeurs mondiaux prennent pied
en Europe centrale; VW acquiert Skoda en 1991, Fiat reprend le
constructeur polonais FSM en 1992, et Daewoo Motors passe une
alliance avec FSO. Comment la baisse du temps de travail est
capitalisée en chômage partiel, et comment en
Outre-Atlantique, la crise économique ébranle sévèrement GM et
Chrysler.
Pour actualiser ces mouvements de
fusion et acquisition nous ferons un bref survol de ceux ci ,dans les
zones économiques ou l' industrie automobile est la plus présente:
Europe , USA, Japon, Corée du sud, Chine...
L'industrie
automobile, est l' un des principaux centre de création de
plus-value du système capitalisme, ce qui explique pourquoi dans ce
secteur la concurrence est vive. Si vive que depuis quelque temps,
cette industrie est en surcapacités
.Le marché s' essouffle et cherche des projets innovant pour
rebondir sous l' emblème de la « révolution écologique ».
Pour retrouver leurs marges les firmes doivent investir de manière à
éliminer leurs concurrents, elles doivent se concentrer se
centraliser de manière à pouvoir de nouveau appliquer des prix
d'oligopole
voir de monopole.
Aperçu
historique, des fusions et acquisitions européenne
Nous pouvons considérer, que la
première vague de concentration/centralisation de l' industrie de
l' automobile aura lieu entre les deux guerres, la concurrence est
forte et va décimer un grand nombre de petits producteurs. Pour ne
donner qu' un exemple, on recense en France avant 1914 de 150 à 300
petits constructeurs, en 1945 leur nombre chute de 30, et en 1975 à
3 ( Peugeot Citroen, Renault et Matra ). Durant cette période , nous
voyons GM se payer en 1925 le britannique Vauxhall et l' allemand
Opel en 1929. Pendant qu' en Allemagne Daimler Fusionne avec Benz en
1926 pour devenir ensuite Mercedes-Benz.
« Dans
les années 1930, la centralisation du capital progressa rapidement
avec l’aide des gouvernements, mais la capacité de profiter des
économies d’échelle inhérentes aux méthodes fordistes était
tout simplement absente. Les obstacles au commerce intra-européen et
des salaires généralement bas excluaient l’existence d’un réel
marché de masse. Les ouvriers de l’industrie automobile américaine
pouvaient se permettre d’acheter le produit qu’ils fabriquaient
(même dans les années 1920) ; ce n’était pas le cas des
ouvriers européens » (Les mouvements
ouvriers et la mobilité du capital )
C'est seulement a partir des
années 1950, que l' industrie automobile mondiale trouve son plein
essor et va bénéficier de deux décennies de croissance
ininterrompue. La production va doubler entre 1955 et 1970 se rythme
de croissance de 5%, passera à 3,5% en moyenne entre 1970 et 1974.
« Mais
ces investissements montèrent en flèche dans les années 1950 et
1960. GM investit plus de 100 millions de marks dans un grand
développement d’Opel (Allemagne) entre 1950 et 1955 et continua
ensuite à agrandir ses usines chaque année. GM investit aussi 36
millions de livres chez Vauxhall entre 1952 et 1956 pour agrandir son
site de Luton et construire une nouvelle usine à Dunstable. De même,
dans les années 1950, Ford développa rapidement son site de
Dagenham au Royaume-Uni et son usine de Cologne en Allemagne (15).
Une réaction combinée des entreprises et des gouvernements en
Europe permit la croissance rapide des entreprises européennes de
l’automobile grâce à la consolidation et à l’introduction des
techniques de production de masse les plus récentes. C’est ainsi,
par exemple, que l’industrie automobile en Italie (qui avait reçu
peu d’investissements directs de la part de fabricants de voitures
étrangers) fit plus que tripler sa production pendant les années
1950 et puis la doubla pendant les années 1960. Dès 1970, l’Italie
produisait presque deux millions de véhicules, et Fiat en produisait
la plus grande partie »
Après le choc pétrolier de 1973, la
croissance commence à s' essouffler ( de 2 à 2,5% entre 1974 et
1990), et ensuite la stagnation (-0,4% entre 1990 et 1994) suivi d'
un faible retour à la hausse (2,2% entre 1994 et 1999). Les fusions
des années 1960-1970
et 1970 -1990
vont reprendre de plus belle.
Après 1985, la mondialisation devient
opérationnelle dans l'industrie automobile, et la guerre économique
fait rage, pour savoir qui va rester sur le marché mondial. Ceci
explique en partie le caractère transnational de ces opérations,
mais aussi, des les années 1970, le développement de la lean
production de Toyota, qui deviendra au deuxième semestre 1980 le
système de production universel. Ce système sera perfectionné en
systèmes de production intégrés dont les normes s'étendront dans
de nombreuses entreprises de la planète.
Récemment, l’État français a
annoncé un plan d’action de 15 millions d’euros, pour développer
le « lean management » la traduction littérale du terme
est « management sans gras ». Le 12 octobre 2009, la
direction et les syndicats de PSA Peugeot Citroën, à l’exception
de la CGT, ont conclu un accord relatif à l’évaluation et la
prévention des risques psychosociaux .L' objectif étendre le
système déjà efficient chez Airbus et Thalés à l’ensemble de
la filière automobile.
L'industrie automobile britannique
et suédoise passe à la trappe.
L' industrie automobile britannique ne
résistera pas à la mondialisation et l' époque qui s' ouvre est
celle des monstres internationaux : FORD va absorber Aston Martin
Grande-Bretagne, en 1987, puis; Jaguar. Rolls-Royce passe sous
contrôle de Volkswagen en 1998 va suivre; Bentley la même année .
Même TVR Fondée en 1954, constructeur britannique encore
indépendant disparaîtra en 2008. Quant à la firme Lotus après
être passée par plusieurs mains elle finira sa course chez le
malais Proton en 1993 qui cherche actuellement à la vendre..Seul
Rover semblait encore résister, suite à un accord en 1989 avec le
japonais Honda. Il finira par se jeter dans les bras de BMW en
1994 et sera finalement vendu en appartements en mars 2000.
De même pour la Suéde où Volvo,
fondée en 1927, intégrera le groupe Ford en 1998. Le constructeur
suédois Saab qui, depuis 1990, a vu 50 % de ses avoirs passés chez
G.M., passera entièrement sous le directoire de General-Motors, et
est actuellement en vente..
L'ouverture
de l' exploitation du capital occidental en Europe centrale
« L’Europe de l’Est, la Chine et l’Inde sont
considérées dans le jargon industriel comme des pays à bas coûts
(low cost countries, LCC) et rivalisent pour devenir les bases de la
production mondiale pour les années 2020 ! Les entreprises qui
s’installent en Chine passent par des filiales communes avec un
partenaire local (joint ventures). La prise de participation est
bloquée à 50 %. GM et Volkswagen (VW) se partagent le marché
chinois en pleine croissance. GM est déjà no 1 en Chine, talonné
par Toyota. Les experts chinois estiment que leur pays fabriquera 20
millions de véhicules vers 2020, largement au-delà du seul marché
intérieur. La Chine sera donc exportatrice de véhicules locaux
assemblés par GM, VW, Honda ou Toyota vers l’Europe et les
Etats-Unis. »Exacerbation de la concurrence dans le secteur
automobile mondial Echanges n° 119 , 2005-2006
L’industrie automobile mondiale et européenne se rue vers les
ex-pays du bloc soviétique - Hongrie, Roumanie, Pologne, Russie,
Ukraine, Slovaquie et République tchèque (voir Echanges nos 111 et
118) - où au total seront investis 20 milliards d’euros pour
assurer à terme 20 % de la production européenne. La
production d’automobiles dans les pays d’Europe centrale et
orientale (PECO) (Russie exceptée) devrait dépasser le seuil de 2,4
millions d’unités en 2006. Selon le Herald Tribune du 25 novembre
2006, la production devrait croître de 33 % pour atteindre 3,4
millions d’unités dans la région entre 2005 et 2010.
Les sous-traitants et fournisseurs font aussi leurs valises,
subissant et prétextant à la fois la réduction des coûts imposée
par les trusts automobiles (Renault a l’intention de baisser ses
coûts d’achats extérieurs de 14 % d’ici 2009). Les
nouvelles usines d’assemblage à l’Est se voient ainsi entourées
d’une nuée d’équipementiers et de sous-traitants locaux. A
terme, le taux d’intégration local avoisinera 80 %, mais cela
se traduira par des dizaines de milliers de licenciement dans toutes
les PME concernées et chez les géants mondiaux de l’équipement
comme Visteon, Delphi,Valéo, Faurecia ou Bosch...(voir
La
faillite de Delphi, une attaque en règle
Les groupes allemands,
passent à l' offensive
VW vise la taille critique , l'
entreprise fabrique conjointement, en Europe et en Amérique Latine,
des véhicules avec Ford. L’association en Amérique du Sud entre
les deux grands s’appelle Autolatina. Elle possède aussi des
usines, outre en Allemagne, au Mexique, au Brésil, en Argentine et
en Chine. Son tableau de chasse est le suivant: En 1969 ,elle intègre
sa comparse allemande Audi, et prend le contrôle de SEAT en 1986
(Espagne,). Longtemps, cette marque espagnole fondée en 1950 a
fabriqué sous licence des Fiat. Maintenant, les modèles sont tous
d’origine VW.
En 1991 c 'est Skoda (République
Tchèque) qui intégre le groupe , puis , l' anglais Rolls-Royce en
1998 (fondée en 1904)jusqu’à Noël 2002) va suivre; Bentley en
1998 (Grande-Bretagne, fondée en 1919); Bugatti et Lamborghini
(Italie, intégrent le groupe en 1998.
le groupe VW est
particulièrement armé, pour se réserver le marché de l' europe
centrale, l' ancienne Mittelleuropa.
Le groupe va y mettre le prix , et pour l' acquisition de Skoda, le
prix offert fut deux fois supérieur à celui de Renault. Mais cet
éternel bouleversement des forces productives, veut que l' homme
n' est plus rien il n' est plus que la carcasse du temps.
« La
grève de la métallurgie dans l’ex-Allemagne de l’est, le 2 juin
2003- exigera l’alignement du temps de travail et des salaires de
l’Est et de l’Ouest (35 heures au lieu de 38 pour le salaire
effectif de 35 heures). De même que , la grève déclenchée me 24
mars 2008 chez Dacia-Renault , où pour la première fois, les
grévistes ne prennent pas pour base de leurs revendications les
salaires usuels dans le pays, mais les comparent à ceux des ouvriers
de Renault en Turquie ou en France qui, pour le même travail, sont
payés entre 900 et 2 000 euros tandis qu’eux ne touchent au
maximum que 300 euros. »( République
tchèque : l’industrie automobile moteur de l’accumulation
du capital et des luttes de classes ? )
Pendant que dans le même temps les ouvriers américains d' AXLE
se battent contre une chute de 50% de leur salaire revendiqué par le
patronat.
Une étude du cabinet d’experts A.T.
Kearney prévoit que quelque 240 000 emplois devraient être
supprimés dans l’industrie automobile allemande d’ici à 2013.
et que les constructeurs et fournisseurs automobiles allemands
devront s’adapter pour affronter la crise. Selon l' étude, un
tiers des équipementiers et 20 % des concessionnaires allemands
risqueront la faillite d’ici à 2013.
La France.
Tout comme l'
Italie et l' Espagne, elle essaye de maintenir tant bien que mal ses
champions nationaux (le duopole Renault et PSA).
La
situation dans la zone asiatique
Le japon
En moins de vingt années de 1950 à 1970, le Japon va propulser
son industrie automobile sur le devant de la scène. Au début des
années 1950 ce pays produisait essentiellement des camions (31 000
véhicules, et en 1975 ce chiffre devient 7 millions. Puis de 1970 au
début des années 1980 le Japon devient exportateur et entre en
concurrence avec les industries primitives étrangères, pour
atteindre son point culminant en 1985. A partir de 1985 la stratégie
des constructeurs japonais sera essentiellement axée sur le plan
géographique par des délocalisations dont l' objectif est de
contourner d' une part des protectionnismes naissants et d' autre
part l'inconvénient d'une monnaie forte. Mais la tête de pont de l'
offensive des constructeurs japonais c' est le Toyotisme,
et comme toujours la pénétration d' un marché oligopolistique, ne
peut se réaliser sans un appuis important de l' état national et un
avantage momentané dégageant une rente différentielle. Aussi le
toyotisme va se présenter à partir de 1970 comme le leader mondial
en matière d' organisation avec le système du flux
tendu
ou lean
production. Il
va pénétrer partout même en Chine, il bouleverse la production
fordiste qu'il rend obsolète, ses points forts sont: La Qualité
totale, la flexibilité, le flux tendu qui permet de limiter les
stocks et d' immobiliser du capital , la productivité et les
technologie de pointe.
Il va aussi
révolutionner le monde des équipementiers, qui se voient contraint
de se plier aux exigences des nouvelles normes de production, et font
partie d' une production dite intégrée.
Naissance de l’industrie
automobile en Chine
C 'est en 1953 qu' émerge l’industrie automobile chinoise avec
la création de la First Automobile Company (FAW).
L’ aide de l’ URSS est à cette époque indispensable et de 1951
à 1956, les ingénieurs soviétiques formeront les futurs cadres de
la FAW qui sont même envoyés en formation à la Staline
Automobile Company .L’aide soviétique sur le modèle fordiste
se poursuivra jusqu’ en 1986.
Mais comme nous l' avons vu précédemment le toyotisme, se présente
comme le meilleur système d' exploitation et la Chine de Deng ciao
Ping ne va pas se priver de l'introduire
La recherche de la flexibilité fut à l’origine de
l’introduction du système de production Toyota. La FAW eut
l’occasion de tester ce système lors de l’aide technologique
apportée par Hino Motors de 85 à 90 pour la mise en place de son
usine de transmissions. Cette usine servira de laboratoire à la FAW
pour l’introduction dans d’autres usines de concepts tels que la
lean production.
L’industrie automobile chinoise se trouvait à un tournant de
son histoire et le Fordisme n’était plus assez productif.
La chasse aux Mudas (ensemble des tâches inutiles) commença,
afin d' augmenter la productivité et de réduire les
stocks.Cependant le passage d' un système d' exploitation à un
autre plus efficient pour le capital entraînera des résistances
ouvrières qui ont longtemps freiné l'implantation du toyotisme. Il
y eu des sabotages qui inquiétèrent fortement le management, qui
décida d' introduire des primes de motivation lié à tout un
système de validation et contrôle. Tout fut mis en place pour
domestiquer, la classe ouvrière chinoise.
Enfin, à partir de 1992, un système de badge fut mis en place
pour contrôler les allées et venues des ouvriers. La
réorganisation de la production nécessita dans un premier temps la
constitution d’un « comité juste à temps ».
Les différents points cités précédemment furent plus ou moins
bien acceptés et « digérés » par les ouvriers de
l’usine, mais étaient essentiels pour préparer la FAW à la
nouvelle structuration du marché automobile chinois, qui s’annonçait
fortement concurrentiel. La productivité des ouvriers passa de 27.7%
à 65% : en 1991, pour 129.000 yuans, un ouvrier produisait 27.7
pièces. En 1994, pour 330.000 yuans, il en produisait 68.5 pièces /
jour. 468 ouvriers furent licenciés.
La
crise ouverte de l' année 2008: faillite et intervention des états.
A partir du
quatriéme trimestre 2008, les résultats des 15 principaux
constructeurs du secteur enregistrent 41 milliards d' euros de pertes
nettes.
Aux Etats unis, les « Big
Three » jettent l' éponge.
Aux Etats unis, les « Big
Three » ( General Motors, Ford et Chrysler) totalisent 45,5
milliards d' euros de pertes sur l' année. Chrysler et GM, se
placent sous la protection du chapitre 11 du régime des faillites.
Le vice-président du syndicat de l’automobile UAW , Holiefield
représentant les 150 000 syndiqués des trois « grands » General
Motors, Ford et Chrysler, a déclaré : « Nous avons fait tout ce
que nous pouvions faire dans ce syndicat ; alors je me tourne
maintenant vers Dieu » lors d’un service religieux dans la plus
grande église de Detroit , en priant pour que le gouvernement
renfloue l’automobile. Devant l’autel on avait exhibé trois
modèles de voitures hybrides de chacune des firmes et pendant le
service, les fidèles patrons et travailleurs furent conviés
par le prêtre à venir s’incliner devant les idoles pour recevoir
son onction.
La crise qui frappe les Big Tree , les trois champions de l'
industrie automobile américaine, va aiguiser des appétits, et des
remembrements vont commencer à s' opérer, plombé par le déficit
de l’assurance-santé de ses 600 000 retraités , voir «
Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile
mondial page » GM jette l' éponge et en appelle à
l' état. GM est « nationalisé » et le constructeur
américain Chrysler, est laché par Daimler en 2007. En faillite il
est repris par le fonds américain Cerberus, et devra son
« sauvetage » grâce à une alliance avec Fiat.
le syndicat UAW finira par céder aux ultimatums politiques
pour le soutien financier du gouvernement à deux des trois grands de
l’automobile. Suppression de 31 500 emplois, fermeture de 9 usines,
salaires horaires diminués de moitié, élimination de la «
job bank » , indemnisation du chômage technique. ( voir
125/2008 Quatre-vingt-sept
jours de grève chez American Axle Manufacturing )
Pour conclure.
Nous venons de voir que les
surcapacités du secteur automobile remontent bien avant le
déclenchement de la crise économique et sociale (2008/2009) elles
en sont même une des composantes. Mais comme dans le système de la
concurrence , celui qui ne bouge pas et reste l' arme au pied, se
voit au final exclu du marché, il faut sans cesse investir, se
moderniser pour rester sur le marché. Aussi des investissement
massifs ont été engagés à cet effet dans les pays à bas salaire,
révélant avec la crise un surinvestissement, tant dans les pays a
bas coût de manœuvre, que dans les centres historiques de l'
industrie automobile.
De la, l' annonce de Fiat, de fermer
certains sites en Italie,
les usines brésiliennes et polonaises étant pour Fiat plus
efficientes. Le dilemme que pose la mondialisation aux états des
pays du centre est donc le suivant:
soit conserver la production automobile
sur leur territoire, afin de colmater un dérapage social vers la
précarité. Soit ouvrir les vannes et laisser le marché régler la
situation , comme l' exige la
Pour le moment, la solution étatique
est privilégiée, les gouvernements pensent en finir avec la crise
fin 2010.Dans l' attente de la reprise, douze états ont déployés
tout un arsenal de mesures de transition visant à soutenir la
demande et l' emploi, une sorte de protectionnisme discret. Certains
comme la France soutiennent le secteur avec des aides directes, pour
freiner les délocalisations et protéger les sites nationaux.
Seulement toutes ces mesures dépendent
de la reprise, et toute l' industrie européenne de l' automobile est
dans l' oeil du cyclone. La Fédération européenne de la
métallurgie, s' est même attaquée à ces politiques nationales,
les jugeant électoralistes, tout en réclamant à José Barroso la
création d' un Conseil européen de l' automobile, pour définir une
stratégie de restructuration dans un contexte avoué ou les marchés
occidentaux ne connaîtront plus de croissance .
Tous font le constat que l' épicentre
de la production automobile , se déplace de ses centres historiques
( USA, Europe) vers les pays dits émergents et notamment la Chine,
dont on disait il y a encore peut de temps qu' elle était incapable
de produire un véhicule mad in China. Aujourd' hui, Carlos Ghosn, le
président de Renault et de Nissan ne cesse de souligner l'
importance, de la concurrence future des entreprises chinoises et
indiennes. Cette concurrence sera d' autant plus vive que les
équipements, sont plus récents et performants que ceux des usines
de l' ouest.
Que l' expansion du marché de l'
automobile se situe, dorénavant vers le Chine, le Mercosur, l' Inde
, est une réalité, qui n' a de valeur que si le capitalisme
surmonte sa crise. Mais actuellement rien n' indique, bien au
contraire qu'il soit en passe de sortir de sa crise. Les nouvelles
zones d' accumulation du capital , commence déjà à se tarir et un
approfondissement de la crise globale est plus probable qu' une
sortie de la crise dans la zone Asie Pacifique.
FIN