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mardi 15 septembre 2026

Lutte ouvrière et militarisation en Belgique depuis le début de 2026

 

Lutte ouvrière et militarisation en Belgique depuis le début de 2026

  Posted on August 27, 2026 by fredocorvo

Démantèlement social et préparation à la guerre : les deux faces d’une même restructuration

Flamand

M.O. 27-8-2026

Depuis le début de 2026, la Belgique est le théâtre d’une succession presque ininterrompue de grèves, de manifestations et d’autres actions. Cheminots, fonctionnaires, personnel enseignant, travailleurs du secteur privé et autres catégories se sont opposés aux réformes du gouvernement De Wever. Les motifs immédiats diffèrent : pensions, allocations de chômage, indexation des salaires, statuts du personnel, conditions de travail et économies dans les services publics. Mais derrière ces conflits distincts se dessine un processus plus général.

L’État belge tente de modifier en profondeur les conditions dans lesquelles la force de travail est vendue, utilisée et reproduite. Les chômeurs doivent être poussés plus rapidement vers le marché du travail, les malades de longue durée doivent être « activés », les travailleurs doivent travailler plus longtemps, les droits à la pension sont restreints et l’évolution des salaires est freinée. Parallèlement, des moyens sans précédent sont dégagés pour l’armement, les infrastructures militaires, l’industrie de la défense, la logistique militaire et le personnel de l’armée.

Ces processus ne se déroulent pas indépendamment les uns des autres. Ils font partie d’une même restructuration de la Belgique au sein d’une Europe qui se prépare à des confrontations internationales de longue durée.

Cette évolution ne se limite d’ailleurs pas à une seule région linguistique. La classe ouvrière belge est fortement divisée, politiquement, institutionnellement et syndicalement, entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Pourtant, les travailleurs de toutes les régions sont confrontés aux mêmes réformes fédérales. Dans le même temps, les différentes régions remplissent des fonctions spécifiques dans l’économie de guerre en développement : la Wallonie principalement comme centre de l’industrie traditionnelle de l’armement, la Flandre comme nœud industriel, technologique et logistique avec Anvers-Bruges et Zeebruges, et Bruxelles comme centre de commandement politique, administratif et militaire.

C’est précisément cette combinaison qui fait de la Belgique, depuis 2026, un exemple particulièrement clair du lien entre lutte de classe et militarisation.

1. Des conflits séparés à une confrontation sociale prolongée

L’année a commencé par un conflit important dans les chemins de fer. Du dimanche soir 25 janvier au vendredi soir 30 janvier, plusieurs catégories de cheminots ont cessé le travail pendant cinq jours. L’action était notamment dirigée contre la suppression des recrutements statutaires à la SNCB et chez Infrabel, contre les réformes de HR Rail, contre la réforme des pensions et contre de nouvelles économies dans le rail.[1]

La portée du conflit dépassait les conditions de travail immédiates. Selon les syndicats du rail, le projet de loi du ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke devait non seulement remplacer progressivement les nominations statutaires par des emplois contractuels. Le système existant, selon lequel les décisions importantes au sein de la Commission paritaire nationale nécessitaient une majorité des deux tiers, était également remis en question. La position institutionnelle des syndicats au sein des chemins de fer était donc elle aussi mise sous pression.[2]

Ce conflit illustre une tendance générale. L’État cherche à adapter des relations de travail qui offraient historiquement un degré relativement élevé de sécurité à une gestion plus flexible du personnel. L’attaque contre l’emploi statutaire dans les chemins de fer en est un exemple particulièrement visible.

D’autres actions ont suivi. Les mobilisations provinciales des syndicats ont débouché sur la manifestation nationale du 12 mars 2026 à Bruxelles. Selon la police bruxelloise, environ 80 000 personnes y ont participé ; les syndicats en ont revendiqué plus de 100 000.[3] Les manifestants venaient de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles, et aussi bien du secteur public que du secteur privé.

Les principales revendications concernaient la réforme des pensions, le « malus Jambon », la limitation de l’indexation automatique, la politique à l’égard des chômeurs et des malades de longue durée, ainsi que la détérioration générale des conditions de travail et du pouvoir d’achat.[4]

Le 12 mai, une nouvelle manifestation nationale a eu lieu. La police a compté environ 40 000 participants ; la FGTB en a annoncé plus de 75 000.[5] Le nombre était inférieur à celui de mars, mais le mouvement n’avait pas disparu. La succession des actions provinciales, des grèves sectorielles et des mobilisations nationales montre que, depuis 2025 et le début de 2026, la Belgique connaît davantage que des protestations syndicales occasionnelles.

Il existe une confrontation sociale prolongée autour de la répartition des coûts de la restructuration économique, budgétaire et géopolitique.

2. Le gouvernement restructure la force de travail

Le gouvernement De Wever présente principalement sa politique comme une réponse aux déficits budgétaires, au vieillissement de la population, à un taux d’emploi trop faible et à la nécessité de rendre l’économie belge plus compétitive.

Du point de vue de la classe ouvrière, cette même politique apparaît sous un autre jour. Elle accroît la pression pour rendre la force de travail disponible au capital plus longtemps, plus intensément et avec davantage de flexibilité.

L’une des mesures les plus importantes est la limitation dans le temps des allocations de chômage. La réforme adoptée en 2025 produit concrètement ses effets à partir de 2026. Le droit est en principe limité à deux ans au maximum, avec des exceptions pour certaines catégories.[6]

Cela modifie la fonction de l’assurance chômage. Le chômage est moins longtemps couvert par une assurance collective et une part plus importante du risque est reportée sur le travailleur individuel, son ménage et, finalement, le CPAS. Le gouvernement fédéral a lui-même dû prévoir des mécanismes de compensation pour les CPAS, puisqu’il s’attend à ce qu’une partie des personnes perdant leurs allocations de chômage y demande le revenu d’intégration.[7]

Parallèlement, la pression exercée sur les malades de longue durée pour qu’ils reprennent un emploi rémunéré est renforcée. Les flexi-jobs sont encore étendus et le gouvernement prévoit une réduction des charges des entreprises afin d’améliorer leur compétitivité.[8]

La politique des pensions s’inscrit elle aussi dans cette évolution. Les réformes comprennent notamment des conditions plus strictes pour la pension anticipée, des modifications du calcul des pensions des fonctionnaires, la disparition progressive de certains régimes préférentiels et l’introduction d’un mécanisme de bonus-malus par lequel un départ anticipé entraîne, sous certaines conditions, une pension moins élevée.[9]

La logique économique est claire : une plus grande partie de la population doit rester disponible pour le travail salarié pendant une plus grande partie de sa vie.

Cela ne signifie pas que chaque réforme particulière soit exclusivement provoquée par la militarisation. La pression sur les pensions, la sécurité sociale et les salaires existait bien avant la vague actuelle de réarmement. Le vieillissement, les problèmes budgétaires, la concurrence internationale et les tentatives de longue date visant à flexibiliser le marché du travail ont leur propre histoire.

Mais depuis 2025-2026, le contexte change fondamentalement. Alors qu’on exige des travailleurs qu’ils travaillent plus longtemps et renoncent à certains droits sociaux, l’État a simultanément décidé de consacrer des dizaines de milliards supplémentaires à la défense.

Il en résulte un conflit politique direct sur la répartition des ressources.

3. Du budget de la défense à l’économie de guerre

La militarisation belge ne peut plus être décrite comme une simple augmentation du budget de la défense.

Dans la Vision stratégique 2025, l’effort total de défense belge prévu pour la période 2026-2034 s’élevait déjà à environ 139 milliards d’euros. Il ne s’agit pas seulement d’acheter des armes, mais aussi de développer le personnel, les stocks, les infrastructures, la recherche et les capacités industrielles.[10]

Mais même ce programme a rapidement été dépassé par de nouveaux engagements au sein de l’OTAN.

En vue du sommet de l’OTAN à Ankara des 7 et 8 juillet 2026, le gouvernement belge s’est explicitement fixé pour objectif de confirmer la nouvelle norme de 5 % et d’accélérer le développement de l’industrie belge de la défense.[11] Selon la méthodologie de l’OTAN, ces cinq pour cent ne se composent pas uniquement de dépenses militaires classiques. Une partie peut être consacrée à la sécurité, aux infrastructures et à la résilience présentant une importance militaire.

La frontière entre le budget de la défense et le reste de l’économie devient ainsi de moins en moins nette.

La militarisation prend dès lors une autre signification. Il ne s’agit pas seulement de soldats et d’armes. Il s’agit de savoir si les ports peuvent traiter de grandes quantités de matériel militaire, si les chemins de fer et les routes sont adaptés aux transports militaires, si les stocks de munitions sont suffisants, si les soins de santé peuvent continuer à fonctionner dans des circonstances extrêmes, comment les réseaux informatiques sont protégés et si suffisamment de techniciens, de chauffeurs, de travailleurs de la logistique et de personnel médical sont disponibles.

C’est le développement d’une économie de guerre en préparation : non pas une économie dans laquelle toute la production est déjà directement orientée vers la guerre, mais une économie dans laquelle un nombre croissant de fonctions civiles sont planifiées en fonction d’éventuelles situations d’urgence militaire.

4. Plan SHIELD : militarisation de la société civile

Une étape décisive a été franchie avec le Plan SHIELD, le premier Plan national de défense belge depuis la fin de la Guerre froide. Le plan a été approuvé le 29 juin 2026 par l’autorité fédérale et les entités fédérées.

Sa portée est considérable. Le gouvernement affirme explicitement que la défense nationale n’est plus seulement une mission de la Défense. D’autres services publics et les entités fédérées doivent eux aussi organiser la continuité et la protection, notamment des ports, de la cybersécurité, du réseau routier, des voies navigables et des soins de santé.[12]

Une part beaucoup plus importante de la reproduction sociale est ainsi intégrée dans la planification militaire.

Une infirmière reste une travailleuse civile, mais les soins de santé deviennent simultanément un élément de la résilience militaire nationale. Un docker ne devient pas soldat, mais son lieu de travail devient essentiel pour l’acheminement de marchandises militaires. Un cheminot travaille pour le transport civil de personnes et de marchandises, mais la même infrastructure est nécessaire pour déplacer des troupes et du matériel.

La contradiction est manifeste.

D’un côté, le gouvernement peut affirmer que les chemins de fer, les soins de santé, les infrastructures et les services publics doivent économiser et fonctionner plus efficacement. De l’autre, le même État découvre que ces secteurs sont indispensables à la préparation militaire.

C’est important pour la lutte ouvrière. Des secteurs qui, dans le fonctionnement quotidien du capitalisme, semblent souvent séparés les uns des autres sont matériellement reliés par la préparation à la guerre.

5. Les ports : puissance ouvrière et logistique militaire

Par sa situation géographique, la Belgique occupe une position importante dans la logistique de l’Europe occidentale. Le port d’Anvers-Bruges compte parmi les plus grands ports d’Europe ; Zeebruges joue en outre un rôle important dans le trafic roulier et l’approvisionnement militaire.

En juin 2026, le gouvernement fédéral a décidé de mettre en place un accord-cadre pluriannuel pour un partenariat stratégique en matière d’opérations portuaires dans le cadre du Host Nation Support, explicitement au bénéfice de la Défense belge, des alliés de l’OTAN et des États membres de l’Union européenne.[13]

Cela signifie que les ports belges ne sont pas seulement des nœuds commerciaux. Ils sont systématiquement préparés comme infrastructures logistiques militaires.

C’est ici que la dépendance de l’économie de guerre à l’égard du travail salarié devient particulièrement concrète.

Les navires ne se chargent et ne se déchargent pas eux-mêmes. Le matériel militaire ne se déplace pas tout seul. Il faut pour cela des dockers, des pilotes, des grutiers, des chauffeurs, des cheminots, des travailleurs de maintenance, des planificateurs et d’innombrables autres salariés.

C’est précisément pour cette raison que les conflits du travail dans les ports et la logistique ont potentiellement une portée beaucoup plus grande que ne le suggèrent leurs revendications économiques immédiates. Il en va de même pour les chemins de fer et les transports.

L’État militaire cherche à rendre cette chaîne logistique plus robuste. Mais, ce faisant, il révèle simultanément à quel point la puissance militaire dépend du travail collectif quotidien de personnes qui ne contrôlent pas elles-mêmes les objectifs auxquels leur travail est affecté.

6. Wallonie : de l’industrie traditionnelle au centre d’armement

Les différences régionales au sein de la Belgique sont considérables.

La Wallonie possède la plus forte concentration de l’industrie traditionnelle de la défense. Selon l’agence wallonne d’investissement, environ 67 % de l’industrie belge de la défense se trouve en Wallonie. La région compte plus de deux cents entreprises actives totalement ou partiellement dans le secteur de la défense.[14]

Parmi elles figurent des entreprises d’importance internationale telles que FN Herstal, John Cockerill Defense, Thales Belgium, KNDS Belgium, Sonaca et Safran, ainsi qu’un vaste réseau de sous-traitants et d’instituts de recherche.

Le 30 janvier 2026 a par exemple été créée Land Systems Logistic Support (LS²), une entreprise commune de John Cockerill Defense, FN Herstal et Thales. Pendant vingt ans, LS² doit assurer la maintenance, la modernisation et le soutien logistique des véhicules et systèmes embarqués de la Composante Terre belge.[15]

Il ne s’agit pas simplement d’un contrat d’achat. L’État cherche à fixer à long terme une capacité industrielle nationale permettant de maintenir les systèmes militaires en état opérationnel.

Les capacités de production de munitions sont elles aussi renforcées. KNDS Belgium a ouvert une nouvelle ligne automatisée de production d’obus d’artillerie de 155 mm. L’entreprise présente explicitement cette installation comme un renforcement des capacités industrielles belge et européenne.[16]

Le gouvernement wallon y voit des opportunités économiques. Dans sa communication officielle, la croissance du marché de la défense est associée aux investissements, à l’emploi hautement qualifié, à l’innovation et aux exportations.

Une contradiction importante apparaît ici pour les travailleurs.

L’expansion militaire peut effectivement créer des emplois. Pour des régions marquées par une longue histoire de déclin industriel, cela peut sembler attrayant. Mais l’emploi et le salaire sont alors liés à une industrie dont l’expansion dépend d’un réarmement international permanent et, en dernière instance, de la possibilité de la guerre.

Cette contradiction ne peut donc pas être résolue par la simple revendication que les contrats de défense doivent créer « davantage d’emplois belges ». Cela ne fait que lier plus étroitement le travailleur, sur le plan économique, à la concurrence militaire entre les États.

7. Flandre : logistique, technologie et infrastructures

La Flandre occupe une position différente.

Elle possède moins d’industrie lourde traditionnelle de l’armement que la Wallonie, mais dispose de grands ports, d’entreprises logistiques, d’entreprises technologiques, d’une industrie électronique, d’infrastructures et d’institutions de recherche. La Flandre est donc essentielle pour la chaîne de production militaire au sens large.

Les infrastructures liées au F-35 en donnent un exemple. En février 2026, la Défense annonçait que de nouvelles infrastructures modulaires destinées aux opérations des F-35 à Florennes avaient été livrées par l’entreprise belge Automation, établie à Hal, en collaboration avec Arcadis.[17]

Ce type de projet illustre l’effacement progressif de la distinction entre entreprises « civiles » et « militaires ». Centres de données, électronique, cybersécurité, communications, construction, logistique et production avancée peuvent tous être intégrés dans des systèmes militaires.

La même évolution apparaît dans les ports. Anvers-Bruges et Zeebruges sont à la fois des infrastructures commerciales dont dépendent de très nombreux travailleurs et des nœuds stratégiques dont l’importance dans la planification de l’OTAN ne cesse de croître.

Il se développe ainsi une forme flamande de militarisation, moins visible qu’une usine de munitions, mais socialement non moins importante.

8. Bruxelles : centre de commandement politique et point de concentration de la résistance ouvrière

Bruxelles occupe une troisième position.

Elle n’est pas seulement la capitale fédérale. La ville accueille également les principales institutions de l’Union européenne et le siège de l’OTAN. Bruxelles constitue ainsi l’un des principaux centres de commandement politique de la militarisation européenne et atlantique.

Mais Bruxelles est simultanément, depuis 2025-2026, le lieu où les travailleurs flamands, wallons et bruxellois se réunissent physiquement lors des mobilisations nationales.

Ce n’est pas sans importance.

La structure de l’État belge divise continuellement les travailleurs selon la langue, la région, la communauté et le niveau de pouvoir. Les conflits sociaux sont souvent traités séparément comme des problèmes flamands, wallons ou bruxellois. Mais lors des manifestations nationales, les travailleurs des différentes régions linguistiques marchent littéralement côte à côte contre les mêmes mesures fédérales.

Les mobilisations nationales montrent ainsi, sous une forme embryonnaire, que les intérêts matériels des travailleurs ne coïncident pas avec la division institutionnelle de la Belgique.

Cette unité reste cependant fragile tant qu’elle est principalement organisée par les appareils syndicaux nationaux et qu’elle se désagrège, après une journée d’action, en entreprises, secteurs et régions séparés.

9. L’armée recherche la même force de travail que la société civile

Une économie de guerre n’a pas seulement besoin de machines, mais aussi de personnes.

La Défense veut recruter en 2026 environ 4 800 nouveaux membres du personnel : 2 800 militaires d’active, 960 civils et 1 050 réservistes. Elle recherche notamment des techniciens, chauffeurs, magasiniers, infirmiers, médecins, contrôleurs aériens, pilotes et spécialistes de la cybersécurité.[18]

Il ne s’agit généralement pas d’une force de travail utilisable exclusivement par l’armée. Ce sont précisément des professions dont les entreprises civiles, les hôpitaux, les entreprises de transport et les services publics ont également besoin.

La militarisation intensifie donc la concurrence pour la force de travail.

Lorsque la Défense recrute des techniciens, des spécialistes informatiques et du personnel infirmier, elle entre partiellement en concurrence avec des secteurs civils déjà confrontés à des pénuries de personnel. L’expansion militaire détourne ainsi vers la préparation à la guerre non seulement de l’argent, mais aussi du travail qualifié.

Un nouvel instrument particulièrement significatif est l’Année de service militaire. Sur 3 248 candidats, cinq cents jeunes ont été sélectionnés. Le 26 août 2026, les cinquante premiers ont commencé leur formation à la Marine à Saint-Croix, près de Bruges : 33 néerlandophones et 17 francophones.[19]

Le programme est volontaire. Il ne s’agit donc pas du rétablissement du service militaire obligatoire classique.

Politiquement, il constitue néanmoins un changement. L’ensemble des quelque 130 000 jeunes de dix-sept ans reçoivent des informations sur la participation au programme, qui vise explicitement à constituer une nouvelle génération de réservistes.[18]

Le lien entre jeunesse, marché du travail et forces armées est ainsi systématiquement renforcé.

10. Les limites de la stratégie syndicale

Les trois grandes organisations syndicales – FGTB/ABVV, CSC/ACV et CGSLB/ACLVB – ont joué un rôle central dans la résistance au gouvernement De Wever.

Cette résistance est réelle. Sans les structures syndicales, les mobilisations nationales de dizaines de milliers de travailleurs auraient difficilement pu voir le jour. Les actions persistantes ont en outre conduit à des retards et à des adaptations de plusieurs réformes.

Le problème ne peut donc pas être réduit à l’affirmation selon laquelle les syndicats « ne font rien ».

La limite est plus profonde.

Leur stratégie reste finalement orientée vers la pression exercée sur le gouvernement, le Parlement et la concertation sociale. Face au démantèlement social, ils proposent généralement une autre répartition des charges budgétaires : défense de l’index, meilleures pensions, taxation des grandes fortunes et des entreprises et rétablissement de la concertation sociale.

La critique des dépenses militaires commence elle aussi à se faire entendre. Lors de la mobilisation du 12 mai, le président de la FGTB, Bert Engelaar, a par exemple souligné la contradiction entre les restrictions imposées aux pensions et aux allocations et l’augmentation des dépenses d’armement.[20]

C’est une évolution importante. L’économie de guerre commence à pénétrer dans la lutte sociale.

Mais cette critique reste largement budgétaire : l’argent consacré aux armes pourrait être mieux utilisé à des fins sociales.

La question plus fondamentale reste généralement hors du débat : pourquoi la classe ouvrière belge devrait-elle fournir la base économique, industrielle et humaine permettant à l’État belge de renforcer sa position au sein de l’OTAN, de l’Union européenne et de la concurrence internationale entre puissances capitalistes ?

Tant que cette question n’est pas posée, il reste une place pour un militarisme « socialement responsable » : l’augmentation des dépenses de défense est acceptée à condition que les charges soient réparties plus équitablement, que les entreprises belges obtiennent des commandes et que les travailleurs belges conservent leurs emplois.

L’intérêt national reste ainsi le cadre à l’intérieur duquel les travailleurs sont censés penser.

11. De la lutte reproductive à la lutte de classe autonome ?

La plupart des luttes en Belgique restent pour l’instant des formes de lutte de classe reproductive.

Les travailleurs luttent contre la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, mais généralement de manière séparée par secteur et dans le cadre des structures politiques et syndicales existantes.

Cela n’est pas insignifiant. Une grève pour les pensions ou les conditions de travail ne peut pas abolir le capitalisme, mais les travailleurs y font concrètement l’expérience du fait que leurs intérêts entrent en conflit avec ceux de l’État et du capital.

La question décisive est de savoir ce qui se produit au cours de ces conflits.

Une grève des chemins de fer reste-t-elle un conflit de cheminots ? Une action portuaire reste-t-elle un problème de dockers ? Une grève dans l’enseignement reste-t-elle une lutte d’enseignants ? Dans ce cas, chaque secteur peut être négocié séparément, isolé et finalement ramené au travail.

La situation change lorsque les travailleurs commencent eux-mêmes à relier leurs luttes.

Le développement de l’économie de guerre rend même cette connexion matériellement plus visible. Les chemins de fer, les ports, le transport routier, l’industrie, les soins de santé, l’énergie, l’informatique et les services publics sont traités par l’État lui-même comme les composantes d’une seule structure nationale de résilience.

Ce que l’État rassemble pour préparer la guerre apparaît encore, dans la lutte syndicale quotidienne, comme une série de secteurs largement séparés.

C’est là que réside une contradiction fondamentale.

12. Ni solution flamande, ni solution wallonne, ni solution belge

La classe ouvrière belge est réellement divisée. Les différences linguistiques, les marchés du travail régionaux, les structures industrielles différentes et les institutions politiques ne disparaissent pas simplement en affirmant que tous les travailleurs ont les mêmes intérêts.

Mais l’évolution depuis le début de 2026 montre simultanément les limites de ces divisions.

Un travailleur wallon chez un producteur d’armement, un docker flamand, un fonctionnaire bruxellois, un cheminot de Charleroi ou d’Anvers et une infirmière de Gand occupent des positions différentes dans la division sociale du travail. Pourtant, leurs salaires, leurs pensions, leur sécurité d’emploi et leurs conditions de travail sont influencés par le même développement général du capital et de l’État.

Et la militarisation relie leur travail d’une manière nouvelle.

Les munitions produites en Wallonie doivent être transportées. Les ports et les chemins de fer doivent fonctionner. Les systèmes informatiques et les communications doivent être disponibles. Les soins de santé doivent être préparés aux situations de crise. Les jeunes doivent pouvoir être mobilisés comme réservistes.

La préparation à la guerre constitue ainsi, en dernière analyse, une gigantesque organisation du travail social collectif sous le commandement des États nationaux.

La force capable de s’y opposer ne peut donc pas davantage rester flamande, wallonne ou belge.

Conclusion : la classe ouvrière face à l’économie de guerre

Depuis le début de 2026, la Belgique connaît un double mouvement.

D’un côté, les travailleurs sont confrontés à la détérioration des pensions, à la limitation des droits au chômage, à la flexibilisation, à la pression sur les salaires et l’indexation ainsi qu’à la restructuration des services publics.

De l’autre, le même État développe systématiquement ses capacités militaires. Non seulement en achetant des armes, mais en organisant l’industrie, la recherche, les infrastructures, la logistique, les soins de santé, la force de travail et la jeunesse dans le cadre d’une politique beaucoup plus large de sécurité et de défense.

Ces deux évolutions convergent dans une contradiction fondamentale.

Le capital belge et son État ont besoin des travailleurs pour produire de manière compétitive, payer des impôts et travailler plus longtemps. Mais ils ont également besoin de ces mêmes travailleurs pour produire des armes, maintenir les ports en activité, permettre les transports militaires, entretenir les systèmes de communication, soigner les blessés et, finalement, servir comme militaires ou réservistes.

C’est là que réside aussi la puissance potentielle de la classe ouvrière.

Elle ne réside pas dans les promesses électorales d’une « Belgique plus sociale », ni dans une répartition plus équitable des coûts du réarmement, ni dans la défense d’un intérêt industriel wallon, flamand, belge ou européen.

Cette puissance réside dans le fait que, sans le travail collectif, l’économie capitaliste comme la machine militaire s’arrêtent.

Pour l’instant, cette puissance apparaît surtout de manière fragmentée : cinq jours dans les chemins de fer, une manifestation nationale, une action dans une usine, un conflit dans l’enseignement ou un arrêt de travail dans les transports et les services publics.

Le développement vers une lutte de classe autonome commence lorsque les travailleurs relient eux-mêmes ces luttes séparées, créent leurs propres organes de lutte, ne laissent pas aux appareils permanents le pouvoir de décider de l’extension et de la fin des actions et établissent des contacts avec les travailleurs au-delà de l’entreprise, du secteur, de la région linguistique et des frontières nationales.

Car la même course aux armements qui militarise la Belgique militarise également l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Pologne, la Russie, la Chine, les États-Unis et d’autres États.

Face à cette internationalisation du capital, de l’armement et de la préparation à la guerre ne peut finalement se dresser que l’internationalisation de la lutte ouvrière.

M.O. 27-8-2026


Sources

[1] BRUZZ/Belga, « Vijfdaagse staking bij het spoor is van start gegaan », 26 janvier 2026. Description de la grève du 25 au 30 janvier et des revendications concernant les nominations statutaires, les pensions, HR Rail et les économies dans le rail.
https://www.bruzz.be/actua/mobiliteit/vijfdaagse-staking-bij-spoor-van-start-2026-01-26

[2] ACV Transcom, « Spoorbonden staken tegen ‘frontale aanval op personeelsstatuut’ », 8 janvier 2026. Sur l’emploi statutaire, le travail contractuel et la Commission paritaire nationale.
https://www.hetacv.be/acv-transcom/nieuws-en-persberichten/2026/01/08/spoorbonden-staken-tegen–frontale-aanval-op-het-personeelsstatuut

[3] De Standaard, Benthe Vermeulen, « Tussen de tienduizenden misnoegde betogers in Brussel », 12 mars 2026. Décompte de la police : 80 000 ; estimation syndicale : 100 000.
https://www.standaard.be/binnenland/tussen-de-tienduizenden-misnoegde-betogers-in-brussel-er-wordt-steeds-meer-geld-weggehaald-bij-wie-er-het-minste-heeft/141342134.html

[4] Centrale Générale-FGTB, « 12 maart: Nationale betoging tegen de sociale afbraak van de Arizona-regering », 12 février 2026 ; FGTB Bruxelles, compte rendu de la manifestation nationale, 12 mars 2026.
https://www.accg.be/nl/actualiteit/20260212-12-maart-nationale-betoging-tegen-de-sociale-afbraak-van-de-arizona-regering

[5] De Standaard, « Politie telt 40.000 betogers op nationale betoging », 12 mai 2026 ; Centrale Générale-FGTB, « Met 75.000 in Brussel op 12 mei: we geven niet op! », 12 mai 2026.
https://www.standaard.be/binnenland/politie-telt-40.000-betogers-op-nationale-betoging/151383191.html

[6] Gouvernement fédéral belge, « Invoering loongrenzen binnen de uitkeringsverzekering voor werknemers », Conseil des ministres du 3 avril 2026. La source confirme la limitation de l’assurance chômage à deux ans au maximum.
https://news.belgium.be/nl/invoering-loongrenzen-binnen-de-uitkeringsverzekering-voor-werknemers

[7] Gouvernement fédéral belge, « Compensatieregeling OCMW’s naar aanleiding van de beperking van de werkloosheidsuitkering in de tijd », 19 septembre 2025. Sur le transfert attendu d’anciens chômeurs vers l’aide des CPAS à partir de 2026.
https://news.belgium.be/nl/compensatieregeling-ocmws-naar-aanleiding-van-de-beperking-van-de-werkloosheidsuitkering-de-tijd

[8] Gouvernement fédéral belge, « Regering-De Wever bereikt eerste reeks grote akkoorden ». Sur l’activation des chômeurs et des malades de longue durée, l’extension des flexi-jobs et la réduction des charges des entreprises.
https://news.belgium.be/nl/regering-de-wever-bereikt-eerste-reeks-grote-akkoorden

[9] Gouvernement fédéral belge, « Maatregelen in het kader van de pensioenhervorming ». Sur le bonus-malus, la pension anticipée, les pensions des fonctionnaires et les régimes préférentiels.
https://news.belgium.be/nl/maatregelen-het-kader-van-de-pensioenhervorming

[10] Gouvernement fédéral belge, « Actualisering van het STAR-plan voor Defensie: Strategische Visie 2025 », 18 juillet 2025. Pour 2026-2034, un effort total de défense de 139 milliards d’euros est prévu.
https://news.belgium.be/nl/actualisering-van-het-star-plan-voor-defensie-strategische-visie-2025

[11] Gouvernement fédéral belge, « Organisatie van een NAVO-top in Ankara », Conseil des ministres du 20 juin 2026. Objectifs belges : confirmation de l’objectif OTAN de 5 % et développement accéléré de l’industrie de la défense.
https://news.belgium.be/nl/organisatie-van-een-navo-top-ankara

[12] Cabinet du ministre de la Défense Theo Francken, « Historische primeur: eerste Nationaal Verdedigingsplan, SHIELD genaamd », 29 juin 2026 ; SPF Affaires étrangères, « Herziene nationale veiligheidsstrategie maakt ons land paraat voor instabiele wereld », 27 juillet 2026.
https://francken.belgium.be/nl/nieuws/historische-primeur-eerste-nationaal-verdedigingsplan-shield-genaamd-brengt-alle-overheden

[13] Gouvernement fédéral belge, « Overheidsopdrachten voor Defensie », Conseil des ministres du 5 juin 2026. Partenariat stratégique pour les opérations portuaires et le Host Nation Support au profit de la Belgique, de l’OTAN et de l’UE.
https://news.belgium.be/nl/overheidsopdrachten-voor-defensie-125

[14] Wallonia, « Why Wallonia is establishing itself as Europe’s strategic and innovative defence ecosystem », 2 juin 2026 ; Defence Industry 2026 – Wallonia. Le gouvernement wallon mentionne plus de 200 entreprises de défense et indique que 67 % de l’industrie belge de la défense est établie en Wallonie.
https://www.wallonia.be/en/news/why-wallonia-establishing-itself-europes-strategic-and-innovative-defence-ecosystem

[15] FN Herstal/John Cockerill/Thales, « LS²: Launch of a strategic partnership to ensure the operational readiness of Belgian Land Force vehicles », 30 janvier 2026. Le partenariat est conclu pour une durée de vingt ans.
https://fnherstal.com/en/news/ls%C2%B2-launch-of-a-strategic-partnership-to-ensure-the-operational-readiness-of-belgian-land-force-vehicles/

[16] KNDS, « Inauguration of a new 155 mm artillery-shell production unit at KNDS Belgium », 2026. Sur l’extension des capacités belges de production de munitions d’artillerie.
https://knds.com/en/press-releases/inauguration-of-a-new-155-mm-artillery-shell-production-unit-at-knds-belgium-a-major-strengthening-of-belgian-and-european-industrial-capacity

[17] Défense belge, « Eerste modulair inzetbare infrastructuur voor F-35-missies », 5 février 2026. Sur la participation de l’industrie belge aux infrastructures du F-35.
https://www.mil.be/nl/news/eerste-modulair-inzetbare-infrastructuur-voor-f-35-missies/

[18] Défense belge, « Rekrutering 2026: Defensie zoekt 4.800 extra collega’s, waarvan 500 via Militair Dienstjaar », 8 septembre 2025. Répartition : 2 800 militaires d’active, 960 membres du personnel civil et 1 050 réservistes ; profils professionnels recherchés et organisation de l’Année de service militaire.
https://www.mil.be/nl/news/rekrutering-2026-defensie-zoekt-4800-extra-collega-s-waarvan-500-via-militair-dienstjaar/

[19] Défense belge, « Militair Dienstjaar gaat van start bij de Marine », 26 août 2026. Sur 3 248 candidats, 500 participants ont été sélectionnés ; les cinquante premiers ont commencé le 26 août à Saint-Croix.
https://www.mil.be/nl/news/militair-dienstjaar-gaat-van-start-bij-de-marine/

[20] Centrale Générale-FGTB, « Met 75.000 in Brussel op 12 mei: we geven niet op! », 12 mai 2026. Dans son compte rendu, le syndicat relie explicitement les revendications sociales à la critique de l’augmentation des dépenses militaires.
https://www.accg.be/nl/actualiteit/20260512-met-75000-in-brussel-op-12-mei-we-geven-niet-op

mardi 1 septembre 2026

LES DÉSERTEURS DU VIEUX MONDE

Nous publions ce texte, même si nous avons quelques divergences en ce qui concerne l'internationalisme de Lénine. En effet,du 27 mars au 3 avril 1917, Lénine effectue dans une Europe en pleine guerre son retour en Russie accompagné de 31 adultes et de 2 enfants. Le voyage en « train plombé » de Lénine est le fruit d'un accord entre le révolutionnaire russe et l'Allemagne qui encourage pour des raisons stratégiques cette arrivée de Lénine afin d'accélérer la déstabilisation de l'ennemi russe. Ce retour permettra à Lénine de prendre la tête de la révolution d'Octobre permettant d'instaurer l'Union soviétique.

L'expression « train plombé » désigne en réalité l'immunité diplomatique dont bénéficient Lénine et son entourage durant leur périple qui s'effectue à bord d'un train de voyageurs normal. Le convoi traverse l'Allemagne du sud au nord. Après une traversée de la mer Baltique en ferry, les voyageurs se retrouvent en Suède d'où ils gagnent la frontière finlandaise, alors partie de l'Empire russe. Le 3 avril, Lénine arrive à la gare de Finlande de Petrograd, où il est accueilli par une foule de sympathisants. Suivra la paix malheureuse de Brest litov et les accord de Rapallo. Rosa Luxemburg va déclarer

« Une révolution socialiste assise sur les baïonnettes allemandes, une dictature proléta­rienne sous la juridiction protectrice de l'impérialisme allemand » La tragédie russe


LES DÉSERTEURS DU VIEUX MONDE
Face aux guerres et autres catastrophes

« Refusez d’obéir,Refusez de la faire,N'allez pas à la guerre,Refusez de partir. S’il faut donner son sang, Allez donner le vôtre,Vous êtes bon apôtre Monsieur le président.
Si vous me poursuivez,Prévenez vos gendarmes Que j'emporte des armes
Et que je sais tirer »
Boris Vian, 1954, Le déserteur (version non censurée).


Déserteurs du front de guerre comme déserteurs du travail, de plus en plus, la désertion
s’affirme comme la solution d’abord individuelle, puis collective, face aux cours belliqueux,
tant économiques que militaires. Ces deux fronts se complètent parfaitement et s’entretiennent
mutuellement. L’économie de guerre1 prépare matériellement et physiquement, grâce aux
commandes étatiques, la production et la vente des marchandises du secteur de l’industrie de
l’armement, secteur qui ne connait pas la crise, tout en apportant une solution stimulée et
droguée à la morosité économique. De plus, le climat belliciste et anxiogène permet de
détourner les prolétaires de l’inflation et autres dégradations de leurs conditions de vie et de
travail.
La mobilisation, et le sursaut nationaliste ainsi espéré, permet la reconstitution d’une « unité »
qui vise à noyer toute velléité de lutte de classe. Si, en plus, l’ennemi « extérieur » peut avoir
des alliés ou des prolongements politiques à l’intérieur du pays, c’est du pain béni (comme les
canons) pour les fausses polarisations, variations à l’infini de celle, historique, entre fascisme
et antifascisme. Sur le terrain économique, la désertion se confond avec le refus du travail :
du sabotage actif à l’absentéisme plus ou moins bien organisé. 2 Face à ce refus, de plus en
plus de réquisitions et d’impositions de travail forcé se développent avec l’économie de
guerre. Ces désertions complémentaires sont malheureusement insuffisamment comprises
1Sur la question de l’économie de guerre, nous avons écrit un texte : « Économie de guerre ou guerre à l’économie » dans
notre revue Matériaux Critiques, N°10, ainsi que sur notre site web : https://materiauxcritiques.wixsite.com/monsite/textes
2Sur cette question également nous avons produit un texte : « Vive le sabotage » dans notre revue Matériaux Critiques, N°10,
ainsi que sur notre site web : https://materiauxcritiques.wixsite.com/monsite/textes
2
comme des moments d’une même réaction vitale contre la mort et l’exploitation : l’une sur le
front et l’autre à l’arrière, additionnelle et solidaire. Cette sinistre réalité est apparue avec la
première guerre mondiale, première guerre moderne où disparut la distinction, anciennement
essentielle, entre civils et combattants (Massacre de Tamines), nous amenant à marche forcée
vers une culture de guerre généralisée, théorisée par le concept, dérivé de Clausewitz, de
guerre totale. Cette guerre est dite « totale » car elle implique l’union sacrée de tous les partis
politiques, une intense propagande visant à mobiliser toutes la société derrière « son » État,
afin de détruire en totalité les ressources du belligérant adverse en combinant destructions
civiles et militaires grâce, notamment, à la possible utilisation de l’arme nucléaire
(bombardements des villes d' Hiroshima et de Nagasaki).
« Une guerre totale est un conflit dont les conséquences et les implications ne se limitent pas aux
champs de bataille mais touchent l’ensemble des sociétés des pays mobilisés. La guerre de 1914-1918,
dans une certaine mesure et surtout la guerre de 1939-1945, sont des guerres totales. Elles sont
caractérisées évidemment par une mobilisation militaire, mais aussi par une mobilisation complète
des énergies intellectuelles, économiques et humaines. » François Cochet, Acceptions, évolutions et
modalités de la “guerre totale” à l’époque contemporaine ». Les Armées, Hermann, 2018. p.149-160.3
Cette théorie de la guerre totale deviendra une des constances du capitalisme mûr, avec le
développement généralisé d’un État interventionniste fort dirigeant et amplifiant les
investissements militaro-industriels. Cet État est souvent soutenu, grâce à une intense
propagande, par une mobilisation de masses hystérisées contre un ennemi -bouc émissaire-
impitoyable et fourbe. A la tête de ce processus, il est alors opportun de pouvoir imposer un
homme providentiel et charismatique (de Mussolini à Eva Perón) incarnant la communauté
nationale purifiée et unifiée dans la mystique d’un nouveau destin grandiose. Autour de cet
homme (ou femme) exceptionnel s’organisera un culte de la personnalité, propre tant aux
régimes autoritaires de « gauche » que de « droite ». Il s’agit là de quelques caractéristiques
typiques des fascismes historiques (Italie, Allemagne, Espagne).
« On peut définir le fascisme comme une forme de comportement politique marquée au coin d’une
préoccupation obsessionnelle pour le déclin de la société, pour son humiliation et sa victimisation et
par des cultes compensatoires de l’unité, de l’énergie, de la pureté ; ses militants, des nationalistes
convaincus encadrés par un parti fondé sur la masse, collaborent de manière souvent rugueuse mais
efficace avec les élites traditionnelles ; le parti abandonne les libertés démocratiques et poursuit, par
une politique de violence rédemptrice et en absence de contraintes éthiques ou légales, un double
objectif de nettoyage interne et d’expansion externe ». Robert O. Paxton, Le fascisme en action, p.373,
Seuil, Paris, 2004.
Cet ensemble de tendances centripètes autour d’un État « totalitaire » œuvre de plus en plus
ouvertement à la préparation des conflits à venir. C’est alors l’ensemble de la société qui est
mobilisée, dans la peur et la perspective martiale (kit de survie !).
« Il n’y a plus aucune activité (…) qui ne soit une production destinée, à tout le moins indirectement, à
l’effort de guerre. Dès lors, à côté des armées qui s’affrontent sur un champ de bataille, des armées
d’un genre nouveau surgissent : l’armée chargée des communications, celle qui a la responsabilité du
ravitaillement, celle qui prend en charge l’industrie d’équipement -l’armée du travail en général.
L’engagement de cette armée implique une « réquisition radicale » de la société, qui nécessite qu’on
organise dans cette perspective jusqu’au marché le plus intérieur et jusqu’au nerf d’activité le plus
3Sur le site web Cairn info : https://shs.cairn.info/les-armees--9782705695859-page-149?lang=fr
3
ténu ; et c’est la tâche de la mobilisation totale (…) Elle branche le réseau de la vie moderne, déjà
complexe et considérablement ramifié à travers de multiples connexions, sur cette ligne à haute
tension qu’est l’activité militaire. » Ernst Jünger, La mobilisation totale4, (1930).
Face à cette perspective apocalyptique, la désertion s’impose comme solution, d’abord de
survie individuelle, puis comme organisation collective de résistance et de lutte. C’est
pourquoi il est important de souligner ces actions de désolidarisation et de rupture avec
l’union sacrée et la peste nationaliste lorsqu’elles se produisent, car elles sont, la plupart du
temps, minorées, voire passées sous silence. La guerre entre l’Ukraine et la Russie en a
compté significativement dans les deux camps. C’est également le cas de la population de
Gaza qui, coincée dans une situation dramatique entre de nombreuses forces bourgeoises
antinomiques, a néanmoins courageusement manifesté contre la guerre et tous les belligérants,
intérieurs et extérieurs.
« Nous refusons de mourir pour qui que ce soit, pour l'agenda d'un parti ou pour les intérêts d'États
étrangers ... Le Hamas doit se retirer et écouter la voix des personnes en deuil, la voix qui s'élève sous
les décombres – c'est la voix la plus honnête. (…) Nos enfants ont été tués. Nos maisons ont été
détruites... (Nous sommes) contre la guerre, contre le Hamas et les factions (politiques
palestiniennes), contre Israël et contre le silence du monde. (…) Nous sommes opprimés par l'armée
d'occupation (Israël) et par le Hamas. »5
De même, dans la guerre capitaliste actuelle entre l’Ukraine et la Russie, les désertions et les
insoumissions se sont multipliées dans les deux camps et de nombreux conscrits se sont
expatriés avec leurs familles.
« Plus de 100 000 soldats ont été inculpés en vertu des lois ukrainiennes sur la désertion depuis l'invasion  massive du pays par la Russie en 2022. En 2024, l'Ukraine a ouvert 60 000 dossiers de désertion, soit deux fois plus qu'au cours des deux années de guerre précédentes (…). Environ 12 personnes s'échappent chaque mois des exercices militaires en Pologne, a déclaré un responsable polonais de la sécurité sous le couvert de l'anonymat. »6
Selon « Le courrier International » : « Après trois ans de guerre sur son territoire, l’Ukraine fait en effet
face à une explosion du nombre de désertions. Selon le média qatari Al-Jazeera, au moins 30 000 soldats auraient quitté les rangs rien qu’en 2024. C’est plus “qu’au cours des deux premières années de
guerre”, analyse le Financial Times.»7
«La désertion massive des troupes ukrainiennes formées par la France a mis en lumière les problèmes de mauvaise gestion, à un moment où il est plus important que jamais de gagner du terrain dans la guerre contre la Russie. Le 5 janvier 2025, 1700 soldats de la 155ème brigade, aussi appelée brigade Anne de Kiev,formés en France, ont déserté en masse. Une enquête journalistique a révélé que les troupes avaient abandonné la brigade avant même d’atteindre le champ de bataille. » 8 « Il s'agit d'un chiffre stupéfiant, car on estime à 300 000 le nombre de soldats ukrainiens engagés dans les combats avant le début de la

Notes
4Cité par Johann Chapoutot, Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (1918-1945), p.46, Quadrige, puf, Paris,
2013.
5Cité dans la prise de position internationaliste de la « Communist Workers’ Organisation, » (T.C.I.) du 28 Mars 2025. Sur le
site Les

Internationalistes : https://www.leftcom.org/fr/articles/2025-03-30/manifestations-contre-la-guerre-%C3%A0-gaza
6Sur le site web Euronews : https://fr.euronews.com/2024/11/30/larmee-ukrainienne-face-a-la-pression-croissante-des-russes-
est-en-proie -aux-desertions-de#:~:text=Plus%20de%20100%20000%20soldats,
7Stopper les désertions, recruter en nombre : l’Ukraine face à la “crise des effectifs, février 2025, sur le site web Courrier
International : https://www.courrierinternational.com/video/video-stopper-les-desertions-recruter-en-nombre-l-ukraine-face-a
-la-crise-des-effectifs_228016
8L’Ukraine tente de résoudre le problème des désertions massives de ses troupes, sur le site web EURACTIV :
https://www.euractiv.fr/section/ukraine/news/lukraine-tente-de-resoudre-le-probleme-des-desertions-massivesde-ses-troupes/
4
campagne de mobilisation. Et le nombre réel de déserteurs pourrait être bien plus élevé. Un législateur au fait des questions militaires a estimé qu'il pourrait s'élever à 200 000. (…). De nombreux déserteurs ne reviennent pas après avoir bénéficié d'un congé médical. Fatigués par la constance de la guerre, ils sont psychologiquement et émotionnellement marqués ».9
Les récits sont multiples et rendent compte de l’acharnement et des ruses employées pour échapper
à l’engrenage mortel, comme de la perfidie des « autorités » de chaque camp afin d’envoyer de la
chair à canon fraîche à la boucherie patriotique. (Rafles dans les boites de nuit, contrôles inopinés
dans la rue,…). L’utilisation de mercenaires et de supplétifs (soldats nord-coréens !) devient
également de plus en plus courante. Et, lorsque certains ont enfin réussi à déserter, ils conservent
en exil un constant sentiment de peur, justifié par l’appréhension d’être rattrapés ou exécutés.
« Ivan réussit à échapper à une offensive mortelle, face à des drones et un sniper ukrainiens, raconte le New
York Times magazine. Ensuite, il fait tout pour ne pas repartir au front, feignant notamment une hernie
discale. Après plusieurs passages dans des hôpitaux, Ivan parvient à rejoindre Anna et Sasha, chez eux, en Russie. Il réussit à reprendre son passeport confisqué dans sa caserne après un tour de passe-passe,
quelques péripéties plus tard, Ivan arrive à fuir la Russie via la Biélorussie et la Turquie, avant d'atteindre une destination finale, non mentionnée par le New York Times. Aujourd'hui, la famille et surtout Anna vivent dans la peur d'être découverts : "les pires châtiments sont réservés aux déserteurs qui meurent dans des circonstances mystérieuses", écrit le journal américain, comme ce pilote assassiné en Espagne, criblé de balles puis écrasé par une voiture. (…) Mediazona, un média indépendant russe en exil, dénombre au moins 7 400 cas de désertion de l'armée russe, mais ce chiffre est certainement sous-estimé, souligne le New York Times magazine. »10


Même durant la seconde guerre mondiale, malgré les intenses propagandes bellicistes polarisées,
notamment par l’antifascisme bourgeois, les désertions se sont déroulées massivement et dans tous
les camps. Lors de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, on a compté jusqu’à 450 000 désertions
de juin à décembre 1941.
«Les soldats des pays baltes enrôlés dans l'Armée rouge désertent massivement à l’arrivée de
la Wehrmacht en juillet 1941 dans leur pays. Environ 1,3 million de déserteurs furent arrêtés (soit 4 % des
mobilisés) de début 1942 à la fin de la guerre. » Jean Lopez, La Wehrmacht, la fin d’un mythe, 178-179,
Perrin, Paris, 2019.
D’après Charles Glass, dans son ouvrage : « Les Déserteurs : Une Histoire Cachée de la
Seconde Guerre Mondiale », « près de 50 000 soldats américains et 100 000 soldats britanniques
ont déserté les forces armées pendant la Seconde Guerre mondiale. »11
Enfin, il est bon de rappeler que « pendant la guerre du Vietnam, 503 926 désertions ont eu lieu au sein
de l'armée américaine. La plupart ont déserté aux États-Unis, mais certains ont fui vers d'autres pays. »
Ces quelques exemples, glanés de différentes sources, ne permettent malheureusement pas
d’estimer l’ampleur réelle du phénomène de la désertion, ni de saisir pleinement les
implications (corruptions) et les complicités existantes au sein de l’ensemble de la société. Et ce,
9L'armée ukrainienne, face à la pression croissante des Russes, est en proie aux désertions de masse, novembre 2024, sur le
site web Euronews : https://fr.euronews.com/2024/11/30/larmee-ukrainienne-face-a-la-pression-croissante-des-russes-est-en-
proie-aux-desertions-de
10Enquête sur le lourd tribut que représente la désertion de l'armée russe, septembre 2024, sur le site web Radio France :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-
emission-du-mercredi-25-septembre-2024-2930782
11Sur le site web : https://www.nytimes.com/2013/06/10/books/the-deserters-a-world-war-ii-history-by-charles-glass.html#:
~:text=Nearly%2050%2C000%20American%20and%20100%2C000,Some%20b
5
bien évidemment, car cette réalité massive et récurrente s’oppose frontalement aux discours
patriotiques et à la nécessité toujours croissante de continuer, sur la plan matériel comme
idéologique, la préparation à des guerres généralisées. Seul le défaitisme révolutionnaire a été
forgé pour répondre adéquatement à ce cataclysme. C’est la « transformation de la guerre
impérialiste en guerre civile » !
Le défaitisme révolutionnaire est l’une des plus importantes prises de position ainsi qu’un apport
théorique crucial de Lénine. Il s’agit de la seule réponse appropriée, du point de vue prolétarien,
face au déclenchement des guerres capitalistes. Et c’est là un élément essentiel. Ce mot d’ordre
remonte à l’expérience de la Commune de Paris, qui interrompit violemment la guerre franco-
prussienne de 1870, et à la révolution de 1905, qui se déclencha pour mettre fin à la guerre
désastreuse entre la Russie et le Japon. Bien évidemment, il devint le point de basculement
révolutionnaire lors de la première guerre mondiale, sur base de pratiques de fraternisation et des
désertions que connurent massivement les différents fronts. Celles-ci se complétèrent par des refus
de monter au front, par des mutilations volontaires, par des abandons de poste, par le rejet des
ordres et l’affrontement direct face à leurs propres officiers,… le tout allant jusqu’à la fraternisation
avec les soldats « d’en face » et à la désertion.
« A des degrés différents, aucune armée n’est épargnée par ces mouvements de révoltes. Tous les
soldats vivent le même enfer et réagissent de la même manière devant l’horreur. Ainsi, l’armée
allemande doit faire face à une recrudescence du nombre de mutineries dans les derniers mois du
conflit au moment où celui-ci lui échappe. » Mutineries, désobéissance et révoltes dans les tranchées de la Grande Guerre12.
Ces mouvements culminèrent en 1917 avec les mutineries dans l’armée française, et ce, jusqu’à la
révolte des marins de la mer Noire en 191913 s’opposant à la tentative contre-révolutionnaire de
mise au pas militaire de la révolution en Russie, elle aussi produit direct de la guerre. Ce défaitisme
constitue, de plus, la seule alternative face aux trahisons du « défensisme » et de « l’union sacrée »
qui firent basculer totalement une très grande partie de la deuxième Internationale dans la contre-
révolution. Par voie de conséquence, tous les socialistes et anarchistes qui avaient rejeté, par
pacifisme ou nationalisme, cette formule délimitant strictement le camp ouvrier de celui bourgeois,
étaient donc, à un degré ou à un autre, coupables de forfaiture et de compromission avec le social-
patriotisme.
« La question posée par la situation historique du prolétariat ne consiste pas à choisir entre guerre et
paix mais entre guerre impérialiste et guerre contre cette guerre, à savoir la guerre civile. » G.
Lukacs, La pensée de Lénine, p.70, Denoël/Gonthier, Paris, 1972.


Ce mot d’ordre apparait dans une série d’articles publiés par Lénine et Zinoviev de septembre
1914 à février 1917et regroupés dans une publication intitulée « Contre le courant ». Leur
position se résume ainsi :
« Transformer la guerre impérialiste en guerre civile, tel fut le mot d'ordre essentiel que nous
lançâmes dès le début de la guerre (...). Ce fut pour nous une très grande satisfaction que de recevoir,
à la fin de la première conférence de Zimmerwald une lettre de Karl Liebknecht qui se terminait ainsi
12Sur le site web Bibliothèque BCU: https://buclermont.hypotheses.org/2743
13Lire à ce sujet : A. Marty, La révolte de la mer noire, Fac-similé, F. Maspero, Paris, 1970.
6
"la guerre civile et non la paix civile, voilà notre mot d'ordre" » N. Lénine et G. Zinoviev, Contre le
courant, p.10-11, Fac-similé, F. Maspero, Paris, 1970.
Les désertions en masse sont ainsi le terreau majeur du défaitisme révolutionnaire ; elles en
sont l’impulsion vitale. N’importe quelle époque n’est donc pas appropriée pour lancer
concrètement le mot d’ordre défaitiste et surtout pour organiser la mise en œuvre de pratiques
défaitistes au front et dans la production. Au-delà de l’importance de l’aspect propagandiste,
de telles pratiques nécessitent une organisation aguerrie et bien implantée au sein de l’avant-
garde ouvrière. Il s’agit donc des conditions objectives et subjectives propres à une période
révolutionnaire, ou franchement prérévolutionnaire. Ces conditions ne sont, pour l’heure
nullement réunies ; il nous reste toutefois le nécessaire travail de réexposition, de clarification
et de formation politique.
« Il faut bien se rendre compte que ce défaitisme ne sera guère possible que lorsque le massacre aura
déjà produit un grand mécontentement et permis le développement d’une agitation révolutionnaire, le
travail révolutionnaire lui-même ayant passé pendant un temps plus ou moins long à une phase
clandestine. C’est finalement au moment où le prolétariat aura acquis assez de conscience et de force
pour se mesurer ouvertement avec la bourgeoisie, que les actes défaitistes atteindront toute leur
ampleur ; le gouvernement sera coincé entre les offensives ennemies et les assauts de la classe
ouvrière ; les défaites militaires du gouvernement s’ajouteront aux défaites du patronat et de la police
dans le domaine des grèves et manifestations. Les arrêts provoqués dans la fabrication des armes, le
sabotage des transports de vivres et de munitions provoqueront la défaite et la panique sur le front et
à l’arrière. L’invasion des armées étrangères et la nécessité pour la bourgeoisie de demander
lamentablement la paix à l’État ennemi, achèveront de créer les conditions les plus favorables pour la
révolution prolétarienne. Quant au gouvernement vainqueur, il ne tardera pas à s’apercevoir qu’il y a
grand danger à laisser trop longtemps ses soldats au contact du mouvement défaitiste et
révolutionnaire du pays envahi et vaincu. » Défaitisme révolutionnaire, L’internationale, organe de
l’Union communiste, n° 38, juin 1938.14
Avril 2025 : Fj, Eu, Ms & Mm.
Bibliographie
Ouvrages :
- J. Chapoutot, Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (1918-1945), Puf, Paris, 2013.
-N. Lénine et G. Zinoviev, Contre le courant, Fac-similé, F. Maspero, Paris, 1970.
-G. Lukacs, La pensée de Lénine, Denoël/Gonthier, Paris, 1972.
-J. Lopez, La Wehrmacht, La fin d’un mythe, Perrin, Paris, 2019.
-A. Marty, La révolte de la mer noire, Fac-similé, F. Maspero, Paris, 1970.
-R. O. Paxton, Le fascisme en action, Seuil, Paris, 2004.
Sites web, Articles, revues :
-« Économie de guerre ou guerre à l’économie », Matériaux Critiques, N°10, ainsi que sur le site web : https://materiauxcritiques.wixsite.com/monsite/textes
-«Vive le sabotage » Matériaux Critiques, N°10, ainsi que sur le site web : https://materiauxcritiques.wixsite.com/monsite/textes
-François Cochet, Acceptions, évolutions et modalités de la “guerre totale” à l’époque contemporaine ». In : Les Armées, Hermann, 2018. p.149-160 : sur le site
web Cairn Info : https://shs.cairn.info/les-armees--9782705695859-page-149?lang=fr
-Prise de position internationaliste de la « Communist Workers’ Organisation, » (T.C.I.) du 28 Mars 2025 - sur le site web : Les Internationalistes :
https://www.leftcom. org/fr/articles/2025-03-30/manifestations-contre-la-guerre-%C3%A0-gaza
-L'armée ukrainienne, face à la pression croissante des Russes, est en proie aux désertions de masse, novembre 2024, sur le site web Euronews :
https://fr.euronews.com/2024/11/30/larmee-ukrainienne-face-a-la-pression-croissante-des-russes-est-en-proie-aux-desertions-de#:~:text=Plus%20de%20100%20
000%20soldats,
-Stopper les désertions, recruter en nombre : l’Ukraine face à la “crise des effectifs, février 2025, sur le site web Courrier International: https://www.courrier
international.com/video/video-stopper-les-desertions-recruter-en-nombre-l-ukraine-face-a-la-crise-des-effectifs_228016
-L’Ukraine tente de résoudre le problème des désertions massives de ses troupes, sur le site web Euractiv : https://www.euractiv.fr/section/ukraine/news/lukraine-
tente-de-resoudre-le-probleme-des-desertions-massivesde-ses-trou pes/
-Enquête sur le lourd tribut que représente la désertion de l'armée russe, septembre 2024, sur le site web Radio France : https://www.radiofrance.fr/franceculture/
podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mercredi-25-septembre-2024-2930782
-Into the Lives of three deserters who did not have a good war, sur le site web New York Times : https://www.nytimes.com/2013/06/10/books/the-deserters-a-
world-war-ii-history-by-charles-glass.html#:~:text=Nearly%2 050%2C000%20American%20and%20100%2C000,Some%20b
-Mutineries, désobéissance et révoltes dans les tranchées de la Grande Guerre. Sur le site web BUC : https://buclermont.hypotheses.org/2743
-Défaitisme révolutionnaire, L’internationale, organe de l’Union communiste, n° 38, juin 1938, sur le site web : https://www.left-dis.nl/f/defaitisme.pdf
14Cette très intéressante analyse d’un des seuls groupes révolutionnaires de cette période est à lire sur le site web :
https://www.left-dis.nl/f/defaitisme.pdf

jeudi 6 août 2026

G.Bad-LES DÉSERTIONS, ET LES RECOURS AUX LÉGIONNAIRES .

 


Comme nous pouvons le constater, les désertions en Ukraine comme en Russie augmentent avec le prolongement d'une guerre sans fin. En juin Zélensky et le ministère de la défense ont été contraints de prendre des mesures pour enrayer la crise des vocations et des 200 000 désertions officielles. Au moment ou je finalise cet article, nous apprenons que sous la poussée des manifestations Zelensky vient de limoger son chef d' état major
Valéri Zaloujny (dit le boucher) qui sera remplacé dans ses fonctions par l’actuel commandant des forces terrestres Alexandre Sirski. Les populations se rendent compte que la guerre n' offre aucun débouché autre que la mort et la désolation tant en Ukraine qu' en Russie. Le président de la république du Kazakhstan vient de dire à Poutine qu'il fallait stopper les combats. Il est clair que les autorités Ukrainiennes et Russes craignent un coup d' état militaire voir des insurrections. Voilà pourquoi tant en Ukraine qu' en Russie ils ont intégré les sociétés militaires privées SMP à l' armée régulière, comme le fut la SMP Wagner de Evgueni Prigojine qui assiégea Moscou1; elle sera intégrée à l' armée régulière.

 1Evgueni Prigojine meurt à l’âge de 62 ans, le 23 août 2023, dans le crash d'un avion d'affaires allant de Moscou à Saint-Pétersbourg et transportant neuf autres personnes, dont le numéro deux du groupe Wagner, Dmitri Outkine.

Le cas de la Légion internationale pour la défense territoriale de l'Ukraine

Cette légion a beaucoup de point commun avec les SMP sociétés militaires privées de l'occident ou et de la SMP Wagner .

En date de novembre 2022 et selon l'ONG Rus Sidiachaïa, 30 000 à 50 000 détenus pour actes criminels ont été recrutés par le groupe Wagner et retirés des prisons russes pour aller combattre en Ukraine. Evgueni Prigojine participe directement à ce recrutement. Une vidéo le montre devant des prisonniers proposer la liberté au bout de six mois à ceux qui rejoignent le Groupe pour combattre. Ce n'est pas conforme à la loi russe. En effet, celle-ci condamne le mercenariat et l'activité de recrutement à cette fin. De plus, sortir un détenu de prison pour l'envoyer combattre à l'étranger est aussi condamnable[64],[65]. Sources Wikipédia

Qui compose la légion Ukrainienne

Cette légion fut créée à la demande de Zelensky sous le numéro d'unité militaire A3449. En mars 2022 il est fait état que plus de 20 000 volontaires de 52 pays1 ont rejoint la légion ukrainienne. Celle ci sera d' ailleurs dissoute le 31 décembre 2025 par l' état major de l' armée régulière et intégrée.

Pourquoi cette dissolution

Il devenait gênant pour l' UE de soutenir financièrement l'Ukraine avec sa composante de légion internationale se réclamant comme le bataillon Azov du nazisme et d' autres similaires comme le révélera Wikipédia :

« Avant la mise en place de la formation de la Légion internationale, la Légion géorgienne est utilisée pour former des volontaires étrangers anglophones puisque l'unité communique en anglais[11]. Kacper Rękawek[13], chercheur sur les combattants étrangers en Ukraine, pense que la majorité des combattants occidentaux qui se sont engagés avant l'invasion russe de l'Ukraine sont passés par la Légion géorgienne[11].

D'autres bataillons de volontaires étrangers dans l'armée ukrainienne comprennent le bataillon Djokhar Doudaïev et le bataillon Cheikh Mansour — tous deux formés par des Tchétchènes anti-russes et anti-Kadyrov[14], le groupe tactique « Belarus » (en) (formé par des Biélorusses anti-Loukachenko)[15], et le bataillon Noman Çelebicihan, formé par des Tatars de Crimée opposés à l'annexion de la Crimée par la Russie[16]. »

Se souvenir de Maxim Kouzminov qui avait déserté vers l’Ukraine, en accord avec les services de renseignements . Son cadavre a été retrouvé criblé de balles dans un parking du sud-est de l’Espagne, où il s’était réfugié avec de faux papiers.

En Ukraine comme en Russie, les désertions vont se multiplier.

Ces derniers temps, en Ukraine comme en Russie les mouvements anti-guerre des population ayant perdu un fils au front manifestent, ce n' est pas une révolution mais le signe avant coureur d'une montée en puissance d'une révolte profonde. Combien ont le sentiment d' avoir perdu un être cher pour rien, pour la patrie alors que tous les oligarques Ukrainiens sont les premier à avoir déserté avec leurs millions à Monaco et sur la cote d' Azur... aux cotés des russes fortunés2

Ce groupe de fortunés est appelé le « Bataillon Monaco », un nom donné par les médias et une enquête du média Ukraïnska Pravda pour désigner ces riches hommes d'affaires et oligarques. En 2022, les autorités et la presse ont estimé qu'environ 84 richissimes Ukrainiens avaient quitté leur pays pour s'installer sur la Côte d'Azur et à Monaco dès le début de la guerre.

Des deux cotés du front les fauteurs de guerre cherchent du sang neuf, en Ukraine les soldes des engagés sont augmentée,et les contrats sont à durée déterminée. L' UE de son coté tente de livrer à Zelensky les 2 millions d'hommes ayant fuit la conscription, l'état allemand vient de prendre des mesures dans ce sens, Le chancelier Merz a commencé à réduire les prestations sociales aux réfugiés ukrainiens environ 700 millions d' euros et pousse au retour les hommes en age de combattre.

L’Union européenne revoit le statut de protection des Ukrainiens qui fuient le front

Mercredi 15 juillet, les États membres ont prolongé le statut de protection temporaire accordé aux personnes fuyant l’Ukraine jusqu’au 4 mars 2028. Néanmoins, à la demande de Kiev, ils ont décidé d’en exclure les futurs réfugiés n’ayant pas rempli leurs obligations militaires.



De violents affrontements entre civils, militaires et forces de l’ordre à Lvov, dans l’ouest de l’Ukraine,

Le soir du 8 juillet 2026, un groupe de personnes a bloqué un véhicule transportant des officiers du centre de recrutement et l’a renversé, comme le montrent notamment des images diffusées sur la plateforme de médias sociaux X. Cet incident a déclenché des affrontements de plus grande ampleur avec la police et l’armée, auxquels ont participé environ deux cents civils. La situation tendue a duré environ cinq heures et s’est poursuivie jusqu’aux premières heures du 9 juillet. Des images diffusées par la télévision ukrainienne ont montré des foules de personnes se faufilant entre les véhicules dans un quartier résidentiel plongé dans l’obscurité, scandant « Honte ! » et arrachant l’uniforme d’un officier. Cet incident est le dernier d’une série d’attaques contre des agents dans des centres de recrutement, témoignant d’une colère latente quant aux méthodes de recrutement de l’armée ukrainienne.

L’incident s’est produit tard dans la soirée, sur le boulevard « Chervona Kalina », dans le quartier de Sykhiv à Lvov. Des agents du Centre territorial de recrutement et de soutien social (CTRS) local ont interpellé un homme recherché pour avoir esquivé le service militaire. Après que le détenu a été emmené dans un véhicule, une foule d’environ 200 personnes s’est rapidement rassemblée sur les lieux et a bloqué le véhicule, qui est resté sur place. La foule a encerclé le véhicule, brisé ses vitres et l’a complètement renversé. La direction du commissariat de police du district de Sykhiv a confirmé que deux agents du CTRS ont été transportés aux urgences, mais que leurs jours n’étaient pas en danger.(sources antimilitarismus

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=36uxUq0adRU

Au regard des derniers événements, tant en Russie qu' en Ukraine, les manifestations contre la guerre et le recrutement montent en puissance, les armées de part et d' autres ne sont qu' un congloméra de mercenaires pouvant changer de camp à tout moment.

A bas les guerres vive la révolution sociale mondiale

G.Bad le 6 août 2026

2Les oligarques russes possèdent de nombreuses propriétés de luxe sur la Côte d'Azur, en particulier le Château de la Croë de Roman Abramovitch au Cap d'Antibes et la villa Irina Maria à Roquebrune-Cap-Martin. Depuis la guerre en Ukraine, la France a gelé ou saisi de nombreux biens dans le cadre d'enquêtes pour blanchiment d'argent.

vendredi 17 juillet 2026

G.Bad, Démonstration de force de l' UE juillet 2026

 


Nous venons d'assister à un renforcement du « camp occidental » prêt à en découdre avec le bloc russe. En effet, c' est sous la détermination d' E Macron que la constitution d'une force de frappe européenne se met en place passant de l' économie de guerre à la guerre réelle.Ce que le défilé XXL aux couleurs de l'Ukraine et de ses alliés confirme.

Son discours 2026 aux armées est à ce niveau révélateur :

Lors du discours aux armées du 13 juillet 2026, Emmanuel Macron a notamment dressé le bilan du réarmement du pays . Doublement du budget des armées, place de la jeunesse, et défense de la paix…

« Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit, et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre, toujours, et au prix du sang s’il le faut. »

Le sang de la jeunesse qu'il faut recruter en masse pour le futur « bouillon rouge ,

« Le président de la République est également revenu sur le nouveau service national, dont il avait annoncé le lancement en novembre 2025. Cet engagement militaire volontaire et sélectif est proposé aux jeunes de 18 à 25 ans, avec ou sans diplôme. Il débutera en septembre 2026. »

« Je veux saluer l’engagement de la jeunesse de France qui a répondu présente à l’appel et qui rejoindra dès septembre nos rangs en effectuant dans les armées son service national. J’irai à la rencontre des appelés du service national à la rentrée en chef des armées pour les féliciter. »
« Il est essentiel pour consolider cette force d’âme. Il est essentiel pour continuer à recruter les meilleurs. Il est essentiel pour continuer aussi à accroître notre réserve. »

Le sommet de l' OTAN d' Ankara , les 32 membres se sont engagés à porter les dépenses de défense à 5% du PIB tout en renforçant les capacités antiaériennes face à la Russie. L’engagement à consacrer 5% du PIB à la défense représente un saut budgétaire sans précédent.

Pour la France, cela signifierait passer de 2,1% actuellement à 5%, soit un triplement des crédits militaires. il s’agit pour les 32 membres de l'OTAN de transformer ces crédits en capacités opérationnelles déployables rapidement, notamment en artillerie, drones de combat et systèmes de guerre électronique.

La Turquie, saisit l’opportunité du sommet pour affirmer son poids militaire et industriel.

Avec un effectif de 355 000 soldats, la Turquie dispose de la deuxième armée de l’alliance après les États-Unis. Le président Erdogan a déclaré qu’il est « inconcevable d’envisager la sécurité européenne sans la Turquie ». Erdogan a rappelé que son pays a créé en 2025 un Fonds de soutien aux industries de défense doté de 7 milliards d’euros et affiche une croissance de 48% de ses exportations d’armement. Cette dynamique s’accompagne d’une demande d’intégration au programme SAFE, doté de 150 milliards d’euros, qui vise à renforcer l’autonomie stratégique européenne.1

Toutefois, l’intégration pleine de la Turquie aux programmes européens bute sur les tensions persistantes avec la Grèce et Chypre.2

G.Bad le 20 juin 2026

A propos de la constitution d’une communauté autonome de la défense (G.Bad)

La mélasse juridique bourgeoise internationale

Prochain article Les désertions, le défaitisme et le recours de plus en plus importants aux légionnaires.

Notes

1Un Forum des industries de défense, organisé sur le site de Turkish Aerospace, permet à Ankara de présenter ses capacités technologiques. « Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine », a affirmé Erdogan, illustrant la montée en puissance de l’industrie turque. Les drones Bayraktar, les systèmes de défense aérienne Hisar et les corvettes de classe Ada témoignent d’une maîtrise technologique croissante. Cette base industrielle pourrait réduire la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis, notamment pour les munitions et les systèmes de moyenne intensité.

lundi 29 juin 2026

Le G7 les fauteurs de guerres se serrent les coudes, les populations commencent à réagir.

 


Le G7 les fauteurs de guerres se serrent les coudes, les populations commencent à réagir.

Le sommet du G71 qui s' est tenu dans la ville d' Evian du 15 au 17 juin, marque un certain tournant dans les alliances internationales, alliances qui se font et se défont en fonction des rapports de forces. Effectivement nous voyons depuis des années les « marxiste- léniniste » faire une différence entre la politique d' état à état et ses compromis et la politique de parti à parti . Pour mémoire la visite Nixon à Pékin au moment du bombardement des digues au Vietnam, ou le pacte germano-soviétique..

Notre propos n' est pas de soutenir un camp contre un autre mais de dévoiler la duplicité et les intérêts de tous les protagonistes FAUTEURS DE GUERRES Wilsoniste2 du droits des nations à disposer « de leur propre bourgeoisie » ni même d' un état sioniste dont Rosa Luxemburg dira prématurément.

'Des nations et des mini-nations s'annoncent de toutes parts et affirment leurs droits à constituer des États. Des cadavres putréfiés sortent de tombes centenaires, animés d'une nouvelle vigueur printanière et des peuples « sans histoire  » qui n'ont jamais constitué d'entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s'ériger en États. Polonais, Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, Tchèques, Yougoslaves, dix nouvelles nations au Caucase... Les Sionistes édifient déjà leur ghetto palestinien, pour l'instant à Philadelphie.... c'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken  3 nationaliste. Sur un balai, sur un bâton Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé. » (Rosa Luxembourg fragment sur la guerre)

Ce qui caractérise ce sommet du G7 c'est la mise en spectacle des guerres en Ukraine et au Moyen Orient. La guerre en Ukraine fut le premier point de l'ordre du jour du sommet. Les participants ont convenu d'« accroître la pression sur la Russie », ce qui a été perçu comme une concession de Trump à la politique d'escalade de l'Europe. Ceci étant Trump est d' accord que l' Europe arme l' Ukraine mais avec des armes américaines financées par les contribuables européens. Trump veut bien rétablir les sanctions contre le pétrole russe, levées pendant la guerre contre l'Iran..4

Les puissances européennes sont maintenant en économie de guerre, et investissent des sommes colossales dans le réarmement afin de poursuivre leurs intérêts impérialistes, visant à faire entrer l' Ukraine dans l' UE. L'Allemagne a depuis le début de la guerre dépensé plus de 94 milliards d'euros pour soutenir ses intérêts en Ukraine. l'Union européenne a récemment débloqué un nouveaux prêt d'un montant total de 90 milliards d'euros pour permettre à l'Ukraine de poursuivre la guerre.

Cette économie de guerre impérialiste se fait chaque jour au détriment des budgets sociaux, provoquant grèves et manifestations déjà alimentées par la guerre contre l'Iran, l'inflation,la surproduction mondiale et les canicules,

Dans le conflit ukrainien, l'Europe fait pression pour participer aux négociations avec la Russie, jusqu'ici menées par les États-Unis. Voilà pourquoi Emmanuel Macron, a fait venir Volodymyr Zelensky au G7. Celui ci ayant récemment ciblé des installations énergétiques loin en territoire russe et à proximité de Moscou et Saint-Pétersbourg, provoquant de virulentes réactions de la part de la Russie.

L' accord Trump avec la république islamique d'Iran

Le deuxième sujet abordé était la guerre contre l’Iran. Trump a annoncé et monté en spectacle la conclusion de l' accord-cadre signé avec Téhéran prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz et la cessation des hostilités. Cet accord n'a atteint aucun des objectifs de guerre qu’il avait annoncés: le changement de régime, la destruction de l'arsenal iranien et l’arrêt complet du programme nucléaire iranien. Au contraire, le blocus du détroit d'Ormuz a aggravé la crise économique mondiale et sapé l'autorité des États-Unis. Ce que Thierry Breton confirme, il rappelle qu'aucun "but de guerre n'a été atteint". À commencer par le changement de régime après les massacres de la population iranienne lors des manifestations de janvier. "La bonne nouvelle, c'est que l'on voit enfin le bout du tunnel, il faut s'en réjouir" d'abord pour les Iraniens, "victimes des bombardements" et des "blocus", étaye Thierry Breton.

Les européens, ont félicité Trump pour l'accord,et vise à exploiter la situation à leur avantage. Ils s'étaient tenus à l'écart de la guerre car il la jugeaient mal préparée et surtout en dehors des clous du droit international . Trump, quant à lui, ne les a ni consulté, ni informé du contenu de cet accord.

C'est sur la base « du fiasco américain » que les européens pensent reprendre pied au Moyen Orient . À peine l'accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran annoncé, Merz, Macron, Keir Starmer (Royaume-Uni) et Giorgia Meloni (Italie) ont déclaré être prêts à sécuriser la navigation marchande et à déminer le détroit d'Ormuz par une opération militaire. Les navires de guerre concernés, dont le porte-avions français Charles de Gaulle, sont en alerte depuis longtemps afin de pouvoir rejoindre rapidement la zone d'opération .

Macron a également invité l'Égypte et deux États du Golfe, le Qatar et les Émirats arabes unis, à Évian dans l’espoir qu’ils puissent contribuer à renforcer l'influence européenne dans la région.

Selon, les dernières informations, il semblerait que les populations de Russie commencent à ne plus supporter le poids humains de la guerre, de même au Moyen Orient. Ceci se manifeste plus par des fuites migratoires et dans les armées par des désertions, pas de luttes franches contre la guerre mondiale en préparation pour le moment.

Gérard Bad le 30 juin 2026


notes

1Il était composé des États-Unis, du Japon, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, la France, l'Italie et le Canada

2 -Alors que la haine de classe contre le prolétariat et la menace immédiate de révolution sociale qu'il représente détermine intégralement les faits et gestes des classes bourgeoises, leur programme de paix et leur politique à venir, que fait le prolétariat international ? Totalement sourd aux leçons de la révolution russe, oubliant l'abc du socialisme, il cherche à faire aboutir le même programme de paix que la bourgeoisie et le préconise comme son programme propre  ! Vive Wilson et la Société des Nations ! Vive l'autodétermination nationale et le désarmement ! Voilà maintenant la bannière à laquelle se rallient soudain les socialistes de tous les pays -(Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution)

3 Brocken : Montagne du Harz où se serait déroulée la nuit de Walpurgis.

4 le Royaume-Uni a arraisonné dans la Manche un pétrolier transportant du pétrole russe »


 

Ecole- les inégalité et la colère