samedi 29 novembre 2025

G.Bad-Le complexe militaro sécuritaire. Son rôle dans la crise actuelle (Partie 1/2)

 

 

LA_GUERRE_POUR_LA_BOURSE_« Abolissez l’exploi­ta­tion de l’homme par l’homme, et vous abo­li­rez l’exploi­ta­tion d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’anta­go­nisme des clas­ses à l’intérieur de la nation, tombe éga­lement l’hos­ti­lité des nations entre elles. «  (Le Manifeste com­mu­niste)

Introduction

Paru dans ECHANGES N°139-Hiver 2011-2012

Au moment où la crise éco­no­mique et sociale entre dans sa phase de géné­ra­li­sation, où le ges­tion­nisme clas­si­que visant à faire sem­blant de se porter au secours des pau­vres et préc­aires s’épuise dans les pays de l’OCDE, la ques­tion d’une confron­ta­tion directe avec les pou­voirs d’Etat est enclen­chée dans le monde sous des appel­la­tions diver­ses comme les « indi­gnés ». Terme qui porte bien son nom, ce mou­ve­ment s’indi­gne contre la finance, et dans son mou­ve­ment se heurte fata­le­ment à l’appa­reil d’Etat et à sa force publi­que gérant les conflits de basse inten­sité.

Certains dans le monde n’en sont plus à s’indi­gner mais pas­sent direc­te­ment à l’insur­rec­tion et à la guerre de classe directe (comme au Bangladesh, en Thaïlande, en Algérie, en Syrie, en Chine, au Vietnam), tou­jours vain­cus, mais redres­sant sans cesse la tête à un titre humain, visant l’abo­li­tion des condi­tions inhu­mai­nes qui s’impo­sent à eux. Ceux-ci sur­vi­vent au pour­tour des gran­des villes dans des bidon­vil­les et autres vic­ti­mes des tra­fics en tout genre.

Dans ces pays la dite frac­ture sociale est à vif, et pour conte­nir les rév­oltes le der­nier recours c’est l’armée financée par l’escla­vage sala­rié. Bientôt, si la crise venait à s’appro­fon­dir, la ques­tion d’un affron­te­ment planét­aire avec le système capi­ta­liste se posera comme seule solu­tion pour la rés­oudre. Bien entendu, et comme tou­jours, la finance mon­diale et ses armées rég­io­nales (les Etats) cher­che­ront une sortie de crise en décl­enchant une guerre de « civi­li­sa­tion » anti-isla­miste et du côté isla­miste une guerre pour la géné­ra­li­sation de la charia ; les fers sont déjà aux feux et la dicho­to­mie visant à para­ly­ser la force agis­sante du peuple prolét­aire est déjà en action dans la zone ara­bi­que.

La déf­ense natio­nale, un organe para­si­taire man­geur de plus-value à l’éch­elle mon­diale

C’est quoi, la dite déf­ense natio­nale de chaque petit ter­ri­toire de ce monde ? c’est quoi, le ter­ri­toire pour une vic­time du sub­prime virée de son habi­tat par la force ? l’armée vient elle déf­endre son ter­ri­toire ? La rép­onse est bien sûr non. Pour les « Américains » de la Nouvelle-Orléans vic­ti­mes du cata­clysme Katrina, l’armée n’est inter­ve­nue que pour rép­rimer, sup­pléée dans sa beso­gne par la tris­te­ment célèbre société mili­taire privée Blackwater.

C’est quoi la Défense natio­nale, pour les sans-abris, sans tra­vail, par­qués dans des bidon­vil­les et autres fave­las... ? C’est la déf­ense des riches de la pro­priété privée contre les pau­vres.

C’est quoi la déf­ense du ter­ri­toire, pour les mil­liers de pay­sans chassés de leur terre ? Ce n’est rien d’autre que la déf­ense d’intérêts capi­ta­lis­tes. C’est quoi la déf­ense natio­nale, pour les mitraillés en Syrie, en Egypte... ? des hommes en armes « venant dans leur chau­mière égorger leurs fils et leur com­pa­gne ».

Dans la zone ara­bi­que, c’est quoi la Défense natio­nale !!!?

Pour les pét­ro­mon­archies du Golfe, ce n’est jamais qu’un moyen uti­lisé par le sec­teur mili­taro-indus­triel des Etats-Unis pour recy­cler la manne pét­rolière. Tout cela fut for­ma­lisé en février 1945 par le pacte de Quincy (1) sur le croi­seur amé­ricain por­tant ce nom, pacte qui devait dét­er­miner les rela­tions spéc­iales entre les Etats-Unis et le royaume d’Arabie saou­dite. C’est en référ­ence à ce pacte qu’un contrat (2) de 123 mil­liards de dol­lars a été signé en automne 2010 entre les Etats-Unis et quatre pays du Golfe. Selon la ver­sion amé­ric­aine il s’agit de ren­for­cer les capa­cités déf­en­sive des pét­ro­mon­archies face à l’Iran. Mais en réalité, il s’agit bien plus de sou­te­nir l’indice DFI (3) du sec­teur de l’arme­ment tout en prés­entant la mesure comme une solu­tion au chômage endé­mique qui touche les Etats-Unis. Les 123 mil­liards, selon la presse, per­met­traient de main­te­nir un bassin d’emploi de 75 000 postes sur cinq ans et représ­entent tout de même un cin­quième du flux finan­cier global de la relance par la Fed de l’éco­nomie amé­ric­aine (2010-2011).

Les pét­ro­mon­archies ne sont qu’une plaque tour­nante des Etats-Unis dans la région et l’indép­end­ance dite natio­nale n’est qu’une cari­ca­ture visant à mas­quer que les pét­rod­ollars ont pour fonc­tion d’ali­men­ter les indus­tries de guerre de l’Occident, et de main­te­nir à flot les Bourses et la valeur refuge de l’indus­trie d’arme­ment.

« La zone est, en effet, cou­verte d’un réseau de bases aéro­na­vales anglo-saxon­nes et franç­aises, le plus dense du monde, dont le déplo­iement pour­rait à lui seul dis­sua­der tout éventuel assaillant, ren­dant super­flu un tel contrat. Elle abrite à Doha (Qatar), le poste de com­man­de­ment opé­rati­onnel du Cent Com (le com­man­de­ment cen­tral amé­ricain) dont la compét­ence s’étend sur l’axe de crise de l’Islam qui va de l’Afghanistan au Maroc ; à Manama (Bahreïn), le quar­tier général d’ancrage de la Ve Flotte amé­ric­aine dont la zone opé­rati­onn­elle couvre le Golfe arabo-per­si­que et l’Océan indien. »

(René Naba, sur son blog http://www.rene­naba.com/golfe-armem...)

« De sur­croît, des bar­ra­ges élect­ro­niques ont été édifiés aux fron­tières de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour déc­ou­rager toute inva­sion ou infil­tra­tion. Le bar­rage élect­ro­nique saou­dien a été édifié avec le concours des Français, celui d’Abou Dhabi avec le concours de la firme israéli­enne AGT (Asia Global Technologies), dont le contrat de 3 mil­liards de dol­lars concerne aussi bien la pro­tec­tion des fron­tières que la pro­tec­tion de quinze sites pét­roliers de l’émirat, ainsi que la four­ni­ture de drones, les avions de reconnais­sance sans pilote, de fabri­ca­tion israéli­enne. »

(René Naba, ibid.)

Pour le peuple grec, c’est quoi la Défense natio­nale ?

Un jour­nal bien inten­tionné posait cette ques­tion :

« Les mil­liers de mani­fes­tants de gauche qui ont par­couru les rues du centre de la capi­tale grec­que, hier, déf­endaient leur salaire et leur retraite. Mais aucun slogan du style “Nos salai­res, pas des mili­tai­res”. Pourtant, les mesu­res d’austérité – visant à éco­no­miser 30 mil­liards d’euros sur trois ans afin de rame­ner le déficit budgét­aire de 14 % à 3 % d’ici à 2014 – ont curieu­se­ment omis de tailler mas­si­ve­ment dans l’un des plus impor­tants bud­gets mili­tai­res de la planète (rap­porté à la richesse du pays bien sûr). (Libération.)

A cette ques­tion nous avons une rép­onse : le natio­na­lisme grec est encore bien vivace et trouve sa sub­stance dans la lutte contre les mesu­res de la nomenk­la­tura europé­enne, et la menace turque (voire isla­miste) . Pourquoi donc cette ques­tion sur le coût dis­pro­por­tionné de la déf­ense grec­que, relayée par le maire de Paris et... les ban­ques ?

L’Union europé­enne (UE) (et notam­ment la France) vou­drait bien que le budget mili­taire grec se res­trei­gne, « se moder­nise » comme ils disent, de manière à rem­bour­ser les ban­ques, mais aussi à se faire rem­pla­cer pour sa déf­ense par l’armée europé­enne cen­tra­lisée. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la France de Sarkozy a passé un accord mili­taire avec la Grèce tout en lui fai­sant la pro­mo­tion du para­pluie de la déf­ense europé­enne face à la Turquie et des Rafales de Dassault. La Turquie est sou­te­nue par Obama qui sou­haite son entrée dans l’UE, contrai­re­ment à Sarkozy qui n’en veut pas. Mais voilà qu’il y a une nou­velle donne dans la région de « l’union pour la Méditerranée » : elle reni­fle le gaz.

La déc­ouv­erte d’impor­tan­tes rés­erves de gaz appelée « Bloc 12 » en Méditerranée orien­tale, vient de rap­pro­cher (par un accord mili­taire de juillet 2011 (4) la Grèce et Israël, face à la Turquie qui par le tru­che­ment de sa posi­tion sur l’île de Chypre, reven­di­que une part du gâteau. Tout cela pousse à la guerre et Israël peut tou­jours dire que Erdogan, le pre­mier minis­tre turc, « est un chien qui aboie mais ne mordra pas », il n’en reste pas moins que tous s’arment dans la région, pour le plus grand bien des indus­tries d’arme­ments et de la Bourse. La Syrie vient de tour­ner ses SCUD vers la Turquie, qui héb­erge une oppo­si­tion armée par des puis­san­ces étrangères, notam­ment la France et le Royaume-Uni, avec la bénéd­iction des Américains. L’indus­trie d’arme­ment comme valeur refuge pen­dant la crise Alors que le citoyen moyen cher­che dans l’acqui­si­tion d’or un moyen de protéger son petit capi­tal de l’infla­tion et de la ban­que­route pos­si­ble d’Etats, d’autres, plus au parfum du fonc­tion­ne­ment para­site du système capi­ta­liste, misent non pas sur la « reli­que bar­bare » qui va s’effon­drer dès que les ban­ques cen­tra­les met­tront de l’or sur le marché, mais sur l’indus­trie de mort et de des­truc­tion. Pour preuve le rap­port du GRIP 2011 :

« Vers la fin des années 1990, emportés par les pro­mes­ses de la “nou­velle éco­nomie”, les inves­tis­seurs avaient marqué un cer­tain désintérêt pour le sec­teur de l’arme­ment. Aux Etats-Unis notam­ment, l’indice du sec­teur de l’arme­ment DFI (4)sous-per­for­mait net­te­ment par rap­port aux indi­ces généraux, mais à partir du prin­temps 2000, l’écla­tement de la bulle spé­cu­la­tive autour des valeurs du Nasdaq a signalé un radi­cal retour­ne­ment de situa­tion.

Dès le 13 mars 2000, alors que le Nasdaq était entraîné dans une chute ver­ti­gi­neuse qui durera deux ans et six mois, le regain d’intérêt pour les valeurs de l’arme­ment fut pra­ti­que­ment ins­tan­tané. Un enchaî­nement de plu­sieurs “effets d’aubaine”, en par­ti­cu­lier les atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001 et l’inva­sion de l’Irak le 20 mars 2003, imprimèrent ensuite aux valeurs de l’arme­ment une tra­jec­toire en hausse conti­nue et spec­ta­cu­laire pour les cinq années sui­van­tes. Sur le conti­nent européen, la sur­per­for­mance du sec­teur de l’arme­ment a été net­te­ment moins pro­noncée,mais néanmoins ­vi­si­ble.

Pour le sec­teur de l’arme­ment, aux Etats-Unis en par­ti­cu­lier, la pre­mière déc­ennie du XXIe siècle s’est donc déroulée dans un climat d’eupho­rie sans pré­cédent sur les mar­chés finan­ciers, sem­blant un temps accré­diter la thèse d’un sec­teur de l’arme­ment imper­tur­ba­ble et insen­si­ble aux fluc­tua­tions de l’éco­nomie réelle. » (Rapport du GRIP 2011, p.21)

Les guer­res pour la conser­va­tion de la valeur refuge

Comme les dix prin­ci­paux pro­duc­teurs d’engins de mort sont amé­ricains, nous savons très bien vers qui les royal­ties des guer­res vont affluer.

« Les cinq pre­miers grou­pes amé­ricains – les « Big Five » : Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics et Raytheon – ont tota­lisé un chif­fre d’affai­res “arme­ment” de 153,7 mil­liards en 2009, ce qui représ­ente 38,2 % du chif­fre d’affai­res “arme­ment” total du Top 100.Ce pour­cen­tage est éga­lement en hausse de 2 % par rap­port à 2008, indice sup­plém­ent­aire de la concen­tra­tion crois­sante du marché mon­dial de l’arme­ment entre les mains des lea­ders amé­ricains. » (Rapport du GRIP 2011, p.19)

Nous voyons bien ici que la Bourse, les mar­chés finan­ciers et les ban­ques ne peu­vent que pous­ser à la guerre pour une relance arti­fi­cielle et para­si­taire de l’éco­nomie, et pour un recy­clage vers les indus­tries d’arme­ment de la manne des hydro­car­bu­res. Voir à ce sujet l’arti­cle de Charlie Hebdo du 16 novem­bre 2011 « Ventes d’armes et pots-de-vin : com­ment la France a engraissé les prin­ces saou­diens ».

« Quatre ans après le début de la crise finan­cière (que nous fixons au 1er juin 2007), les grou­pes de l’arme­ment sur­per­for­ment en effet tou­jours net­te­ment les indi­ces généraux.Aux Etats-Unis, le 1er février 2011, le sec­teur de l’arme­ment (indice DFI) affi­chait une plus-value de 17 % par rap­port au 1er juin 2007. » (Rapport du GRIP 2011)

Dans le même temps, le Nasdaq se conten­tait d’une hausse de 5 %. En Europe les grands grou­pes de l’arme­ment ont été moins affectés que les autres sec­teurs indus­triels : alors que les pertes des indi­ces généraux (depuis juin 2007) enre­gis­traient une perte de 29 % à 32 %, l’indice de l’arme­ment accu­sait une baisse de 18,6 %. En France, le sec­teur mili­taro-indus­triel nucléarisé est tou­jours sou­tenu par les finan­ces publi­ques, par des com­man­des d’Etat. Le groupe Dassault, qui n’arrive pas à placer ses chas­seurs Rafale, vient de béné­ficier d’une anti­ci­pa­tion d’acqui­si­tion de 11 appa­reils sup­plém­ent­aires par an pour un coût de 800 mil­lions d’euros ; 33 Rafales seront livrés au lieu de 22. Comme aux Etats-Unis, l’indice des sociétés europé­enne sde l’arme­ment (5) a bien passé la crise.

G.Bad

(A suivre )

NOTES

(1) Accord entre le roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fon­da­teur du royaume d’Arabie saou­dite, et le pré­sident amé­ricain Franklin Roosevelt, en route pour Yalta et le sommet soviéto-amé­ricain por­tant sur le par­tage du monde en zones d’influence.

(2) La tran­sac­tion, conclue à l’occa­sion de la fête natio­nale saou­dienne, le 23 sep­tem­bre 2010, impli­que la moder­ni­sa­tion de la flotte aéri­enne et de la marine saou­dien­nes. Soixante mil­liards de dol­lars seront affectés à la vente à l’Arabie saou­dite de 87 chas­seurs bom­bar­diers « F-15 », de 70 hélicoptères de combat « Apache » et de 72 hélicoptères « Black Hawk », 36 hélicoptères Little Bird AH-6, ainsi que des bombes, des mis­si­les, y com­pris la bombe guidée par GPS, JDAM, pro­duite par Boeing et le mis­sile guidé par laser Hellfire. Trente mil­liards de dol­lars com­plém­ent­aires seront affectés à la four­ni­ture de bâtiments de guerre et d’un système de déf­ense balis­ti­que, com­plém­ent­aire au réseau de mis­si­les de type Patriot et au recondi­tion­ne­ment des anciens appa­reils de l’armée de l’air et de la marine.

(3) DFI : le New York Stock Exchange Arca Defense Index de 14 sociétés parmi les plus représ­en­ta­tives de l’indus­trie de l’arme­ment aux Etats-Unis. Entre le 30 sep­tem­bre 1996 et son point culmi­nant du 6 novem­bre 2007, l’indice DFI a affi­ché une plus-value dép­assant les 1 000 %, tandis que les indi­ces généraux, dura­ble­ment affectés par la chute du Nasdaq, sta­gnaient avec un gain de l’ordre de 40 % seu­le­ment sur la même pér­iode. Sur le conti­nent européen, la sur­per­for­mance du sec­teur de l’arme­ment est net­te­ment moins pro­noncée, mais néanmoins visi­ble.

(4) Les obser­va­teurs mili­tai­res sou­li­gnent que « la mise en marche de l’accord israélo-grec n’a pu se faire sans le feu vert de Washington qui estime qu’il faut pren­dre les mena­ces bel­li­queu­ses d’Ankara au sérieux .

  1. Dow Jones STOXX TMI Aerospace & Defense (SXPARO.Z), coté à Zurich, et com­posé de 15 valeurs parmi les plus représ­en­ta­tives de l’indus­trie europé­enne de l’arme­ment.

suite:

Le complexe militaro-sécuritaire international son rôle dans la crise actuelle.( ll Partie) 

 

LES ORIGINES DU COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL DES ETATS-UNIS

 


jeudi 27 novembre 2025

G. Bad L’affaire Arcelor/Mittal et la centralisation du capital

 

 SAMASEREEL_copieEn ce mois de mars 2006, la presse française, ses ministres, ses économistes et dirigeants d’entreprise se sont scandalisés qu’un des fleurons de l’acier européen Arcelor puissent passer sous le contrôle de « l’indien ». A défaut de patriotisme économique on assistait bel et bien à un racisme économique. Cette propagande, étant mise en avant que pour faire saliver les discussions du café du commerce. En fait « l’indien » n’est pas plus indien que le « français » gaulois. Mittal est un société anonyme de droit néerlandais, cotée aux Pays-Bas et à New York qui opère en Asie, aux USA et dans les pays émergents drivé par des banquiers américains comme Citigroup, Golman Sachs, la HSBC et le crédit suisse, le noyau dur de la finance américaine. Quant au gaulois Arcelor, c’est un congloméra luxembourgeois issu de la fusion du français Usinor Sacilor, du luxembourgeois Arbed et de l’espagnol Aceralia, drivé par BNP-Paribas, la Deutche Bank de Londres et Merril Lynch Paris.

L’opération en question, désigné sous le nom d’OPA hostile, ne fait que s’inscrire dans les règles de la centralisation financière, et ne diverge pas avec la prise du Japonais NISSAN par Renault. Si le cocorico de M de Villepin a fonctionner contre l’OPA de Danone,(1) il y a peu de chance que l’état puisse drainer suffisamment de fric pour contrer l’OPA de Mittal.(2)

La centralisation du capital est bien différente de sa concentration. En effet si historiquement le capital a pris naissance en Europe, il est rapidement sortit de ses langes pour batifoler aux quatre coins du monde (la période coloniale). Avec l’émergence du machinisme et de la révolution industrielle l’accumulation accélérée du capital, a donné naissance à une nouvelle et redoutable puissance le crédit. Celui-ci à son origine s’introduisit sournoisement comme une aide modeste de l’accumulation, comme simple procédé technique. L’accumulation se développant au même rythme que l’extraction de la plus value relative, provoqua le fractionnement du capital total et de simple procédé technique aux service des capitalistes industriels et commerçants, celui-ci va s’ autonomiser et devenir la fonction d’un capital particulier : le capital financier. L’avènement du système de crédit va devenir « une arme additionnelle et terrible de la guerre de la concurrence, et se transforme enfin en un immense machinisme social destiné à centraliser les capitaux » (K.Marx T 1 ed ; Moscou. )

Le crédit va donc agir comme principal levier de l’accumulation capitalisme (comme escroc et prophète) . Marx faisait remarquer que le progrès de la centralisation du capital ne dépend pas d’un accroissement positif du capital social. C’est ce qui le distingue de la concentration qui n’est que le corollaire de la reproduction sur une échelle progressive « Le monde se passerait encore du système des voies ferrées, par exemple s’il eût dû attendre le moment ou les capitaux individuels se fussent assez arrondi par l’accumulation pour être en état de se charger de cette besogne » K Marx

Contrairement à la concentration, qui s’opérait sur la base de la propriété privée ou les petits capitaux finissaient toujours par se faire digérer par les plus gros. La centralisation financière s’attaque à cette base qu’elle va détruire, pour la remplacer par le capitalisme anonyme celui de la bourse des actions, de la SA société anonyme. Agissant dans la sphère de circulation du capital elle va en accélérer virtuellement la rotation, et engendrer un capital fictif de plus en plus démentiel. La centralisation du capital, provoque une telle rupture entre le capital industriel pourvoyeur de plus value, que le capital financier pense qu’il est possible de faire de l’argent avec de l’argent, comme le poirier donne des poires disait Marx.

La grande presse a volontairement mis l’accent, sur la fortune familiale de « l’indien » ce Maharadja de la sidérurgie et sa fille mariée au château de Versailles ...

La question qu’il faut se poser, c’est que M. Mittal n’est pas parvenu au N°1 mondial de la sidérurgie, sans apport financier même pour racheter les canards boiteux des pays de l’Est.
C’est Georges Quioc, journaliste au Figaro qui va nous donner une réponse :

« Si Mittal Steel a réussi à se hisser au premier rang de la sidérurgie mondiale, c’est en partie grâce aux institutions européennes. A commencer par la Berd, créée spécialement pour aider la transition des économies d’Europe centrale vers l’économie de marché.

La banque, présidée par un Français et dont le siège est à Londres, a accordé au groupe indien un premier concours de 44,6 millions d’euros pour le rachat d’une compagnie au Kazakhstan en 1995 suivi d’un crédit de 92,5 millions de dollars pour financer le rachat de l’usine Sidex en Roumanie en 2001. Cet aciériste roumain étant également convoité par Usinor il est devenu l’enjeu de pressions politiques entre les gouvernements français et britannique.
L’appui de Tony Blair au groupe indien, à l’époque enregistré dans le paradis fiscal des Antilles néerlandaises, a fait la différence. La Berd, qui de son côté se défend d’avoir fait un choix partisan, explique son soutien au projet de Mittal par la particularité de l’offre de son rival français, qui ne proposait qu’un mandat de gestion et non une acquisition en bonne et due forme.

Après les privatisations au Kazakhstan et en Roumanie, la Berd a continué à accompagner le groupe Mittal en Bosnie-Herzégovine et en Macédoine à hauteur de 25 millions d’euros à chaque fois.

Mais le groupe indien a également bénéficié des aides publiques accordées par les Etats d’Europe centrale à leurs vieux « combinats » sidérurgiques au bord de la faillite. C’est ainsi qu’avant de rejoindre l’UE, la République tchèque a distribué près de 300 millions d’euros d’aides pour restructurer trois aciéries. Dont celle de Nova Hut rachetée par Ispat, autre holding du groupe de Lakshimi Mittal.

Aides publiques

La Pologne n’a pas été en reste en accordant, jusqu’à son adhésion à l’Union européenne en mai 2004, quelque 590 millions d’euros d’aides, principalement au groupe PHS. Le rachat de ce géant à l’agonie a permis à Mittal Steel de devenir le premier aciériste de Pologne avec 70% de la production du pays.

Ces aides, acceptées par la Commission européenne en contrepartie de diminutions de capacités de production, ont surtout servi à dégonfler les dettes du groupe qui atteignaient près de 1,1 milliard d’euros. Arcelor était sur les rangs mais a dû s’incliner devant l’offre de son rival indien.

En tant qu’arbitre de la concurrence la Commission a redoublé son contrôle sur ces aides publiques au lendemain de l’élargissement de l’UE. La Pologne et la République tchèque ont accepté de les supprimer. Le groupe Mittal n’en a donc plus bénéficié après mai 2004. Une seule dérogation, représentant 50 millions d’euros par an jusqu’en 2009, a été accordée à son grand rival américain US Steel. Cela en raison des emplois sauvés dans l’usine de Kosice qui est le premier employeur de Slovaquie, pays qui souffre d’un chômage massif et chronique. Reste aujourd’hui une inconnue pour l’exécutif européen : « Pourquoi Arcelor a-t-il laissé le champ libre en Europe à deux de ses grands concurrents », s’interrogeait hier un haut fonctionnaire à Bruxelles. » (« Comment l’Europe a aidé Mittal ) Georges Quioc, journaliste au Figaro)

L’affaire Arcelor/Mittal est avant tout une affaire de centralisation financière, et la mariée est trop belle pour ne pas cacher quelques surprises. Si l’on gratte un peu on se rendra compte que l’ascension de Mittal est bien trop rapide et étendue pour affronter une simple décroissance de la demande d’acier dans le monde, et ce d’autant que son principal client la Chine commence à se doter de moyen autonome de production et que le secteur est en surproduction.

« Mais si Exane ( entreprise d’investissement) prône la reprise d’Arcelor par Mittal, ce n’est pas dans l’intérêt de la proie mais bien dans celui de Mittal. Et là, effectivement, tout le monde est d’accord, l’opération est bonne pour Mittal, elle est même excellente, puisque notamment « elle résoudrait, selon Exane, toutes ses faiblesses européennes » : produits bas de gamme, absence de réseau de distribution, pas de débouchés dans l’industrie automobile, etc. Et Arcelor, qui, lui, a déjà opéré son redressement, se verrait attacher un boulet au pied, ses marges retrouvées servant à financer la restructuration indispensable de Mittal. « Une charge indue », insiste Alain Boublil. Aujourd’hui, recyclé dans le conseil, l’ancien gourou de François Mitterrand à l’Elysée pour les questions industrielles, l’homme qui a vécu toute la crise et la restructuration de la sidérurgie, lorsqu’il a entendu l’annonce de l’OPA, s’est plongé dans le dossier et, en surfant sur Internet, a travaillé, comme il l’aurait fait jadis, pour « une note au président ». Chacun sa nostalgie... »

« On n’a aucun recul pour juger de la rentabilité de l’ensemble et surtout de son comportement en bas de cycle », s’inquiète Gilles Frecaut, à la direction des études économiques du Crédit agricole. « On a vraiment l’impression d’un magicien arrivé avec sa baguette sans licencier, sans restructurer, sans investir », s’étonne un analyste, qui ne sait lui non plus que penser. Et Boublil de rappeler qu’Ispat, l’ancienne société cotée de Lakshmi Mittal, intégrée depuis dans Mittal Steel, a vu entre 2000 et 2003 ses capitaux propres plonger de 1 milliard à 150 millions de dollars. Ainsi Mittal aurait-il tout intérêt à épouser Arcelor tant que ses atours sont brillants et alors que son taux de marge à la tonne, passé entre le premier et le troisième trimestre 2005 de 150 à 50 dollars, serait déjà en train d’être sérieusement raboté... En effet, pour les prix de l’acier, le reflux s’amorce, avec une industrie chinoise qui s’organise et qui commence à limiter ses achats à l’extérieur. »

En dépit des récentes opérations de fusions et acquisitions intervenues dans le secteur, l’industrie mondiale de l’acier reste fragmentée, les cinq premiers producteurs assurant moins de 20% de la production mondiale. A titre de comparaison, les cinq premiers constructeurs automobiles - qui figurent parmi les principaux clients de la sidérurgie - assurent près de 70% de la production mondiale, ceux du verre. Contrôle 67% du secteur, ceux de l’aluminium 40%, et en amont trois extracteurs de minerai de fer contrôle 8O% du marché.(3)
Les dix premiers sidérurgistes mondiaux.
Production en millions de tonnes

Mittal Stell Inde 59
Arcelor Europe 51
Nippon Stell Japon 32
JFE Japon 31
Posco Japon 31
Shangai BaostellChine 21
US Stell USA 21
Corus Europe 19
Nucor USA 18
ThyssenKrupp:Allemagne 18

Pour le capital global, il apparaît donc (pour des raisons historiques) que la centralisation et la concentration de la production d’acier reste en deçà des attentes de profits, du fait de la surproduction d’acier et d’autres paramètres. Le nouvel ensemble constitué par Mittal Steel et Arcelor après leur éventuelle fusion ne représenterait que 10% de la production mondiale d’acier.

Si la commission européenne pousse à la fusion,(4) c’est qu’elle a conscience que Mittal comme Arcelor ne résisteront pas à un recul de la production et il faut que la fusion élimine ce risque. Tout en enclenchant dans le secteur une restructuration globale, qui permettra de rogner sur les marges des fournisseurs de minerai en amont et en aval sur les industries automobiles, et d’étouffer dans l’oeuf de nouveaux concurrents comme le brésilien Gerdau ou le russe Severstal .

Nous sommes ici en présence de la dualité de l’économie bourgeoise, éternellement ballotté entre la « libre concurrence » et la tendance à la centralisation/concentration du capital à une échelle toujours plus large, ce n’est plus seulement les petites entreprises qu’il faut broyer, mais des secteurs entiers. La démolition de la concurrence, étant pour chaque secteur un moyen de maintenir son taux de profit et même de surprofits (dit monopolistes par certains) conception que nous contestons, car elle ne peut être que transitoire.

"Nous recherchons des opportunités d’investissement dans des entreprises sidérurgiques des pays émergents mais nous voulons être sûrs d’avoir un accès sécurisé aux matières premières car je crois vraiment que les détenteurs de minerai de fer vont gouverner l’industrie : ils seront l’OPEP de la sidérurgie", expliquait le président de Tata Group, deuxième conglomérat indien par le chiffre d’affaires (17,8 milliards de dollars), dans un entretien à la revue trimestrielle du cabinet de consultants McKinsey. »

Les cris d’orfraie des sidérurgistes, vis-à-vis de leurs pourvoyeurs de matières premières illustrent bien la situation. Il faut rapidement centraliser le capital pour briser le monopole du minerai de fer, pour une « juste répartition des profits ». De même il peut paraître paradoxal qu’une entreprise comme Mittal puisse accéder au top niveau mondial et contrôle avec sa famille 88% des actions et 97% des droits de vote. Mais ce que possède véritablement Mittal, n’a pas plus de valeur, que le propriétaire des poulets Bourgoin(5)(et il a mal terminé son ascension). Ce n’est pas un hasard si Lakshmi Mittal envisage de réduire de 5O% sa part dans le capital du groupe.

Gérard Bad le 14 mars 2006

Notes


1)La société américaine PepsiCola menaçait de s’emparer de Danone. Le Premier ministre appuya celle-ci pour qu’elle trouve les capitaux français nécessaires afin de résister à cette O.P.A. malveillante. À l’époque les libéraux s’indignèrent de cette intrusion du pouvoir politique dans le jeu du capitalisme international et le Figaro réprouva l’ingérence de M. de Villepin.


2)A court terme, la France pourrait encore faire intervenir sur le marché la Caisse des dépôts ou même le fonds de réserve des retraites. Ce serait une stratégie industrielle improvisée, mais tout de même une stratégie industrielle. Cependant, la Caisse des dépôts a été dépourvue et le fonds de réserve des retraites n’a pas été abondé depuis 2002.
3)la production de minerai de fer, principale matière première intervenant dans la production d’acier, est dominée par le brésilien CVRD et les sociétés cotées à Londres BHP Billiton et Rio Tinto, qui à eux trois assurent 70% de la production mondiale.


4)La Hollandaise Nelly Kroes, commissaire à la concurrence, a déclaré à la conférence de Davos qu’elle préférerait « un champion mondial ( de l’acier) plutôt qu’un champion européen » ou un « champion national ».

5)Le procureur de la République a requis mardi six mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de gérer une entreprise à l’encontre de Gérard Bourgoin. L’ex-"roi du poulet" est poursuivi pour abus de biens sociaux et abus de pouvoir, au détriment de BSA Bourgoin, principale société du groupe volailler démantelé en octobre 2000. Il lui est notamment reproché d’avoir consenti des avances de trésorerie à la holding Financière Familiale Bourgoin, d’un montant de plus de 10,82 millions d’euros, nuisant, selon l’accusation, à l’intérêt de BSA.

samedi 22 novembre 2025

G. Bad - The Catastrophic Course of Capital and its Nuclear Deterrence.

 


Traduction ordinateur,pour voir l'original en français

No one today can claim ignorance of the danger of world war, and yet there is no anti-war mobilization worthy of the name on the planet. A planet now at the mercy of a nuclear conflagration. Every day and every moment, state propaganda disseminates increasingly alarming news in order to rally public opinion to the benefits of militarization and war. For us, it is out of the question to engage in the geopolitics of "Western" defense, or, what amounts to the same thing, that of the coalitions around China and Russia. Our enemy is in every country; that is the task at hand. Therefore, we will begin by condemning French nuclear deterrence and its cost to French "citizens," while attempting to explain why the entire world is rearming.

The Cost of the French Nuclear Deterrent.

While our parliamentarians endlessly debate the French debt, they remain remarkably silent on the cost of public spending on armaments. It must be emphasized, however, that France's arsenal of weapons of mass destruction is becoming increasingly expensive; maintaining it in 2024 will cost €12,048 per minute; and for the nine states possessing nuclear weapons, this figure rises to €146,500 per minute. Parliamentarians of all persuasions seem to be at odds with one another, but when it comes to the war industry, they suddenly join forces.


The LR (Les Républicains) MPs are thus calling for a faster ramp-up, with an increase of €4.3 billion per year from 2025 to 2027. The LFI (La France Insoumise) group has tabled a similar amendment, which provides for annual increases of €4.3 billion from 2024 to 2026, before falling back to €3 billion from 2027 to 2030.”²

The same scenario is playing out in Germany, where the parliament, led by the Greens, is voting for a €1 trillion war budget.

Tuesday’s vote is the result of an agreement reached by the likely next chancellor, Friedrich Merz, of the Christian Democrats, with the Social Democrats and the Greens. The vote was remarkable, in part because German MPs met after the national vote in February, but before the newly elected members of the next Bundestag take their seats.” Indeed, the three parties will not obtain the two-thirds majority needed in the next Bundestag due to gains by the Alternative for Germany (AfD), a far-right party, and The Left, a left-wing party. Euractiv

This about-face by the German Greens should not surprise us; history is full of this kind of situation. Let us recall the statements of Michel Rocard (2010-2012): he claimed he wanted to eliminate France's nuclear deterrent to save 16 billion euros over five years; he had even managed to convince General Bernard Morlain. But in the end, the entire political class, from right to left, condemned him.

Alain Juppé, now Minister of Defense, is shirking responsibility. He, who had co-signed Michel Rocard's remarks on November 26, 2010, speaking in the Senate on the defense budget bill, declared: "I dream of a world without nuclear weapons, of course, but I never said that France should set an example before everyone else! As long as progress hasn't been made globally, France must not lower its guard." Nothing should hinder the continued operation of France's nuclear arsenal and its modernization and renewal programs. Citizen contributions will amount to more than 53 billion euros by 2030; that much public money taken from the social needs of the working world.

International "radioactive" finance is investing its money.

Among banks, it's not just fossil fuels that are popular. According to the report "Untenable Investments,":

"According to this report, 287 banks, pension funds, insurance companies, asset managers, and other financial institutions have maintained financing or investment relationships with one of the 24 major global companies producing nuclear weapons systems for China, the United States, France, India, Russia, and the United Kingdom. It should be noted that the number of institutions engaging in this radioactive finance has been steadily decreasing in recent years—from 325 to 306 and now 287—since the Treaty on the Prohibition of Nuclear Weapons entered into force on January 22, 2021.

"But the report specifies that while the number of institutions in this market is declining, they hold (compared to the previous 2023 report) more bonds and shares ($477 billion versus $461.3 billion*) and loans." ($343 billion versus $285.9 billion), for a total of $820 billion. These increases confirm the attitude of

The nuclear powers have all developed programs to modernize and renew their arsenals.”

This is, in reality, a concentration/centralization of capital.

Seven financial institutions (Crédit Agricole, BNP Paribas, Caisse des Dépôts et Consignations, Crédit Mutuel, Groupe BPCE, La Banque Postale, and Société Générale) granted $35.5 billion in loans to companies producing nuclear weapons, and two of them (Crédit Agricole and Groupe BPCE) held $4.9 billion in shares and bonds in nuclear weapons companies. It should be noted that these private banking institutions invest as much in companies that produce nuclear weapons systems for France (Safran, Thales, Leonardo) as in companies that develop the arsenals of the United States and the United Kingdom. Conversely, foreign banks (BlackRock, USA, with $2.5 billion in Safran, Vanguard, USA, with $426 million in Thales) are investing in companies essential to the production of French nuclear weapons systems. Even more surprisingly, it is reported for the first time that Chinese banks are undertaking economic activities with companies strategic for French deterrence. These include the Industrial and Commercial Bank of China, which granted a $424 million loan to Airbus; this company owns 37.5% of the capital of MBDA, prime contractor for the ASMP-A nuclear cruise missile. The Bank of China also made a $226 million loan to Leonardo, which also holds a 25% stake in MBDA.

La Banque Postale and Caisse des Dépôts et Consignations, two state-owned banks, have invested a total of $286 million in Airbus. Currently, no French bank complies with the Treaty on the Prohibition of Nuclear Weapons (TPNW). Crédit Mutuel Océan, under pressure from political authorities, withdrew its recognition of the treaty in 2023.

"These banks are not complying with the Treaty on the Prohibition of Nuclear Weapons, which prohibits financing companies that make a substantial contribution to the production of nuclear weapons systems. They are thus guilty of violating international law and their corporate social responsibility commitments," denounces ICAN.

Why this apocalyptic global rearmament?

Not a day goes by without the Western world flexing its muscles and deploying its arsenal of deadly weapons, not a day goes by without Putin's Russia and its North Korean allies adding fuel to the fire, all while the world has long possessed the means to destroy the planet. The classic reasons for this enthusiasm for militarization are imperialist rivalries, the conquest of territory, the redistribution of the world, and the appropriation of crucial raw materials to determine who will ultimately rule the world. This, schematically, is the response of those who claim to be Marxists. It's not entirely wrong, but clearly insufficient to explain the fundamental reasons for global rearmament—or rather, over-rearmament. Some, and they will recognize themselves, believe that capitalism has entered a period of decline and has become obsolete. We agree that it is in a new phase, but not from the same perspective. We know that capitalism is above all a dynamic, constantly competing mass, the famous "sink or swim" mentality, which translates into having critical mass—that is, sufficient financial resources to sink its competitors. Capitalism, as we have seen for decades, is a chaotic organism whose development spirals from the bottom to the top until its expanded reproduction through the extraction of surplus value (absolute and relative) reaches a standstill. Overproduction erupts into the open, accompanied by protectionism and tariffs. Hence its recourse to the militarization of the economy in order to temporarily save certain key sectors through the windfall of credit. However, we must now examine the possibilities that global capitalism has today to hope to survive the crises that are undermining it.

The Limits of the Militarization of National Economies

Simply by watching television, it's easy to see the stakes for each nation-state and each bloc. Trump, in this respect, is an open book; he openly states that the EU must finance the war in Ukraine and that the United States will sell weapons to Ukraine in exchange for rare earth minerals. The EU is primarily rearming on credit, while it is already in debt. France claims to lead European "defense" thanks to its nuclear deterrent, and the Europeans, with the "Rearm Europe" initiative, are embarking on this adventure only with the hope of remaining among the top arms sellers.

At this level, there is no better selling point.For weapons manufacturers, proving themselves in combat is more important than actually using them. Ukraine is merely a testing ground where arms dealers of all nationalities compete. For these merchants of death, the goal is to directly promote their aircraft, missiles, drones, and other weapons on the ground, with the aim of selling them. In this regard, the confrontation between India and Pakistan revealed that India has just lost one or more Rafale fighter jets in combat.

"According to Reuters, American sources confirmed that at least one Rafale was shot down by a PL-15 missile. This news remained unofficial on the Indian side – New Delhi never publicly acknowledged the loss – but it was officially confirmed by Éric Trappier, CEO of Dassault Aviation, and General Jérôme Bellanger, Chief of Staff of the French Air and Space Force." 7

Hence this admission:

"The Rafale, until then presented as one of the most reliable and invulnerable fighter jets on the market, saw its reputation shaken during Operation Sindoor on May 7th. Just after midnight, the screens in the Pakistani operations room turned red: dozens of Indian Rafales were crossing the border. After several nights spent on a mattress set up a few meters from the screens, the Pakistani Air Chief of Staff, Zaheer Ahmad Babar, immediately ordered his Chinese J-10CEs to neutralize the Indian Rafales as a priority. 'He wanted to destroy Rafales!' reports an officer present." https://opexnews.fr/rafale-embuscade-operation-sindoor-pakistan/

That being said, it does not appear that Rafale sales have been affected; the order books for Rafales are full. And on November 17, 2025, a delivery agreement for 100 Rafale fighter jets was signed with great fanfare between Macron and Zelensky. Given the urgency of the situation, the government believes it can divert some orders to supply Ukraine. But let's not be misled by the pronouncements of warmongers, all complicit in militarization. For example, Greenpeace published a report denouncing French and EU duplicity under the subtitle "Gas, Fertilizers, Nuclear: How the EU Fuels the Russian War Machine." Here is an excerpt from the report: "For decades, the French nuclear industry has worked closely with Rosatom. This Russian state-owned company collaborates with French industry at every level of the production chain, from uranium mining to the construction of power plants and the processing of nuclear waste. Rosatom exploits nuclear technologies, both civilian and military, controls the Kremlin's 'nuclear button,' and dictates sector regulations." This company, founded by Vladimir Putin, plays a strategic role for his regime. More than just a company, it is a geopolitical, economic, and military tool for the Kremlin. Every Russian reactor built outside of Russia creates an energy, technological, financial, and geopolitical dependency between the purchasing country and the Russian regime. A veritable arm of the Russian state, Rosatom played a role in the first-ever diversion of a civilian nuclear power plant for military purposes during the 2022 takeover of the Zaporizhzhia plant in Ukraine, which has since been occupied by the Russian army. Rosatom has thus become a criminal enterprise, complicit in crimes and abuses committed within the plant and against Ukrainian personnel, and participates in the nuclear threat against the Ukrainian and European people. The EU and France are fueling their own dependency. Yet, neither France nor the EU has ended its trade relations with Rosatom. France's dependence on Russian nuclear power is such that for the past three years, Emmanuel Macron has repeatedly declared his support for Ukraine, while discreetly maintaining economic ties with one of Vladimir Putin's largest companies.

This proves that war is merely an escape from the contradictions that plague global capitalism, where everyone is an enemy but everyone agrees on the savior "red broth."

Germany is militarizing its automotive industry.

According to the European Commission, the "Rearm Europe" plan will not only stimulate growth. In addition, it will boost technological innovation and therefore productivity: "A sharp increase in defense investment will generate positive spillovers throughout the economy, thus contributing to its competitiveness, job creation, and innovation in many sectors" (European Commission, 2025:21). The overproduction across the entire automotive industry is now glaringly obvious in Germany and Europe. German companies like Volkswagen, Mercedes, Bosch, ZF, Porsche, Ford, Audi, etc., are choosing to devalue/eliminate thousands of workers to prevent the devaluation of capital, resulting in layoffs and unemployment.

Partial unemployment and wage cuts are the attributes systematically used. The trade and tariff war was triggered by Donald Trump with his blackmail of 25% tariffs on vehicles and spare parts from the EU, reduced to 15% following a real bargain with Ursula von der Leyen. Recently, the business daily Handelsblatt ran the headline: "The semiconductor crisis could plunge Germany into a third year of recession.

" The emerging crisis reveals the obsolescence of global capitalism, which initially leads to global rearmament, and more specifically, to the rearmament of Europe. The leaders of these countries tout the benefits of this security-driven militarization, claiming it creates jobs, citing the example in France of the Brittany Foundries, which was transformed into a shell factory. Similarly, in Germany, the automotive industry is converting to the production of weapons of war. The German group Rheinmetall, specializing in armaments and automotive equipment, will convert two of its automotive plants, in Berlin and Neuss, to produce military equipment. To this end, Finance Minister Klingbeil (SPD) is pushing through an austerity budget that slashes across all social sectors and triples military spending. In June 2024, Rheinmetall signed an agreement with the struggling automotive supplier Continental to take over and train around one hundred employees from a plant that will close in 2027. The German company is not the only one redirecting its factories towards defense. KNDS, another German defense contractor, announced in early February 2025 that it would take over Alstom's Görlitz plant to produce tanks instead of trains.

Rheinmetall also signed a framework contract worth €8.5 billion to supply 155mm shells to the Bundeswehr and its allied countries, the Netherlands, Estonia, and Denmark. The first deliveries are scheduled to begin in 2025.

The preemptive liquidation of the superfluous dangerous classes.

Machinery having first supplanted human physical strength and then human brainpower, to the point that capitalism is now nothing more than a global factory of superfluities, hence its tendency to want to liquidate, consciously or not, this mass of dangerous classes<sup>8</sup> and to reduce their dependence<sup>9</sup>.

This liquidation of dangerous classes manifests itself in various forms. It can be deliberate, like that of Trump, the racialist theocrat, and his crony Netanyahu; or, more insidiously, it involves deliberately inciting overpopulated populations to clash and self-destruct (e.g., Sudan), followed by famine. This is the direct or indirect consequence of rivalries, as in the Middle East, revolving around oil revenues, but also of religious conflicts. The massacres, wars, and genocides affecting the Middle East are inspired by Leo Strauss's (1899-1973) Chaos Theory, which can be summarized as follows:

"Power is exercised through the destruction of all resistance rather than through building," or "It is by plunging the masses (vulnerable countries) into chaos that elites (dominant countries) can aspire to the stability of their position."

If, as we believe, capitalism has entered its destructive phase towards both human beings and nature, and if its function is to organize the permanent devaluation of labor in order to counteract the devaluation of capital, then it must now systematically attack the social gains it has begun dismantling in recent years. However, the excessive debt of Europeans is clashing with the perceived "necessity" of rearmament for the EU and Great Britain. At this level, as we have already highlighted, three countries are leading the way: France and Great Britain (nuclear powers), and Germany, a rising power. These three powers are playing their historical trump card on the world stage, and they are aware of it. Consequently, they are already moving to the next stage of dismantling the welfare state.

Chancellor Merz declared in August 2025:

"We can no longer afford the welfare state."

His government is proceeding in stages, as in France, in order to deceive the people. As in France, commissions are tasked with developing proposals for dismantling pensions and healthcare contributions, and the first measure decided is to abolish Bürgergeld (citizen's income) and replace it with a basic allowance.

Recently, the IMF, in a report dated November 4, 2025, on the economic situation in Europe, declared, through Alfred Kammer, the IMF's European director in Brussels, "How can Europe pay for things it cannot afford?" In summary, the report concludes that the welfare state of the ap

The post-World War II era is no longer compatible with rearmament, trade wars, and protectionism. As a result, pensions, healthcare, and numerous other public services must be sacrificed, as they can no longer be financed except through private means. Rigorous austerity measures and further deregulation of the economy are inevitable.

Towards self-impoverishment based on ecological ideology

From the moment the leading figures of triumphant capitalism believe that 80% of the world's population is no longer necessary to keep the bourgeois machine running, they will have to manage the resulting lack of surplus value in order to save the planet's profits. As we have just seen, there are those who directly engage in the extermination of surplus populations and those "managerialists" who believe they can manage this population. This is the case with the World Economic Forum (WEF), which, through its leader Mr. Schwab, is planning various measures developed within the "Great Reset." This is primarily a form of self-impoverishment based on ecological ideology. The argument of climate change (which is very real) has become the central focus of a major guilt-tripping campaign targeting overconsumption, which is blamed for the spread of CO2. The propaganda machine will do everything to prepare for the future of widespread impoverishment. To achieve this, the WEF wants to develop a policy of "degrowth" and advocate abstinence. The WEF's leaders are organizing a new crusade against "the tyranny of growth" and for the repayment of their debts, eyeing the savings of the "middle classes," the only ones they can still fleece. Taxocracy is underway; it is expected to smooth out inequalities, leading to widespread impoverishment coupled with a monastic lifestyle. A vast ideological enterprise masking the collapse of the global economy and advocating a pause in economic development, limiting it to mere reproduction. 7 For Mr. Schwab's Forum, border closures are one of the greatest barriers to global equality. Here, Schwab seems to oppose protectionism without considering that the return to national protectionism is simply the consequence and failure of the globalization of Capital, its inability to continue extracting both absolute and relative surplus value. The accumulation of global debt has replaced the accumulation of surplus value. 10

GERARD BAD, 17/11/2025

Notes

1- For weapons that are illegal according to the Treaty on the Prohibition of Nuclear Weapons. 

2- Vincent Lamigeon, Challenges, May 10. 

3- Michel Rocard, born August 23, 1930 in Courbevoie and died July 2, 2016 in Paris, was a French statesman. He was Prime Minister from May 10, 1988 to May 15, 1991. 

4- Air Force General (Ret.) Bernard Norlain, former Chief of Staff to Michel Rocard, President of Initiatives for Nuclear Disarmament (IDN).

 5- Let's do the math: 13% of €413 billion equals €53.69 billion, or an annual average of €7.67 billion for nuclear weapons; whereas this amount was €5.02 billion in the previous Military Programming Law (LPM). While acknowledging that this represents only a portion of the costs associated with this weapon of terror. (Source: Sortir du nucléaire) 

6- In France, the 2024-2030 Military Programming Law (LPM), focused on modernizing and renewing the nuclear arsenal, will allocate an average of €7.67 billion annually to this purpose. This figure can be compared to the two previous LPMs, which averaged €5.02 billion (2019-2023) and €4.66 billion (2014-2018). France dedicates nearly 11% to 15% of its military budget to its nuclear forces and infrastructure. The costs of this expenditure are far from transparent, as the "deterrence" budget does not include those related to the Rafale fighter jets of the Strategic Air Forces. 

7. Dassault's share price fell sharply after the announcement in May 2025 that the Chinese fighter jet (C-J10), used for the first time by the Pakistani Air Force, had shot down one or more Rafale fighter jets of the Indian Air Force. The Chinese company's stock price consequently soared (+40% in two days). The reason given by one expert: "There is no better publicity [for a defense company] than a real-world combat scenario (1)." 1. M. Srivastava, C. Clover, "China’s J-10 “Dragon” shows teeth in India-Pakistan combat debut", Financial Times, May 9, 2025.

 8. Welfare dependency must be challenged (as Malthus suggested in his time) because it is the main obstacle to employment. This means that governments fully intend to leave the superfluous to fend for themselves, as the universal basic income (citizen's basic income) is merely a smokescreen, a compilation of the Active Solidarity Income (RSA), the Activity Bonus (PA), and income tax. The rise of the dangerous classes is simply the consequence of increasing impoverishment, which will inevitably destabilize social life, as is currently happening. Added to this in recent years is a new wave of migration at the EU's borders. Here again, superfluous people, victims of wars, natural disasters, and unemployment, are seeking refuge in Fortress Europe. Trump is the very embodiment of this hunt for the dangerous classes. 

9—As early as 1995, the world's powerful gathered at the Fairmont Hotel in San Francisco and declared that "80% of the world's population is no longer needed to keep the bourgeois machine running; they will have to manage the resulting lack of surplus value to save the planet's profits." Can we imagine 80% of people wanting to work finding themselves unemployed? "It's certain," says American author Jeremy Rifkin, who wrote the book *The End of Work*, "that the remaining 80% are going to have considerable problems."



vendredi 21 novembre 2025

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

  

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

Nul n'est censé aujourd’hui d'ignorer le danger de guerre mondiale et pourtant il n'y a pas de mobilisation anti-guerre digne de ce nom sur la planète. Planète aujourd'hui à la merci d'un embrassement nucléaire . Chaque jour et à chaque instant, les propagandes des états déversent des nouvelles de plus en plus angoissantes afin de rallier l' opinion publique aux bienfaits de la militarisation et de la guerre. Pour nous il n' est pas question d' entrer dans la géopolitique de défense de « l'occident » ou ce qui est la même chose celle des coalitions autour de la Chine et de la Russie. Notre ennemi se trouve dans chaque pays, voilà la tâche de l' heure.

Par conséquent nous commencerons par fustiger la dissuasion nucléaire française et son coût pour les « citoyens » français, tout en essayant d' expliquer pourquoi le monde entier se réarme.

Le coût de la force de frappe française.

Alors que nos parlementaires n'ont de cesse de palabrer sur la dette française, ils sont particulièrement silencieux sur le coût des dépenses publiques pour l' armement. Il faut tout de même souligner que l' arsenal de destruction massive de la France coûte de plus en plus cher , son maintien en 2024 monte à la somme de 12 048 euros chaque minute ;1 et pour les neuf États qui détiennent l' arme nucléaire cette somme se monte à 146 500 euros par minutes.

Les parlementaires de toute obédience semble se combattre, mais dés qu'il s' agit de l' industrie de guerre ils font cause commune.

« les députés LR appellent ainsi à une montée en puissance plus rapide, avec une augmentation de 4,3 milliards par an dès 2025, jusqu'à 2027. Le groupe LFI a déposé un amendement similaire, qui prévoit des marches annuelles de 4,3 milliards d'euros dès 2024 jusqu'à 2026, avant de retomber à 3 milliards de 2027 à 2030 »2

Même scénario en Allemagne ou le parlement, verts en tète vote un budget de guerre de 1000 Mds d'euros

« Le vote de mardi est le résultat d’un accord conclu par le prochain chancelier probable, Friedrich Merz, des chrétiens-démocrates, avec les sociaux-démocrates et les Verts.

Le scrutin a été remarquable, en partie parce que les députés allemands se sont réunis après le vote national de février, mais avant que les députés nouvellement élus au prochain Bundestag ne siègent. En effet, les trois partis n’obtiendront pas la majorité des deux tiers nécessaire au prochain Bundestag en raison des gains de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, et de La Gauche, parti de gauche. »Euractiv

Se retournement des verts Kaki allemands ne doit pas nous étonner, l' histoire est jalonnée de ce genre de situation. Souvenons nous des déclarations de Michel Rocard3 2010-2012, il prétendait vouloir supprimer la force de dissuasion nucléaire française pour économiser 16 milliards d' euros sur cinq ans, il était même parvenu à convaincre le général Bernard Morlain4 Mais au final toute la classe politique de droite à gauche le condamnera.

,Alain Juppé devenu ministre de la défense se défausse, lui qui avait cosigné les propos de Michel Rocard, le 26 novembre 2010, intervenant au Sénat sur le projet de budget de la défense, il déclare :

"Je rêve d'un monde sans armes nucléaires, bien sûr, mais je n'ai jamais dit que la France devait donner l'exemple avant tous les autres ! Tant que des progrès n'auront pas été faits au niveau mondial, la France ne doit pas baisser la garde".

Rien ne doit venir entraver la pérennisation de l' arsenal nucléaire de la France, et ses programmes de modernisation et de de renouvellement. La ponction citoyenne s’élèvera à plus de 53 milliards d’euros d’ici 20305 ; autant de fonds publics prélevés au détriment des besoins sociaux du monde du travail .6

La finance « radioactive » internationale place son fric.

Du côté des banques, il n’y a pas que les énergies fossiles qui ont la cote. Selon Le rapport « Untenable investments » (« Des investissements intolérables » nous révèle que :

« Selon ce rapport, 287 banques, fonds de pension, compagnies d’assurance, gestionnaires d’actifs et autres institutions financières ont entretenu des relations de financement ou d’investissement avec l’une des 24 principales entreprises mondiales produisant des systèmes d’armes nucléaires pour la Chine, les États-Unis, la France, l’Inde, la Russie et le Royaume-Uni. Il faut relever que le nombre d’institutions réalisant cette finance radioactive ne cesse de diminuer ces dernières années — passant de 325 à 306 et désormais 287 — depuis l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Mais précise le rapport

Si le nombre d’institutions sur ce marché est en baisse, elles détiennent (au regard du précédent rapport 2023) plus d’obligations et d’actions (477 milliards de $ contre 461,3 Mds $*) et de prêts (343 milliards contre 285,9 Mds $), soit un total de 820 milliards $. Ces augmentations confirment l’attitude des puissances nucléaires qui ont toutes développées des programmes de modernisation et de renouvellement de leur arsenal. » 

Il s'agit en réalité de la concentration/centralisation du capital .

Sept institutions financières (Crédit agricole, BNP Paribas, Caisse des Dépôts et Consignations, Crédit mutuel, Groupe BPCE, La Banque postale, Société générale) ont accordé 35,5 milliards $ de prêts aux entreprises productrices d’armes nucléaires et deux d’entres-elles (Crédit agricole et Groupe BPCE) détenaient 4,9 milliards $ d’actions et d’obligations dans des entreprises productrices d’armes nucléaires.

Il faut noter que ces institutions bancaires privées investissent autant dans des entreprises qui produisent des systèmes d’armes nucléaires pour la France (Safran, Thales, Leonardo), que pour des entreprises qui développent les arsenaux des États-Unis et du Royaume-Uni. Et inversement des banques étrangères (Black Rock, USA avec 2,5 Mds $ chez Safran, Vanguard, USA avec 426 M $ chez Thales) investissent dans des entreprises essentielles à la production des systèmes d’armes nucléaires français.

Beaucoup plus étonnant, il est indiqué pour la première fois que des banques chinoises réalisent des actions économiques auprès d’entreprises stratégiques pour la dissuasion française. Il s’agit de Industrial and Commercial Bank of China qui a accordé un prêt de 424 M $ à Airbus ; cette compagnie possède 37,5 % du capital de MBDA, maître d’œuvre du missile de croisière nucléaire ASMP-A. Et la Bank of China a également fait un prêt de 226 millions $ auprès de Leonardo, qui détient aussi une participation de 25 % auprès de MBDA.

La Banque postale et la Caisse des Dépôts et Consignations, deux banques publiques, ont investi au total 286 millions $ auprès d’Airbus. Pour le moment, aucune banque française ne respecte le TIAN, le Crédit mutuel Océan, ayant en 2023, sous pression d’autorité politique, annulé sa reconnaissance de ce traité.

« Ces banques ne respectent pas le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui interdit les opérations de finnancement des entreprises apportant une contribution substantielle à la production des systèmes d’armes nucléaires. Elles se rendent ainsi coupables de ne pas respecter le droit international et de violer leur engagement pris en matière de responsabilité sociétale des entreprises », dénonce l’Ican.

Pourquoi ce réarmements mondial apocalyptique

Il ne se passe plus un jour sans que le monde occidental gonfle le torse en déployant sa panoplie d' engins mortifères, pas un jour où de son coté la Russie poutinienne et ses comparses de Corée du nord en rajoutent, tout cela alors qu'il y a depuis longtemps de quoi faire sauter la planète.

Les raisons classiques à cet engouement pour la militarisation sont les rivalités impérialistes, pour la conquête de territoire, pour le repartage du monde et l' appropriation de matières premières décisives pour savoir qui sera au final le maître du monde. Voila schématiquement ce que ceux qui se réclament du marxisme répondent. Ce n'est pas faux pour l' essentiel , mais nettement insuffisant pour expliquer sur le fonds le réarmement disons plutôt le sur-réarmement mondial.

Certains, ils se reconnaîtrons pensent que le capitalisme est entré en décadence et qu'il est devenu obsolète, qu'il soit dans une phase nouvelle nous sommes d' accord mais pas sous le même angle.

Nous savons que le capitalisme est avant tout une masse mouvante en concurrence permanente, le fameux marche ou crève, qui se traduit par avoir la masse critique c' est à dire la masse financière suffisante pour couler ses concurrents.

Le capitalisme nous le voyons depuis des décennies est un organisme chaotique au développement en spirale de l' inférieur au supérieur jusqu' au moment où sa reproduction élargie par l' extraction de la plus-value (absolue et relative) se bloque. La surproduction éclate au grand jour avec son cortège de protectionnisme et de droit de douane...

D’où son recours à la militarisation de l' économie afin de sauver pour un temps certains secteurs clefs de l' économie par la manne du crédit. Cependant il va nous falloir s'interroger sur les possibilités que le capitalisme mondial à aujourd'hui pour espérer survivre aux crises qui le mine.

Les limites de la militarisation des économies nationales

Simplement en regardant la télévision il est facile de se rendre compte des enjeux de chaque état national et de chaque bloc, Trump à ce niveau est un livre ouvert, il dit tout haut que l' UE doit financer la guerre en Ukraine et que les États-Unis vendront des armes pour l' Ukraine en échange de terres rares... L'UE se réarme principalement à crédit, alors qu'elle est endetté. La France à la prétention de diriger l' Europe de la « défense » grâce à sa force de frappe, et les européens avec le Réarm Europe ne se lancent dans l' aventure qu' avec l' espoir de rester sur le grand podium des ventes d' armes.

A ce niveau,il n'y a pas meilleur argument de vente pour l' armement que de faire ses preuves au combat. L'Ukraine n'est qu' un centre d'expérimentation ou se concurrence les marchands d' armes de toute nationalité. Pour ces marchands de mort, il s' agit de faire directement, sur le terrain la promotions de leurs avions , missiles, drones....pour la vente. A ce sujet l' affrontement entre l' Inde et le Pakistan aura révélé, que l'inde vient de perdre au combat un ou plusieurs Rafale.

« Selon Reuters, des sources américaines ont confirmé qu’au moins un Rafale a été abattu par un missile PL-15. Cette nouvelle est restée officieuse côté indien – New Delhi n’a jamais admis publiquement la perte -, mais elle a été officialisée par Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, et le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace. » 7

D'où cet aveu :

« Le Rafale, jusqu’alors présenté comme l’un des chasseurs les plus fiables et invulnérables sur le marché, a vu sa réputation bousculée lors de l’opération Sindoor du 7 mai. Juste après minuit, les écrans de la salle des opérations pakistanaise sont passés au rouge : des dizaines de Rafale indiens franchissaient la frontière. Après plusieurs nuits à veiller sur un matelas installé à quelques mètres des écrans, le chef d’état-major de l’air pakistanais Zaheer Ahmad Babar a immédiatement sommé ses J-10CE chinois de neutraliser en priorité les Rafale indiens. « Il voulait [détruire] des Rafales ! », rapporte un officier présent. » https://opexnews.fr/rafale-embuscade-operation-sindoor-pakistan/

Ceci étant il ne semble pas que la vente des Rafale soit affectés , les carnets de commande de Rafale sont plein. Et le 17 novembre 2025 un accord de livraison de 100 Rafale a été signé en grande pompe entre Macron et Zelenski, comme il y a urgence le gouvernement pense pouvoir détourner certaines commandes pour livrer l' Ukraine. Mais ne nous laissons pas abuser par les déclarations des fauteurs de guerre tous complices de la militarisation. Par exemple Greempeace à publié un dossier dénonçant la duplicité française, et de l' UE sous le sous titre « Gaz, engrais, nucléaire : comment l’UE alimente la machine de guerre russe » un extrait du rapport : 

« Depuis des décennies, l'industrie nucléaire française travaille en étroite collaboration avec Rosatom. Cette entreprise d’État russe collabore avec l’industrie française à tous les niveaux de la chaîne de production, de l’exploitation d’uranium à la construction des centrales en passant par le traitement des déchets nucléaires. Rosatom exploite les technologies nucléaires, autant civiles que militaires, elle contrôle le « bouton nucléaire » du Kremlin et tient la plume en matière de réglementation sectorielle. Cette entreprise, fondée par Vladimir Poutine, joue un rôle stratégique pour son régime. Plus qu’une entreprise, elle est pour le Kremlin un outil géopolitique, économique et militaire. Chaque réacteur russe construit hors de Russie crée une dépendance énergétique, technologique, financière et géopolitique entre le pays acheteur et le régime russe. Véritable bras armé de l’État russe, Rosatom a joué un rôle dans le premier détournement historique d’une centrale nucléaire civile à des fins militaires lors de la prise de contrôle en 2022 de la centrale de Zaporijia en Ukraine, occupée depuis par l’armée russe. Rosatom est ainsi devenue une entreprise criminelle, complice de crimes et d’exactions commis au sein de la centrale, sur le personnel ukrainien, et participe à la menace nucléaire envers le peuple ukrainien et européen. L’UE et la France alimentent leur propre dépendance

Pourtant, ni la France ni l’UE n’ont mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom. La dépendance de la France au nucléaire russe est telle que depuis trois ans, Emmanuel Macron multiplie les déclarations de soutien à l’Ukraine, tout en maintenant discrètement les liens économiques avec l’une des plus grandes entreprises de Vladimir Poutine. « 

Preuve est faite,que la guerre n' est qu'un échappatoire aux contradictions qui rongent le capitalisme mondial, tous amis ennemis mais tous d' accord pour le « bouillon rouge » salvateur.

L 'Allemagne militarise son industrie automobile

Selon la Commission européenne, le plan «Réarmer Europe» ne se bornera pas à stimuler la croissance. En complément, il va dynamiser l’innovation technologique et donc la productivité: «Une forte hausse de l’investissement de défense provoquera des retombées (spillovers ou spin-offs) positives dans toute l’économie, contribuant ainsi à sa compétitivité, la création d’emplois et l’innovation dans de nombreux secteurs» (European Commission, 2025:21).

La surproduction de tout le secteur de l' industrie automobile éclate maintenant au grand jour en Allemagne et en Europe. Les firmes allemandes comme Volkswagen, Mercedes, Bosch,ZF,Porsche, Ford, Audi,etc. Choisissent de dévaloriser/supprimer des milliers de travailleurs pour empêcher la dévalorisation du capital , licenciements,chômage, chômage partiel, baisse des salaires sont les attributs utilisés systématiquement. La guerre commerciale et tarifaire a été déclenchée par D Trump avec son chantage aux droits de douane de 25% sur les véhicules et pièces détachées provenant de l' UE,ramenés à 15% suite à un véritable maquignonnage avec Ursula von der Leyen.

Récemment, le quotidien économique Handelsblatt titrait: «La crise des semi-conducteurs pourrait plonger l’Allemagne dans une troisième année de récession.»

La crise qui émerge est révélatrice de l' obsolescence du capitalisme mondial, qui mène dans un premier temps au réarmement mondial et plus spécifiquement à celui de l' Europe. Les dirigeants de ces pays nous vantent , les bienfaits de cette militarisation sécuritaire, comme créatrice d' emploi , l' exemple en France de l' entreprise Les Fonderies de Bretagne transformée en fabrique d' obus.

De même en Allemagne ou l'industrie automobile se reconvertie dans la production d' engins de guerre. Le groupe allemand Rheinmetall spécialisé dans l'armement et l'équipement automobile, va reconvertir deux de ses usines automobiles les usines de Berlin et de Neuss, pour y produire des équipements militaires. A cet effet, le ministre des Finances, Klingbeil (SPD), fait adopter un budget d'austérité qui sabre dans tous les secteurs sociaux et triple les dépenses militaires.

En juin 2024, Rheinmetall avait signé un accord avec l’équipementier automobile en difficulté Continental, pour reprendre et former une centaine de salariés d’une usine qui fermera en 2027. La société allemande n’est pas la seule à réorienter ses usines vers la défense. KNDS, autre industriel allemand de la défense, a annoncé début février 2025 reprendre l’usine de Görlitz d’Alstom, pour y produire des chars à la place de trains.

Rheinmetall a aussi signé un contrat cadre d’un montant de 8,5 milliards d’euros pour livrer des obus de 155 mm à la Bundeswehr et ses pays alliés, les Pays-Bas, l’Estonie et le Danemark. Les premières livraisons ont démarrer en 2025.

La liquidation préventive des classes dangereuses surnuméraires.

La machinerie ayant supplanté dans un premier temps la force physique humaine et dans un deuxième temps celle du cerveau humain au point que le capitalisme n' est plus qu'une fabrique de surnuméraires à l' échelle mondiale, d' où sa tendance à vouloir liquider, consciemment où pas, cette masse de classes dangereuses8 et à en réduire l' assistanat 9 .

Cette liquidation des classes dangereuses se présente sous divers aspects, elle peut être volontaire comme celle de Trump, le racialiste théocrate, et son comparse Netanyahou, plus sournoise, on s' arrange pour que des population en surnombre s' affrontent et s'autodétruise.( ex le Soudan), suivi de famine. La conséquence directe ou indirecte de rivalités qui comme au proche-Orient qui tournent autour de la rente pétrolière, mais aussi de conflits religieux. Les massacres, guerres, et génocides qui affectent le Proche Orient sont inspirés de la Théorie du Chaos de Leo Strauss (1899-1973) elle se résume à expliquer que :

«C’est par la destruction de toute résistance plutôt qu’en construisant que le pouvoir s’exerce», ou «c’est en plongeant les masses (les pays vulnérables) dans le chaos que les élites (les pays dominants) peuvent aspirer à la stabilité de leur position».

Si comme nous le pensons le capitalisme est entré dans sa phase destructrice des êtres humains et de la nature, que sa fonction est d' organiser la dévalorisation permanente des forces de travail afin de contrecarrer la dévalorisation du capital . Il doit dorénavant s' attaquer systématiquement aux acquis sociaux qu'il a commencé à liquider depuis quelques années. Cependant le sur-endettement des européens vient se heurter à la « nécessité » du réarmement de l' UE et de la grande Bretagne.

A ce niveau, nous l' avons déjà mis en exergue , trois pays mènent la danse, la France et la Grande Bretagne (puissances nucléaires) et l' Allemagne puissance montante.

Ces trois puissances jouent leur va tout historique sur la scène mondiale et ils en ont conscience et par conséquence ils passent déjà au stade supérieur de la liquidation de « l' état providence ».

Le Chancelier Merz déclarait en août 2025 :

«Nous ne pouvons plus nous permettre l’État social.»

Son gouvernement procède comme en France par étapes , afin de tromper le peuple. Comme en France des commissions sont chargées d’élaborer des propositions pour le démantèlement des retraites et des cotisations santé, et de décidé comme première mesure d’abolir le Bürgergeld (revenu citoyen) pour le remplacer par une allocation de base.

Récemment c' est le FMI qui dans un rapport du 4 novembre 2025 sur la situation économique de l' Europe. Déclare par l'intermédiaire de Alfred Kammer, directeur européen du FMI à Bruxelles Comment l'Europe peut-elle payer pour des choses qu'elle ne peut pas se permettre ?

En résumé le rapport fait le constat : que l' État social de l' après seconde guerre mondiale , n'est plus compatible avec le réarmement, la guerre commerciale, le protectionnisme. Il en résulte qu'il faut sacrifier les retraites, la santé et de nombreux autres services publics qui ne peuvent plus être financés autrement que par le privé. Des mesures d’austérité rigoureuses et une nouvelle déréglementation de l’économie sont inévitables.

Vers une auto paupérisation à base d'idéologie écologique

A partir du moment où les ténors du capitalisme triomphant pensent que 80 % de la population mondiale n'est plus nécessaire pour faire fonctionner la machine bourgeoise, il va leur falloir gérer le manque de plus-value qui va s'en suivre pour sauver la planète profits. Comme nous venons de le voir il y a ceux qui s'engagent directement dans l' extermination des populations surnuméraires et ceux « les gestionnistes » qui pensent pouvoir gérer cette population. C'est le cas du Forum Économique Mondial FEM qui par l'intermédiaire de son leader M.Schwab prévoit diverses mesures développées dans le « Grand Reset ».Il s' agit principalement d'une auto-paupérisation à base d'idéologie écologique. 

L'argument du réchauffement climatique (bien réel) est devenu la grande entreprise culpabilisante visant la sur-consommation responsable de la propagation du CO 2. L'appareil de propagande va tout faire pour préparer l'avenir de la grande paupérisation. Pour y parvenir le FEM veut développer une politique de « décroissance » et prôner l'abstinence.

Les potentats du FEM organisent une nouvelle croisade contre « la tyrannie de la croissance » et pour le remboursement de leurs dettes, en lorgnant sur l' épargne « des classes moyennes » les seuls qu'ils peuvent encore plumer. La taxocratie est en marche, elle devrait lisser les inégalités   une paupérisation élargie doublée d'un mode de vie monacal. Une grande entreprise idéologique maquillant la débâcle de l' économie mondiale et voulant une pause du développement économique limité à une reproduction simple. 7

Pour le Forum de M. Schwab,la fermeture des frontières est l’une des plus grandes barrières à l’égalité mondiale. Schwab semble ici s'opposer au protectionnisme sans considérer que le retour au protectionnisme national n'est que la conséquence et l'échec de la mondialisation du Capital, son incapacité à poursuivre l'extraction de la plus-value tant absolue que relative. L'accumulation de la dette mondiale s'est substituée à l' accumulation de plus-value 10



GERARD BAD LE 21- 11- 2025

NOTES

1Pour des armes illégales selon le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

2 Vincent Lamigeon, Challenges, 10 mai.

3Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie et mort le 2 juillet 2016 à Paris, est un homme d'État français. Il est Premier ministre du 10 mai 1988 au 15 mai 1991.

4 Général d’armée aérienne (2S) Bernard NORLAIN Ancien chef du cabinet militaire de Michel Rocard Président d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN)

5-Faisons le calcul : 13 % de 413 milliards d’euros égal 53,69 Mds€, soit une moyenne annuelle de 7,67 Mds€ pour l’arme nucléaire ; alors que cette somme était de 5,02 Mds€ dans la précédente LPM. Tout en sachant qu’il s’agit d’une partie seulement des coûts consacrés à cette arme de terreur. (sources sortir du nucléaire)

6-En France, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 axée sur la modernisation et le renouvellement l' arsenal nucléaire va y consacrer en moyenne annuelle 7,67 milliards, un chiffre à comparer aux deux précédentes LPM qui étaient alors de 5,02 milliards (2019-2023) et de 4,66 milliards (2014-2018) en moyenne. la France consacre près de 11 % voir 15% de son budget militaire à ses forces et infrastructures nucléaires. Une dépense dont les coûts sont loin d’être transparents puisque le budget « dissuasion » ne prend pas, en compte ceux liés au Rafale des Forces aériennes stratégiques.

7 -Le prix de l’action Dassault a beaucoup baissé après l’annonce en mai 2025 que l’avion de combat chinois (C-J10) utilisé pour la première fois par la chasse pakistanaise avait abattu un ou plusieurs Rafale de l’Armée de l’air indienne. Le cours de l’entreprise chinoise s’est donc envolé (+40% en deux jours). Motif avancé par un expert: « Il n’y a pas de meilleure publicité [pour une entreprise de défense] qu’un combat en situation réelle (1). »1. M. Srivastava, C. Clover, « China’s J-10 “Dragon” shows teeth in India-Pakistan combat debut», Financial Times, May 9, 2025.

8- L'assistanat, doit être remis en cause, (comme le suggérait à son époque Malthus) car il serait le principal frein à l'emploi. Ce qui veut dire que les gouvernements entendent bien laisser les surnuméraires dans le dénouement total, le revenu universel (socle citoyen) n' étant que de la poudre aux yeux, une compilation du Revenu de solidarité active (RSA) et la Prime d’activité (PA) et de l' impôt sur le revenu. La montée des classes dangereuses, n' est que la conséquence d'une paupérisation montante qui va inévitablement déstabiliser la vie sociale comme cela se produit actuellement. A cela s' ajoute depuis quelques années une nouvelle poussée migratoire aux frontières de l' UE. Là encore des surnuméraires victimes des guerres, catastrophes naturelles et sous emploi cherchent refuge dans la forteresse Europe. Trump est l' exemple même de cette chasse aux classes dangereuses.

9-Dés 1995 les puissants de ce monde se réunissaient à l'hôtel Fairmont à San Francisco et signaleront « que 80 % de la population mondiale n'est plus nécessaire pour faire fonctionner la machine bourgeoise, il va leur falloir gérer le manque de plus-value qui va s'en suivre pour sauver la planète profits. ».Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? "Il est sûr, dit l'auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables."


Anton Pannekoek, La destruction de la Nature, 1909.

  Publié le 8 Juillet 2019 par Anton Pannekoek Source de la traduction: Pantopolis   , par Ph.B. , 8 juillet 2019, Anton Pannekoek   La ...