mercredi 25 septembre 2024

G.Bad-A propos de la grève des livreurs Uber

G.Bad-A propos de la grève des livreurs Uber 2023

 

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 Un événement passez, presque sans publicité médiatique, fut pourtant d'une importance historique. En 1995 se réunissaient à San Francisco du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’État, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc. Elle avait pour thème “l’avenir du travail”.

 Cette réunion dans l' hôtel Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique. Elle fait intervenir Mikhaïl Gorbatchev, George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, ainsi que des dizaines d’autres personnalités de tous les continents.

Elle va se conclure par une conclusion mortelle pour l' avenir du capitalisme. Tous vont reconnaître que 20% de la population mondiale suffira à faire fonctionner l' économie mondiale, les 80 % restant seront des surnuméraires, dès personnes qui ne pourront jamais trouver du travail et qu'il faudra « occuper » pour qu'ils ne se révoltent pas. L 'aveu est de taille puisqu'il dit indirectement que les capitalistes vont devoir nourrir ces 80% au lieu de ce faire nourrir par eux.

Depuis cette annonce les attaques contre le monde du travail n'ont eu de cesse, attestant que le capitalisme est en grande difficulté au point de devoir s' attaquer systématiquement à ce qu'il avait concédé durant la période dite des « trente glorieuses ». La concurrence internationale est telle que le recours aux nouvelles technologies se présentent comme la dernière solution pour la captation du travail gratuit devenu une denrée rare.

La montée des surnuméraires dans le monde frappe à la porte des pays riches qui eux même se trouvent en difficultés, ne pouvant plus satisfaire à un niveau d' emploi permettant de reconstituer sa force de travail.

Ce n' est pas la première fois que nous écrivons sur ses tacherons des temps modernes, chez Uber ils sont 65 000 à se faire exploiter et sur exploiter par le système des plateformes. Ce sont les nouvelles technologies qui aujourd'hui détruisent le système du salariat remplacé avantageusement par le statut d' auto-entrepreneur. Par tous les pores de la société numérisée la recherche du travail gratuit s'impose sous diverses formes plus ou moins insidieuses, cela va de l'ubérisation, a l'économie collaborative ,du travail dissimulé du consommateur et le bénévolat écologiste.

 

«  Un porte-parole d’Alphabet, maison mère de Google, peut ainsi déclarer : « Au bout du compte, les travailleurs temporaires, vendeurs et contractuels, constituent une partie importante de la main-d’œuvre, mais ce ne sont pas des employés de Google ». Cette année dans cette entreprise, les contractuels ont dépassé en nombre les employés réguliers pour la première fois en 20 ans d’existence. Selon un rapport publié en 2017 par « Upwork » 1(une plateforme de freelance) quelque 57,3 millions d’Américains, soit 36% de la population active, seraient désormais des indépendants. (Le patronat va-t-il abolir le salariat ? Un retour au 19ème siècle…)

 

Depuis des décennies, le travail indépendant2 fait un retour en force dans les entreprises présentées comme étant à la pointe de la technologie. Google, Facebook, Amazon, Uber et autres grandes enseignes technologiques de la Silicon Valley emploient maintenant des milliers de contractuels pour s’acquitter de nombreuses tâches. C'est dans ce contexte que les prochaines grèves et explosions sociales vont se dérouler. La nouvelle économie comme ils disent, est celle de donneurs d' ordre à responsabilité plus que limitée et vivant de la rente.

 

La grève des livreurs d'Uber

 

L ’appel à la grève a été lancé par Union-Indépendants, la fédération CGT Transports et SUD Commerces. Paris, Bordeaux, Nice, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Marseille : des mobilisations ont eu lieu dans 52 villes samedi, selon l’Union-Indépendants, « un chiffre inédit ».

Le NPA de Philippe Poutou est mis en avant dans la ville de Bordeaux ou quelques militants se sont réunis sur la place de la victoire pour soutenir les grévistes. A Paris c'est David Belliard qui exige que les plateformes soient condamnées sur la base d'une requalification des contrats en salariat. Des procédures sont engagées sur cette base et nous verrons si elles aboutissent et dans quelles conditions. Il ne faut pas oublier que la « loi travail » ou El Khomri avait comme objectif de développer le système de l' auto-entrepreneur de soi , voir  :

DE LA LOI EL KHOMRI AU RAPPORT BADINTER VIA LES ORDONNANCES MACRON ET LA LOI SUR LE TÉLÉTRAVAIL

A ce sujet il est nécessaire de scinder le système de l' entrepreneuriat en deux parties, il y a les entrepreneurs classiques Artisans, Commerçants, agriculteurs qui font partie du patronat et ne dépendent pas de donneurs d' ordre. Et les auto-entrepreneurs soumis à tout moment aux désirs des plateformes c' est à dire à un précariat permanent, comme en témoigne un coursier.

« Ce n’est pas un travail rentable. Tu vas sacrifier toute ta journée pour avoir 50 euros », a dénoncé auprès de l’AFP Ousmane Doumbia, coursier Uber Eats de 22 ans. Les « courses de 2 km pour 3 euros, qui en réalité sont plus longues », si « tu les fais en moto, si tu comptes l’essence, l’Urssaf, l’entretien de la moto, à la fin tu n’as rien ».

En effet, depuis le 10 octobre, un nouveau système a été mis en place par Uber Eats dans les agglomérations de Lille, Rouen et Valence, pour « valoriser le temps passé à réaliser la course », a justifié la plateforme qui travaille avec 65.000 livreurs. En effet, il faut se souvenir que Uber et d' autres se retrouvent constamment en procédure pour travail dissimulé. Pour calmer le jeu des accords seront signés entre syndicats et représentants des plateformes sur le montant du revenu minimum3. De ce fait les platesformes ont contournées l' obstacle en comptabilisant le temps de travail au plus juste grâce à un algorithme.

Conséquence : le revenu moyen des quelque 65000 livreurs a baissé de 10 à 30 %.

Un jeune livreur, posté sur le parvis de la Défense, près de Paris, explique avoir vu sa rémunération baisser. Le jeune homme travaille pour Uber Eats depuis 2016, mais ces dernières semaines, il doit pédaler beaucoup plus. Et d’expliquer : « Avant quand je travaillais en journée, je gagnais 150 euros. Là, il y a des jours où faire 100 euros, ce n’est pas évident. Maintenant, ça m’arrive le week-end de travailler la nuit entre minuit et trois heures du matin pour compléter… »

La grève des livreurs vient une fois de plus révéler la duperie du « dialogue social encadré par la loi » , Récemment nous avons vu comment les plateformes de livraison Stuart et Resto ont été relaxées.

G.Bad

Sur le même sujet :

Quand l’Europe adapte ses droits sociaux à la précarisation permanente ( I et II partie)

Taux de profit, revenu universel et surnuméraire

Le Capitalisme n’a comme perspective à offrir que la relance de la précarité.

De l' accompagnement de la misère et de la précarité.

Salariat et précariat ripostent au capital en crise :Chine, inde, Espagne, Australie,France, Argentine...

COMMENT ON GLISSE DU SALARIAT AU CONTRACTANT : L' EXEMPLE DES CORRECTRICES


DE LA LOI EL KHOMRI AU RAPPORT BADINTER VIA LES ORDONNANCES MACRON ET LA LOI SUR LE TÉLÉTRAVAIL

Du statut d' auto-entrepreneur à celui de petit patron négrier

 NOTES

1Upwork et le syndicat Freelancers Union ont publié les résultats de leur enquête annuelle, Freelancing in America: 2017 (FIA), la mesure la plus complète de l’effectif des freelances aux États-Unis. La quatrième étude annuelle estime que 57,3 millions d’Américains travaillent en freelance (36% de la population active américaine). Nombre qui pourrait dépasser les 50% dans 10 ans.

2 Force est de constater que le nombre de travailleurs indépendants a évolué de façon très disparate dans les pays de l’OCDE. Par rapport aux chiffres de 2007, il a augmenté en Allemagne, au Canada, en France et au Royaume-Uni et s’est replié en Corée, en Espagne, aux États-Unis et en Italie.

3 Les livreurs indépendants des plateformes de livraison auront désormais le droit à un revenu minimum de 11,75 euros par heure. Les plateformes de livraison ont signé un accord en France avec les instances représentatives des livreurs deux roues indépendants pour leur garantir un revenu minimal horaire fixé à 11,75 euros..Un accord historique avait déjà été signé avec les instances représentatives des chauffeurs VTC pour instaurer un revenu minimum par course - et non horaire - d'un montant de 7,65 euros.

Une course contre la montre permanente

Le risque d’accident est d’autant plus grand que les plateformes ont progressivement baissé le niveau des rémunérations. Pour les livreurs cyclistes, payés à la tâche, la vitesse est la seule manière de limiter les pertes – sans compter le respect des délais de livraison. Le métier est une course contre la montre permanente.

Un livreur à vélo de nationalité afghane s’est retrouvé coincé sous une voiture mardi 5 décembre 2023, en début de soirée, avenue Dufau, quartier de l’Université à Pau. Il a été hospitalisé en « urgence absolue »

 Le 8 août 2019, un Alsacien de 24 ans est tombé dans le coma après une chute à vélo. Dans son livre-enquête, Matthieu Lépine revient sur le dramatique accident de Mourad Bouhichecha : la société Deliveroo s’était empressée d’annoncer que ses frais médicaux allaient être pris en charge. Mais sept mois plus tard, sa famille restait sans nouvelles de l’entreprise, comme l’a relevé le quotidien régional L’Alsace. Mourad Bouhichecha est décédé quelques mois plus tard.

  En mai 2021, en seulement 48 heures, deux livreurs Uber Eats ont été mortellement renversés, à Paris et dans l’agglomération de Rouen.

Il n’avait que 16 ans. En janvier 2022, à Lille, un livreur équipé d’un sac Deliveroo a perdu la vie, renversé par un camion. Il était pourtant en dessous de l’âge légal pour travailler officiellement pour l’entreprise.

Le risque d’accident est d’autant plus grand que les plateformes ont progressivement baissé le niveau des rémunérations. Pour les livreurs cyclistes, payés à la tâche, la vitesse est la seule manière de limiter les pertes – sans compter le respect des délais de livraison. Le métier est une course contre la montre permanente.

 La raison est simple. La plupart des livreurs à vélo ne sont pas des salariés mais des autoentrepreneurs. Ils bénéficient donc de la couverture sociale des indépendants, moins protectrice que le régime général. À moins d’avoir opté pour une adhésion individuelle volontaire, ils ne sont pas couverts par la caisse « Accidents du travail-Maladie professionnelle » et sont donc invisibles dans les statistiques, nous explique l’Assurance maladie.

VIDEOS

Invisibles  https://www.dailymotion.com/video/x806m6s

Épisode 01 : Roulez jeunesse (Invisibles - Les travailleurs du clic)

  ttps://peertube.datagueule.tv/w/tpDnUrNdifGuvAY37ZC71p

 "Invisibles - Les travailleurs du clic" (Bande annonce)

 https://youtu.be/nD45b4FXjnY

Invisibles - Les Travailleurs du Clic (Episode 04)

https://www.dailymotion.com/video/x809ep5

lundi 23 septembre 2024

G.Bad-LA CYBERNÉTIQUE : SES DÉCLINAISONS SÉCURITAIRES ET TOTALITAIRES.





La sûreté est le plus haut concept social de la société bourgeoise, le concept de la police, c’ est l’idée que la société toute entière n’ existe que pour garantir à chacun de ses membre la conservation de sa personne, de ses droits et de la propriété » Marx La question juive.

Nous devons à Norbert Wiener années 1940 ce concept de cybernétique1. La cybernétique se présente comme un super ordinateur dont les caractéristiques sont le contrôle accru des populations sous l' angle du sécuritaire. Le premier essai d' une mise en place « d'une machine à gouverner » va se faire au Chili sous la république du Président Salvador Allende qui dés les années 1970, pensait pouvoir contrôler l'économie chilienne en temps réel avec le projet CyberSyn. Il confia à Fernando Flores le soin d' organiser ce projet économique pour remettre sur pied l' économie du pays. Pour y parvenir, F.Flores fera appel au cybernéticien anglais Stafford Beer . Ce contrôle se limitait à un réseau de télex qui reliait les entreprises à un ordinateur central situé à Santiago qui était contrôlé suivant les principes de la cybernétique. C 'est le coup d' état du général Pinochet qui finit par mettre fin au projet.

Il me faut souligner que c' est un certain Dominique Dubarle qui dés 1948 commença à sonner le tocsin contre une gouvernance mondiale s'appuyant sur la machine à gouverner.

Voir à ce sujet la lutte contre Enigma d'Alan Turing

. Avec le Grand Reset il ne fait plus de doute que la planète et ses habitants sont sous contrôle chaque jour un peu plus :

« D’une part, la tyrannie informatique s’étend à tous les domaines (école, hôpitaux, maisons de retraite, prisons, transports, etc). D’autre part, il ne s’agit plus seulement de contrôle et de surveillance, mais de contrainte : par le macro-pilotage social grâce aux RFID et à l’Internet des objets que relaie le micro-pilotage des individus. Où l’on voit que le « fascisme » de notre temps ne s’annonce plus par un claquement de bottes mais dans le ronronnement des « machines à gouverner ».(Snowden et la "machine à gouverner"! )2

La presse et les journalistes aux ordres, ne cessent de nous présenter la Chine populaire comme un pays sous contrôle permanent en temps réel de sa population : caméra partout, contrôle au faciès, puçage des individus....Par exemple

« A Chongqing, 2,6 millions de caméras surveillent un peu plus de 15 millions d’habitants. Avec une caméra pour six résidents, la métropole du sud-ouest de la Chine compte plus de caméras de surveillance que n’importe quelle autre ville au monde, “battant même Pékin, Shanghai et le pôle technologique de Shenzhen”, note The Guardian. Sur les dix villes championnes du monde de la vidéosurveillance, huit sont des villes chinoises, selon le classement publié par la société Camparitech. Mais Londres et Atlanta, aux États-Unis, figurent également dans ce top 10, suivis par Singapour, Abou Dhabi et Chicago. »

Seulement il suffit de chercher un peu sur le Net, pour se rendre compte que de nombreuses villes de part le monde sont déjà sous contrôle de « Big Brother »3 à ce niveau pas de frontières. Bien entendu les réactions ne manquent pas, sabotages et cyberattaques se multiplient.

Quelques 300 caméras de surveillance sabotées à Londres

Royaume-Uni : des centaines de caméras sabotées à …

Cet intérêt du capital pour les technologies de l' information et de la communication vise le 'sécuritaire » c'est à dire le contrôle systématique des populations devenues surnuméraires au regard de la gouvernance mondiale. Sur le sujet, dans les années 60-70 Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter de 1977 à 1981. Prévoyait une révolution technétronique accouplée aux banques internationales et les corporations multinationales, et prophétisait une ère technétronique qui « implique l’apparition progressive d’une société plus contrôlée. Une telle société serait dominée par une élite, débarrassée des valeurs traditionnelles. Bientôt, il sera possible d’assurer une surveillance presque continue de chaque citoyen et de maintenir des fichiers complets à jour contenant même les informations les plus personnelles sur le citoyen. Ces fichiers feront l’objet d’une récupération instantanée par les autorités ».

Les prévisions de Zbigniew Brzezinski, seront bientôt une réalité pour tous, les exemples de contrôle des populations ne manquent pas et nous sommes à la veille du totalitarisme réalisé sur la planète.

Les cyberattaques bête noire des états. 

Depuis le début de l’année 2024, l'état français fait le constat que :

«la France essuie une vague de cyberattaques sans précédent. Des entités gouvernementales, comme France Travail ou la Caisse d’Allocations familiales, ou des acteurs privés, tels que LDLC, Zadig et Voltaire ou le Slip Français, ont été visés par des pirates. La liste des victimes ne cesse de s’allonger… tout comme la quantité de données personnelles divulguées en ligne.

D’après une étude récente de Surfshark, plus de 12,8 millions de comptes appartenant à des Français ont été d’ailleurs compromis depuis le début de l’année 2024. La situation s’est accélérée au second trimestre, avec sept millions de comptes violés, une hausse de 21 % par rapport aux trois premiers mois de l’année. En puisant sur des plateformes criminelles, les pirates peuvent donc dénicher une montagne de précieuses données pour fomenter des cyberattaques contre les Français. C’est le terrain idéal pour que le nombre de cyberattaques grimpe en flèche… »

L’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA, identifie 9 menaces principales :

  • les logiciels rançonneurs, ou “ransomware”, consistent à attaquer un système informatique et à demander une rançon pour en rétablir le bon fonctionnement,

  • les logiciels malveillants, afin d’endommager ou d’accéder à un appareil sans autorisation,

  • le minage clandestin, qui infiltre un ordinateur ou un téléphone afin de produire de la cryptomonnaie à l’insu du propriétaire de l’appareil,

  • les attaques par e-mail, avec les spams ou l’hameçonnage,

  • les menaces sur les données, surtout concernant le vol et la divulgation d’informations personnelles,

  • les attaques par déni de service, qui empêchent les internautes d’accéder à un réseau ou à un système, en bombardant par exemple un serveur web de sollicitations,

  • la désinformation,

  • les attaques sur la chaîne d’approvisionnement, c’est-à-dire ciblées sur un fournisseur de logiciels pour infester d’autres entités,

  • les incidents qui ne proviennent pas d’intentions malveillantes, liés à l’erreur humaine ou à de mauvaises configurations informatiques.

« Si tout internaute peut être la cible de ces menaces, les entreprises sont aussi concernées par des actes de malveillance, et pas seulement les plus grandes d’entre elles. Selon un Eurobaromètre, 28 % des PME européennes ont connu une cyberattaque en 2021. Un chiffre qui grimpe jusqu’à 41 % en Grèce et 48 % au Portugal. Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement touchées par les virus informatiques et les logiciels espions ou malveillants. “Moins armées que les grandes entreprises face à cette menace, elles constituent des cibles privilégiées pour les acteurs malveillants”, explique la CNIL dans un rapport.

De nombreuses administrations sont également la cible de cyberattaques. La mairie de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, a par exemple subi récemment une paralysie de ses systèmes informatiques, avec une demande de rançon de la part de ces malfaiteurs des temps modernes. « 

Il existe même un logiciel malveillant du nom de rançongiciel ou ransonware, qui bloque l' accès à l'ordinateur ou ses fichiers et réclame à ses victimes une rançon pour libérer l’accès. 4

A ce niveau nous avons démontré que les GAFAM étaient des rançonneurs à l' échelle mondiale

« Il y a un rapport fort intéressant4 qui parle de la tertiairisation de l'industrie, du fait justement que ces nouveaux donneurs d' ordre des services prennent le contrôle de la gestion des secteurs productifs et se comportent comme le capital usuraire en captant de la rente énorme pour un capital constant dérisoire, tout en s' appuyant sur ce qui s' appelle l' économie collaborative.

« Si les Gafa peuvent fournir du service universel, elles prélèvent des rentes massives et sans impôts. C’est un vrai problème pour l’ensemble des États où elles développent leurs activités. » (Les nouveaux rapports industrie/services à l’ère du numérique P,26)

Nous verrons plus loin comment Thierry Breton cherche à résoudre ce problème.

Le nouveau marché de l’analyse prédictive

Les réactions des gouvernements ne vont pas se faire attendre : L' analyse prédictive est devenue l' espoir sécuritaire des états et gouvernements et une source financière pour les leaders de ce nouveau marché.

« Ainsi, la start-up israélienne CyActive, créée en 2013, s’est positionnée sur ce domaine avec une technologie censée prédire les futures attaques de malwares grâce à des algorithmes permettant d'analyser et de comprendre les processus de développement de ces logiciels malveillants. L’entreprise israélienne Salespredict4 s’est par exemple donnée pour objectif d’augmenter les ventes de ses clients en s’appuyant sur le big-data et l’analyse prédictive afin d’aider les entreprises à améliorer leur taux de conversion. Sa co-fondatrice, Kira Radinsky, explique que ses prédictions se vérifient avec une probabilité située entre 70 % et 90 %5. «  ( (observatoire du monde cybernétique lettre N °47) Observatoire du Monde Cybernétique - Ministère des Armées

Mais encore :

« En 2014, les 5 malwares les plus réutilisés ont ainsi été : Snake, Black POS, Gyges, Dragonfly et Zberp. A noter que CyActive a été rachetée en mars 2015 par la société Paypal pour 60 millions de dollars D’autres technologies d’analyses prédictives apparaissent enfin en matière de  gestion et d’analyse des événements sécurité (SIEM). Le big-data et les algorithmes sophistiqués ont permis d’approcher de prédictions de plus en plus correctes et d’identifier les menaces émergentes en analysant des « patterns » d’attaques lors d’analyse en temps réel des journaux d’événements et du réseau par exemple. «  De nombreuses sociétés émergent sur ce sujet comme SAS (SAS® Cybersecurity8), Rapid7 ou bien encore IBM »Observatoire du Monde Cybernétique - Ministère des Armées

La lutte entre les blocs pour le contrôle de la machine à gouverner

Nous avons assister en 2019 à une première confrontation entre Google et l’entreprise chinoise Huawei, et plus généralement, entre les États-Unis et la Chine, qui semblent être officiellement entrés dans une guerre commerciale de grande ampleur. Google, est le fournisseur du système d'exploitation mobile Android, à ce niveau il a pratiquement le monopole sur la plupart des téléphones mobiles. A l'époque (2019) sous la présidence de Trump Huawei deuxième fabricant mondial de smartphones, sera mis sur une liste noire pour espionnage.

a annoncé lundi 20 mai 2019 qu'il se conformerait à un décret signé par le président américain Donald Trump

La gigantesque société américaine Google a fait une annonce choc dimanche 19 mai 2019, en expliquant qu'elle ne fournirait plus de logiciels, de matériel informatique et de services techniques à la société chinoise Huawei Technologies. Un porte-parole de Google a annoncé dans la foulée, sans entrer dans les détails, que l'entreprise "se conformait à l'ordre et examinait les conséquences". Cette annonce surprise fait suite à la décision, mercredi 15 mai 2019, du président américain Donald Trump, d'interdire aux groupes américains de télécoms de commercer avec certaines sociétés étrangères. En plein bras de fer commercial avec la Chine, Huawei Technologies ainsi que certaines de ses filiales ont été jugées "à risque" pour la sécurité nationale et placées sur une liste noire. En effet, deuxième fabricant mondial de smartphones, Huawei est présent dans 170 pays et soupçonné d'espionnage au profit de Pékin, qui aurait largement contribué à son irrésistible expansion internationale. 

Cet événement est à rapprocher de ce qui se passe actuellement dans UE avec ce que nous pouvons appeler l' affaire Thierry Breton.

L' affaire Thierry Breton

Nous venons d'apprendre le 16 septembre 2024, la démission de Thierry Breton5 de la commission européenne suite à un conflit avec Ursula Von der Leyen.

En effet Thierry Breton est parfaitement conscient du rôle dominant des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) 6 dans le monde et comptait bien faire surgir au niveau européen non seulement un concurrent au Gafam mais aussi une réglementation du numérique.

«Thierry  Breton, connu pour ses positions fermes contre les GAFAM, semble avoir été jugé trop tranché. Son départ soulève également des questions sur l’équilibre des portefeuilles au sein de la Commission. Celle-ci qui, à contresens des exigences de Von Der Leyen, ne sera pas paritaire. D’autant plus qu’Emanuel Macron a suggéré  son ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné » Radio France

Cependant :

« Une série de mesures est ainsi en gestation, avec l'ambition de repenser la réglementation. Un accord sur le Digital Markets Act (DMA)7, qui cherche à encadrer le marché du numérique et à limiter les monopoles en imposant des obligations telles que l'interopérabilité des messageries instantanées, vient d'être conclu à Bruxelles. Il s'accompagne du Digital Services Act (DSA), qui encadre les contenus sur Internet, notamment par la lutte contre la fraude et les contenus illégaux en ligne, tandis que le Data Governance Act (DGA) s'attaque à la gouvernance des données.

Lire aussi  Digital Markets Act (2/2) : les empires des géants du Net enfin sous pression ?

Contrôler l'espace informationnel en légiférant sur les services numériques

Dans un interview à radio France Thierry Breton explique tout l' enjeu pour le capital européen de ne pas dépendre des mastodontes américains et chinois.

"J'ai personnellement réunie l'ensemble du corps judiciaire européen pour commencer à leur expliquer, à les sensibiliser, à les former à tout cela. C'est tout à fait inédit : nous sommes la première démocratie au monde à posséder des règles dans cet espace-là."

L'Union européenne a également "accès aux données", poursuit Thierry Breton.

"Nous sommes là encore les premiers à avoir imposé l'obligation d'ouverture de leurs données à l'ensemble des centres de recherche. C'est quelque chose qui existe en Europe et non aux Etats-Unis. Je vais vous citer une anecdote : tous les trimestres ont lieu des réunions avec les Américains appelées ça TTC (Trade and Tech Council). Pendant deux jours, nous nous réunissons avec le secrétaire d'état Anthony Blinken et trois ministres américains pour parler de différents sujets. Évidemment, le règlement du numérique est très important. Lors de la dernière réunion, à Bruxelles, nous avons fait venir des chercheurs américains, parce que c'est en Europe qu'ils avaient accès aux données et non aux Etats-Unis."Radio France

Pour parvenir à s'imposer face aux américains sur des domaines dits sensibles comme la constitution d'une armée européenne et une autonomie numérique , la partie est mal engagée pour l' Union Européenne. En effet la principale multinationale Atos est en grande difficultés, voir en quasi faillite.

Rachat des activités sensibles d'Atos par l’État 

La France a récemment proposé une offre de 700 millions d'euros afin de racheter les activités du géant de l'informatique Atos8 et éviter qu'elles ne tombent entre les mains d'acteurs étrangers.

"Il me semble qu'il est très important d'avoir en Europe des acteurs européens, de taille européenne et donc de taille mondiale, qui puissent gérer, contrôler, traiter l'ensemble des données des entreprises européennes, souligne Thierry Breton. J'ai constaté que ceux qui maîtrisaient, traitaient ces données, s'octroyaient bien souvent des avantages extraterritoriaux. Je pense en particulier aux Etats-Unis, et à la loi qui a suivi le Patriot Act, permettant aux juges américains, sur simple injonction, d'accéder à des données sans que les utilisateurs ne le sachent." L'objectif d'Atos est donc de "gérer les données de nos entreprises et de nos concitoyens selon nos règles."

"Bien sûr, admet l'ancien PDG de l'entreprise (2008-2019), la gestion des données est peut-être moins excitante que la conception de grands applicatifs nouveaux, mais c'est fondamental" : un travail de "soutiers". Si l'Etat a fait le choix d'acquérir Atos, c'est "pour pouvoir traiter les données des entreprises européennes de bout en bout. [...] Lorsque je l'ai quitté, Atos était le numéro un des supercalculateurs et de la cybersécurité en Europe". En effet, "traiter les données des entreprises européennes c'est aussi les protéger. Atos est devenu donc le premier acteur européen, et troisième acteur mondial en matière de gestion de services de cybersécurité. Premier aussi sur les les serveurs, qui permettent de faire fonctionner les plateformes." Ainsi, le choix du conseil d'administration d'Atos d'entretenir des négociations avec David Layani plutôt que Daniel Kretinsky semble mieux respecter, selon Thierry Breton, "l'intégrité du groupe, importante pour l'Europe."Radio France

Voila résumé l' enjeu final pour le capitalisme européen, et de la gouvernance mondiale

En résumé

Nous avons démontré qu'avec la cybernétique, nous n' étions qu' à la préhistoire de l' informatisation du monde capitaliste. Nous avons pu nous rendre compte comment l'informatisation de la société s'est faite sur une longue période, pour aboutir à un saut qualitatif dit quatriéme révolution industrielle. Cette révolution a comme caractéristique de remettre en cause la structuration même du capitalisme industriel et financier en le médiatisant, d'imposer un hyper contrôle des populations pour les « sécuriser » en réalite les rendre complètement dépendant de la numérisation mondiale,la technétronique de Bresynsky réalisée et ses aliénations.

De remettre cause le salariat lui même et tout le l' état providence,

Nous voyons que la «  silicolonisation de la planète est en marche » comme une force de destruction/créatrice, qui sous des aspects « humanitaires » se présente au niveau politique comme une superstructure étatique mondiale, un trou noir absorbant et réifiant des pans entiers de l' économie mondiale. Avec les affaires Huawei et Thierry Breton nous avons fait ressortir le niveau des contradictions Chine/USA et Europe/USA pour le contrôle et la régulation du Jack pot mondial.

Sur le plan de la militarisation du monde, les nouvelles technologies sont elles aussi décisives, nous amenant aux portes d'une conflagration mondiale titanesque.

G.Bad le 2024

https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/la-politique-numerique-de-l-union-europeenne/

1 La première traduction française de l’ouvrage classique de Norbert Wiener, Cybernetics, paru en 1948, présente les principaux concepts et méthodes scientifiques apparus pendant et après la Seconde Guerre mondiale, liant les domaines alors naissants de l’automatique, de l’électronique et de l’informatique à des problématiques propres au fonctionnement des êtres vivants. Wiener entrevoit une unité dans l’ensemble de ces recherches, qu’il propose de rassembler sous le nom de « cybernétique ».

3Voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Big_Brother

4-Le Département américain du Trésor estime qu'en 2005 les diverses formes du cybercrime ont généré plus de 100 milliards de dollars de "chiffre d'affaires", soit davantage que la vente de drogues.

5-Thierry Breton homme est avant tout un redresseur d' entreprises en difficultés et un agent du déploiement du numérique mad ind europe. Il a été fortement impliqué dans les 270 000 licenciements de France Telecom et les suicides qui en découlerons.

6Voir sur le sujet  Les GAFA et la loi de la valeur

7 le "Digital Services Act" et le "Digital Markets Acts", un "package" de deux grands règlements visant à moderniser la régulation d'Internet. Le deuxième texte, intitulé "Digital Markets Act", doit encadrer les activités des "plateformes structurantes" (autrement dit, les Gafa et quelques autres), permettre à des acteurs alternatifs d'émerger et empêcher les abus de position dominante. Le Digital Services Act (DSA) est un règlement européen dont le but est de diminuer la diffusion de contenus illégaux et d'instaurer plus de transparence entre les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. En vigueur depuis le 25 août 2023, il s'applique à l'ensemble des plateformes dès le 17 février 2024.

8-Atos est une entreprise de services du numérique (ESN) française, créée en 1997. Elle fait partie des dix plus grandes ESN au niveau mondial5, qui produit un chiffre d'affaires annuel de près de 11 milliards d'euros en 2019 et compte environ 110 000 employés6 répartis dans 73 pays. Le groupe, leader européen du cloud, de la cybersécurité et du supercalcul depuis son rachat de Bull7, est au CAC 408 durant quatre ans de mars 2017 à septembre 2021. (wikipedia)

Encart


dimanche 22 septembre 2024

Liban-L’hypocrisie des impérialistes occidentaux

 

Nous publions un extrait de l' article de « Révolution » qui dénonce « L’hypocrisie des impérialistes occidentaux » après ce que nous pouvons appeler «  le cheval de Troie » version sioniste. Des bipeurs, des talkies-walkies préalablement piégés ayant explosé en deux vagues successives les 16 et 17 septembre 2024 causant au moins vingt morts et 2.800 blessés .

 Attaque terroriste israélienne au Liban – Netanyahou veut provoquer une guerre régionale

Nous devons commencer par souligner le silence et la modération de la presse et des politiciens bourgeois d’Occident. L’an dernier, après l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre, ils avaient mené une véritable chasse aux sorcières, pour pressurer tous ceux qui n’avaient pas immédiatement « condamné le terrorisme » du Hamas. La ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait même annoncé que l’Etat couperait leurs subventions aux « associations qui ne sauraient pas caractériser ce qui s’est passé » le 7 octobre. Aujourd’hui, leur silence est assourdissant. Si cette attaque avait été le fait du Hezbollah, tous les gouvernements occidentaux auraient immédiatement condamné l’organisation libanaise et l’auraient soumise à de lourdes sanctions. Mais elle a été commise par Israël, qui est un des derniers alliés solides de l’impérialisme américain au Moyen-Orient. Il n’y aura donc ni sanctions, ni condamnations visant l’Etat sioniste.

Depuis bientôt un an, Israël mène une guerre meurtrière contre Gaza, qui a tué au moins 40 000 personnes, pour la plupart des civils. Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne continuent néanmoins à soutenir l’Etat sioniste sans faillir, et à l’approvisionner en argent et en armes.

Lorsque Israël a bombardé l’ambassade d’Iran en Syrie, c’est à l’Iran – pas à Israël – que les Occidentaux ont prêché la retenue. Aujourd’hui encore, les Etats-Unis ont refusé de condamner l’attaque israélienne, mais ont appelé à éviter une « escalade ». Alors qu’Israël multiplie les provocations meurtrières dans toute la région, les Occidentaux exigent que ses victimes ne ripostent pas et tendent l’autre joue.

Israël se prépare à envahir le Liban

Mardi, le jour de la première vague d’attentats au Liban, le cabinet de guerre israélien votait pour ajouter à ses « buts de guerre » le retour chez eux, en sécurité, des citoyens israéliens évacués du nord du pays, et leur protection contre les échanges de tirs à la frontière. Cela signifie concrètement qu’Israël se prépare officiellement à envahir le Liban, pour établir une « zone tampon » à sa frontière nord.

C’est cela qui explique les attaques de mardi et mercredi. L’Etat israélien espère, d’une part, semer la confusion au sein du Hezbollah et, d’autre part, provoquer une riposte de la part du mouvement libanais qui puisse ensuite servir de prétexte officiel à l’invasion du Liban.

Israël a envahi le Liban à trois reprises, en 1978, 1982 et 2006. En 1982, ses troupes s’étaient même avancées jusqu’à la capitale Beyrouth, où elles avaient aidé des milices chrétiennes libanaises à massacrer des milliers de réfugiés palestiniens. Entre 1982 et 2000, l’armée israélienne a occupé une partie du sud du Liban, transformé en une zone tampon, et chassé des centaines de milliers de Libanais de leurs foyers.

Une nouvelle invasion du Liban n’aurait pas grand-chose à voir avec la « sécurité » des résidents du nord d’Israël. Depuis un an, la grande majorité des attaques transfrontalières ont été menées par l’armée israélienne, qui est directement responsable de 80 % de leurs victimes. Beaucoup de civils libanais ont dû fuir la zone frontière, bien plus que le nombre d’Israéliens évacués du nord du pays. Si l’on appliquait la logique du gouvernement israélien, c’est le Liban qui aurait de bonnes raisons d’envahir Israël, plus que l’inverse. Par ailleurs, le Hezbollah a affirmé à plusieurs reprises qu’il mettrait fin à ses attaques contre l’armée israélienne si un cessez-le-feu était signé à Gaza. Pour garantir la sécurité des habitants du nord d’Israël, il suffirait donc à Netanyahou de mettre fin à la guerre à Gaza. Mais il a au contraire consciencieusement saboté toutes les négociations visant à un tel cessez-le-feu.

Divisions au sommet

La perspective d’une invasion du Liban suscite de profondes divisions au sommet de l’appareil d’Etat israélien. D’après des informations rapportées notamment par la radio publique israélienne Kan, le général Ori Gordin, chef du Commandement régional du Nord de l’armée israélienne, y serait favorable, tout comme Netanyahou, mais ils se heurteraient à l’opposition du ministre de la Défense Yoav Gallant et du chef d’Etat-major Herzi Halevi.

L’opposition de ces derniers à une offensive contre le Liban n’est pas due à un quelconque « pacifisme ». Ce sont des sionistes convaincus. Mais ils sont conscients que le Hezbollah est un ennemi autrement plus redoutable que le Hamas. Lors de l’invasion de 2006, ses combattants avaient tenu en échec l’armée israélienne et l’avaient finalement contrainte à évacuer le Liban. Ils savent aussi qu’une telle attaque devrait aussi être menée alors que la guerre contre Gaza n’est pas terminée et qu’aucun de ses objectifs n’a été atteint par l’armée israélienne. Le Hamas n’a pas été détruit. Il continue au contraire à résister à l’offensive israélienne, et il peut se renforcer en puisant de nouvelles recrues parmi les dizaines de milliers de jeunes Palestiniens radicalisés par les crimes abominables perpétrés par l’armée israélienne.

Un article récent du New York Times citait l’analyse de l’ex-général Gadi Shamni, ancien chef de la division de Gaza de l’armée israélienne :

« Le Hamas est en train de gagner cette guerre [...], nos soldats gagnent tous les combats tactiques contre le Hamas, mais nous sommes en train de perdre la guerre. »

Un autre article publié par ABC News citait plusieurs militaires israéliens anonymes qui affirmaient que Netanyahou « est en train de pousser Israël vers une guerre potentiellement désastreuse contre le Hezbollah au Liban ». Un autre ajoutait qu’une guerre contre le Hezbollah serait « facile à commencer, mais très difficile à finir ».

Le Premier ministre Netanyahou n’est pas de cet avis. Il veut à tout prix que la guerre continue et s’étende, pour rester au pouvoir et ne pas avoir à passer devant les tribunaux pour de multiples affaires de corruption. Cela le conduit à s’appuyer de plus en plus sur les franges les plus extrémistes du sionisme, qui espèrent que la guerre actuelle sera l’occasion d’annexer la bande de Gaza et la Cisjordanie, et d’en chasser les Palestiniens. Confronté à l’échec de la guerre contre Gaza, Netanyahou multiplie les provocations pour tenter de provoquer une guerre régionale, à laquelle les Américains seraient forcés de participer.

Ces divisions sur la poursuite de la guerre ont débouché sur toute une série de confrontations publiques et de manœuvres dans les coulisses. Netanyahou tenterait par exemple en ce moment de démettre Gallant de son poste de ministre de la Défense, ce qui susciterait l’opposition d’une large partie de la classe dirigeante israélienne. Celle-ci s’inquiète de l’impact qu’aurait une guerre contre le Liban sur l’économie israélienne, déjà fragilisée par la guerre contre Gaza. Mais le fait est que les intérêts de Netanyahou et de l’extrême droite sioniste ne coïncident pas, en ce moment précis, avec ceux de la majeure partie de la classe dirigeante israélienne.

Les impérialistes et le risque d’une guerre régionale

Les impérialistes américains sont eux aussi inquiets. Ils craignent l’impact désastreux qu’aurait une guerre contre le Liban sur l’équilibre de la région et sur l’économie mondiale. Une telle aventure pourrait tout à fait déboucher sur une guerre régionale contre l’Iran, dans laquelle les Etats-Unis seraient contraints de s’impliquer pour défendre Israël.

Washington a envoyé un proche conseiller de Biden, Amos Hochstein, pour tenter de dissuader Netanyahou d’envahir le Liban. Cela n’a pas eu plus d’impact sur Netanyahou que les précédents timides conseils prodigués par Washington. Le Premier ministre israélien sait très bien que les Américains ne peuvent prendre le risque d’une rupture avec Israël, qui est un des derniers alliés solides dont ils disposent au Moyen-Orient. Il ne tient donc aucun compte de leurs conseils.

L’attaque israélienne contre le Liban se produit alors que les tensions sont déjà très élevées dans la région. La question d’éventuelles représailles de l’Iran reste posée après l’assassinat cet été à Téhéran du chef du Hamas, Ismaël Hanniyeh, par les Israéliens. L’Iran semble vouloir éviter une guerre régionale, mais ses dirigeants ne peuvent pas se permettre de sembler rester passifs face aux provocations israéliennes.

Il y a quelques jours, les Houthis du Yémen, des alliés de l’Iran, ont tiré un projectile vers Israël. Ils prétendent qu’il s’agissait d’un missile hypersonique. Quelle que soit la nature de cet engin (qui pourrait avoir été fourni par l’Iran), il a réussi à atteindre Israël sans être abattu par les navires américains ou français présents dans la région, et a déjoué une partie de la défense anti-aérienne israélienne. C’est là un développement inquiétant pour Israël – ainsi que pour les américains, qui sont particulièrement présents dans la région.

On ne peut prédire avec certitude la suite des événements, mais il est évident que Netanyahou cherche à provoquer une guerre régionale. L’attaque contre le Hezbollah et le Liban n’a fait que rendre cette perspective plus probable. Un tel conflit serait incroyablement destructeur et sanglant. Des officiels israéliens parlent ouvertement de « ramener le Liban à l’âge de pierre » et de transformer Beyrouth en un autre Gaza.

Mais les dirigeants israéliens ne sont pas les seuls en cause. Sans l’aide et la protection des impérialistes occidentaux, Israël ne pourrait pas continuer un jour de plus sa campagne meurtrière contre Gaza, ni menacer de déclencher une guerre régionale.

Voilà tout ce que le capitalisme et l’impérialisme ont à offrir : une horreur sans fin. C’est pour cela que nous disons : à bas les fauteurs de guerre ! Si nous voulons la paix, nous devons renverser le système décrépit qui est la racine de l’impérialisme et des guerres.

CONTRE LE NATIONALISME PALESTINIEN ET ISRAÉLIEN DE BARBARIA

  

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'attaque du Hamas contre Israël le samedi 7 octobre a provoqué une réponse 
militaire immédiate du gouvernement Netanyahou, qui a déclaré l'état de guerre 
et commencé le bombardement systématique de la bande de Gaza. Pendant ce 
temps, sous les encouragements du régime des ayatollahs, le Hezbollah a profité 
de la situation en lançant des missiles sur Israël depuis la frontière libanaise. En 
date du 9 octobre, les combats ont déjà fait plus d'un millier de morts entre l'État 
israélien et la bande de Gaza, ainsi que des milliers de blessés et de kidnappés. 
Les jours et les mois à venir verront s'accroître la misère et la souffrance des 
travailleurs des deux côtés, aggravant les conditions générales difficiles pour la 
majorité de la population, tant dans la Bande que pour le prolétariat appauvri 
d'Israël. 

À la misère que les prolétaires palestiniens doivent endurer à l'intérieur et à 
l'extérieur de la Bande, sous le régime de ségrégation existant en Israël, s'ajoute 
un processus plus général de paupérisation du prolétariat dans l'ensemble de la 
région à la suite de la pandémie de covid et du déclenchement de la guerre en 
Ukraine, la hausse des prix des matières premières, de l'énergie et des denrées 
alimentaires maintenant déjà en dessous du seuil de pauvreté la moitié des 
familles arabes en Israël, plus d'un cinquième des familles juives et la quasi-
totalité de la population de Gaza, ce grand camp de réfugiés sous perfusion des 
Nations Unies. 

Qu'est-ce qui a poussé le Hamas à agir maintenant ? Certainement pas la défense 
des intérêts du prolétariat de Gaza, qui se trouve une fois de plus sous les bombes 
israéliennes. Son attaque surprise, qui est venue envenimer un conflit déjà 
ancien, ne peut être comprise comme une réponse motivée par la colère populaire 
contre l'occupation israélienne. Il n'y a pas de « peuple palestinien », pas d'unité 
indifférenciée de personnes lésées qui répondraient héroïquement à leurs 
agresseurs. Le prolétariat de Gaza qui, il y a quelques mois, manifestait contre le 
régime du Hamas, contre les coupures d'électricité, les pénuries de nourriture et 
la répression féroce du gouvernement, ne partage pas les mêmes intérêts que 
l'appareil subordonné au régime des Ayatollahs, ni que les milices si 
« courageuses » qu’elles utilisent la population civile des deux camps comme 
boucliers humains. La réponse israélienne à l'attentat aura beau raviver le 
sentiment nationaliste dans les deux camps du conflit, cela ne changera rien à cet 
état de fait. 

Car il faut le dire haut et fort : les forces à l'oeuvre tant du côté palestinien que du 
côté israélien sont profondément réactionnaires. Depuis la formation même de 
l'État d'Israël en 1948, la région n'est qu'une pièce de l'échiquier de la lutte inter-
impérialiste mondiale. Israël s'est rapidement positionné comme un pion au 
service des intérêts américains. Depuis, tant sous le parti travailliste de Ben-
Gourion que sous les différents gouvernements conservateurs, il poursuit une 
ségrégation et une répression systématiques des Palestiniens à l'intérieur et à 
l'extérieur de ses frontières, ainsi qu'une politique militariste et sécuritaire qui a 
jusqu'à présent servi à détourner l'attention des profondes inégalités sociales au 
sein de la population juive. 

Pour leur part, les différentes factions du nationalisme palestinien après le 
mandat britannique ont émergé sous les auspices panislamistes des Frères 
Musulmans d'Égypte, puis sous le parapluie laïque du stalinisme sous Nasser, 
pour passer après la chute de l'URSS à l'Iran en tant que puissance régionale. 
Sous la forme de l'islamisme politique ou du stalinisme, l'appareil militaire du 
nationalisme palestinien a toujours été lié aux manifestations les plus 
réactionnaires du 20ème siècle. Après tout, il ne pouvait en être autrement : 
comme Rosa Luxemburg l'avait déjà souligné des décennies plus tôt dans son 
débat avec Lénine, tout mouvement nationaliste ne peut que se ranger 
extérieurement sous l'aile d'une des grandes puissances dans la lutte impérialiste, 
et réprimer intérieurement toute expression de classe afin de fixer la cohésion 
interne contre l'ennemi national. 

Car la réaction nourrit la réaction, et chaque camp a besoin de l’autre. Que 
Netanyahou ait eu ou non connaissance de l'attaque du Hamas, qu'il ait ignoré ou 
sous-estimé son ampleur ou qu'il ait simplement décidé de la laisser se produire, 
elle lui a été très utile pour redorer son blason en pleine crise politique et alors 
qu'il est lui-même menacé d'un procès pour corruption. De leur côté, le Hamas et 
le Hezbollah, comme le régime iranien lui-même, gagnent un moment de répit 
face au mécontentement social croissant dans les trois territoires, qui s'est 
exprimé au Liban par le slogan All Means All —c'est-à-dire aussi le Hezbollah— 
lors des manifestations de 2019 et qui, en Iran, anime les grèves et les 
mobilisations depuis 2018, explosant l'année dernière lors des manifestations 
contre le voile suite à l'assassinat de Mahsa Amini. 

Dans sa crise terminale, le capitalisme pousse non seulement la misère sociale et 
la dévastation de la planète à des niveaux toujours plus élevés, motivant ainsi des 
processus de polarisation sociale, mais accentue également l'affrontement entre 
les différentes puissances pour la domination d'un marché mondial aux 
dysfonctionnements toujours plus importants. En même temps que le 
capitalisme expulse la main-d'oeuvre et rend de plus en plus difficile la 
reproduction matérielle de nos vies, il nous transforme en chair à canon au 
service des intérêts d'une fraction de la bourgeoisie contre une autre. Dans cette 
logique de lutte inter-impérialiste, le Hamas a pu agir dans le but de torpiller le 
rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite, entravant une nouvelle 
configuration régionale tendant à s’accorder avec les tensions entre les blocs 
impérialistes. Sous la bannière de la « résistance palestinienne », il ne fait 
qu'obéir au besoin d'une partie de la bourgeoisie régionale. Cependant, le sang 
qui coule aujourd’hui est d’abord celui du prolétariat palestinien et israélien. 
Toute concession au nationalisme, toute déférence envers une nation plutôt 
qu'une autre dans ce processus, signifie trahir notre classe, qui n'a pas de patrie 
et dont la seule chance réelle d'améliorer ses conditions de vie est de se 
débarrasser du système même qui la menace, de façon toujours plus flagrante. Le 
conflit israélo-palestinien ne trouvera pas sa solution dans la création d'un seul 
État binational, ni dans la constitution d'un État palestinien indépendant. Il ne 
peut être résolu que par un processus révolutionnaire qui rompt avec chaque 
nation et chaque frontière. 

 Lorsque la nuit, les sirènes anti-aériennes retentissent et que les appareils 
militaires israéliens et palestiniens prennent leur population en otage sous les 
bombes, nous, révolutionnaires, nous opposons de toutes nos forces à cette 
barbarie. Aux bannières du nationalisme, quelle que soient leurs couleurs, nous 
opposons la lutte commune des travailleurs palestiniens et israéliens. Pour les 
Israéliens, l’ 'ennemi le plus acharné est l'appareil de l'État d’Israël, tout comme 
l'Autorité Nationale Palestinienne et le Hamas sont des ennemis implacables des 
Palestiniens. Ce n'est qu'en les affrontant directement qu'ils pourront sortir du 
labyrinthe infernal dans lequel ils se trouvent. En bref, contre la guerre 
impérialiste —et il s'agit bien d’une guerre impérialiste— la seule solution est la 
transformation du conflit en guerre de classe. 


Ni nationalisme ni mondialisme bourgeois

 



 Quelques extraits indispensables pour se revendiquer du communisme.

"Des nations et des mini-nations s’annoncent de toutes parts et affirment leurs droits à constituer des Etats. Des cadavres putréfiés sortent de tombes centenaires, animés d’une nouvelle vigueur printanière et des peuples "sans histoire" qui n’ont jamais constitué d’entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s’ériger en Etats. Polonais, Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, Tchèques, Yougoslaves, dix nouvelles nations au Caucase ... Les sionistes édifient déjà leur ghetto palestinien, pour l’instant à Philadelphie (souligné par nous), c’est aujourd’hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken nationaliste", écrivait déjà Rosa Luxemburg au lendemain de la Première Guerre mondiale (Œuvres, t. II, Maspéro, 1978, p. 93).

 

« L'idée d'une nation juive est contraire aux intérêts du prolétariat juif, créant chez lui, directement ou indirectement, un sentiment hostile à l'assimilation, un sentiment de ghetto » (…) celui qui formule directement ou indirectement le mot d'ordre de " culture nationale juive " est un ennemi du prolétariat, partisan de ce qui est ancien, de ce qui porte un caractère de caste pour les juifs, celui-là est le complice des rabbins et des bourgeois » (…) « Absolument inconsistante, au point de vue scientifique, l’idée d’un peuple juif spécial est, par sa portée politique, réactionnaire. » (Lénine, Œuvres, tome 7)

 

« Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays.Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l'adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n'emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l'est pas moins des productions de l'esprit Les oeuvres intellectuelles d'une nation deviennent la propriété commune de toutes. L'étroitesse et l'exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle. (le manifeste communiste)

 

 « Aussi longtemps que le capital est faible, il s' appuie simplement sur des béquilles prises dans les modes de production passés ou en voie de disparition à la suite de son développement. Sitôt qu'il se sent fort, il rejette ces béquilles et se meut conformément a ses propres lois. » Grundrisse chap. du capital edt. 10/18,p.261

 

« Or, plus les sphères individuelles, qui agissent l'une sur l'autre, s'agrandissent dans le cours de ce développement, et plus l'isolement primitif des diverses nations est détruit par le mode de production perfectionné, par la circulation et la division du travail entre les nations qui en résulte spontanément, plus l'histoire se transforme en histoire mondiale; de sorte que, si l'on invente par exemple en Angleterre une machine qui, dans l'Inde et en Chine, enlève leur pain à des milliers de travailleurs et bouleverse toute la forme d'existence de ces empires, cette invention devient un fait de l'histoire universelle. C'est de la même façon que le sucre et le café ont prouvé leur importance pour l'histoire universelle au XIX° siècle du fait que la carence de ces produits, résultat du blocus continental de Napoléon, provoqua le soulèvement des Allemands contre Napoléon et devint ainsi la base concrète des glorieuses guerres de libération de 1813. Il s'ensuit que cette — transformation de l'histoire en histoire universelle n'est pas, disons, un simple fait abstrait de la "conscience de soi", de l'esprit du monde ou de quelque autre fantôme métaphysique, mais une action purement matérielle, que l'on peut vérifier de manière empirique, une action dont chaque individu fournit la preuve tel que le voilà, mangeant, buvant et s'habillant. -K. Marx, L'idéologie allemande-

La dette publique.

« Le peuple sait bien, par sa propre expérience et les saignées faite à sa bourse, combien la dette publique pèse sur les impositions; mais peu de gens savent dans quelles conditions spéciales cette dette a été contractée et existe toujours. L' Etat, cet instrument commun entre les mains de nobles propriétaires fonciers, et des gens de la finance, a besoin d' argent pour réaliser, à l' intérieur comme à l' extérieur, l’œuvre d' oppression. Il emprunte donc chez les capitalistes et usuriers, et leur remet un bout de papier, par lequel il s' engage à payer, pour 100 livres sterling prêtées, tel chiffre d' intérêt. Les moyens nécessaires à ce paiement, il les tire, sous forme d' impôts, de la poche des classes ouvrières. Si bien que le peuple doit servir de garantie à ses oppresseurs vis-à-vis des gens qui prêtent leur argent pour qu'on lui coupe le cou à lui, peuple. Cette dette figure sous diverses rubriques, suivant que le taux d' intérêt est de 3,3 ½ ou 4 0/0. » ( K. Marx People's Paper, 16 avril 1853.)

 "La dette publique, en d'autres termes l'aliénation de l’état qu'il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l'ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c'est leur dette publique." (K. Marx T 1 p 721 du Kapital éd. Moscou)

Dette publique qui aujourd'hui est considérée comme une valeur refuge, pour le capital puisque cette dette est garantie par l' Etat .

  "Avec les dettes publiques naquit le système de crédit international qui cache souvent une des sources de l'accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C'est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII éme siècle de sa suprématie industrielle et commerciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l'étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l'Angleterre, sa rivale victorieuse. »

Rosa Luxemburg dans son Tome 2 de "l'accumulation du capital »  fait état de cette fuite en avant du capital:

"Les contradictions de la phase impérialiste se manifestent très nettement dans les contradictions du système des emprunts internationaux. Ces emprunts sont indispensables à l'émancipation des jeunes Etats capitalistes ascendants et en même temps ils constituent le moyen le plus sûr pour les vieux pays capitalistes de tenir les jeunes pays en tutelle, de contrôler leurs finances et d'exercer une pression sur leur politique étrangère, douanière et commerciale. Ils sont le moyen le plus efficace d'ouvrir de nouvelles sphères d'investissement au capital accumulé des vieux pays, mais aussi de créer à ceux-ci en même temps des concurrences nouvelles, d'élargir brusquement le champ d'action de l'accumulation capitaliste tout en le rétrécissant en même temps." (Rosa Luxembourg " l'emprunt international, p 93 édit Maspéro.)


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