[Iran2026] Ce que nous ne voulons pas ? Ce que nous voulons ? Comment y parvenir ?
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Source en anglais : https://againstwagelabor.com/2026/01/08/what-dont-we-want-what-do-we-want-how-do-we-get-it/
Tout le monde parle de ce que nous ne voulons pas, mais la
question essentielle est : que voulons-nous et comment y
parvenir ?
« Ce que nous ne voulons pas », comme
le clament les insurgés dans les rues, se décline en une longue
liste : la faim, le dénuement, le manque de logement, la
suppression des libertés et des droits fondamentaux, l’apartheid
sexuel, la pollution environnementale, le manque de médicaments, de
soins médicaux et d’éducation. Tous ces éléments figurent en
tête de liste de « ce que nous ne voulons pas ».
Mais le contenu explosif de ces déclarations se heurte à des armées de pillards : des pillards qui les dévorent, les déforment, les transforment en revendications antihumaines de leur propre classe et de leur propre groupe ; ils leur apposent le sceau de la démocratie et de la civilisation de l’esclavage salarié ; ils les transforment en nourriture mentale pour les masses laborieuses ; ils en font l’axe de leurs soulèvements ; ils soumettent la masse des rebelles et des damnés pour se proclamer vainqueurs.
Telle est l’histoire du capitalisme à travers les âges. Plus on remonte dans le temps, plus la situation a été douloureuse, plus le sacrifice des travailleurs a été terrible. Aujourd’hui même, nous sommes sur le point de revivre cette tragédie.
Ils s’adressent aux insurgés et leur crient : « Vous
êtes les conquérants des villes, les maîtres des rues ; il ne
reste que quelques pas à faire pour remporter la victoire. Renversez
le régime religieux et nous instaurerons le pouvoir moderne du
capital. Nous répandrons la démocratie partout ! »
Ne
dites pas ce que nous voulons !
« Cela va à l’encontre
du jugement des sages ! »
« C’est source de
division ! »
« Ceux qui disent cela ont besoin d’un lavage de
cerveau ! »
Le slogan correct, disent-ils, est
simplement « ce que nous ne voulons pas » !
C’est
ce que doivent faire les masses ; les personnes « compétentes »
décideront de ce qu’il faut vouloir.
C’est ce que prétend
l’opposition actuelle. Mais toute la question porte précisément
sur ce que nous voulons et comment y parvenir.
La réponse qui jaillit du cœur et du cri existentiel des masses laborieuses est que le régime doit être renversé afin que soit satisfaites immédiatement les revendications suivantes…
Premièrement : revendications et exigences
1. L’alimentation, l’habillement, le logement avec toutes ses
commodités, les médicaments, les soins de santé, l’éducation,
l’eau, l’électricité, le gaz, Internet, les transports, les
loisirs, les voyages et tous les biens de première nécessité
doivent être totalement soustraits du domaine des échanges
commerciaux et monétaires, et mis à la disposition de tous,
partout, sans aucune contrepartie financière.
2. Toute
intervention de l’État dans quelque domaine que ce soit de la vie
humaine doit être interdite : de l’habillement aux relations
humaines, y compris les relations entre femmes et hommes, filles et
garçons, en passant par les croyances, la culture, les coutumes, les
traditions et l’activité politique.
3. Le travail domestique
doit être aboli et remplacé par des services sociaux hors de toute
forme d’échange monétaire.
4. Tous les prisonniers doivent
être libérés et l’institution carcérale elle-même détruite à
la racine.
5. Toute forme de peine de mort doit être absolument
interdite.
Deuxièmement : stratégie de réalisation
Organisons-nous de manière toujours plus large, plus structurée en conseils, plus anticapitaliste.
Ne subordonnons pas la satisfaction de nos revendications à une expression parfaitement unifiée et totalement organisée de notre existence collective. À chaque instant, utilisons la force unie dont nous disposons pour imposer nos revendications à la classe capitaliste et à son État. À mesure que nous nous développons, affaiblissons l’ennemi, imposons pas à pas des exigences de plus en plus fortes aux capitalistes et à leur État féroce, et réduisons leur capacité à nous affronter.
Troisièmement : moyens et tactiques
Le slogan selon lequel « la rue est le véritable champ de bataille » est une supercherie des diverses oppositions au sein même de la classe capitaliste.
Certes, la rue est importante, mais elle n’est en aucun cas le champ de bataille principal. Nous devons paralyser le plus largement possible le cycle du travail et de la production ; défier l’ordre économique, politique, civil et juridique du capital à tous les niveaux.
Occupons les logements vacants des capitalistes et mettons-les à
la disposition des sans-abris.
Arrachons les lieux de travail des
mains de la classe capitaliste et plaçons-les sous le contrôle de
conseils ouvriers capables de planifier en dehors et contre
l’esclavage salarié.
Ouvrons la voie de l’hégémonie du mouvement des conseils, généralisé et opposé au travail salarié, sur l’ensemble du cycle du travail, de la production et de la vie.
Approprions-nous les centres commerciaux et les chaînes de magasins, et transformons-les en centres de distribution des biens de première nécessité pour la population, en éliminant tout échange marchand.
Quatrièmement : rejetons les marchands de pouvoir opportunistes
Le tremblement de terre que constitue le soulèvement des masses laborieuses et des millions de fils et filles de travailleurs a également ouvert de vieilles tombes. De celles-ci émergent des chauves-souris fossilisées qui planent au-dessus de la foule. Ces vieux fossiles tentent d’exhumer la monarchie et empoisonnent l’atmosphère de leurs lamentations.
Il ne s’agit pas de les expulser, mais de clamer haut et fort au monde entier qu’ils ne sont rien.
À bas le capitalisme, la République islamique et tous
les États capitalistes !
Vive la société des conseils sans
exploitation, sans classes, sans esclavage salarié !
Travailleurs anticapitalistes actifs du mouvement pour
l’abolition du travail salarié
18 Dey 1404 (8 janvier 2026)
Traduction française : Les Amis de la Guerre de Classe
/ ANNEXE /
https://t.me/alayhesarmaye/11543
2026/01/10
– 16:49
Ce qui se passe aujourd’hui en Iran est la manifestation la plus crue du pouvoir capitaliste en pleine crise. Le régime islamique, en tant que forme dominante actuelle du pouvoir capitaliste, défend un ordre dont la survie repose sur l’exploitation de la force de travail et une répression implacable : coupure des communications, instauration de facto de la loi martiale et exécutions sommaires. Cette violence n’est ni une exception ni une aberration ; elle est la logique naturelle du capital en crise.
À l’heure même où des cadavres politiques enfouis sont exhumés, on les déterre. Les monarchistes et leurs alliés fascistes tentent effrontément de se présenter comme « l’alternative ». Ils ne constituent ni une force nouvelle ni une réponse au statu quo ; ils sont les vestiges d’un ordre défaillant qui ne trouve de répit que dans un climat de carnage et d’instabilité.
Dans l’histoire de cette société, la monarchie n’a jamais été autre chose que la forme la plus crue du pouvoir de classe : répression des grèves, destruction des organisations ouvrières, règne de la police et imposition du salariat par la force. Aujourd’hui, l’expansion de ce projet pernicieux est aussi une tentative calculée de sauver le capital de la crise. Il s’agit d’une tentative de canaliser la colère et le sang versé, au lieu de s’attaquer aux racines de l’exploitation, vers une reconstruction du pouvoir par le haut.
Il n’y a pas d’ambiguïté à ce sujet. La couronne et le turban sont deux formes différentes d’un même contenu : le maintien des rapports capitalistes et la perpétuation du salariat. Ce qui est offert au nom de la « transition », du « salut » ou de la « reconstruction » n’est pas une réponse à la pauvreté, ni à l’oppression, ni une voie vers la libération de l’homme ; c’est un projet visant à détourner la lutte de sa véritable cause – celle qui mène à l’abolition du salariat et au démantèlement de l’ordre capitaliste.
Le capitalisme, sous toutes ses formes politiques, est l’ennemi direct de la classe ouvrière et l’ennemi de l’humanité. Cette vérité a été écrite dans le sang, non par la théorie, mais par l’histoire. Aujourd’hui, la même histoire se répète : d’un côté, la violence crue du dirigeant, et de l’autre, la tentative des forces mortes de l’histoire de revenir sur le devant de la scène. Aucune de ces voies n’est la bonne.
Ce combat ne porte pas sur le choix d’une forme de gouvernement. C’est une lutte des classes ; une lutte pour savoir si cet ordre inhumain perdurera ou sera contesté à la racine par la force organisée de la classe ouvrière. Il n’y a pas de juste milieu. Tout autre choix n’est que tromperie ou recul.

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