mercredi 14 janvier 2026

[Iran2026] Nous vivons dans un monde où le capitalisme ne porte plus de masque

[Iran2026] Nous vivons dans un monde où le capitalisme ne porte plus de masque

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Source en persan : https://t.me/alayhesarmaye/11605/
Source en anglais : https://againstwagelabor.com/2026/01/11/we-live-in-a-world-where-capitalism-no-longer-has-a-mask/

Nous vivons dans un monde où le capitalisme a abandonné tout faux-semblant. Ce qui a été promu pendant des années au nom de la démocratie, de la liberté d’expression et des droits humains est en train de s’effondrer. La force brute, la répression, la censure, la guerre et l’élimination ne sont plus l’exception, elles sont devenues la norme. Au plus fort de ses crises, le capitalisme révèle son vrai visage plus clairement que jamais.

Dans un tel monde, il est vain de placer ses espoirs et de chercher de l’aide auprès des puissances dominantes, des gouvernements et des forces extérieures. Ceux-ci ne sont pas une force de libération, mais font partie intégrante du système qui a conduit des millions de travailleurs dans une impasse. Compter sur eux revient simplement à répéter les erreurs du passé.

L’Iran ne fait pas exception. Ce qui se passe ici est une manifestation particulière et flagrante des mêmes relations : pauvreté, répression, injustice, insécurité, discrimination et destruction de la vie quotidienne de tous les travailleurs.

Dans une telle situation, l’appel au renversement du régime se fait entendre partout. Cet appel est à la fois juste et nécessaire. Mais l’expérience historique de la classe ouvrière a montré que si le renversement n’est qu’un slogan, s’il procède sans vision claire et sans s’appuyer sur la force réelle des travailleurs, il a conduit à maintes reprises à la défaite et à la reproduction de la même situation. Nous avons vu à maintes reprises comment les opprimés et les oppresseurs, les victimes et leurs bourreaux, se sont rassemblés sous une seule et même bannière, et que le résultat pour la classe ouvrière n’a rien été d’autre que la poursuite de l’exploitation et de l’effacement. Cette expérience s’est répétée à maintes reprises en Iran, et ce sont les travailleurs et leurs familles qui en ont payé le prix.

Aujourd’hui, parallèlement à la colère et à la contestation, il existe une autre réalité : dans certains médias et parfois même dans la rue, les courants monarchistes se font de plus en plus entendre. C’est un phénomène que nous devons reconnaître, mais nous ne devons pas nous laisser intimider. Nous ne devons pas laisser ce tapage médiatique et ces slogans bruyants décourager ou démoraliser les travailleurs et les égarer. Ces voix, aussi fortes soient-elles, ne représentent pas la vie intérieure de la classe ouvrière et n’apportent aucune réponse à ses problèmes réels. L’histoire a montré que les voix dominantes dans les médias et à un moment donné ne sont pas nécessairement la force dominante dans la vie réelle. Ce qui est déterminant, c’est d’être ancrées dans les souffrances et les besoins quotidiens de la classe ouvrière.

La question principale reste la suivante : en s’appuyant sur quelle force, et pour quel changement, le régime doit-il être renversé ? Le simple fait de rester dans les rues, et de s’y épuiser – en particulier dans des conditions de répression brutale et d’isolement, contribue davantage à augmenter le nombre de victimes et à saper nos forces qu’à faire avancer la cause des travailleurs. La rue est importante, mais elle n’est pas tout. La rue n’a de sens que lorsqu’elle s’appuie sur la vie réelle des travailleurs.

La vie ne se déroule pas uniquement dans la rue. Le pain, les médicaments, les soins de santé, l’éducation, l’eau, l’électricité, les transports, la sécurité et la paix sont les préoccupations quotidiennes des travailleurs, ici et maintenant. Si ces problèmes restent sans réponse, aucune protestation, aucun cri ne durera.

Nos alliées – ce ne sont pas les gouvernements, ni les puissances étrangères, ni les oppositions bourgeoises hétéroclites, qu’elles soient de droite, de gauche, nationales ou étrangères. Nos alliées – ce sont les travailleurs eux-mêmes ; des travailleurs qui vivent ensemble, qui travaillent ensemble, qui sont confrontés à des problèmes communs et qui luttent contre ceux-ci. C’est là que nous pouvons maintenir notre force, accomplir nos tâches semaine après semaine et saisir l’occasion de prendre de véritables décisions concernant notre travail et notre vie.

Lorsque les travailleurs peuvent gérer leur vie quotidienne, lorsqu’un sentiment de soutien et de camaraderie se développe, et lorsque les décisions émanent du cœur même de la classe ouvrière, alors la rue n’est plus un lieu d’érosion, mais un foyer de mobilisation d’une force réelle.

Et cette voie ne peut être empruntée sans une clarification des revendications immédiates et urgentes. En vue de renverser le statu quo, les revendications des travailleurs sont claires et sans ambiguïté :

1. L’alimentation, l’habillement, le logement avec toutes les commodités, les médicaments, les soins de santé, l’éducation, l’eau, l’électricité, le gaz, Internet, les transports, les loisirs, les voyages et tous les besoins fondamentaux de la vie humaine doivent être totalement soustraits de la sphère des marchandises et des échanges monétaires et, sans aucune exigence de paiement, être universellement accessibles à tous, en particulier aux travailleurs et à leurs familles.

2. Toute forme d’ingérence de l’État dans tous les aspects de la vie humaine, qu’il s’agisse de l’habillement, de la vie communautaire, des relations sociales, des croyances, de la culture, de l’éthique, des traditions, des coutumes, des activités politiques ou de toute autre sphère, doit être absolument interdite.

3. Le travail domestique doit être complètement aboli et remplacé par des services sociaux collectifs, en dehors de toute forme d’échange monétaire.

4. Le système carcéral doit être aboli et toutes les prisons démantelées.

5. Toutes les formes d’exécution doivent être absolument interdites.

Telles sont les revendications urgentes et vitales de la classe ouvrière ; leur réalisation est liée à la force réelle des travailleurs, cette même force qui se forge dans la vie quotidienne, et non dans la surenchère médiatique ni dans les promesses et les projets du pouvoir imposés d’en haut.

À bas le capitalisme, la République islamique et tous les États capitalistes !

Établissons une société des conseils sans exploitation, sans classes, sans esclavage salarié !

Travailleurs anticapitalistes actifs du mouvement pour l’abolition du travail salarié

Traduction française : Les Amis de la Guerre de Classe


 

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