sommaire
1-Historique des nationalisations
2-Les théoriciens de l’étatisation
3-Le capitalisme d’état
4-La vague de nationalisations pour le contrôle de la rente pétrolière
5-démembrement et implosion du capitalisme d’état
2éme partie
6-La restructuration du capitalisme à l’échelle mondiale hier et aujourd'hui
annexe
7-Engels et l' étatisation
8-Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution ( texte de R. Luxemburg)
Xxx
Introduction
La vieille revendication social démocrate de « nationalisation » refait surface,suite au constat déjà ancien que la sidérurgie française et européenne est en crise. L' affaire Arcelormittal remonte à la surface comme un noyer qui cherche un peu d' air . Cette bouffée d' air c'est la France insoumise qui vient de la faire passer au le parlement. La nationalisation d’Arcelor Mittal une revendication des partis de la gauche parlementaire, LFI en tête. Elle refait surface à chaque restructuration, mais cette fois, les députés l’ont adoptée en première lecture le jeudi 27 novembre 2025. Pour autant, il y a peu de chances que le texte passe l’épreuve du Sénat où la droite et le centre sont majoritaires.
La France insoumise du sieur Mélenchon donne dans le souverainisme, et vient de déstabiliser le RN sur cette question celui ci s'étant opposé/abstenu à la nationalisation. De toute part des tendances protectionnistes s’affirment devant les difficultés engendrés par les fusions / acquisition, les délocalisations, en sommes l’éternel concentration et centralisation du capital à l’ échelle mondiale. Alors il y a ceux, qui veulent accélérer le mouvement dit de « libéralisation » et ceux qui se voient exclus de cette course infernale et tentent de se réfugier dans le patriotisme économique. Comme cette situation ravage les emplois à tous les niveaux, des fractions de gauche du syndicalisme et certaines organisations trotskistes 1 et actuellement LFI laissent entendre que , par la simple volonté des urnes les capitalistes vont se laisser tranquillement déposséder de leur droit à exploiter le salariat. Nous allons donc au cours de ce texte , remonter un peu dans l’ histoire afin de montrer ce que furent en réalité toutes les nationalisations et leur stade suprême le capitalisme d’état.
1-historique des nationalisations
a) Avant la première guerre mondiale (naissance de la société anonyme)
Durant la période qui précédait la première guerre mondiale, les socialistes se servaient du marxisme pour condamner l’ anarchie de la production capitaliste. Pour eux le socialisme ne devait pas aller au-delà de la planification. A cette époque deux figures de cette tendance vont marquer l’ histoire K. Kautky (1854-1936), Rudolphe .Hilferding (1877-1941). Chacun penseront qu’avec la domination des monopoles et du capital financier l’heure d’ une mutation pacifique vers le socialisme était possible, Kautsky développera sa théorie de ‘l’ ultra impérialisme » et Hilferding prétendait que « s’était ouverte l’ ère du capitalisme organisé ou grâce à l’ activité des monopoles, disparaissent la concurrence l’ anarchie, les crises et où commence à dominer une organisation harmonieuse et consciente. ». Favorables donc, comme les économistes bourgeois de l’ époque, d’une intervention de l’ état dans tous les domaines de la vie économiques, une économie planifiée fut mise en place avec pour objectif la militarisation qui mènera à la première guerre mondiale 1914/1918. La sociale démocratie eut même l’ignominie d’ appeler cela « le socialisme du temps de guerre ».
b) L'entre deux guerres ( et les mesures dans les états fascistes)
Mais une foi passé « la grande boucherie » la deuxième Internationale social-démocrate continuait à distiller l’idée d’un capitalisme évoluant pacifiquement vers le socialisme, le recours à l’étatisation devant en finir avec les crises. La réalité allait dépasser la fiction quand en 1929 la crise la plus destructrice du capitalisme éclata, réduisant à néant le libéralisme , du « laisser aller, laisser faire » qui ouvrira la voie à un étatisme mondialisé : recours au fascisme ( Italie, Allemagne, Japon, Espagne, Argentine), au néo-libéralisme Keynésien ( Etats-Unis), au réformisme social-démocrate et syndicaliste ( Belgique,France) , et capitalisme d’ état en URSS . 2
Ce seront les Roosevelt, Hitler, Mussolini qui provoqueront la nationalisation par rachat d’actions des entreprises monopolistes menacées de banqueroute. En France c’ est la SFIO ( le parti socialiste aujourd’hui) qui au prise avec le « front populaire » procède à des réformes de structures avec intervention caractérisé de l’ état dans la vie économique et sociale, Une loi, en date du 12 août 1936 décida qu' « avant le 31 mars 1937, des décrets pris en conseil des ministres, sur la proposition du ministre de la Défense nationale et de la Guerre. du ministre de la Marine ou du ministre de l'air pourront prononcer l'expropriation totale ou partielle des établissements se livrant à la fabrication où au commerce des matériels de guerre. » 6 compagnies d’ aviations en 1936 et des compagnies de chemin de fer en 1937.
La SFIO présente ces mesures de la manière suivante :
« La socialisation des grands moyens de production et d’échange qui mettra fin au régime c’ est ce que M.Thorez dirigeant du parti communiste français appelait en 1934 « La socialisation des pertes du capital au frais de la classe ouvrière »
Les motifs de l'ordonnance du 16 janvier 1945 qui a nationalisé les usines Renault sont du même ordre : « Alors que ses livraisons à l'armée française s'étaient, montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, ses prestations à l'armée allemande ont été particulièrement importantes. »
après la seconde guerre mondiale ( mesures pour la reconstruction)
La crise de 1929 provoqua un repli national, et des interventions des états à tous les niveaux stratégiques, ceci pour que de nouveau la guerre décide qui l’ emportera lors du prochain conflit. Les nationalisations de cette période correspondent à la nécessité de concentrer/centraliser le capital,
En Argentine, Peron nationalisera le téléphone et les chemins de fer en 19463, et avant lui Cardenas l’industrie pétrolière au Mexique..4
En France, après la seconde guerre mondiale, les gouvernements bourgeois d’union nationale ont massivement nationalisé pour remettre rapidement en marche l’économie . En 1945 la « société des moteurs Gnôme-Rhône » est nationalisée. l'ordonnance du 29 mai 1945 stipule :
« Pendant les quatre années d'occupation ennemie, les dirigeants restant en place, ayant achevé de perdre toute conscience du devoir national, ont axé tous leurs efforts vers la satisfaction des besoins de l'ennemi. Ils ont fait en sorte ou accepté que la SMGN (Gnôme-Rhône) devienne en France le fournisseur de confiance et quasi exclusif des moteurs de la Luftwaffe. » .
La loi de nationalisation bancaire du 2 décembre 1945 placera sous tutelle de l’État les grandes banques de dépôts françaises : le Crédit lyonnais, la Société générale, le Comptoir national d'escompte de Paris et la Banque nationale pour le commerce et l'industrie. L'heure n' est pas à la révolution, mais à la reconstruction et stabilisation de l' ordre capitaliste , Le PCF, alors premier parti de France, et la SFIO vont fait croire aux travailleurs que les nationalisations sont des réformes les rapprochant du socialisme.
Quelques années après, rebelote l' Union de la gauche PS-PCF arrive au pouvoir, un vaste plan de nationalisations sera effectué. Les principales banques du pays (Paribas, Suez, CIC, Crédit du Nord, Crédit Commercial de France, Banque Rothschild, Banque Worms, Banque La Hénin...) et de nombreuses entreprises industrielles (Thomson, Saint-Gobain-Pont-à-Mousson, Rhône-Poulenc, Pechiney-Ugine-Kihlmann, Sacilor, Usinor) sont rachetées pour un coût total de 39 milliards de francs.
Comme F.Mitterrand se disait « socialiste », le PS parlait de la nécessité de dépasser le capitalisme, l’opposition de droite annonçait l’arrivée des chars soviétiques place de la Concorde en cas de victoire du PS et du PC… Mais, comme nous le constaterons, ces nationalisations n’étaient pas du tout des mesures pour aller vers le socialisme. C’était un plan en trompe-l’œil, visant à satisfaire certaines aspirations des travailleurs tout en sauvant des entreprises capitalistes en difficulté.
Les restructurations dans les banques et les assurances depuis les années 80
a- Les conséquences de la loi bancaire de 1984.
Depuis la loi bancaire de 1984, un tournant radical s’est opéré, visant à une concentration accrue du capital financier. Pour la première fois dans l’histoire de la vie bancaire, un cadre unique était mis en place pour l’ensemble du secteur prévoyant toute une série de réformes qui allaient déstructurer et restructurer tout le secteur financier.
Depuis 1945, l’Etat français contrôlait les trois plus importants groupes bancaires du pays, la BNP, le Crédit lyonnais et la Société générale. Après l’arrivée de la gauche (PC- PS) au pouvoir, 36 autres établissements bancaires seront nationalisés (1982).
Il en résultera que l’Etat devenait détenteur de 117 banques et quelques sociétés financières. Un tel contrôle du système bancaire par l’Etat va engendrer tous les tripatouillages fiscaux et financiers. Les hommes d’Etat favorisant certains établissements fiscalement et financièrement. Jusqu’au scandale du Crédit lyonnais caractérisé comme le premier échec de la « banque universelle ». La loi bancaire de 1984, se présentera comme voulant mettre un terme à la « dérive bancaire » et donc mettre un terme à tous les statuts juridiques particuliers (environ 30) et ainsi faciliter les futurs regroupements financiers en liquidant les petites féodalités bancaires.
Le couperet va vite tomber, entre 1986 et 1999 la quasi-totalité des banques nationalisées seront privatisées en trois phases successives :
1°) Entre 1986 et 1988, six opérations vont toucher, les Compagnies Financières de Paribas et de Suez, la Société générale, le CCF, la BIMP et la Cie BTP soit au total 73 banques.
2°) En 1993, après 5 ans et la période de ni nationalisation, ni privatisation, 19 banques sont privatisées (la BNP et ses filiales), la BFCE et le Crédit local de France en 1995.
3°) L’année 1997, sera celle des dernières privatisations (le CIC et la Société marseillaises de crédit, puis en 1999, le Crédit lyonnais et la Banque Hervet en 2001. Seules la Caisse des dépôts et consignations et ses filiales restent dans le giron de l’Etat.
Une fois, les privatisations terminées, l’ère des fusions/acquisitions via la taille critique était ouverte. Pour justifier cette seconde mutation du secteur bancaire l’AFB ( patronat de la banque) va mettre en avant la récession des années 1992-1994, qui a entraîné une importante dépréciation de créances ( des petites et moyennes entreprises et des prêts à la promotion immobilière). Les premières opérations vont toucher les banques mutualistes et les caisses d’épargne, à la recherche de la fameuses taille critique qui taille régulièrement dans les effectifs. Pour donner quelques exemples : le regroupement des caisses d’Epargne et de Prévoyance et de la Caisse nationale d’épargne spécialisées dans les prêts au logement et aux collectivités locales, va provoquer la mise en place d’un programme de réduction d’effectif. Au nombre de 468 en 1984, ce nombre chutera par étapes successives à 186 en 1990, puis à 35 en 1993. Le Crédit agricole, qui comptait encore en 1987, 95 caisses régionales, par fusions répétées termine à 54 caisses en 1999 et que dire des dégâts qui se préparent avec la fusion Crédit lyonnais Crédit agricole.Le Crédit populaire, passe de 42 banques populaires en 1984 à 32 en 1992. La société anonyme de crédit immobilier (SACI), se rationalise et fait chuter son effectif de 171 en 1984 à 109 en 1999.
Le bilan est le suivant : Le nombre total des établissements affiliés à des réseaux, qui s’élevait en 1984 a 1127 a été ramené en 1999 à 297. Respectivement 661 banques mutualistes et 466 sociétés financières en 1984, et 155 banques et 142 sociétés financières affiliées en 1999. .Actuellement six banques françaises se partagent 90% des dépôts. Dans le même temps aux Etats-Unis, sept des plus grosses fusions/acquisitions de l’année 1996 vont con cerner le « monde de la finance ». Il est intéressant de noter qu’aux USA, la réforme du système financier par modification du Glass Steagall Act de 1928, vise à abolir les frontières entre l’activité bancaire, l’activité de gestion de titres et l’activité d’assurances. Il y a donc bien une restructuration globale du système financier international, qui se traduit pour les salariés par des suppressions d’emplois, la flexibilité, les délocalisations...
2-Les théoriciens de l’étatisation
Nous allons voir que le mouvement communiste révolutionnaire va rapidement se trouver confronté, à la question nationale et à la signification du socialisme dans ce cadre, le fameux « socialisme en un seul pays » et la coexistence pacifique. Cette problématique est exposée dans le manifeste communiste, bien trop ambigu sur la question, et aussi par Engels plus précis, mais ne mesurant pas les possibles interprétations de ses textes .5
Dans le manifeste communiste , malgré que celui-ci affirme que le prolétariat n’a pas de patrie, la révolution communiste est contingentée dans un cadre national, d’ abord en finir avec sa propre bourgeoisie. L’évolution de la révolution mondiale se présente alors comme une addition de révolution nationale, le capital de tel ou tel pays industrialisé n’ ayant pas encore rejeté le béquilles de l’ état pour se lancer à l’ assaut du monde, sa colonisation.
L’ histoire, est venue nous instruire à nos dépends et montrer , que cette vision du développement était des le départ viciée. Elle fut à l’ origine de toutes les déviances «socialisme national et national socialiste » . Il fallu l’apocalypse de la guerre de 1914/1918 pour que le drapeau de la révolution communiste mondiale, en appel à une révolution universelle, la révolution universelle des « soviets ou conseils ». Alors que les théoriciens de la II éme internationale , pensaient que l’ étatisation mènerait progressivement au socialisme, que le capitalisme de plus en plus anonyme perdrait tout contrôle sur la production et se contenterait de tondre les coupons.
La guerre et la crise de 1929 vinrent démontrer , que ce socialisme n’ apportait que la guerre « le socialisme du temps de guerre » . La paix elle aussi ne fut qu’un moment de la guerre et de la débandade économique de 1929, les couteaux venaient à peine d’ être rengainés, que le glaive du fascisme se levait, faisant la promotion du national socialisme, fortement inspiré par le socialisme national de la révolution bolchévique, les deux protagonistes voyants dans l’ état et les monopoles et la centralisation concentration du capital une affirmation du socialisme national.
La gauche germano allemande et dans une moindre mesure la gauche italienne ( bordiguiste) et (Troski) s’ élevèrent contre ce socialisme national et totalitaire. Seule la gauche Allemande fut la plus conséquente en la matière, Rosa luxemburg s’éleva contre la revendication du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes « le Wislsonisme » 6 comme elle avait coutume de le dénommer, a ses côté sur cette question « Pannekoek , Otto Rudle « montaient au front , contre la vague nationaliste bourgeoise qui allait s’ affirmer par , les mouvements de décolonisation / recolonisation en faveur des « deux super puissances » ( USA, URSS) qui se partageront le monde, tout en laissant un nomes land idéologique, de « non alignés » que la Yougoslavie de Tito et la Chine Maoïste se disputaient) .
Par contre, la révolution allemande, dite révolution des conseils fut écrasée par ses propres géniteurs la sociale démocratie réformiste de la II Internationale et la sociale démocratie révolutionnaire bourgeoise du capitalisme d’état russe. (Les assassins de Kronstadt et des Socialistes révolutionnaires de gauche) la NEP et le socialisme d'état 7. Partout flottaient les drapeaux nationaux, et l’ on baptisait avec le sang du prolétariat toutes les conquêtes et défenses de son capital bien national, on s’ enthousiasmait pour les nationalisations « anti-impérialistes » au Mexique le peuple alla même jusqu’ a donner ses économies pour indemniser les capitalistes du pétrole US, quant à la spectaculaire nationalisation du canal de suez ( 1956) elle eu le même effet sur les masses arabe , bien qu’ elle fut montée de toute pièce par la CIA pour chasser la Grande Bretagne et la France de leurs colonies.
4-La vague de nationalisations pour le contrôle de la rente pétrolière
C'est surtout après la seconde guerre mondiale et le repartage du monde entre les deux grandes puissances USA et bloc soviétique (les accords de Yalta) que la rente pétrolière , deviendra l' enjeu des puissances impérialistes du monde.
Les populations du proche et Moyen Orient vont en payer le prix
Pour rappel, L'Iran fut des 1901 le pays du Moyen -Orient qui va accorder à l' Australie une concession d' exploitation de l' or noire. Mais c' est surtout après la seconde guerre mondiale que le Moyen Orient deviendra la cible des affrontements pour s'approprier la rente pétrolière. L'octroi de concession aux puissances occidentales et aux nouveaux royaumes d'Irak et d' Arabie Saoudite . L'Iran, des 1933 va accorder une concession à l'Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), qui dura jusqu'en 1951, date à laquelle la nationalisation de l' industrie pétrolière devient effective. Une grave crise éclata, alors les Soviétiques refusant de se retirer du nord du pays tant que Téhéran n'aurait pas accordé à la Russie une concession pétrolière préférentielle dans la région caspienne. Des négociations politiques menées aux Nations Unies, allaient conjuguées à la menace d'une confrontation militaire entre les Alliés, récemment victorieux.
Ces négociations ne masqueront que provisoirement les rivalités entre le Front national et le parti Tudeh, d'influence communiste. Le gouvernement de Mossadegh dut faire face à des défis internes, liés aux divisions qui apparaissaient parmi ses partisans, et à des pressions externes, notamment de la part de la Grande-Bretagne et des États-Unis, opposés aux nationalisations. La situation générale en crise, aboutissant au coup d'État de 1953, orchestré avec la complicité des États-Unis, qui rétablit finalement le Shah au pouvoir et annula les politiques de nationalisations.
Actuellement, le régime islamique forme idéologique du capitalisme de cette zone est en crise, et dans le concert guerrier du monde Trump « le protecteur » nous ressort les vieux débris monarchistes des palhavi comme alternative. Pour rappel :
« Le shah d'Iran profita du départ des britanniques pour présenter les énormes achats militaires iraniens, déjà engagés comme un plan pour faire de son pays le gendarme de la région. En réalité, la seule menace à laquelle le shah devait faire face était le nombre croissant d' opposants politiques que son gouvernement faisait arrêter et emprisonner, et cette forme de police n' avait pas besoin de la plupart des armes qu'il souhaitait acquérir. Il n' en demanda pas moins d' acheter des armements plus chers et plus sophistiqués, et de se servir des revenus croissants du pétrole et des prêts importants que lui consentaient les États-Unis pour financer ces achats. L'ambassadeur des États-Unis se fit le relais à Washington des arguments utilisés par le shah,qui les avait lui-même empruntés aux fabricants d'armes états-uniens : des ventes d armes accrues « bénéficieraient à l industrie des États-Unis le département de la défense (était) obligé de renflouer Lockheed),allégeraient considérablement la difficile situation de la balance des paiements et serviraient nos intérêts stratégiques vitaux dans le Golfe et au Moyen orient » (Timothy Mitchelle, Carbon democracy ; p, 190-191)
Au Venezuela
Depuis que D Trump a fait sa descente para militaire sur Caracas pour capturer Maduro et s' accaparer les ressources pétrolières du pays, afin de mener la guerre à la Chine, rien ne semble plus stopper ses ambitions ; il vise maintenant le Groenland.
En ce qui concerne plus spécifiquement l'industrie pétrolière du Venezuela, C' est sous la présidence de Carlos Andrés Pérez, que "La Gran Venezuela", prévoyait la nationalisation de l'industrie pétrolière, le Venezuela a officiellement nationalisé son industrie pétrolière le 1er janvier 1976 sur le site du puits de pétrole Zumaque .
Contrairement à d'autres nationalisations, celle-ci a pour caractéristique de venir de l' étranger. les compagnies étrangères perdent la propriété des gisements, mais elles ne sont pas expropriées brutalement ; elles ne sont pas expulsées, elles deviennent des prestataires techniques, et, surtout, elles sont indemnisées. La nationalisation sera considérée par les américains comme une réussite technocratique, puisque PDVSA était dirigée par des cadres formés à l'occidentale, réinvestissait ses bénéfices et entretenait des liens étroits avec les marchés internationaux. Il en résulte que l'intervention vise plus les livraisons de pétrole vers la Chine qu'une exploitation des réserves, d'ailleurs Chevron , malgré le blocus exploite toujours des puits.
Voir -sur la rente prétrolière le livre de Roland Simon « Moyen-Orient 195-2002 » ed,Senonevero
Voir aussi Carbon democracy de Timothy Mitchell ed.la découverte
5-démembrement et implosion du capitalisme d’état
Au cours de ce texte, nous avons successivement vu, que les nationalisations, étatisations, socialisations… malgré des termes différents recouvrent le même principe « faire assumer par l’ état les charges que le secteur privé se refuse de prendre pour diverses raisons ». L’ état dans ce cas agit comme mandataire de la classe capitaliste qui par l’ impôt assigne la société à pourvoir à ses déficits. L’étatisation se présente donc, comme une sorte de propriété collective de la classe capitaliste sur le secteur privé, en règle générale l’énergie et les transports . Cette dualité entre le secteur privé et d’état porte le non d’économie mixte, plus ou moins sous l’emprise de l’ état en fonction des intérêts capitalistes à dominante nationale8. Sachant que de part sa nature même le capital tend à s’émanciper de son cadre national dés qu'il se trouve à l’étroit. Il jette alors les béquilles de l' état national 9et se projette à l' extérieure des frontières.
Dés qu' il se sent suffisamment fort, il tend à remettre en cause la propriété capitaliste du voisin et à s’aliéner les colonies, en fait étendre son empire et le défendre, voir en agressant le voisin pour un repartage des zones d’influences. La situation actuelle avec le président des Etats-Unis D.Trump.
L' émergence de « l' impérialisme capitaliste » a comme fondement économique la domination réelle du capital son expansion planétaire pour savoir qui au final qui sera de nouveau le maître du monde. Tel est l' enjeu de la lutte des deux super puissances issues de la deuxième guerre mondiale.
Le bloc soviétique va devoir reconsidérer son expansion, l' occident rognant les territoires et positions conquises par la Russie de l' époque stalinienne. Le démantèlement de la zone soviétique est programmée, la Pologne sera le premier pays à sortir du bloc soviétique (1989),puis le mur de Berlin tombe (1989), en 1990 les pays baltes sortent de l' URSS, les « révolutions de couleurs » se succèdent entre (2000 et 2012), La Perestroïka de Gorbatchev (1991) ouvre ses portes à l'occident, La Yougoslavie de Tito le non aligné va se trouver liquidé par la guerre serbo-croatre qui se termine par le bombardement de la Serbie. L'Ukraine restant le dernier bastion de l' URSS.
XXX
La socialisation des moyens de production, suite à une révolution est venue poser quelques problèmes à la théorie classique du marxisme sur la transition du socialisme au communisme. Le premier problème que la révolution russe allait devoir affronter dans le domaine économique, fut son manifeste retard industriel sur l’Europe. Bien que Lénine essaya de démontrer qu’il y avait un développement de type capitaliste en Russie, il se retrouvera bien vite en face des réalités, et contraint, faute d’une révolution sociale en Europe, de marquer une pose qui allait se traduire par la NEP. L’ idée de « sauter par-dessus l’ étape du capitalisme » était réduite à l’ impuissance. La prise en main par l’état des principaux moyens de production ne fut qu’une étape d’une révolution qui ne voulait pas s’avouer bourgeoise, mais dont les digues allaient sauter les unes après les autres à la manière dont l’ austro Marxiste Otto Bauer l’avait prévu.10
« La représentation intellectuelle de la dictature était le communisme. La réalité était l’extension et l’affermissement de la base paysanne sur laquelle se développe le capitalisme russe » (p 80)
Ce que fait actuellement la Chine « communiste » ressemble beaucoup à ce que Lénine constatait à son époque et cité par Otto Bauer.
« Si le capitalisme se rétablit, ce sera aussi, par conséquent, le rétablissement de la classe du prolétariat occupé à produire les biens matériels utiles à la société, occupé dans les grandes fabriques mécanisées, au lieu de se livrer à la spéculation, à la fabrication de briquets pour la vente et à d'autres « travaux » pas très utiles mais parfaitement inévitables, étant donné la ruine de notre industrie. »11 (11). Et Lénine conclut : « Vous aurez à côté de vous des capitalistes. Vous aurez aussi à côté de vous des capitalistes étrangers, concessionnaires et affermataires, qui vous rafleront des profits se montant à des cents et des cents pour cent, qui s'enrichiront près de vous. Qu'ils s’enrichissent, et vous, vous apprendrez d'eux à gérer l'économie. Alors seulement vous saurez construire la république communiste. »12 (12).
Si le socialisme , a pour fonction de singer le capitalisme, il est bien évident qu’ au final vous n’obtiendrez pas une « république communiste » mais une « république bourgeoise », la Dictature du prolétariat n’ étant dans ce cas que le bâton servant à réaliser cet objectif. La question qui reste en suspend, après les révolutions russe et chinoise , sur une base économique amplement dominée par la paysannerie, est de savoir ce que nous entendons par « socialisation des moyens de production et d’ échanges » et quel est le cadre géographique de cette socialisation.
Pour le cadre géographique, tous les révolutionnaires internationalistes s’ accordaient à considérer qu’il s’ agissait d’ un cadre mondial, issu d’une révolution elle aussi mondiale. Cependant dans la réalité, toutes ces révolutions sont restées circonscrites dans le cadre national, aussi bien en théorie qu’en réalité.
Rosa Luxemburg et Anton Pannekoek furent les plus conséquents a mener une lutte contre le nationalisme , Pannekoek en Polémique avec Otto Bauer , va réaffirmer que la base économique du socialisme « n'est ni l'État ni la nation, mais le monde »(…) « Cette base matérielle de la collectivité, la production mondiale organisée, transforme l'humanité future en une seule et unique communauté de destin. Pour les grandes réalisations qui les attendent, la conquête scientifique et technique de la terre entière et son aménagement en une demeure magnifique pour une race de seigneurs [ein Ceschlecht von Herrenmenschen] heureuse et fière de sa victoire et qui s'est rendue maître de la nature et de ses forces, pour ces grandes réalisations - que nous ne pouvons aujourd'hui qu'à peine imaginer - les frontières des États et des peuples sont trop étroites et trop restreintes. La communauté de destin unira l'humanité entière dans une communauté de conception et de culture. » . (Anton Pannekoek , lutte de classe et nation ed 10/18 sous le titre Nation et lutte de classe pages 162 à 163)
La communauté de destin définie comme universelle, devra organiser le monde pour y éradiquer la propriété privée des moyens de production et d’échange. Certains disent que le prolétariat doit s’ approprier ces moyens, d’ autres que le prolétariat prend possession des moyens de production et d’ échange.
G.Bad mis en ligne le 20 01 2026
notes __________________________________________________________________________
1 Pour en finir avec les salaires de misère, les cadences infernales, la pression permanente, la précarité, il n’y a pas d’autre solution que d’arracher les grandes entreprises aux capitalistes, d’imposer leur nationalisation sans indemnités ni rachat et sous contrôle des travailleurs. Mais ce n’est pas pour avoir l’État capitaliste comme patron ! Cette lutte implique le combat pour un gouvernement qui ne soit pas au service des capitalistes, qui rompe avec le capitalisme : un gouvernement des travailleurs, élu et contrôlé démocratiquement comme l’est le comité de grève à l’échelle de l’usine. ( Tract du groupe CRI « VIVE LA GRÈVE DES OUVRIERS DE PSA-AULNAY ! IL EST URGENT QUE LA GRÈVE S’ÉTENDE À TOUT PSA ! »
2Voir les articles de Bruno Rizzi sur le sujet .'profit et à l’exploitation du travail salarié '
3 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Argentine était la cinquième puissance économique mondiale. Sous le régime péroniste qui a duré de 1943 à 1974, elle a connu une prospérité sans précédent. L'État joue alors un véritable rôle d'État providence en favorisant notamment les nationalisations d'entreprises, la subvention des transports publics, l'aide à l'accès à la propriété privée et la protection sociale. Dans le cadre de sa politique « justicialiste », il met de l'avant des réformes, comme l'octroi du vote aux femmes, et procède à des nationalisations dans les secteurs du crédit, des transports et des ressources naturelles. Peron profite aussi de la popularité de son épouse Evita, dont le dévouement pour les pauvres suscite l'admiration des Argentins.
4 EN 1938, le président Lazaro Cardenas décrétait la nationalisation du pétrole mexicain, qui appartenait alors à des groupes américains. Le peuple mexicain répondait à son appel de manière extraordinaire, en offrant ses économies pour aider le gouvernement à indemniser les compagnies pétrolières. Le pétrole appartenait désormais à la bourgeoisie mexicaine,
5 « La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, bien qu'elle ne soit pas, quant au fond, une lutte nationale, en revêt cependant tout d'abord la forme. Il va sans dire que le prolétariat de chaque pays doit en finir, avant tout, avec sa propre bourgeoisie. » ( Le manifeste communiste ed Pékin page 46/47) « En outre, on a accusé les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n'ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu'ils n'ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s'ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l'uniformité de la production industrielle et les conditions d'existence qu'ils entraînent. « » ( Le manifeste communiste ed. Pékin page 56)
6 Alors que la haine de classe contre le prolétariat et la menace immédiate de révolution sociale qu'il représente détermine intégralement les faits et gestes des classes bourgeoises, leur programme de paix et leur politique à venir, que fait le prolétariat international ? Totalement sourd aux leçons de la révolution russe, oubliant l'abc du socialisme, il cherche à faire aboutir le même programme de paix que la bourgeoisie et le préconise comme son programme propre ! Vive Wilson et la Société des Nations ! Vive l'autodétermination nationale et le désarmement ! Voilà maintenant la bannière à laquelle se rallient soudain les socialistes de tous les pays - et avec eux les gouvernements impérialistes de l'Entente, les partis les plus réactionnaires, les socialistes gouvernementaux arrivistes, les socialistes oppositionnels du marais « fidèles aux principes », les pacifistes bourgeois, les utopistes petits-bourgeois, les États nationalistes parvenus, les impérialistes allemands en faillite, le pape, les bourreaux finlandais du prolétariat révolutionnaire, les mercenaires ukrainiens du militarisme allemand.
7Voir : Spartacus et la commune de Berlin 1918-1919 ed. Spartacus André et Dori Prudhommeaux.
8 Les grandes entreprises sont vouées à produire pour un marché international en expansion et à y vendre leurs produits avec profit. Si les profits qu’elles réalisent de la sorte n’ augmente pas, elles sombreront sur leur marché national dans une stagnation qui ne manquera pas de rendre plus nécessaire que jamais le maintien de la stabilité sociale grâce à l’ essor de la production induite par l’ Etat. P 317 P Mattick
9“ Aussi longtemps que le capital est faible, il s’appuie simplement sur des béquilles prises dans les modes de production passés ou en voie de disparition à la suite de son développement. Sitôt qu’il se sent fort, il à ses propres lois. Enfin, lorsqu’il commence à sentir’ et à savoir qu’il devient lui- même une entrave, il cherche refuge dans des formes qui, tout en parachevant la domination du capital, brident la libre concurrence et annoncent la dissolution du mode de production fondé sur le capital. ” (Grundrisse 3. Chapitre du Capital, édt 10/18 , page 261.)
10 Voir Otto Bauer et la révolution ed. edi « Le « Nouveau cours « dans la russie des soviets » p. 73
11 ( 11) Nous avons remplacé la traduction de Bracke, faite de l'allemand par le te, te français (les « Editions en langues étrangères » de Moscou : Œuvres de Lénine 1961, t. 33, p. 59. Les mots ou phrases en italiques ont été soulignés par Otto Bauer.
12 (12) Ibid., p. 66. Pour une interprétation correcte des jugements d'Otto Bauer sur la Russie des soviets dans cette brochure, il faut bien garder en mémoire ce discours de Lénine, rarement cité, de nos jours, par les « marxistes-léninistes » car c'est une des premières formulations de la <. coexistence pacifique ». Voir d'autres textes léninistes du même genre dans l'article : Les .soviets. Quels soviets ? ira : revue Autogestion, cahier n° 4, décembre 1967, pp. 145-162.

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