En Italie, la filiale IVECO de Fiat Stellantis fabrique déjà du matériel militaire et est prête à augmenter sa production, reprenant des usines automobiles à Fiat.
Les banques françaises ont augmenté de 26% les prêts aux entreprises de la défense en 2025, encouragées par le gouvernement. La somme prêtée s'élève à 46 milliards d'euros.
Par exemple, certains investisseurs très sensibles aux "risques ESG" (environnementaux, sociaux et de gouvernance) excluaient le financement des entreprises liées aux armes et aux munitions. Un an plus tard, "des progrès ont été réalisés", a estimé jeudi Catherine Vautrin, ministre des Armées, à l'occasion de la présentation des conclusions de ce "dialogue de place".
"Les banques ont toiletté leur politique d'exclusion, il n'y a plus de notion d'arme controversée par exemple", a observé Philippe Brassac, ex-dirigeant du Crédit Agricole et co-président du "dialogue de place".
En 2025, selon le gouvernement, près de 900 millions d'euros ont été investis par des fonds français dans des entreprises de la "base industrielle et technologique de défense" (BITD) française, qui compte de grands groupes comme Dassault Aviation, Thales ou Airbus, mais surtout plusieurs milliers de PME. La BITD a encore besoin de 4 à 6 milliards d'euros en fonds propres d'ici 2030, a chiffré le gouvernement.
Outre les banques et les fonds, le ministre de l'Economie Roland Lescure s'est félicité jeudi qu'à fin mars, "56 millions d'euros" ont été placés par les particuliers dans le fonds dédié à la défense de la banque publique d'investissement Bpifrance, lancé en octobre dernier. Ce montant était déjà de 50 millions d'euros à fin décembre, pour un objectif total de 450 millions d'euros.
Le Trésor américain menace de sanctionner les banques chinoises faisant affaire avec l’Iran
Le « cessez-le-feu » autoproclamé par Trump dans sa guerre d’agression contre l’Iran se révèle rapidement être le prélude à une nouvelle escalade majeure de ce qui est en réalité un conflit mondial, impliquant désormais la Chine.
Selon une enquête du Guardian, dont les résultats ont été publiés mercredi, avec un prix du pétrole avoisinant les 100 dollars le baril, les principaux conglomérats pétroliers d'Arabie saoudite, de Russie, des États-Unis, de Grande-Bretagne et d'Europe encaisseront 234 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires en 2026, soit un afflux supplémentaire de 30 millions de dollars par heure pour le reste de l'année.
Rubrique : le travail du consommateur
Nous avons à plusieurs reprises montré comment l' utilisation des nouvelles technologies et les plateformes faisaient travailler ( sans charges sociales) le consommateur. Anne Marie Dujarier dans son livre « le travail du consommateur » dresse un tableau édifiant de cette tendance qui menace le salariat. Deux exemples à venir les enseignants avec l'IA, les médecins avec
les box médicales ou le patient pratique une auto-consultation.
« Je n’ai plus l’impression de travailler avec du vivant » : quand l’ONF impose la gestion numérique des forêts
Par Zoé Neboit et Adrien Labit (photographies)
10 avril 2026 à 15h32 Mis à jour le 13 avril 2026 à 11h41
Durée de lecture : 10 minutes
En forêt, l’urgence climatique impose des coupes, choisies en s’appuyant sur des outils prédictifs numériques, plaide l’ONF. Quid du travail de terrain et de l’adaptation naturelle des bois, rétorquent certains forestiers ?
Parroy (Meurthe-et-Moselle), reportage
« La cime est fatiguée mais le houppier s’est densifié, on voit aussi que les branches ont créé des suppléants. L’arbre est stressé mais pas en dépérissement irréversible. » Dans la forêt domaniale de Parroy (Meurthe-et-Moselle), Frédéric Bedel balaye du doigt le petit livret de la méthode Archi, édité par le Centre national de la propriété forestière (CNPF), pour établir la santé d’un arbre.
Ingénieur forestier, il est secrétaire national du Snupfen et représentant de ce syndicat au sein de l’association SOS Forêt France. Dans l’agence de Nancy, où il est chef du service forêt, et au-delà, il s’est fait connaître comme l’un des plus ardents défenseurs de l’adaptation naturelle de la forêt face au réchauffement climatique. Une vision qui s’entrechoque avec la politique de plus en plus interventionniste de l’Office national des forêts (ONF), principal gestionnaire en Lorraine où la forêt publique représente 63 % des massifs. Cette politique s’appuie sur des outils numériques prédictifs qui rendent les agents dubitatifs : cette aide à la décision — aux suggestions contestables — pourrait se substituer à un travail de terrain. « On vit vraiment une phase de bascule », dit Frédéric Bedel. Lire la suite sur Reporterre
Hewlett Packard: suppression de 4 à 6.000 emplois
Hewlett Packard (HP) a annoncé un grand plan de suppression d’emplois de 4000 à 6000 emplois (dans le monde) pour un effectif de 58000 salariés dans un plan à l’horizon 2028. Il s’agit d’économiser 1 milliard de dollars brut par an pour des coûts de restructuration annoncés de 650 millions de dollars (« gain net » = 2,3 milliards de dollars). Les emplois visés se concentrent dans les fonctions support (opérations internes, support client en particulier).et développement produit.
Dans le même temps, la Direction de HP affirme vouloir améliorer la satisfaction client (en réduisant donc le nombre d’interlocuteurs pour les clients), stimuler l’innovation produit (en réduisant donc les équipes de développement produit) et accroître la productivité, conséquence mécanique de la suppression des postes « tertiaire » (qui coûtent et ne rapportent rien en termes de monnaie sonnante et trébuchante).
Les patrons de HP comptent sur l’intelligence artificielle (IA) pour accomplir les missions des salariés remerciés ou non remplacés et c’est une première « historique » : une réduction d’effectifs liés à un usage plus intensif de l’IA. Il n’est pas impossible qu’ils aient utilisé cet outil de manière à concocter leur plan d’une triste banalité. Nous ignorons si l’IA a souligné son propre conflit d’intérêt dans cette affaire !
Plus sérieusement, dans l’arsenal des justifications à supprimer les postes de travail afin d’augmenter la « profitabilité » des entreprises, l’IA fait ainsi une entrée… pas si fracassante que cela : l’annonce de HP a été suivi par la baisse de sa cotation en Bourse. 6000 postes supprimés ? Sans doute le Capital attend davantage de l’IA ! (PRC)
les chiffres d’une sale guerre
Publié le 22/04/2026 « LO »
Un rapport conjoint de la Banque mondiale, de l’UE et de l’ONU estime à 71,4 milliards de dollars le coût de la reconstruction de Gaza. Les chiffres des destructions sont vertigineux : près de 400 000 logements détruits, 50 % des hôpitaux, la quasi-totalité des écoles… Et l’aide humanitaire continue à arriver au compte-gouttes : environ 200 camions par jour, contre 600 qui seraient nécessaires.
Parallèlement, l’ONU dénonce une « vague incessante de meurtres » de Palestiniens, tués « à bas bruit » dans la bande de Gaza par l’armée israélienne : au moins 700 morts et plus de 2 000 blessés en six mois ont été comptabilisés. La guerre du gouvernement de Netanyahou contre la population gazaouie n’est pas finie,
WS-Les dépenses militaires mondiales atteignent le record de 2887 milliards de dollars
Andre Damon
Les dépenses militaires mondiales ont atteint le record de 2887 milliards de dollars en 2025 : le niveau le plus élevé jamais enregistré et la 11e année consécutive de croissance, a rapporté lundi l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Cette explosion des dépenses militaires survient alors que l'administration Trump mène la guerre partout dans le monde, du Venezuela à l'Iran, et que les puissances impérialistes européennes et le Japon mènent une campagne de réarmement massif accompagnée d'une attaque systématique contre les dépenses sociales.
Avec 954 milliards de dollars de dépenses militaires en 2025, les États-Unis sont restés le premier pays au monde en termes de dépenses militaires, représentant un tiers des dépenses militaires mondiales.
Des avions de chasse américains F-35 sont stationnés sur le tarmac tandis que du personnel militaire circule parmi les appareils à l'aéroport José Aponte de la Torre à Ceiba, Porto Rico, le samedi 3 janvier 2026. [Photo AP/Alejandro Granadillo]
« Les dépenses approuvées par le Congrès américain pour 2026 ont dépassé les 1000 milliards de dollars, une augmentation substantielle par rapport à 2025, et pourraient encore grimper à 1500 milliards de dollars en 2027 si la dernière proposition de budget du président Trump est acceptée », a déclaré Nan Tian, directeur du programme du SIPRI sur les dépenses militaires.
L'administration Trump a soumis cette proposition le 2 avril, le Pentagone ayant publié la répartition détaillée le 21 avril : un budget de la défense de 1500 milliards de dollars pour l'exercice 2027, la plus importante demande de défense pour une seule année dans l'histoire des États-Unis et une augmentation de 42 % par rapport à l'année précédente. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que cette demande allait « étendre la domination militaire américaine pour les décennies à venir » et permettrait de construire ce que le président américain Donald Trump a appelé « l'armée de rêve ».
Ce budget alloue 17,5 milliards de dollars au programme de défense antimissile « Golden Dome », 65,8 milliards à la construction navale, 71,2 milliards à la Force spatiale et environ 74 milliards aux drones et aux systèmes anti-drones.
Cela fait suite à la campagne de bombardements américains contre le Venezuela et à l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier, à la guerre contre l'Iran – actuellement sous un cessez-le-feu fragile tandis que le détroit d'Ormuz reste sous blocus américain – et à la fourniture continue d’armes au génocide perpétré par Israël à Gaza.
La stratégie de sécurité nationale 2025 de l’administration, publiée en décembre, déclare que « dissuader un conflit à propos de Taïwan, idéalement en préservant la supériorité militaire, est une priorité » et promet de « rétablir la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental » tout en refusant aux « concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes » dans la région.
En décembre, Trump a signé une disposition de la loi d'autorisation de la défense nationale (NDAA) établissant l'enregistrement automatique de tous les hommes aux États-Unis âgés de 18 à 26 ans auprès du système de service sélectif, condition préalable à une future conscription militaire. L'enregistrement automatique entrera en vigueur en décembre 2026.
Les dirigeants démocrates au Congrès ont soutenu toutes les lois sur l'autorisation de la défense nationale adoptées au cours de la dernière décennie et ont fait savoir qu'ils ne s'opposeraient pas à la demande de 1500 milliards de dollars formulée par l'administration Trump.
Les dépenses des puissances impérialistes européennes, prises dans leur ensemble, ont presque égalé celles des États-Unis, avec une hausse de 14 % pour atteindre 864 milliards de dollars, dans le cadre d’un vaste programme de réarmement. Le SIPRI a qualifié cette hausse de « plus forte augmentation annuelle des dépenses d’armement en Europe centrale et occidentale depuis la fin de la Guerre froide ». L’Asie et l’Océanie ont enregistré une hausse de 8,1 %, pour atteindre 681 milliards de dollars, soit la plus forte augmentation annuelle dans la région depuis 2009.
« Les dépenses militaires mondiales ont de nouveau augmenté en 2025, les États ayant réagi à une nouvelle année marquée par les guerres, l’incertitude et les bouleversements géopolitiques en lançant des programmes d’armement à grande échelle », a déclaré Xiao Liang, chercheur au sein du Programme sur les dépenses militaires et la production d’armes du SIPRI. « Compte tenu de l’ampleur des crises actuelles, ainsi que des objectifs à long terme de nombreux États en matière de dépenses militaires, cette croissance devrait se poursuivre tout au long de l’année 2026 et au-delà. »
Les 29 membres européens de l'OTAN ont dépensé un total de 559 milliards de dollars en 2025. Vingt-trois des 32 membres de l'OTAN ont atteint ou dépassé le seuil de 2 % du PIB fixé par l'alliance. En juin 2025, l'alliance a convenu de porter cet objectif à 5 % du PIB d'ici 2035. Les dépenses militaires de la Belgique ont augmenté de 59 % en une seule année, celles de l'Espagne de 50 %, de la Norvège de 49 %, du Danemark de 46 %, de la Pologne de 23 % et du Canada de 23 %.
« En 2025, les dépenses militaires des membres européens de l'OTAN ont augmenté plus rapidement qu'à n'importe quel moment depuis 1953 », a déclaré Jade Guiberteau Ricard, assistante de recherche au SIPRI.
L'Allemagne a été le pays européen qui a consacré le plus de dépenses à son armée, augmentant son budget de 24 % pour atteindre 114 milliards de dollars, ce qui marque la troisième année consécutive de hausse à deux chiffres et en fait désormais le quatrième budget militaire mondial. Le budget militaire allemand a atteint 2,3 % du PIB, franchissant pour la première fois le seuil des 2 % depuis 1990. Berlin s'est engagé à atteindre 3,5 % d'ici 2029, en exemptant toutes les dépenses militaires supérieures à 1 % du PIB de son frein à l'endettement constitutionnel.
Le 22 avril, le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius et l'inspecteur général de la Bundeswehr, Carsten Breuer, ont présenté la première stratégie militaire globale de la Bundeswehr dans l'histoire de l'État allemand d'après-guerre. Le document déclare l'objectif de construire « l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe », d'élargir la Bundeswehr à 460.000 soldats actifs et réservistes, de déployer une brigade de combat permanente en Lituanie, de réorganiser « l'État, l'économie et la société » pour une « défense totale » et de préparer la réintroduction de la conscription.
S'adressant lundi aux industriels lors du salon de Hanovre, Pistorius a déclaré : « Un secteur industriel fort est une condition préalable indispensable à la défense de la démocratie et à la sécurité. » Il s'agit du plus gros programme de réarmement allemand depuis la Seconde Guerre mondiale.
L'Ukraine a consacré 84,1 milliards de dollars à son armée en 2025, soit 40 % de son PIB et 63 % de l'ensemble des dépenses publiques, la proportion la plus élevée au monde pour la quatrième année consécutive. La Russie a dépensé 190 milliards de dollars, soit l'équivalent de 7,5 % de son PIB.
« En 2025, la part des dépenses militaires dans les dépenses publiques a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré tant en Russie qu'en Ukraine », a déclaré Lorenzo Scarazzato, chercheur au SIPRI. « Leurs dépenses continueront probablement de croître en 2026 si la guerre se poursuit. »
La Chine a dépensé environ 336 milliards de dollars. Les dépenses du Japon ont bondi de 9,7 % pour atteindre 62,2 milliards de dollars, soit 1,4 % du PIB, la part la plus élevée depuis 1958. Les dépenses militaires de Taïwan ont augmenté de 14 % pour atteindre 18,2 milliards de dollars, sa plus forte augmentation annuelle depuis au moins 1988, après que Trump a exigé que l'île porte ses dépenses à 10 % de son PIB.
« Les alliés des États-Unis en Asie et en Océanie, tels que l’Australie, le Japon et les Philippines, augmentent leurs dépenses militaires, non seulement en raison des tensions régionales de longue date, mais aussi en raison de l’incertitude croissante quant au soutien américain », a déclaré Diego Lopes da Silva, chercheur senior au SIPRI.
Le 21 avril, le gouvernement d'extrême droite de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a levé l'interdiction d'exporter des armes létales, l'une des ruptures les plus nettes avec le cadre constitutionnel d'après-guerre établi sous l'occupation américaine, qui est censé bloquer la résurgence du militarisme japonais. Mitsubishi Heavy Industries, Kawasaki Heavy Industries et d'autres entreprises d'armement japonaises seront désormais autorisées à vendre des armes à 17 pays.
Takaichi a accéléré la mise en œuvre de l'engagement pris par le Japon d'augmenter ses dépenses militaires à 2 % du PIB, a ordonné une révision en profondeur des stratégies nationales de sécurité et de défense du pays et poursuit des réformes constitutionnelles visant à saper l'article 9, la clause dite « pacifiste ». L'armée japonaise a commencé à déployer des missiles de frappe longue distance à portée de tir de la Chine continentale à travers l'archipel des Ryukyu, et installe des unités de missiles sol-air sur l'île de Yonaguni, à seulement 110 kilomètres de Taïwan.
Dans une déclaration faite en novembre 2025 devant le parlement japonais, Takaichi a affirmé qu'un blocus naval chinois de Taïwan « pourrait sans aucun doute constituer un cas de situation menaçant la survie » : le déclencheur juridique qui autorise le déploiement des Forces japonaises d'autodéfense. Le ministère des Affaires étrangères de Pékin, dans une déclaration ce mois-ci, a accusé Tokyo de s'orienter vers un « nouveau militarisme ».
Partout dans le monde, les gouvernements réduisent drastiquement les dépenses sociales pour financer le réarmement. Les chercheurs du SIPRI ont averti que le détournement des ressources nationales entraînerait des coupes dans les services sociaux, les soins de santé et l'aide au développement. La demande de 1500 milliards de dollars formulée par Trump au Pentagone serait financée en partie par une réduction de 10 % des dépenses discrétionnaires hors défense : soins de santé, recherche scientifique, logement et éducation.
Lors d'un déjeuner privé organisé à la Maison-Blanche le 1er avril à l'occasion de Pâques, Trump a clairement exposé les conséquences. Il aurait déclaré au directeur du Bureau de la gestion et du budget Russell Vought : « N'allouez aucun budget aux crèches, car les États-Unis ne peuvent pas se permettre de financer les crèches. » Il a expliqué : « Nous sommes en guerre. »
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