G.Bad-Les
nationalisations,l’ état ,l'impérialisme, la militarisation et
les guerres. 2éme partie
« C’est
pourquoi l’argent, sous sa forme immédiate, correspondant à une
phase historique antérieure au capital, apparaît à celui-ci comme
frais de circulation. Le capital s’efforcera donc de se convertir
en une forme qui lui soit adéquate, en en faisant le représentant
d’une phase de la circulation qui ne lui coûte pas de travail et
n’a pas de valeur. Le capital cherche donc à supprimer l’argent
sous sa forme et son existence traditionnelles et immédiates et à
le transformer en un produit du capital, en en faisant un produit
purement idéal, c’est-à-dire matériellement aboli. »
Fondements t II p 186
5-Les
restructurations du capitalisme à l’échelle mondiale hier et
aujourd'hui
Nous
avons déjà longuement débattu au sein de la gauche communiste au
sens large et plus réduit de la gauche germano-hollandaise de
Pannekoek, Rosa Luxemburg, des conséquences sociales engendrées par
les nouvelles découvertes. La saga du capital pleinement développé
celui de la grande industrie, celui de la machinerie et du crédit,
celui de l' extraction de la plus-value relative va s'imposer par
strates successives au monde entier. D' abord concentré en Europe à
l' ère du charbon, la grande industrie va s' étendre au monde
entier à l’ère du pétrole et du moteur à explosion. Le travail
à la chaîne se développera avec le taylorisme,le fordisme, puis le
toyotisme pour aboutir aujourd'hui à un système ou nous avons des
entreprises entièrement automatiser, pour en citer deux l'
entreprise Lego et Amazon. L'informatisation/numérisation de la
société est venue parachever la domination du travail mort sur le
travail vivant, dans un premier temps la machinerie concurrençait la
force physique des exploités la masse ouvrière concentrée et
organisée, puis progressivement les ordinateurs vont faire leur
apparition et commenceront à concurrencer les capacités du cerveau
humain mettant en péril des franges entières de la dite classe
moyenne. L'introduction du Smarphone et de l' Intelligence
Artificielle IA vont sans aucun doute poser à la société la
question de l' avenir du salariat .
Il
faut se reporter à l' article du Forum Economique Mondial FEM « La
Quatrième révolution
industrielle : ce qu’elle implique et comment y faire face »
du 27 octobre 2017. Elle a au moins le mérite de bien recadrer comme
nous le faisons le contenu de ces « révolutions »
« Lors
de la Première révolution industrielle, l’eau et la vapeur ont
permis de mécaniser la production. La Seconde révolution
industrielle a exploité l’énergie électrique pour créer la
production de masse. La Troisième révolution industrielle s’est
appuyée sur l’électronique et les technologies de l’information
pour automatiser la production. La Quatrième révolution
industrielle en est issue : c’est la révolution numérique, née
au milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion des
technologies qui gomment les frontières entre les sphères physique
, numérique et biologique. » « L’ampleur et
l’importance de ces changements annoncent la transformation de
systèmes entiers de production, de management et de gouvernance. »
« L’automatisation
se substituant à la main d'œuvre dans l'ensemble de l'économie, le
remplacement pur et simple des travailleurs par des machines pourrait
accentuer l'écart entre le rendement du capital et celui du travail.
D’un autre côté, si la technologie remplace les travailleurs, il
est possible que le nombre d’emplois sûrs et valorisants augmente
globalement. »
Le
Forum 2026 se tient à Davos du 19 au 23 janvier.
Les
restructurations de la sphère de circulation du capital
Après
la seconde guerre mondiale, la restructuration du capitalisme mondial
est à l' ordre du jour, période ou le système d' exploitation va
s' étendre sur la base de l' extraction de la plus-value relative,
c' est à dire de la machinerie qui partout va se développer , avec
comme fouet l' expansion du capital fictif ,le crédit. Le monde
se divise alors en deux blocs, le monde occidental sous hégémonie
américaine et le monde dit soviétique, la fameuse « coexistence
pacifique » et ses guerres localisées.
La
conférence économique de Gênes, en 1922, avait confirmé
la primauté de l'étalon-or : toutes les monnaies étaient évaluées
en référence à l'or et les banques centrales devaient être en
mesure de donner leur équivalent en or à quiconque en faisait la
demande. Cela était le cas lorsqu'un pays avait une
balance commerciale déficitaire : ses fournisseurs n'avaient d'autre
choix que de convertir en or le produit de leurs ventes. Mais le
krach
de Wall Street de
1929 allait mettre à nu les faiblesses des pays européens.
L'étalon-or ayant failli, il fallait le réformer. C'est à quoi
vont s’atteler les Anglo-saxons dès que se profile la défaite
de l'Axe Berlin-Tokyo.
Pour
le monde occidental, la
deuxième guerre mondiale n’est pas encore finie, que dés l'été
1942, le Chancelier de l'Échiquier britannique et le Secrétaire du
Trésor américain, chargés des questions économiques et
financières entament des négociations par le biais de leurs
conseillers respectifs. Le premier est le
prestigieux économiste John Maynard Keynes,
le second, moins connu, est Harry
Dexter White,
un proche du très influent Secrétaire du Trésor Henry Morgenthau ,
Keynes va
préconiser une organisation multilatérale qui laisse à chaque
pays une certaine marge de manœuvre économique, commerciale et
monétaire. Il sera à l'origine de vouloir en finir avec l'or qu'il
va appeler « la relique barbare » pour la remplacer par
le Bancor. Le bancor est toutefois refusé par Harry Dexter White,qui
veut faire du dollar américain la monnaie internationale de
référence, qui sera utilisée par les banques centrales dans le
cadre de leurs réserves. Cela donnera au dollar un privilège
exorbitant. Les
États-Unis pensent déjà à la nouvelle organisation monétaire
mondiale, au désendettement des pays ruinés par le conflit et à
leur reconstruction. une conférence financière réunit les
représentants de 44 nations alliées à Bretton Woods
(New-Hampshire, États-Unis). Elle se conclut le 22 juillet 1944
en mettant en place un nouveau système financier destiné a asseoir
le dollar comme
monnaie universelle.
Les
accords de Bretton Woods se concrétisent par la création du
Fonds
Monétaire International
(FMI) et la Banque
Mondiale (BIRD,
Banque Internationale pour la reconstruction et le développement).
Ils vont inaugurer une longue période de stabilité monétaire qui
perdurera jusqu'à la fin
de la convertibilité-or du dollar
par le président Richard Nixon.
« Lorsque
les dépenses militaires à l’étranger ont provoqué le déficit
la balance des
paiements
US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l’étalon or en
1971, les banques
centrales
se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé
pour solder les
déséquilibres
des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les
flux issus des
paiements
ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci
étaient « aussi
fiables
que l’or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4
000 milliards de
dollars
de ces obligations dans leurs réserves internationales. » M
Hudson la dédolarisation
Tant
que les Etats-Unis, disposaient dans les coffres de Fort- Knox
d'importante réserves en or, il n' y avait pas de problème. C'est
seulement quand la croissance économique se déplaça des Etats-Unis
vers l' Europe, que les réserves d' or des américains
s'amenuisèrent et se traduisirent par un déficit de plus en
plus important de leur balance des paiements..
Le dollar commençait à, ressembler à de la fausse monnaie
engendrant régulièrement sa remise en cause. C’est en mars 1968,
qu’une nouvelle crise monétaire éclate , qui se soldera par la
mise en place d’un double marché de l’ or.
Depuis,
tous ceux qui ont essayés de détrôner le dollar , n’y sont pas
parvenus, En France De
gaulle ( 1965),
puis Giscard ont essayés, ils ont été évincés. Quand Saddam
Hussein voulu payer le pétrole
en
euro,
il avait mis en place une arme de « destruction massive »
qui lui vaudra la vie.
Depuis,
la crise financière de 2008 a considérablement réduit la puissance
de la City et de Wall street, le dollar n‘est même plus une
monnaie suspecte, il n’ est plus une monnaie ou mais une monnaie
hélico alimentée par la planche à billet. Alors les détenteurs de
dollars s’énervent un peu plus et prennent des initiatives, les
monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Emirats arabes unis,
Koweit, Oman, Qatar), envisageaient, pour 2010 une monnaie unique sur
le modèle de l’ euro. Au moment de signer l’ accord il n’ en
restait plus que quatre. Puis se fut le tour des détenteurs de
matières énergétiques qui ne veulent pas être les dindons de la
farce et de passer à l’ offensive. Le Cartel de l’ OPEP et la
Russie veulent marcher sur les traces de Saddam Hussein; ils comptent
mettre en place une monnaie unique pour honorer les contrats
pétroliers. Le Kazakhstan et l’Iran veulent une monnaie régionale,
la Chine propose la mise en place d’une
monnaie universelle
par la mise en place d’un instrument de paiement dont la valeur
serait déterminée à partir d’un panier de monnaies, et non plus
fixée sur celle du dollar américain. Or cet instrument existe déjà,
mais pas pour cet usage : ce sont les Droit a Tirages Spéciaux DTS.
Dominique Strauss-Kahn déclarait « légitimes » les
discussion sur une nouvelle monnaie de réserve.
Le
célèbre
Michael Hudson,
dans son article :
Dé-dollarisation: le
démantèlement de l’ empire militaire et financier américain (17
juin 2009) va jusqu à dire :
« La ville Russe de
Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait
désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement
les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement
l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en
1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé
par les USA a été mis à bas.
La remise en cause de
l’Amérique sera le thème principal des réunions élargies de
Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin
rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe
Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l’
Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Cette alliance
regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le
Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et
la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi le Brésil s’y
joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC
(Brésil, Russie, Inde et Chine). »
Suite à cette réunion le
Président Sarkozy s’ est dit en accord avec l’ esprit de
Iekaterinbourg, ceci dans la logique du Gaullisme et lors du G8 qui
s’ est tenue à L’ Aquila (Italie) plusieurs chefs d’État et
de gouvernement ou leurs représentants ont clairement remis en cause
l’ordre monétaire existant depuis les accords de Bretton Woods,
ainsi que la prédominance du dollar dans les échanges mondiaux.
Nicolas Sarkozy, a appelé à un débat sur la monnaie de réserve.
Le représentant chinois a évoqué, pour sa part, « un régime
monétaire international de réserve diversifié et rationnel »
sur la base des droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de
monnaies utilisé par le Fonds monétaire international (FMI).
Depuis D Trump a entrepris une
restructuration de l'ordre mondial mettant à jour les vraies
intentions de l' Amérique dans un contexte ou de nouveau le dollar
se trouve attaqué comme monnaie universelle, sans compter la mise en
vente par la Chine et autres des bons du trésor américain.
En
conclusion
Nous avons vu au cours de ce texte le
rôle bien particulier des nationalisations tant intérieur comme
mesure protectionniste qu' extérieur comme mesure s'inscrivant dans
le repartage du monde. Nous avons souligné que les nationalisations
n'étaient qu'une prise de possession provisoire des l' états,
visant une restructuration de l' appareil productif global par la
liquidation absorption « des canard boiteux » en terme
marxiste la pléthore de capital .
Nous avons mis en exergue le rôle
historique de la « social-démocratie » et de son
« socialisme du temps de guerre » ces promoteurs d' un
capitalisme d' état bureaucratique, et de la militarisation de
l'économie comme sortie de crise. Nous avons traité à part les
nationalisations liées à la rente pétrolière et au recyclage de
cette rente en faveur des industries d' armement notamment
américaines.
Nous avons essayé de montrer en quoi,
la restructuration du capital total vise principalement la sphère de
circulation de celui-ci, sa dévalorisation c' est à dire une
nouvelle guerres des monnaies. avec ses mesures protectionnistes, ses
droits de douanes et tout le chapelet de révoltes réactionnaires
générées par ces mesures.
Nous avons terminé sur la régulière
remise en cause du dollar et de ses échecs répétés, bien qu'
aujourd’hui' hui il n'est pas impossible que le dollar soit doublé
par paquet de monnaie du type des DTS. En effet les menaces
maintenant permanentes de Trump vis à vis de l'Europe, viennent de
réveiller la vieille Europe, qui notons le au passage à aussi un
moyen de faire chanter notre artiste de la maison blanche.
Pour Deutsche Bank, l'UE dispose d'un autre outil pour faire
pression sur Donald Trump: son stock d'actifs américains. "Malgré
sa puissance militaire et économique, les États-Unis présentent
une faiblesse majeur: leur dépendance financière, due à
d'importants déficits extérieurs, les pousse à dépendre des
autres pays pour financer leur dette", souligne George
Saravelos, stratégiste devises chez Deutsche Bank.Or, l'Europe "est
le principal créancier des États-Unis" puisque les pays du
Vieux continent abritent "8.000 milliards de dollars
d'obligations et d'actions américaines, soit près du double de ce
que détient le reste du monde".
Et Patrick Artus Membre du Cercle des économistes, conseiller
spécial de Natixis qui nous informe d'un retour du risque bancaire
américain :
« Le
quatrième mécanisme est la déréglementation des banques aux
États-Unis. Le superviseur des banques à la Réserve fédérale
veut réduire les exigences de fonds propres. Il veut aussi alléger
les stress tests, qui mesurent la résistance des banques à des
chocs défavorables. Cela va permettre aux banques américaines
d’accorder davantage de crédits. On va donc avoir davantage de
prêts bancaires avec moins de réserves en fonds propres. Ce sont
les mêmes ingrédients que ceux qui avaient déclenché la crise des
subprimes en
2007-2008. »
ANNEXE
6-Engels
et l'étatisation
C'est
principalement dans « socialisme utopique et socialisme
scientifique » un résumé de l'imposant « anti-during »
que Engels fera connaître les idées du socialisme scientifique. Il
insistera sur le caractère capitaliste de la transformation de
sociétés privées en propriété d' état , le capitalisme
collectif.
« Mais
ni la transformation en sociétés par actions et en trusts, ni la
transformation en propriété d'État ne supprime la qualité de
capital des forces productives. Pour les sociétés par actions et
les trusts, cela est évident. Et l'Ètat moderne n'est à son tour
que l'organisation que la société bourgeoise se donne pour
maintenir les conditions extérieures générales du mode de
production capitaliste contre des empiétements venant des ouvriers
comme des capitalistes isolés. L'Ètat moderne, quelle qu'en soit la
forme, est une machine essentiellement capitaliste: l'Ètat des
capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer
de forces productives dans sa propriété, et plus il devient
capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les
ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport
capitaliste n'est pas supprimé, il est au contraire poussé à son
comble. Mais, arrivé à ce comble, il se renverse. La propriété
d'État sur les forces productives n'est pas la solution du conflit,
mais elle renferme en elle le moyen formel de le résoudre, elle met
la solution à portée de la main. « « F. Engels ,
socialisme utopique et socialisme scientifique)
« Dans
les trusts, la libre concurrence se convertit en monopole, la
production sans plan de la société capitaliste capitule devant la
production planifiée de la société socialiste qui s'approche. Tout
d'abord, certes, pour le plus grand bien des capitalistes. Mais, ici,
l'exploitation devient si palpable qu'il faut qu'elle s'effondre. Pas
un peuple ne supporterait une production dirigée par des trusts, une
exploitation à ce point cynique de l'ensemble par une petite bande
d'encaisseurs de coupons.
Quoi
qu'il en soit, avec trusts ou sans trusts, il faut finalement que le
représentant officiel de la société capitaliste, l'Ètat, en
prenne la direction. La nécessité de la transformation en propriété
d'État apparaît d'abord dans les grands organismes de
communication: postes, télégraphes, chemins de fer.
Si
les crises ont fait apparaître l'incapacité de la bourgeoisie à
continuer à gérer les forces productives modernes, la
transformation des grands organismes de production et de
communication en sociétés par actions, en trusts et en propriétés
d'État montre combien on peut se passer de la bourgeoisie pour cette
fin. Toutes les fonctions sociales du capitaliste sont maintenant
assurées par des employés rémunérés. Le capitaliste n'a plus
aucune activité sociale hormis celle d'empocher les revenus, de
détacher les coupons et de jouer à la Bourse, où les divers
capitalistes se dépouillent mutuellement de leur capital. Le mode de
production capitaliste, qui a commencé par évincer des ouvriers,
évince maintenant les capitalistes et, tout comme les ouvriers, il
les relègue dans la population superflue, sinon dès l'abord dans
l'armée industrielle de réserve « F. Engels ,
socialisme utopique et socialisme scientifique, p.109-110
ed,sociales)
Mais encore :
"C’est
purement une falsification intéressée des bourgeois que d'appeler
"socialisme" toute intervention de l’état dans le jeu de
la libre -concurrence : tarifs protectionnistes, nationalisations de
certaines branches d'industrie. Nous devons critiquer ce point de
vue, non pas lui ajouter foi. Ce prétendu socialisme est rien
d’autre qu'un prétexte à faire marcher la planche à, billets,
avec comme intention annexe le désir de transformer le plus possible
de Prolétaires en fonctionnaires et retraités dépendant de l’état,
c’est à dire organiser à côté d'une armée disciplinée de
fonctionnaires et de militaires, une armée
aussi disciplinée de travailleurs. Remplacer 1a pression électorale
des contremaîtres par celle des supérieurs hiérarchiques dépendant
de l’état. Quel beau socialisme. C'est à cela qu'on aboutit
lorsqu'on fait confiance au bourgeois, lorsqu'on croit ce qu'il ne
croît pas lui-même: que l’état c’est…le socialisme
" (ENGELS lettre du 12/3/1881)
7-Fragment
sur la guerre, la question nationale et la
révolution
( texte de R.
Luxemburg)
« Alors que la haine
de classe contre le prolétariat et la menace immédiate de
révolution sociale qu'il représente détermine intégralement les
faits et gestes des classes bourgeoises, leur programme de paix et
leur politique à venir, que fait le prolétariat international ?
Totalement sourd aux leçons de la révolution russe, oubliant l'abc
du socialisme, il cherche à faire aboutir le même programme de paix
que la bourgeoisie et le préconise comme son programme propre !
Vive Wilson et la Société des Nations ! Vive l'autodétermination
nationale et le désarmement ! Voilà maintenant la bannière à
laquelle se rallient soudain les socialistes de tous les pays -
et avec eux les gouvernements impérialistes de l'Entente, les partis
les plus réactionnaires, les socialistes gouvernementaux arrivistes,
les socialistes oppositionnels du marais « fidèles aux principes »,
les pacifistes bourgeois, les utopistes petits-bourgeois, les États
nationalistes parvenus, les impérialistes allemands en faillite, le
pape, les bourreaux finlandais du prolétariat révolutionnaire, les
mercenaires ukrainiens du militarisme allemand.
En Pologne, les
Daszynski
sont intimement liés aux hobereaux de Galicie et à la grande
bourgeoisie de Varsovie ; en Autriche allemande, les Adler, Renner,
Otto Bauer et Julius Deutsch
vont main dans la main avec les chrétiens sociaux, les agrariens et
les nationaux allemands ; en Bohème, les Soukup et Nemec
forment un bloc compact avec tous les partis bourgeois - quelle
émouvante réconciliation générale des classes! Et au-dessus de
toute cette ivresse nationale, flotte la bannière internationale de
la paix. Partout. les socialistes tirent les marrons du feu pour la
bourgeoisie ; par leur crédit et leur idéologie, ils aident à
couvrir la déroute morale de la société bourgeoise, ils l'aident à
s'en sauver, à restaurer et à consolider l'hégémonie bourgeoise
de classe.
Et la première
consécration pratique de cette politique bien huilée, c'est
l'écrasement de la révolution russe et le morcellement (?) de la
Russie.
C'est la politique du 4
août 1914 qui se reflète inversée dans le miroir concave de la
paix. La capitulation dans la lutte des classes et la coalition avec
les bourgeoisies nationales respectives en vue d'un carnage
réciproque, se sont transformées en une alliance mondiale,
internationale pour une « paix
d'entente ». Ils tombent dans le panneau des pires platitudes, des
pires fadeurs, de la berceuse, du mélo de cinéma : le capital a
soudain disparu, les conflits de classes sont nuls et non avenus.
Désarmement, paix, harmonie des nations. La force plie devant la
loi, le faible se redresse, Au lieu de canons, Krupp va produire ...
des bougies de Noël, la ville américaine de Gari (?) va se
transformer en un jardin d'enfants de Frôbel .
Arche de Noé où l'agneau ira tranquillement paître auprès du
loup, où le tigre ronronne en clignant des yeux comme un gros chat
domestique, alors que du bout de ses cornes, l'antilope le chatouille
derrière l'oreille, où le lion et la chèvre jouent à
saute-mouton. Et tout cela grâce à la formule magique de Wilson, du
président des, milliardaires américains, tout cela grâce au
soutien des Clemenceau, Lloyd George et du prince Max de Bade .
De ce même Erzberger qui... le traité
de Paix de Brest... Désarmement aptes
qu'en Angleterre et en Amérique, deux nouveaux. militarismes ;
Fournisseur : le Japon. Après une progression illimitée de la
technique. Alors que le capital financier et le capital de
l'industrie de guerre ont tous les États dans leur poche à cause de
la dette publique ! Alors que les colonies restent des colonies. Ici,
l'idée de la lutte des classes capitule devant l'idée nationale. Il
semble que l'harmonie des classes dans chaque nation soit la
condition préalable et le complément de l'harmonie des nations qui
doit sortir de la guerre mondiale pour s'épanouir dans la « Société
des Nations ». Le nationalisme est actuellement de mise. Des nations
et des mini-nations s'annoncent de toutes parts et affirment leurs
droits à constituer des États. Des cadavres putréfiés sortent de
tombes centenaires, animés d'une nouvelle vigueur printanière et
des peuples « sans histoire » qui n'ont jamais constitué
d'entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s'ériger
en États. Polonais, Ukrainiens, Bielorusses, Lithuaniens, Tchèques,
Yougoslaves, dix nouvelles nations au Caucase... Les Sionistes
édifient déjà leur ghetto palestinien, pour l'instant à
Philadelphie.... c'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le
Brocken
nationaliste.
Sur un balai, sur un bâton
Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé.
Mais le nationalisme n’est
qu'une formule. La substance, le contenu historique qu'elle couvre
est aussi divers et ramifié qu'est creuse et pauvre la formule d' «
autodétermination nationale » qui le cache.
Maintenant, comme dans
toutes les grandes périodes révolutionnaires, on présente toutes
sortes de factures, vieilles et nouvelles, de conflits à régler
pêle-mêle, des restes démodés du passé, les questions les plus
actuelles du présent et des problèmes à peine esquissés de
l'avenir. La décadence de l'Autriche et de la Turquie est la
dernière liquidation du Moyen-âge féodal, un appendice à l'œuvre
de Napoléon. Mais l'effondrement et l'abaissement de l’Allemagne
est, en même temps, la faillite du plus jeune et du plus vigoureux
des impérialismes et de ses projets de domination du monde qui
n'ont pris forme que dans la guerre. Ce n'est aussi que la faillite
d'une méthode particulière de domination impérialiste : à travers
la réaction de l'Elbe orientale et la dictature militaire, à
travers l'état de siège et les méthodes d'extermination, c'est
l'effondrement de la stratégie de Trotha ,
transposée des hereros du désert de Kalahari à l'Europe. Analogue
à celle de l'Autriche et de la Turquie, dans l'apparence et la
forme des résultats - la constitution de nouveaux petits États
nationaux - la décadence de la Russie cache un problème opposé :
d'une part, la capitulation de la politique prolétarienne à
l'échelle nationale devant l'impérialisme, d'autre part la
contre-révolution capitaliste contre la prise du pouvoir par le
prolétariat . Ce dernier élément
est en même temps la force motrice historique la plus puissante qui
s'exprime dans tous les remaniements actuels, l'axe qui traverse le
chaos des divers mouvements historiques qui se contredisent et se
recoupent, la substance effective du puissant mouvement national.
Dans son schématisme
pédant de maître d'école, un K(autsky) y voit le triomphe de la
« démocratie » qui prendrait tout simplement la forme et
les accessoires d'un État national. Ce formaliste sec et petit
bourgeois oublie, bien sûr, d'examiner le fond historique des
choses; gardien attitré du temple du matérialisme historique, il
oublie qu' « État national » et « nationalisme » sont, en soi,
des moules vides dans lesquels chaque période historique et les
rapports de classes dans chaque pays, coulent un contenu matériel
particulier. Dans l'Allemagne ou l'Italie des années 70, le mot
d'ordre d' « État national » servait de programme à l'État
bourgeois, à l'hégémonie bourgeoise de classe ; l'offensive visait
un passé moyen-âgeux et féodal, un état bureauratico-partriarcal
et une vie économique disloquée. En Pologne, le mot d'ordre d' «
État national » était traditionnellement celui de l'opposition de
la noblesse rurale et de la petite bourgeoisie au développement
capitaliste moderne, un mot d'ordre dont la pointe était précisément
dirigée contre les phénomènes modernes de la vie, aussi bien le
libéralisme bourgeois que son antipode, le mouvement ouvrier
socialiste. Dans les Balkans, en Bulgarie, en Roumanie, en Serbie,
deux guerres sanglantes, préludes à la guerre mondiale, ont marqué
l'irruption violente du nationalisme, expression des aspirations du
capitalisme à se développer et de la classe bourgeoise à
exercer son hégémonie dans tous ces États ; le nationalisme y est,
d'une part, l'expression des intérêts contradictoires de ces
bourgeoisies entre elles qui se heurtent par ailleurs à
l'impérialisme autrichien dans leurs tentatives d'expansion. Mais en
même temps, bien qu'il soit en fait l'expression d'un capitalisme
tout jeune, presque embryonnaire, le nationalisme de ces États a été
et est encore contaminé par l'atmosphère générale des tendances
impérialistes, En Italie, le nationalisme sert déjà exclusivement,
et sans conteste, de raison sociale à de purs appétits
colonialo-impérialistes ; ce nationalisme de la guerre en
Tripolitaine et des convoitises albanaises a aussi peu de points
communs avec le nationalisme italien des années 60 que M. Sonnino
avec Giuseppe Garibaldi.
Avant l'insurrection
d'octobre 1917 à Pétersbourg, le nationalisme en Ukraine russe
était aussi peu consistant qu'une bulle de savon, c'était le
produit des ratiocinations de quelques douzaines de professeurs et
d'avocats dont la plupart ne parlaient même pas l'ukrainien. Depuis
l'insurrection bolchevique, il est devenu l'expression d'intérêts
très réels de la contre-révolution petite-bourgeoise dont
l'offensive est dirigée contre la classe ouvrière socialiste. En
Inde, le nationalisme est l'expression des ambitions de la
bourgeoisie indigène qui aspire à exploiter le pays pour son propre
compte et à ne plus se contenter de servir d'objet au vampirisme du
capital anglais ; d'après son contenu social et son degré de
développement historique, ce nationalisme correspond donc aux luttes
d'émancipation des États-Unis d'Amérique à l'issue du XVIII°
siècle.
Ainsi, le nationalisme
reflète tous les intérêts, toutes les nuances, toutes les
situations historiques qu'on peut imaginer. C'est un chatoiement de
mille couleurs. Il n'est rien, il est tout, il n'est qu'un moule
idéologique, il importe avant tout de déterminer à chaque fois la
substance qu'il contient.
L'explosion actuelle de
nationalisme, généralisée au monde entier, renferme un fouillis
hétéroclite d'intérêts et de tendances spécifiques. Mais un axe
passe à travers tous ces intérêts spécifiques et les oriente, un
intérêt général créé par les particularités de la situation
historique : l'offensive contre la menace d'une révolution mondiale
du prolétariat.
La révolution russe et le
pouvoir des bolcheviks qui en est issu, ont inscrit le problème de
la révolution sociale à l'ordre du jour de l'histoire. Ils ont, en
règle générale, exacerbé à l'extrême le conflit de classes
entre capital et travail. Ils ont creusé soudain entre les deux
classes un gouffre béant qui crache des vapeurs volcaniques et des
flammes brûlantes. Le soulèvement de juin du prolétariat parisien
et le massacre de juin ont pour la première fois pratiquement scindé
la bourgeoisie en deux classes antagonistes qui ne peuvent connaître
qu'une seule loi : la lutte à la vie à la mort; ainsi, le pouvoir
des bolcheviks en Russie a pratiquement contraint la société
bourgeoise a faire face à cette lutte finale, à la vie à la mort.
Il a anéanti et dissipé la fiction d'une classe ouvrière docile
avec laquelle on s'arrange à l'amiable, d'un socialisme aux
fanfaronnades théoriques inoffensives qui, dans la pratique, est
fidèle au principe : vivre et laisser vivre - cette fiction née de
la pratique de la social-démocratie allemande dans les trente
dernières années, et devenue, sur ses traces, celle de
l'Internationale tout entière. La révolution russe a asséné
un coup de poing soudain et déterminant au modus vivendi entre
socialisme et capitalisme élaboré au cours du demi-siècle de
parlementarisme qui vient de s'écouler ; grâce à elle, le
socialisme est sorti de la phraséologie inoffensive de campagne
électorale traitant d'un avenir nébuleux, il est devenu le
problème crucial du jour d'aujourd'hui. Elle a rouvert brutalement
la vieille et terrible blessure de la société bourgeoise qui
s'était cicatrisée depuis les journées de juin 1848 à Paris.
Seules les classes
dirigeantes en ont bien sûr d'abord pris conscience. Avec la
violence d'un choc électrique, les journées de juin ont inoculé
instantanément à la bourgeoisie de tous les pays la conscience d'un
antagonisme de classe irréconciliable avec la classe ouvrière,
elles ont empli les cœurs d'une haine mortelle du prolétariat,
alors que les ouvriers de tous les pays ont mis des années à tirer
les leçons des journées de juin, à acquérir la conscience de
l'antagonisme de classe ; la même chose se reproduit à l'heure
actuelle ; la révolution russe a communiqué à toutes les classes
possédantes de tous les pays du monde, la panique, la haine
farouche, fulminante, effrénée du spectre menaçant de la dictature
politique, une haine qui ne peut se mesurer qu'aux sentiments de la
bourgeoisie parisienne pendant les massacres de juin et le carnage de
la Commune. Le « bolchévisme » est devenu le mot clé du
socialisme révolutionnaire pratique, des aspirations de la classe
ouvrière à la prise du pouvoir. Le mérite historique du
bolchévisme est d'avoir ouvert brutalement le fossé social au sein
de la société bourgeoise, d'avoir approfondi et exacerbé à
l'échelle internationale l'antagonisme de classe; et, comme dans
tous les grands contextes historiques, cette œuvre fait disparaître
sans rémission toutes les erreurs et toutes les fautes particulières
du bolchévisme. Elles servent même cette oeuvre, dans la
mesure où elles contribuent à intensifier jusqu'à la fureur, la
haine de la société bourgeoise et sa crainte, jusqu'à la folie.
Ces
sentiments sont aujourd'hui la substance profonde des délires
nationalistes auxquels le monde capitaliste a apparemment succombé;
ils sont l'étoffe historique objective à laquelle se réduit, en
fait, l'échantillonnage hétéroclite des nationalismes nouvellement
déclarés. Les jeunes micro-bourgeoisies qui aspirent maintenant à
une existence indépendante, ne frétillent pas seulement du désir
d'acquérir une hégémonie de classe sans entraves et sans tutelle,
mais elles se promettent un délice dont elles ont trop longtemps été
privées : étrangler de leurs propres mains l'ennemi mortel, le
prolétariat révolutionnaire - fonction qu'elles avaient été
contraintes de céder jusqu'à présent à l'appareil rigide d'une
domination étrangère. On accepte peu volontiers d'aimer ou de haïr
par personne interposée. Les orgies sanglantes de Mannerheim, le
Gallifet finnois, ont montré combien la violence ardente de l'année
passée a fait germer de haine dans le cœur de toutes ces « petites
nations », des Polonais, des Lithuaniens, des Roumains, des
Ukrainiens, des Tchèques des Croates, etc., une haine qui
n'attendait que la possibilité de trouver son expression :
étriper enfin le prolétariat révolutionnaire par des
moyens « nationaux » à soi. Ces « jeunes » nations, agneaux
blancs et innocents qui gambadent dans la prairie de l'histoire
mondiale, ont déjà l'œil étincelant du tigre courroucé qui
guette le moindre mouvement du « bolchévisme » pour lui « régler
son compte ». Derrière tous les banquets idylliques, toutes les
fêtes de fraternisation enivrantes à Vienne, à Prague, à Agram, à
Varsovie s'ouvrent déjà béantes les tombes de Mannerheim que l'on
contraint les gardes rouges à creuser de leurs propres mains, se
profilent les ombres troubles des potences de Kharkov; les Loubinski
et Holoubovitch
ont invité les « libérateurs à, allemands à les dresser.
C'est
la même idée fondamentale qui domine l'ensemble du programme
démocratique de paix de Wilson. Dans l'atmosphère d'ivresse
victorieuse de l'impérialisme anglo-américain, dans l'atmosphère
créée par le spectre menaçant du bolchévisme qui hante la scène
mondiale, la « Société des Nations » ne peut être qu'une seule
chose : une alliance bourgeoise mondiale pour la répression du
prolétariat. La Russie bolchevique sera la première victime toute
chaude que sacrifiera le grand prêtre Wilson à la tête de ses
augures de l'arche d'alliance de la « Société des Nations » ; les
« nations autodéterminées », victorieuses et vaincues, se
précipiteront sur elle.
Les
classes dirigeantes font ici, une fois de plus, preuve de leur
instinct infaillible pour leurs intérêts de classe, d'une
sensibilité merveilleuse aux dangers qui les menacent. Le temps est
apparemment au beau fixe pour la bourgeoisie et les prolétaires de
tous les pays s'enivrent au souffle printanier du nationalisme et de
la Société des Nations ; mais la société bourgeoise ressent dans
tous ses membres une douleur lancinante qui lui annonce l'approche
d'une chute du baromètre de l'histoire et d'un changement de temps.
En tant que « ministres nationaux », les socialistes mettent un
zèle de rustres à tirer pour elle les marrons de la paix du feu de
la guerre mondiale ; mais elle voit déjà se profiler derrière son
dos la fatalité inévitable : elle voit se dresser le spectre géant
de la révolution sociale mondiale qui a pénétré en silence sur
l'arrière-plan de la scène.
C'est
l'insolubilité objective des tâches auxquelles la société
bourgeoise est confrontée, qui fait du socialisme une nécessité
historique et qui rend la révolution mondiale inévitable.
Personne
ne peut prévoir la durée de cette dernière période et les
formes qu'elle va revêtir. L'histoire est sortie des chemins battus,
a cessé d'avancer d'un train paisible ; à chaque pas de plus, à
chaque détour du chemin, s'ouvrent de nouvelles perspectives, se
présente un nouveau décor.
Il importe avant tout
d'appréhender le problème décisif de cette période et de s'y
tenir sans se laisser démonter. Et ce problème s'intitule : la
dictature du prolétariat, réalisation du socialisme. Les
difficultés de la tâche ne résident pas dans la puissance de
l'opposant, des résistances de la société bourgeoise. La guerre a
rendu inutilisable pour la répression du prolétariat son ultima
ratio, l'armée, devenue elle-même révolutionnaire. La guerre a
disloqué la base matérielle de son existence, le maintien de la
société. La tradition, la routine, l'autorité - sa base morale
d'existence - ont été dispersées à tous vents. Tout l'édifice se
relâche, s'ébranle, s'effrite. Les conditions de la lutte pour le
pouvoir sont plus favorables à la classe ascendante qu'elles ne
l'ont jamais été dans l'histoire mondiale. Il peut tomber comme un
fruit mûr dans l'escarcelle du prolétariat. La difficulté réside
dans le prolétariat lui-même, dans son manque de maturité ou plus
encore dans le manque de maturité de ses chefs, des partis
socialistes. La course poursuite générale du nationalisme et
de la Société des Nations. Les socialistes doivent maintenant faire
leur apprentissage, réapprendre l'abc, mais accéléré dans la
pratique. Le programme de paix de la société bourgeoise est
inapplicable. D'où la garantie historique de la proximité de la
révolution et de la victoire. La classe ouvrière regimbe, elle
recule sans cesse devant l'énormité incertaine de sa tâche. Mais
elle doit le faire, il le faut. L'histoire lui ferme toutes les
portes de sortie elle doit mener l'humanité dégradée hors de la
nuit et de J'épouvante vers la lumière de la libération. La fin de
la guerre mondiale ne peut rien... (illisible) être et d...
(illisible)... peut... (illisible)...(Traduit d'après l'édition
allemande de Die Russische Revolution, présentée par Ossip
Flechtheim, Francfort, Europäische Verlagsanstalt,1963
G.Bad-janvier 2026
notes